Skip to main content
Internet Archive's 25th Anniversary Logo

Full text of "Études égyptiennes"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was preservcd for générations on library shclvcs before il was carcfully scanncd by Google as part of a projecl 

to makc the workl's books discovcrable online. 

Il lias survived long enough for the copyright lo expire and the book to enter the public domain. A publie domain book is one thaï was never subjeel 

lo copyright or whose légal copyright lerni lias expired. Whether a book is in the public domain may vary country locountry. Public domain books 

are our gateways lo the past. representing a wealth of history. culture and knowledge thafs oflen dillicull to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this lile - a reminder of this book's long journey from the 

publisher lo a library and linally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries lo digili/e public domain malerials and make ihem widely accessible. Public domain books belong to the 
public and wc are merely iheir cuslodians. Neverlheless. ihis work is ex pensive, so in order lo keep providing ihis resource, we hâve taken sleps to 
prevent abuse by commercial parties, iiicluciiiig placmg lechnical restrictions on aulomaied querying. 
We alsoasklhat you: 

+ Make non -commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals. and we reuuest lhat you use thesc files for 
pcrsonal, non -commercial purposes. 

+ Refrain from autoiiiatcil (/uerying Donot send aulomaied uneries of any sort lo Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical characler récognition or other areas where access to a large amount of texl is helpful. please contact us. We encourage the 
use of public domain malerials for thèse purposes and may bc able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each lile is essential for informing people about this projecl and hclping them lind 
additional malerials ihrough Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use. remember thaï you are responsible for ensuring lhat whai you are doing is légal. Do not assume that just 
becausc we believe a book is in the public domain for users in the Uniied Staics. thaï the work is also in ihc public domain for users in other 

counlries. Whelher a book is slill in copyright varies from counlry lo counlry. and we can'l offer guidanec on whelher any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume thaï a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringemenl liabilily can bc quite severe. 

About Google Book Search 

Google 's mission is lo organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover ihe world's books wlulc liclpmg aulliors and publishers reach new audiences. You eau search ihrough llic lïill lexl of this book un ilic web 
al |_-.:. :.-.-:: / / books . qooqle . com/| 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel cl de la connaissance humaine cl sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public cl de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres soni en effet la propriété de tous et de toutes cl nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 

dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des lins personnelles. Ils ne sauraient en ell'et être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésite/ pas à nous contacter. Nous encourageons (tour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le franoais. Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les ailleurs cl les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp : //books .qooql^ . ■:.■-;. -y] 



M** 



r 



"♦ 





302097483- 



4,-x**^ 



This book is to be returned on or before 
the last date stamped below. 



-2 NOV «W 

09 KAR .995 



I 
X 

tu 

oc 




ÉTUDES ÉGYPTIENNES 



i. 

» 



PARIS. 

MAISONNEUVE FRÈRES ET GH. LEGLERG, 

ÉDITEURS, 
QUAI VOLTAIRE, 25. 



ÉTUDES 

ÉGYPTIENNES, 



PAR 

G. MASPERO, 

R AU COLLÈGE DE FRANCE. 



TOME PREMIER. 




PARIS. 
IMPRIMERIE NATIONALE. 

M DCCC LXXXVI. 



ÉTUDES ÉGYPTIENNES, 



i 



LIBRAIRIE MAISONNEUVE ET C ,F 



QUAI VOLTAIRE, 2 5. 



EXTRAIT DU JOURNAL ASIATIQUE. 



EUDES EGYPTIENNES. 



ROMANS ET POESIES 

DU PAPYRUS HARRIS IS° 500 

CONSERVÉ AU BBIT1S1I MUSEUM, 

AVEC FAC-SIMILE, TEXTE, TRADUCTION ET COMHBSTAIUE , 

G. MASPERO, 

PnOFKMEl'n AU r.OLl.fcfîl l>E FIl.WCE. 




PARIS. 

IMPRIMERIE i\AT10i\AI.E. 



M Df.C(. I.XXIX 



LE CONTE 



nu 



PRINCE PRÉDESTINÉ 



Le Conte du Prince prédestiné est l'un des ouvrages 
que renferme le papyrus Harris n° 5oo, récemment 
acquis par le British Muséum. Il a été découvert et 
traduit en anglais par M. Goodwin \ analysé rapi- 
dement par M. Chabas, d'après la traduction de 
M. Goodwin 3 ; mais le texte égyptien n'a jamais été 
publié jusqu'à présent. MM. Maisonneuve et Leclerc 
en ont (ait prendre par M. Manseli une photographie 
qu'ils m'ont remise , et d'après laquelle j'ai pu exécu- 
ter la transcription hiéroglyphique. 

On dit que le manuscrit était intact au moment 

1 Lu le A mars 1874 , à la Société d'archéologie biblique, publié 
bientôt après dans les Transactions de celte Société, t. III, p. 34 a- 
356, et dans les Records ofthe Past, t. II , p. 1 5 3- 160. C'est M. Good- 
win qui a donné au récit ce titre de Conte da Prince prédestiné ( Taie 
of the doomed Prince), fous lequel il est connu dans la science. 

• Comptes rendus de VAcailémie des inscriptions et belles-lettres , 1X74. 
p. 1 18-1 ÏO. 



.( 2 K— 

de la découverte; il aurait été mutilé, quelques an- 
nées plus tard, par l'explosion d'une poudrière qui 
renversa en partie la maison où il était en dépôt, à 
Alexandrie d'Egypte. On pense qu'une copie, dessi- 
née par M. Harris avant le désastre, a conservé les 
parties détruites dans l'original; mais personne ne 
connaît pour le moment l'endroit où se trouve cette 
copie. Dans son état actuel, le Conte du Prince pré- 
destiné couvre quatre pages et demie. La dernière 
ligne de la première , de la seconde et de la troisième 
page, la première ligne de la seconde, de la troisième 
et de la quatrième page , ont disparu en partie. Toute 
la moitié de droite de la quatrième page, à partir 
de la ligne 8 jusqu'à la ligne i&, est effacée ou dé- 
truite presque entièrement. Enfin la cinquième page , 
outre quelques déchirures de peu d'importance, a 
perdu sur la gauche le tiers environ de toutes ses 
lignes. Néanmoins , le ton du récit est si simple et l'en- 
chaînement des idées si facile à suivre, qu'on peut 
combler la plupart des lacunes et restituer la lettre 
même du texte. L'écriture est d'ailleurs petite et ra- 
pide; elle se rapproche plus du type Anastasi I 348, 
de Leyde , que du type Sallier II ou Anastasi IV de 
Londres. Elle renferme un assez grand nombre de 
formes très-curieuses , souvent presque identiques aux 
formes démotiques, 3 pour ^ , 3 en démotique, 
% pour ^J, *) en démotique, etc. J'inclinerai donc à 
placer sinon la composition du conte, au moins la 
rédaction du manuscrit, vers la fin ou le milieu de 
la XX' dynastie au plus tôt. 



On ne saurait trop admirer la science et l'habileté 
dont M. Goodwin a fait preuve en interprétant ce 
texte. La traduction que je propose diffère de la 
sienne par le détail : travaillant moins vite , j'ai pu 
laisser moins de lacunes à combler. La langue dans 
laquelle l'auteur anonyme a rédigé son œuvre est 
claire, aisée, presque triviale d'allure, très-propre à 
servir de sujet d'analyse aux débutants. 

I. 

J.c2 l JL^-+ZJ'J«ï«îTîlliP«.>. 

v*&wn*>:Lr,?r; # -ji];» 



Il y avait une fois un roi , — à qui ne naissait pas 
d'enfant mâ[le. — Son cœur en fut tout attristé, — 
et] il [demanda] un garçon aux dieux. — Ils décré- 

1 Le début du Papyrus cTOrbiney donne une formule analogue, 

^\^ j^ Tl\ peu distincte clans le fac-similé , mais bien reconnais- 
sante sur l'original. 

1 Litt. : iun enfant aux dieux, en son lieu.* La lacune renferme 

les dernières lettres du mot ^- j^\ i & * ' eft premières d'un 
verbe de prière et, entre les deux, une courte formule de trois ou 
quatre mots au plus. Je me suis laissé guider dans la restitution 
par le sens général, et aussi par l'usage constant des contes popn 
laires. La rhétorique des contes populaires veut, en effet, qu'un roi 
qui n'a pas d'enfant mâle s'en afflige avant de s'adresser à Dieu poui 

en avoir un. La locution \ e ^ e e ,^j , i étant son cœur mau- 
vais • , qu'on trouve à la ligne 5, remplit juste la lacune, une fois 

qu'on a réservé la place nécessaire aux lettres \ >£ de J[J- j^J \ 



,i 



— -«.( 4 y 



tèrent de lui en faire naître [un] , — il coucha avec 
sa femme pendant la nuit, — et alors [elle] conçut : 

— accomplis les mois de la naissance, — voici que 
naquit un enfant mâle. — Quand les Hathors vinrent 

— pour lui destiner un destin , — elles dirent : « Qu'il 

^ et au verbe de prière. Ce verbe ne saurait être autre chose que 

I J a W jH (Brug 80 "» ^ lc '- P* * 1 9°) ou ^ *"J X W 3) (Brugsch, 
Dict. p. i632), les seuls parmi les mots de cette classe qui aient 

pour determinatif constant |OU y devant jjj. 

1 La lacune est complétée d'après le passage correspondant du 

Papyms d'Orbimy ( pi. XVIII , 1. 4-8 ): ^JJLÎ^ÎwV** 

* j* l'^l^ky f ** ^ J^ jf % , « Et elle sentit qu elle conce- 
vait • 

1 Xexpliquerai plus loin le rôle que jouent les Hathors; pour le 
moment, il suffit de savoir quelles sont l'analogue des fées mar- 
raines des contes populaires. 

3 Pour le sens destin, attribuer un destin, de la racine Mil j^j , 

Mil j^ ^ £t, voir le commentaire. M. Gooclwin traduit rxartement : 
«When the Hathors came to greet him at his birth, they said that 
lie would eitlicr die by a crocodile, a serpent, or a dogt (p. 35 1). 



(5) 



meure par le crocodile, — ou par le serpent, — 
voire par le chien ! » — Gomme |T]entcndirent les 
gens qui étaient avec l'enfant, — ils [l']allèrent dire 
à Sa Majesté, v. s. f. — [et] Sa Majesté, v. s. f. en 
eut le cœur tout attristé. — Sa Majesté, v. s. f. [lui] 
fit construire une maison] — élevée (?) sur la mon- 
tagne , — garnie dTiommes et de toutes les bonnes 
choses du logis du roi , v. s. f. , — car 1 enfant n en 

1 Le scribe avait d'abord passé /£ ^ J : il a ensuit j intercalé 
ces deux mots dans l'entre-ligne. 

1 La préposition #■■"* a remplacé dans cettj locution la préposi- 
tion *=> plus usitée aux époques antérieures. JZTJ est l'origine de la 

préposition copte ItÇJUL, avec. 

' y J[|«, tv. s. f. », est l'abréviation de la formule «fie, santé, 
force! • , que Ton met après le nom ou le titre des Pharaons. 

4 La lacune est comblée presque entièrement au moyen du pas- 
sage parallèle de la planche II , 1. 4 : \ y ^ jj/J / T* _' , r3 t .La 

barre i de , est encore visible à la fin de la lacune. Le mot qui 
suit et qui terminait la ligne est malheureusement indéchiffrable : 
le contexte exige soit « élevée sur la montagne», soit •donnant sur 
la montagne». 



u*v» f ~5 # (ixr:T»\ÂTm 



sortait pas. — Et [quand] l'enfant fut grand, — il 
monta sur le faîte de sa maison , — et aperçut un 
chien qui marchait derrière un homme, — qui 
allait sur la route. — Il dit à son page qui était avec 
lui : — « Qu'est-ce qui marche der[rière] ï homme — 
qui chemine sur [la] route ?» — Le page lui dit : — 
« C'est un chien ! » — L'enfant lui dit : — « Qu'on 
m'en apporte un tout pareil !» — Le page l'alla 

1 Le groupe ^ , est suivi dans l'original d'un aigle 'fa, qu'on 
trouve assez fréquemment dans d'autres papyrus de la même époque. 
(Cf. Papy ras Harris 500, verso, P. II, 1. 7.) Ce sigle parait n'être 

qu'une abréviation cursive du groupe £ , lui-même, qui devint une 
sorte d'idéogramme du sens individu, Itomme, et finit par être em- 
ployée comme déterminatif du groupe £ ,. 

1 Sur cette forme grammaticale , voir Mélanges d'archéologie égyp- 
tienne et assyrienne, t. JU, p. 7G, note 3, tt Zeilschrift, 1877, 
p. 111 1 1 3 



'(7 

*-[^U]nWÀ*~a=*±'-f::~ 

redire & Sa Majesté, v. s. f., — et Sa Majesté v. s. f. 
dit : — «Qu'on lui amène un jeune chien courant, 

— [afin qu'il ne] s'afflige [point] !» — Et on lui 
amena le chien. 

Et, après que les jours eurent passé là-dessus, 

— quand l'enfant eut pris de l'âge — en tous ses 



1 Le mot A A a nest n i c ^ ans Birch t ni dan» Brugsch. Pier- 
ret (Vocabulaire hiéroglyphique, p. 648) le donne , d'a près E. de 

Rougé , avec la traduction/ràmr (?) , dans la phrase : ^ï T ** ** 

j± ^J Q ^^ % (Lepsius, Denkm. III, 107 a). Ici l'épithète est ap- 
pliquée à un chien, ce qui écarte le sens frémir et nous ramène au 

x 
sens courir, indiqué par les déterminatift a : «Toute contrée ac- 
court à ton lever ! • , et 1 Qu'on lui amène un petit coureur, un jeune 

chien courant ». L'égyptien, d'ailleurs , a une racine j? , £ A £ A ^ 

apparentée a A ^ j\ , mais plus usitée. Le sens tressaillir, être 

saisi de convulsion, que m m v 1 a dans le Papyrus d'Orbiney 
(pi. XVI, 1. 8), vient probablement du sens courir, sauter, de 



1 La restitution [^csj^] JJ est exigée par le sens cl remplit 
exactement la lacune. 

3 Les signes * ^^ )J sont inutiles au sens : ils ont été amenés 



membres, — il manda à son père, — disant : «Al- 
lons! Pourquoi être comme les fainéants? — Puisque 
[je] suis destiné à un sort fâcheux, — [n*]agirai-je 
jamais selon ma volonté? — Quant à Dieu, qu'il 

agisse à sa volonté ! n — On lui [ — donna] 

toute sorte d armes; — [on lui donna aussi] son 
[chien] pour [le] suivre; — on le transporta à la 

| ar le deUrminatif [J que le scribe aura isolé du mot précédent 

pour en faire un mot spécial : iM* T& J. 

1 Le mot à mot donne : « Pourquoi faire comme les je reste assis ? » , 
en d'autres termes, t comme les fainéants 9. J'ai déjà eu occasion de 
parler des substantifs formés par le verbe à la troisième personne 
singulier du présent ou du passé (Mélanges £ archéologie, t III, 
p. 80 , note 1) : je reviendrai bientôt, dans un mémoire spécial, 
sur les substantifs formés par la première personne singulier du 
présent ou du passé. 

* Un mot illisible. 

3 Littéralement : 1 Ce que fait le dieu , soit fait ce qui est dans son 
cœur. > 

4 Litt. : t On le transporta par eau. • 



région orientale — et on lui dit : « Ah ! va où tu dé- 
sires ! » — Son chien [était] avec lui : — il s'en alla 
selon son caprice, h travers le pays, — vivant des 
prémices de tout le gibier du pays. — Arrivé pour 

1 _ * X? ^ , est traduit par Brugsch (Dict. p. 880} ■ein Sand- 
sieinblock, Sandsteinfelsen*. C babas [Mélanges égyptologiqnes , 3" sé- 
ri.-, i. U, p. s52) Ta trouvé dans un des papyrus hiératiques de 
Bologne et lui a donne le sens de zone, dans une phrase où il est 

question des dieux et des déesses du m ^ m *J , (l v , . 

1 Le scribe avait écrit après W J^ ^^ un mot qu'il a supprimé 
ensuite. Le manuscrit a en cet endroit une tache noire sous laquelle 

les signes effacés se voient encore à moitié: le #■■"* de *""*T I* 

j*!i est en partie engagé dans la tache. 

9 LitL : ill descendit le fleuve», c'est- à -dire til remonta vers le 

nord ». Cf. pour ce sens de . ^ las Mélanges d archéologie égyptienne 
et assyrienne, t III, p. 72 , note 1. 

4 La restitution ^ L 1 1 1 J remplit exactement la lacune. On pour- 
rait objecter que le prince , ignorant encore T histoire de la princesse 

de Naharanaa , m pouvait voyager avec l'intention de e \* , t voler 
vers elle ». L'auteur égyptien a cru pouvoir mettre par avance le lec- 
teur dans la conGdence de ce qui allait se passer. C'est ainsi que 
dans le Roman des deux Frères , les magiciens de Pharaon , tout en 
ignorant l'endroit précis où est la femme que Pharaon convoite , en- 
voient des messagers vers toutes les contrées et recommandent spé- 
cialement qu'on donne une fortj escorte au messager qui se rendait à 
la Vallée du Cèdre , comme s'ils savaient que là résidait la fille des 
dieux. 



V— 3* cr non ïlKM a nnn.n^XT^ 

in i *-*_ i ^ il a « e. i ^ iTi iti ni iii m /v 

p^p-f^rîïK:<i:r^Tïz;xs-* 

s'envo[ler] vers le prince de Naharanna * — voici , il 
n'était point né d'enfant au prince de Naharanna — 
[sauf] une fille. — Or, lui ayant construit une mai- 
son , — dont les LXX fenêtres étaient éloignées du 
sol de LXX coudées, — il [se] fit amener tous les 
enfants — des princes du pays de Khar, — et il leur 
dit : — «Celui qui atteindra la fenêtre de ma fille, 
— elle lui sera [donnée] pour femme ! » 

Or, beaucoup de jours après que ces [événements] 
furent accomplis , — tandis que les princes de Syrie 
étaient à leur occupation journalière, — le prince 

1 On peut se demander si le chiffre n n a P as L '^ introduit 



par erreur derrière le mot |'^J* r?» partout ailleurs il est que» 
tion de la fenêtre de la princesse. 



ii y 

*-»* rv k— i «i» 1 1 1 1 1 1 i .1 1 1 1 a m iMM« /v .«». 

d'Egypte étant venu à passer à l'endroit où ils étaient, 
— ils conduisirent le prince à leur maison, — ils 
le mirent au bain , — ils donnèrent la provende à 
ses chevaux, — ils firent toute sorte de choses au 
prince : — ils le parfumèrent , — ils lui oignirent 
les pieds, — ils lui donnèrent de leur pain, — ils 
lui dirent en manière de conversation : — « D'où 
viens-tu, bon jeune homme?» — Il leur dit : — 
uMoi, je suis fils d'un officier de cavalerie du pays 
d'Egypte. Ma mère mourut, — mon père prit une 



1 r£ JrVl Vil ii i el pl"" haut "J^ [', , , sont de véritables 
pronoms possessifs, les leurs, origine des formes du pronom posses- 
sif copte; je les ai déjà signalé* dans l'inscription du roi éthiopien 
Nastoseoen ( Transactions ofthe Society of Biblical Archœoloqy, I. IV, 
p. 224). 






( |2 )*4— 

J«;iliP«\rr.M«FX«TlliP^*MATJ» 




• «^ 



autre femme. — Quand survinrent des enfants, — 
elle se mit à me haïr, — et je me suis enfui devant 
elle. » — Ils le serrèrent dans leurs bras , — ils le 
couvrirent [de baisers. 

*■' Or, après que beaucoup de jours eurent passé] ià- 
[dessus], — il dit aux princes : — uQue faites-[vous 

donc ici ?» — Ils lui dirent : — t» 

— et celui qui] atteindra [la fe]nêtre — de la fille 
du prince de Naha[ranna , — on] la lui donnera pour 

1 Litt. : t Ils le flairèrent en tous ses membres. » La restitution est 
faite d'après le passage analogue «le la page IV, 1. 2 .: \ x _ , 

r*—r jr#_ # 8 <— ' I l l ^B^ • 

1 La restitution est commandée par le contexte. Les signes qui 
terminent la ligne et qui sont en partit* détruits appartenaient au dis- 
cours du jeune prince. 



' r 



( 13). 

ITUZrÉJLXS'JMîJM^.'MT* 



X 



[femme. » — II] leur dit : — « S'il vous plaît, je fe- 
rai une prière aux dieux (?) — et j'irai m'envoler 
avec vous. » — Ils allèrent s'envoler comme [c'était] 
leur occupation de chaque jour, — et le prince se 
tint éloigné pour voir — et la figure de la fille du 
chef de Naharanna lui plut. — Or, après que [des 
jours] eurent passé là-dessus, le prince s'en alla pour 

1 Le premier signe du verbe ^J ^ ^J nc m'est pas connu. Je 
ne l'ai rencontra qu'un.; autre fois au cour» de mes études dans le 
Papyrus de Berlin n° I, 1. 7 a (cf. Mélanges dwchéologie éyvp tienne et 
assyrienne, t. III, p. 83 it Sa , note 1 ). Le mot qui sert dj complé- 
ment au verbe est à moitié détniit. L'ensemble de la phrase semble 
indiquer que le prince, avant d'entreprendre l'opération qui doit lui 
donner la main de la princesse, demande, la permission de réciter 
une prière ou de prononcer une évocation magique. 

5 Goodwin a vu dans ce membre de phrase une allusion à la ser- 

vante de la princesse. Il est bien certain quv» le manuscrit porte , 
■ la face • , suivi de **""»* .surmonté d'un point , comme c'est la règle 
presque générale dans noire manuscrit. Le cL rnier mot de la phrase» 
est indéchiffrable. Je l'ai traduit i onjecturalement par « lui plut». 



( 1* 

s envoler avec les enfants des chefs f — et il s envola , 

— et il atteignit la fenêtre de la fille — du chef de 
Naharanna; — elle le baisa et l'embrassa dans tous 
ses membres. 

On s'en alla pour réjouir le cœur du père de la 
princesse, — et on lui dit : a Un des hommes — a 
atteint la fenêtre de ta fille. » — Le prince interrogea 
le messager, — disant : u Le (ils duquel des princes? n 

— On lui dit : — a Le fils d'un officier de cavalerie , 

— venu en fugitif du pays d'Egypte, — pour [échap- 
per à] sa [belle-]mère , quand elle eut des enfants 1 . » 

1 La phrase est un peu obscure : c'est l'abrège* par trop succinct 



, v 



.( 15 )**— 



lit i i/C i 1^ JLJS-..Jr3 *» A « « w A» 

— Le prince de Naharanna se mit très-fort en co- 
lère. — Il dit : 4i Est-ce que moi je donnerai ma fille 

— au transfuge du pays d'Egypte ? — Qu'il s'en re- 
tourne !» — On alla dire [au prince] : — « Retourne- 
t'en au lieu d'où tu es venu. » — Mais la princesse 
le saisit, — et elle jura par Dieu, disant : — « Par Râ 
Har[makhis] ! — Si on me l'arrache, — je ne man- 
gerai plus, je ne boirai plus, — je mourrai sur 
[l'heure]. » — Le messager alla pour [répéter] tous 
les discours — qu'elle avait tenus à son père; — et 

du discours que la prince d'Egypte a tenu plus haut aux enfants des 
princes de Syrie. 

1 ▼ ^j*. ^tll • est la forme emphatique du pronom de la pre- 
mière |K?rsonnc. (Cf. Mélanges d archéologie égyptienne et assyrienne* 
t. H! , p. 82 , note 5 1 p. 1 4? , note 1 , et p. 1 !\l\ , note 1.) 



pj.i*M«xtt*î j = , »fcÂ-*j:r 
[p~rî!~x°r*::^[*A e ^]-- 

ÎJa]::rXIIU<l*'£JLXM*? 
ÊJLX£«JM«S5M»-M?ST 

le prince envoya des gens pour le tuer, — tandis 
qu'il était dans sa maison. — La princesse [leur] dit : 

— «Par Râ! Si on le tue, — au coucher du soleil, 
je serai morte; — je ne passerai pas une heure de 
vie , — » — On l'[alla dire] à son père. 

— Le [chef fit amener] le [prince d'Egypte avec la] 
princesse. — [Le prince fut saisi de] terreur, — 
quand [il vint devant] le chef; — mais celui-ci l'em- 
brassa , — le couvrit de baisers , — et lui dit : « [Conte- 
moi qui] tu es , — car voici tu es pour moi un cn- 

1 La restitution e,st probable, mai* non entièrement certaine. 



( »7) 

K*r£CTJn:riv*r?::ji:ci 

fant! » — Le prince dit : — « Moi, je suis l'enfant 
d'un officier de cavalerie du pays d'Egypte. — Ma 
mère mourut, — mon père prit une autre femme. 

— Elle se mit à me haïr, — et moi je me suis enfui 
devant elle. » — Le chef lui donna sa fille pour 
femme; — il lui donna [une maison, des vassaux], 
des champs, aussi des bestiaux, [et] toute sorte de 
bonnes choses. 

Or après que [les jours] eurent passé là-dessus, — 
le jeune homme dit à sa femme : — «Je suis pré- 
destiné à trois destins : — le crocodile , — le serpent, 

— le chien. » — Elle lui dit : « Qu'on tue [le chien] 

1 Les débris de signe qu'on voit en cet endroit correspondent exac- 
tenient a la forme hiératique du groupe ^ , ,*f ,, tel qu'il est donné 



18 )•«— 

P JL« <vl [?] ~ l*- s * £ .1 P.? OR — X 



l^.^•^^gf?r^>^^^ , ^^;'^ 



qui t appartient. » — Il lui dit : — « Je ne 

tuerai pas mon chien, — que j'ai élevé quand il 
était petit !» — Elle [craignit (?)] pour son mari 
beaucoup, beaucoup, — - et [elle] ne le laissa plus 
sortir seul. — On — la terre 

quelques pages plus haut (pi. III, 1. 12), dans l'histoire de Thoutii 

et du prince de Joppè , avec j| pour déterminaiif. 
1 Litt. : tQui est devant toi. • 

* Un mot illisible. 

1 Litt : fJ*ai fait devenir lui quand il était petit.* 

* Le mot à mot serait : «// (*|f *) ne le (*— ) faisait pas sortir 
au dehors t v ce qui pourrait s'interpréter : « Le prince ne laissait pas 
sortir son chien dehors s, peut-être pour empêcher que la princesse 

ne fît tuer la bête clandestinement Toutefois, à cette époque, ^ * 

avait perdu sa voyelle finale, et se prononçait |", ce qui expliqne 

pourquoi on trouve : 1* (', d'ordinaire pronom féminin , employé 

souvent comme variante non vocalisée de ^f f ; a° *|* * , d'ordinaire 

pronom masculin , employé comme variante graphique de (', pronom 

féminin. A 1 époque démotique n~ n'est plus qu'une variante de |' 

féminin. Je pense donc qu'ici 4** n'est, comme dans bien d'autres 

endroits, qu'une variante abusive de |' et se rapporte à la princesse: 
• ElU ne le (*-*-, le prince) laissait plus sortir seul. • 



( «») 

w^. s.sW' ' 'X&vm&ak''/-' <■■ . W'«'-\ JC m 11 8 71 Jl S7^ %"^ 







r Ji - - ^ ATeO *0ll ra *o <->J»lk 



d'Egypte pour se promener çà et là(?). — Or voici 
le crocodile du lac [sortit du lac] — et il vint au 
milieu du bourg où était le prince. — [On l'enferma 
dans un logis] — où il y avait un géant. — Lé géant 
ne laissait point sortir le crocodile, — [et quand] le 
crocodile [dormait], — le géant sortait pour se pro- 
mener. — Et quand le soleil se [levait, — le géant 
rentrait dans le logis» — et cela,] tous les jours, 
— pendant un intervalle d'un mois deux jours. 

1 Goodwin traduit c to catch birds. » f A J^ j A signifie au 
propre courir aprèi . . . , puis , par dérivation , parcourir . . . , courir à 
travers le pays. La lacune empêche qu'on ne puisse donner un sens 
précis au passage de notre texte où ce mot se rencontre. 

1 Toute cette partie du texte est trop mutilée pour qu'on puisse 
en restituer la lettre exacte ou en donner autre chose qu'une tra- 
duction conjecturale. 

2 . 



.( 20 y 



•t 






sï:ïHxaxu];!n^i 

5i"ZKlAH::T~[!:jlTtM^] 

,t. s xiXw!^TP^!Sa-!wT3lÉ' 

Et, après que les jours eurent passé là-dessus, — 
le prince resta pour se divertir — dans sa maison. 

— Quand la nuit vint, — le prince se coucha sur 
sa natte, — et le sommeil s'empara de ses membres. 

— Sa femme emplit un • . — Quand un 

[serpent] sortit [de son] trou, — pour mordre le 
prince, — voici sa femme était auprès de lui, — 
[ig^is] non couchée. — Alors les [servantes don- 
nèrent du lait] au serpent, — il en but, — il s'enivra, 

1 Une déchirure du papyrus a enlevé environ un quart de la ligne : 
les caractères qui précèdent et qui .suivent la lacune sont illisibles 
sur la photographie. 

* A partir de cet endroit , chaque ligne a perdu sur la gauche un 
quart environ de sa longueur totale. 

3 Goodwin suppose qu'on donna au serpent du vin ou quelque 



— •-».( 21 )•« — 

L* ♦!> * H f A 11 JL 1# ^r ' \1 ' w *f* i ~' 









«]+«"W-?Ja 



— il resta couché le ventre en lair; — et [la femme] 
le [fit pé]rir avec des coups — de sa pique. — On 
réveilla le mari , — [qui fut saisi d'étonnement] , — 
et elle lui dit : — « Vois! ton dieu ta donné — un 
de tes sorts entre tes mains ; — il [te] donnera [les 
autres. » II] présenta des offrandes à Dieu , — l'adora 
et exalta sa puissance, — tous les jours de sa vie. 

r 

autre liqueur enivrante. Aujourd'hui encore , en Egypte , on attire les 
serpents au moyen de lait pur ou sucré de miel : la béte se gorge au 
point de ne plus pouvoir remuer. 

r Litt. : « Il se coucha à la renverse. » y^ ^, est suivi dans l'ori- 
ginal de deux signes que Ton peut interpréter de différentes manières. 
La transcription ^* i m'a paru être plus conforme à l'usage commun. 

1 La restitution [ ^ ra J^J 1 * *_ , litt. : « le faire descendre , 
le faire tomber», est douteuse. 

9 Ce mot, qui n'est donne par aucun lexicographe, se retrouve 
dans le Papyrus de Berlin n°I, I. i34 et îAo (cf. Mélanges d archéo- 
logie égyptienne, t. III, p. 1 45 , 1 46). 

* I y est répété par erreur dans l'original. 



i 22 y 









Et, a[prës que les jours eurent passé là-dessus], 

— le prince sortit — pour se promener dans le 
voisinage de son domaine ; — [et comme ii] ne sor- 
tait jamais [seul] v — voici son chien était derrière 
lui. — Son chien prit le champ — pour [poursuivre 
du gibier; — ] il se mit à courir derrière son chien. 

— Quand il fut arrivé au lac, — il descendit vers 
le bord du [lac , — à la suite de son] chien , — et alors 

1 Litt. : « dans le cours du jour de chaque jour. » 

' Les débris des signes semblent indiquer un mot v , £ J^ \ 

v t nouveau. Ce serait la forme isolée du groupe a " = ^- jj) 
( Brugsch , Dici. p. 68 a -683 ) , dont le rôle en composition a été si bien 
indiqué par M. Chabas ( Voyage dan Égyptien, p. io3- io4); et ce 
rapprochement donnerait le sens de voisinage. 

5 <îi i i i - 1 1^"^- Mot nouveau, emprunté aux langues sémi- 
tiques comme le prouve l'orthographe. Il se rapproche pour la forme 
de ïUD, pi. nUÇ, ou de 1*130, pi. fllKJD, pars, poriio; mais le 
détrmi natif U3 lui assure le sens général de maison, domaine. 



>( 23 






viïœttâù'Ai;3t,s y,u>. .:/£ 






n'^F'rro ■ ' ■ JLi £A r v j i ïïï'3 x *"■"* v «^ * 

r*.!£HH3*SV?-"-Ll«X 

«WJ^4 # rj-^Xe*Li # ^-L!s 

H~XEO['UÎ!^{]~X[U^r 

sortit le crocodile — et l'entraîna vers l'endroit où 

était le géant. — — [alors le] croco 

dile, il [dit au] prince : — «Ah! moi je suis ton 

destin — qui te poursuit, — — 

vers les chemins (?)•.. — avec le géant. — Or, vois , j e 

vais te laisser aller : — si le — — 

ton ....... me frappera d enchantement, — et le 

géant sera tué ; — mais si tu vois le — [tu 

ver]ras ta [mort] ! » 

Et quand la terre se fut éclairée et qu'un second 
jour fut, — lorsque vint 



.( 24 )**— 

La prophétie du crocodile est trop mutilée pour 
qu'on puisse en comprendre le sens exact. On devine 
seulement que le monstre pose à son adversaire une 
sorte de dilemme fatal : ou le prince remplira une 
certaine condition, et alors il vaincra le crocodile, 
ou il ne la remplira pas, et alors « il verra sa mort ». 
La fin du récit n'est pas difficile à restituer. Le prince 
triomphait du crocodile; mais le chien, dans l'ar- 
deur de la lutte, blessait mortellement son maître 
et accomplissait, sans le vouloir, la prédiction des 
Hathors. 



II 



De mieux informés rapprocheront ce récit des 
récits de même nature qu'on trouve dans la littéra- 
ture populaire des nations anciennes ou modernes. 
La version égyptienne est simple d'allure et n'a pas 
besoin de commentaires pour devenir complètement 
intelligible aux savants qui ne font pas métier d'égyp- 
tologue. lime reste, afin d'écarter la seule difficulté 
qu'elle présente, à montrer quelle idée les Egyptiens 
de l'époque des Ramessidcs paraissent s'être faite de 
la destinée, comment ils cherchaient à en expli- 
quer l'origine , quels procédés ils employaient pour 
y échapper, ou, du moins, pour en atténuer les 
effets. 

Le mot dont ils se servaient pour la désigner est 
îdll^K \\ ^ » SH ^- Lorsque le Prince naît , les Hathors 
viennent «pour lui destiner des destins, pour lui 



— m.( 25 ). 

sortir des sorts, fjjïï^ ç~f ^îw M ^ I *• ^ ra ~ 
cine MiI^shX se retrouve dans un Papyrus de la Bi- 
bliothèque nationale i1^§T^îi^ J 3k ^ \ S \ 
\ ï^î <c O n hû a prédestiné une élévation égale au 
ciel» 1 , et dans la stèle C 55 du Louvre, J,]f^^T 

vlJD^^'P^T^Vc^.^ uJ ' ai veiIlc à 

mon poste pour exalter la volonté de Pharaon, j'ai 
été matineux pour l'adorer chaque jour, j'ai mis mon 
cœur en ce qu'il disait, et je n'ai pas été rebelle au 
destin qu'il destinait pour moi». Le factitif en y 

paraît dans une prière , J ^ ^ ^ \\ £ ♦ 

^\^:r-t;zttttna^:zijPA 

mm*» «Ecoute-moi quand je te dis : Tourne-toi 

1 Pleytî, Papyrus de la Bibliothèque impériale, pi. XV, 1. 6. 
* Louvre, C 55 , 1. i3-i4. Cfr. Prisse d'Avenne*, Monuments égyp- 
tiens, pi. XVII, 1. 1 3-i4. Le double de ce texte, qu'on trouve sur la 

stèle 88 du musée de Lyon , porte : J, ^f T J ç-j ^flf * == * II 
^t ^ ttttt -— i- f = yfc 0* 7*8) *^e ve il' e à mon poste pour 



exalter se* volontés; je suis matineux pour l'adorer chaque jour; j'ai 
mis mon cœur en ce qu'il dit , et je n'ai pas été rebelle au destin 
qu'il met devant moi»; litt. • à ce qu'il destine à ma face». 

* Brugsch (Monuments de t Egypte, pi. IV, i a, 1. 6); cf. Grébaut 
tlans les Mélanges tf archéologie égyptienne, t. 111 , p. 6 1 . 



26 K 



vers celui à qui tu as fait un destin; Dieu n'ignore 
pas qui il a fait*. On a, comme substantif, dans le 

traité de Ramsès II avec le prince de Khitti '• J^ ^ m 

J^ûSÎ-"^^^.!^ «et, dans le 
temps de Motour, le grand prince de Khitti, mon 
frère, après 1 achèvement de son sort 2 , lorsque 
Khittisar s assit, comme grand prince de Khitti, sur 
le trône de son père ...» ; et dans les Maximes du 

scribe A ni à son Jils Khonshoipoa : ^~[ t±^ m j^ x jft? 

/CXiDX!A.iiiA <=>dHa v i im/CXi» 

d'un délit à faux, quand, par la suite, Dieu juge 
le vrai, son destin vient et [T]emporte 4 ». Divinité, 
Mil ^ \\ J| le destin a compte les heures de l'homme » 

1 Brugsch, Recueil de moanmeats, 1. 1, pi. XXVIII, 1. 10-1 1. 
1 Litt. : • après son sort*. 

3 Mariette, Papyrus de Boalaq, t. I, pap. n° 3, p. 20, 1. 1 1-12. 

4 M. Ghabas (L'Egyptologie, t. II, p. 2 1-22) traduit : «Le traître 
accuse faussement* ensuite, le dieu fait connaître la vérité, et son 
trépas vient et l'enlève». Le mot à mot donne: «Retourner réponses 
de transgression mensongèrement, ensuite, le dieu juge le vrai, et 
son destin vient emporter s. 



( 27 )*— 

îiîilM JTIJPJÎLPPP^ 1 - H est sanscesse uni à 

£~j^ la fortune et assiste avec elle au jugement de 
fâme humaine 2 . Leur alliance était si étroite qu'on les 
confondait parfois en une seule personne du nom de 
iDPj^flHB* Maskhont* et que, dans plusieurs textes, 
les mots ÎÛÛ "J^ \\ J Skaï et S J Rannît sont mis 
en parallèle constant l'un avec l'autre. «Thot, est-il 
dit dans un hymne de la XIX dynastie, fait les con- 
ditions de qui est et de qui n'est pas encore ; ÛûI^J^ 
£~j^Jk j '»% Shaït, le destin, et Rannit, la fortune, 
sont avec lui \ » Ramsès II , dans son rôle de dieu 

créateur et providence, est flfcf^k Mi P JLîS^Î? 
u le maître du destin , le producteur de la fortune 5 ». 
Dans notre conte, le héros reçoit à sa naissance 
trois sorts différents mais également funestes. Ici, 
rien n'indique que le choix des Hathors fatidiques 
n'ait pas été libre : si elles ont condamné le prince 
à périr par le serpent, par le crocodile et par le 
chien, c'est qu'il leur a plu réserver pour lui ces 
trois morts. La plupart des documents semblent 
prouver qu'il n'en était pas ainsi d'ordinaire. La des- 



1 Dûmichen , Hist. 1ns. II , pi. XL » 1. 1 S , dans le chant du harpiste. 

* Todtenb uch , édit. Lepsius , ch . 1 a 5 d , dans la scène du j ugement. 
3 Dans certains exemplaires du Todtenbuch, au chapitre ia5rf. 

Mashkont est nommée avec Rannit au Papyrus Solder II. pi. II, 1. 1 -3. 

* Papyrus Sallier V, p. IX, 1. 6-7. 

* Mariette, Abydos, U I, pi. VI, 1. 36. Dans le Papyrus de la 
Bibliothèque nationale que j'ai déjà cité, le roi Aménophis II est 
également mis en rapport avec Shait et Rannit (1. à); maïs le texte 
est trop mutilé pour que j'en essaye la traduction. 



+*( 28 )*♦— 



tinée humaine n était pas réglée par un caprice de 
divinité féminine : elle se rattachait par des liens 
nécessaires à la vie de l'univers et des dieux. Les 
dieux n'avaient pas toujours marqué pour l'humaine 
nature cette indifférence dédaigneuse à laquelle ils 
semblaient se complaire depuis le temps de Mini. Ils 
étaient descendus jadis dans le monde récent encore 
de la création, s'étaient mêlés familièrement aux 
peuples nouveau-nés, et, prenant un corps de chair, 
s'étaient soumis aux passions et aux faiblesses de la 
chair. On les avait vus s'aimer et se combattre, régner 
et disparaître, triompher et succomber tour à tour. 
La jalousie, la colère, la haine avaient agité leurs 
âmes divines comme elles auraient fait de simples 
âmes humaines. Isis, veuve et délaissée, pleura de 
vraies larmes de femme sur son mari assassiné \ et 
sa divinité ne la sauva point des douleurs de l'enfan- 
tement. Râ détruisit les premiers hommes dans un 
accès de fureur 2 . Horus conquit le trône d'Egypte 
les armes à la main 9 . Plus tard, les dieux s étaient 
retirés de la terre; autant jadis ils avaient aimé à se 
montrer ici-bas , autant maintenant ils mettaient de 
soin A se dissimuler dans le mystère de leur éternité. 
Qui, parmi les vivants, pouvait se vanter d'avoir 
entrevu leur face? 

1 Le livre des Lamentations <This et de Nephthys a été publié par 
M. de Horrack. 

1 Voir Naville, La destruction des hommes par les dieux, dans les 
Transactions ofthe Society of Biblical Archœoloijy, t. IV, p. i-ig. 

3 E. Naville , Le Mythe d' Horus , in-folio , Genève , 1 870 ; Brugscfa ♦ 
Die Saye der yejlâgcllen Sonne, in -4°, 1871, Gôltiogen. 



+»( 29 



Et pourtant, les incidents heureux ou funestes de 
leur vie corporelle décidaient encore à distance le 
bonheur ou le malheur de chaque génération , et , dans 
chaque génération , de chaque individu. Le 1 7 Athyr 
dune année si bien perdue dans les lointains du 
passé qu on ne savait plus au juste combien de siècles 
s étaient écoulés depuis, Set avait attiré près de lui 
son frère Osiris et i avait tué en trahison au milieu 
d'un banquet l . Chaque année, à pareil jour, la tra- 
gédie qui s'était accomplie autrefois dans le palais 
terrestre du dieu semblait se jouer de nouveau dans 
les profondeurs du ciel égyptien. Comme au même 
instant de la mort d'Osiris, la puissance du bien 
s'amoindrissait, la souveraineté du mal prévalait par- 
tout, la nature entière, abandonnée aux divinités de 
ténèbres, se retournait contre l'homme. Un dévot 
n'avait garde de rien faire ce jour-là : quoi qu'il se 
fût avisé d'entreprendre , c'aurait échoué. Qui sortait 
au bord du fleuve, un crocodile l'assaillait comme 
le crocodile envoyé par Set avait assailli Osiris. Qui 
partait pour un voyage , il pouvait dire adieu pour 
jamais à sa famille et à sa maison : il était certain 
de ne plus revenir. Mieux valait s'enfermer chez soi, 
attendre, dans la crainte et dans l'inaction, que les 
heures de danger s'en fussent allées une à une, et 
que le soleil du jour suivant, à son lever, eût mis le 

1 De Iside et Osiride , c. i3 (édit. Parthey, p. 2 1-2 3). La confir- 
mation du texte de Plutarque se trouve dans plusieurs passages de 
textes magiques ou religieux (Papyrus magique II arris t édi\. Chabas, 
pi. IX, 1. 2 sqq.; etc.). 



30 )**— 

mauvais en déroute. Le 9 Choïak , Thot avait ren- 
contré Set et remporté sur lui une grande victoire. 
Le 9 Choïak de chaque année, il y avait fête sur la 
terre parmi les hommes, fête dans le ciel parmi les 
dieux et sécurité de tout entreprendre l . Les jours 
se succédaient , fastes ou néfastes , selon f événement 
qu'ils avaient vu s'accomplir au temps des dynasties 
divines. 

« Le à Tybi. — Bon, bon, bon 2 . — Quoi que tu 
voies en ce jour, c'est pour toi d'heureux présage. 
Qui naît ce jour-là, meurt le plus âgé de tous les 
gens de sa maison 9 ; il aura longue vie succédant (?) 
à [son] père*. 

1 Papyrus SaUier IV, pi. X, 1. 8-10. 

1 Les Egyptiens divisaient les douie heures du jour, depuis ie 

lever du soleil jusqu'à son coucher, en trois sections MK=9 , j© de 
quatre heures chacune. Les trois épithètes qu'on trouve après chaque 
date au Calendrier SaUier s'appliquent chacune à une des sections. 
Le plus souvent, le présage valait pour le jour entier; alors on trouve 

la note f f f bon, bon, bon; frQ frQ frQ hostile, hostile, hostile. 
Mais il pouvait arriver que la dernière section étant funeste, les deux 

autres fussent favorables. On rencontre alors la notation } } hû- 
bon, bon, hostile, ou une notation analogue , répondant à la qualité des 
présages observés. Cette particularité n'a pas été expliquée par M. Cha- 
Uas (Le calendrier des jours jastes et néfastes de Tannée égyptienne, 
in-8°, Paris, Maisonneuve, i36 pages). 
3 Litt. : cde tous ses gens». 






— «+.( 31 )« 

a Le 5 Tybi. — Mauvais , mauvais , mauvais. — 
C est le jour où furent brûlés les chefs par la déesse 
Sakhet qui réside dans la demeure blanche, lors- 
qu'ils sévirent, se transformèrent, vinrent M gâteaux 
d'offrandes pour Shou, Phtah, Thot; encens sur le 
feu pour Râ et les dieux de sa suite, pour Phtah, 
Thot, Hou-Saou, en ce jour. Quoi que tu voies en 
ce jour, ce sera heureux 2 . 

|^J (Pop. Sallier IV, pi. i3, 1. 3-4). Le dernier membre de 
phrase est obscur; je le traduis par excipient patron [swtm], mais 
sans garantir le sens. 

1 Je ne saurais dire à quel épisode des guerres osiriennes ce pas- 
sage fait allusion. 

* Le texte de ce verset est à la fois mutilé et corrompu : î* Der- 
rière le mot "(^ j ç jy V— i | J^ | quelques signes ont disparu dans 
une lacune. M. Chabas traduit comme s'il restituait |* f . m x ; je crois 
reconnaître les débris du pronom |' , , , . Cette lecture aurait l'avan- 
tage de nous donner trois verbes , "s^ j ç jy V— « ( * ( , Jj_ <2 J 
i i i • J i 1 «/*» toU9 k* tro ' 8 a l& Dl ^ me personne et dépendant de 
la conjonction ^_ . 2° Il y a derrière J \\ ^ % un groupe un peu 

mutilé que M. Chabas lit ^ J^, mais où je préférerais lire \\. 
On a, en effet, deux phrases successives qui énoncent les genres 
différents d'offrandes qu'on fait aux dieux. La dernière commençant 

par J \ , les lois du parallélisme exigent que la première commence 
également par \ \ . y ç , , , est peut-être , comme le conjecture 
M, Chabas, une inadvertance de scribe pour m sj <5 , , , . Ce pourrait 

être toutefois une variante rare de /£ m O ou le nom complet 

d'une sorte d'offrande. 4° Au lieu de \ J % m , , , \J^ , il faut lire 



+*( 32 ) 



a Le 6 Tybi. — Bon, bon, bon. — Quoi que tu 
voies en ce jour, ce sera heureux '. 

«Le 7 Tybi. — Mauvais, mauvais, mauvais. — 
Ne t unis pas aux femmes devant l'œil d' Ho rus 2 . Le 
feu qui [brûle] dans ta maison, garde-toi de [t']y 
[exposer à] son atteinte funeste 3 . 

"I" ^ Q m -** g^ . 5* Le texte donne \ \ ^ ^S j^ g , on doit 

corriger | ^ _ ^3 j^ g . Ces deux divinités font partie de la 
suite de Râ et sont souvent représentées debout, Tune a l'avant, 
l'autre à l'arrière de la barque solaire. Elles formaient une paire 

comme f \ j^ g, ^ f \ g ; c'est pour cela qu'ici elles ont, à 
deux , un seul déterminatif divin g. Enfin 6° toutes les indications de 

présages sont favorables. La marque f f f » ici comme ailleurs, est 

fautive et doit être remplacée par j J j . Le texte du passage rétabli 

et corrigé d'après ces indications donne : , jj^ , , 11} ( ç 

I /mm* • • ^*« I | I A A <=2» O I /mm* 1 I I I é «="» I I I 

(Pap. Sallicr IV, pi. i3, 1.4-6). 
1 Pap. Sallicr IV, pi. i3,l. 6-7. 
9 Ici, le Soleil. 

3 Le verbe | j^, \ ^ J^ 111 introduit son régime par j^ ; le 
membre de phrase J^ , m J m y { doit être réduit à J^ m J ^ 



— **( 33 )« 

« Le 8 Tybi. — Bon, bon, bon. — Quoi que tu 
voies en ce jour, de [ton] œil, le cycle divin [t'Jexauce. 
Consolidation des débris '. 

« Le 9 Tybi. — Bon, bon, bon. — Les dieux 
acclament la déesse du midi (?) en ce jour. Présenter 
des gâteaux de fête et des pains Ouat' qui réjouissent 
le cœur des dieux et des mânes 2 . 



, 7 , . Enfin , il me semble que derrière le verbe ^ j^ S ^— ' il 

faut rétablir •«=» , la traduction « le feu qui est clans ta maison , con- 
serve-s-en l'activité brûlante, en ce- jour » , ne me paraissant pas offrir 
un sens suffisamment clair. La phrase complète se restituera comme 

AiuJi i m \ JV 9 -^J è m * J\ ^p* H -IV -*«. <=» —a- 

>-P^iil^ (Pap.SallierlV, pi. i3, L 7-8). 
1 Ici encore, le texte semble ne pas être correct. La formule du 

début se termine toujours par la clausule \ , Ç , \ ___ ,,,, qui 
manque, et qu'il faut peut-être rétablir. Le texte serait alors : 

1 m& 1 1 1 1 # # # ««»* JV JfV ^^* ■ • 1 m Jf%> 1 *~~* Jf\> 

I!!!!lU!!Z!5irrî îdb cv sdUer ,v » p 1 - i3 « *• 8 )- po**»» 1 

cette intercalation n'est pas indispensable. Le dernier membre de 
phrase fait allusion à la reconstruction par Isis du corps mutilé 
d'Osiris. La légende voulait, en effet, qu'Osiris, mia en pièces par 
Set, recueilli lambeau à lambeau, puis placé sur un lit funéraire 
par Isis et Nephthys, se fût reconstitué un moment et eût engendré 
Horus. 

1 La première partie de la phrase est obscure. Elle renferme un 

0101 JR m 1 w T 1 *» d'après le déterminatif , semble représenter une 

3 



( 34 )*+ 



« Le 10 Tybi. — Mauvais , mauvais , mauvais. — 
Ne fais pas un feu de joncs ce jour-là. Ce jour-là, 
le feu sortit du dieu Sop-ho dans le Delta, en ce 
jour *. 

« Le 1 1 Tybi. — Mauvais, mauvais, mauvais. — 
N approche pas de la flamme en ce jour : Râ v. s. f. 
Ta dirigée pour anéantir tous ses ennemis, et qui- 
conque en approche en ce jour, il ne se porte plus 
bien tout le temps de sa vie 2 . » 

déesse, et que j'ai traduit, par conjecture , cla déesse du midi» : 

THv.v/UHmi.f.i-x^irîiiV? 

niifiieilifi (Pap..S»/krIV,pl..3J.9). 

1 Je ne sais pas qui est le dieu Sop-ko dont le nom est suivi d'un 
double déterminatif divin , ni à quel propos il mit le Delta en feu. 
Le texte est un peu mutilé, et M. Chabas a cru lire dans une lacune 

le verbe |' f j^, J; les traces des signes encore visibles me paraissent 
mieux «pondœ à 1. leçon B • i que j« .d»,*ée. T? ï ï 

lier IV, pi. 1 3, 1. 9; pi. i£ , 1. 1). Le déterminatif Q derrière ; x | 
m X 1 1 • eftt inutile; il a été attiré par le parallélisme entre ce mot 

*|— l*î,?.©. , 

* Ici encore , le texte est criblé de fautes grossières qu'il importe 
de corriger avant d'aborder la traduction. M. Chabas a fort bien vu 

que le second \ J^ ^^ ^^ % ^ % doit être remplacé par une affir- 
mation JL ^»» ^ m (Op- land., p. i5). Le verbe que j'ai tra- 



— w( 35 

Tel officier de haut rang qui, le i3 de Tybi, af- 
frontait ta dent d'un lion en toute assurance et fierté 
de courage, ou entrait dans la mêlée sans redouter la 
morsure des flèches syriennes 1 , le 12, s'effrayait à 
la vue d'un rat et, tremblant, détournait les yeux s . 

Chaque jour avait ses influences , et les influences 

duit par • anéantir» est eflacé, et je ne vois pas à quel mot peuvent 
répondre les débris de signes que porte encore le manuscrit hiéra- 



•*..T»?!tHfc;^r3iTfc? 



^y [Pop- SaUier IV, pi. 14, 1. 1-3 ). L'orthographe bitarre du nom 

du dieu f m M j J se retrouve à la pi. 12 , 1. 10. Elle désigne 

Râ, roi de la dynastie divine , et s'explique par ce fait que le scribe , 
accoutumé à mettre dans les cartouches prénoms un initial , avait 
fini par écrire machinalement après le commencement de chaque 

cartouche. La locution ^ . , signifie littéralement « mettre la face 
de quelque chose ou de quelqu'un vers une direction», c'est-à-dire 

t diriger quelque chose ou quelqu'un vers » Le |» , , , de J^ J^ 

|i ! ! est amené par le pluriel a ^ J& S qui précède immédiate- 
ment «quiconque s'approche d'eux», c'est-à-dire «de la flamme et 
des ennemis contenus dans la flamme». 

1 Cétait en effet un jour heureux (Pap. Sallier IV, pi. i4, 1* 4). 

* On trouve, en effet, pour le 1 a Tybi, la note suivante : , *• 

iilffll*w*-«^kjk^^<2tii^'l* 1 #~ -%4lk 

^^tTl^V^( p ^ •^«"'W'P 1 »4.ï.3). «LciaTybi. 
— Mauvais , mauvais , mauvais. — Tâche de ne voir aucun rat ; ne 
t'en approche pas dans ta maison. » 

3. 



— **•( 36 )•#-» — 

accumulées formaient à chaque homme un destin. 
Le destin naissait avec l'homme, grandissait avec lui , 
le guidait à travers sa jeunesse et son vieil âge, jetait f 
pour ainsi dire, la vie entière dans le moule im- 
muable que les actions des dieux avaient préparé 
dès le commencement des temps. Pharaon était sou- 
mis au destin, soumis aussi les chefs des nations 
étrangères l . Le destin suivait son homme jusqu'après 
la mort; il assistait avec la fortune au jugement de 
lame 2 , soit pour rendre au jury infernal le compte 
exact des vertus ou des crimes, soit afin de préparer 
les conditions d une nouvelle vie. 

Les traits sous lesquels on se figurait la destinée 
n'avaient rien de hideux. C'était une déesse, Hathor, 
ou mieux, sept jeunes et belles déesses 3 , des Hathors 
à la face rosée et aux oreilles de génisse, toujours 
gracieuses, toujours souriantes, qu'il s'agît d'annoncer 
le bonheur ou de prédire la misère. Comme les fées 
marraines du moyen âge, elles se pressaient autour 
du lit des accouchées et attendaient la venue de 1 en- 
fant pour l'enrichir ou le ruiner de leurs dons. Les 
peintures du temple de Louqsor 4 et celles d un 

1 II est dit d'un dès princes de JChilti que « sa destinée » lui donna 
son frère pour successeur ( Traité de Ramsh II avec le prince de Khitti, 
1. 10-1 l). 

* Voir le tableau du jugement de l'âme au ch. 1 25 du Rituel. 

5 C'est le chiffre donné par le Conte des deux frères (pi. IX, 1. 8). 
Dans d'autres monuments , le nombre n'en est pas limité. 

4 Gbampollion , Monuments de l'Egypte et de la Nubie, pi. CCCXL- 
CGGXLI. Le texte reproduit par Champollion n'indique aucun noni 
de déesse; les Hathors représentées avec la reine sur le lit d'accou- 
chement sont au nombre de neuf. 



37 )• 

temple d'Esnèb * nous les montrent qui jouent le rôle 
de sages-femmes auprès de la reine Moutemouat, 
femme de Thoutmos IV, et de la fameuse Cléopâtre. 
Les unes soutiennent tendrement la jeune mère et la 
raniment par leurs incantations 2 , les autres reçoivent 
le nouveau-né, se le passent de main en main, lui 
prodiguent les premiers soins et lui présagent à l'envi 
toutes les félicités 3 . Les romans les mettent plusieurs 
fois en scène. Khrioum ayant fabriqué une femme à 
Bitaou, le héros du Conte des deux frères, les sept 

1 Cham poil ion, Monuments, pi. CXLV, i-a. 

* À Esnèh, le groupe d'Hathors qui est placé derrière la reine 

I lit I* typv&Ftr'^xm 
TK1 « k^ddM. « Lei habitantes du Nord qui font le 

charme de l'accouchement pour [ la mère du Soleil] ». La première se 
tient debout derrière le dos de l'accouchée, lui soutient les bras et 

le buste : c'est m ^ y la déesse Nit. Des deux autres , Tune est | ([) 

I' û T % V *^ a sage-femme Ti-ônkh (donneuse de vie)»; le nom de 
la dernière est détruit. 

* A Esnèh, le groupe d'Hathors qui fait face à l'accouchée est 
représenté accroupi. Celle qui tire l'enfant du sein de la mère est 

iflll'f % tf *fa sage-femme Nôlemi (la douce)»; derrière celle-ci, 

*~» .« w «...v^ ^ . % y. Comme on le voit, chacune d'elles porte 
un nom particulier et semble ne rien avoir de commun avec Hathor. 
La légende qui est au-dessus d'elles, et qui est assez mal reproduite 
dans Cham poil ion, prouve néanmoins que toutes ces déesses à noms 

différents sont les Hathors fatidiques, ""J^f ^"^ 1 Jy % J \ m 5IL LI 

8~!k«!^^Hh^r^ e4c -« Ce sont les Hathors 

qai viennent vers fa déesse Hit, comme les deux divines colombes (?) , 
munies d'ailes. » 






— w( 38 )■**— 
Uathors la viennent voir, l'examinent un moment et 
s'écrient dune seule voix : •■ Qu'elle périsse par lu 
glaive 1 ». Elles apparaissent au berceau du Prince 
Prédestiné et annoncent qu'il sera tué par le serpent, 
par le crocodile ou par le chien -. 

Les voir et les entendre au moment même où 
elles rendaient leurs arrêts était faveur réservée aux 
grands do ce monde. Les gens du commun n'étaient 
pas d'ordinaire dans leur confidence. Ils savaient 
seulement, par l'expérience de nombreuses généra- 
lions, qu'elles départaient certaines morts aux hommes 
qui naissaient à de certains jours, 

«Le /( Paophi. — Hostile, bon, bon. — Ne sors 
aucunement de ta maison J en ce jour; quiconque 
naît en ce jour, meurt de la contagion, en ce 
jour*. 

« Le 5 Paophi. — Mauvais, mauvais, mauvais. — 
Ne sors aucunement de ta maison en ce jour; ne 



[l'ap. Sallitr, IV, p. 4,1. 3j. J'ai rétabli, dorièn Ee ntbe . y?T 



>( 39 )•*•— 

^[approche] pas l des femmes ; c est ie jour d'offrir 
offrande de choses par-devant (Dieu) 2 , et Montou 
repose en ce jour. Quiconque naît en ce jour, il 
mourra du coït 3 . 

« Le 6 Paophi. — Bon , bon , bon. — Jour heu- 
reux dans le ciel 4 ; les dieux reposent par-devant 
(Dieu) et le cycle divin accomplit les rites par-de- 
vant 5 Quiconque naît ce jour- là, mourra 

d'ivresse 6 . 

1 Le verbe qui exprime 1 action de • s'approcher • est mutilé de 
façon à ue pas pouvoir être restitué. 

* ^?" jv- mi rTT A i *J- kîtt. ï « faire le faire de choses par- / 
devant! Pour le sens «accomplir un sacrifice, un rites, que prend 

le verbe _ employé absolument, j'ai donné ailleurs des exemples 
tirés de monuments de différentes époques. 

* ~^?::HNfc~sv^:i*Tfc?j!, 

7J:£JU=l<Jfc?JLJLillP<\-*T 

JL — î&^^^JV SaBierlX, pi. 4, 1.3-5). 

* Lilt. : « Pour dans le ciel ». . 

b Un mot effacé, probablement un nom de dieu. 

*t iA©iinUi<=»©é<=* i Jt— , I I |J:_Biti 

IV, pi. 4 , 1. 5-6). Le texte porlc m J|> j'ai rétabli m jÇ% • La faute a été 
amenée par l'identité de prononciation de m ]g moul c mère » , avec 



M-( kO )•*!■ 

.« Le 7 Paophi. — Mauvais, mauvais, mauvais. — 
Ne fats absolument rien en ce jour. Celui qui blas- 
phème contre Râ en ce jour ' 

Quiconque naît ce jour-là , mourra sur la pierre 2 . 

« Le y Paophi. — Allégresse îles dieux , [les hommes 
sont] en fêle, car l'ennemi de Hâ est a bas. Quiconque 
naît ce jour-là mourra de vieillesse'. 

»3?* mon( i mourir.. M. Cl i a bas u traduit [Catciutrkr tla jours 
faila ci nèfaiif,, p. 34 J : < Jour île Et» de Râ dans le cie! ; les ifiein 
sont en pan diras la divine pré-raice; les familles divines sont heii- 

leuses ([('Viliil lia., Je ne mit nue ■ iiieelimi de \\à il. m-: l.i partie 

conservée de la phrase, el je ne sais sur quelle autorité M. Cbabas 
s'csl appuyé |ioiir rétablir le nom de ce dieu dam la partie détruite. 

1 Litt.: .[Le] il VB-de-boucbc avec H4.cn lui.. 

* Voici 1rs débris du leile tels ipic j'ai pu les dérliiilrer : , , — o 

VII*':.'' ii^iii-i^^-s^rai, 

y ci vï • , . 

MWtsfc^lllJtJlIlKS-îtîi 

^ = *^l^r,^ BBB [Pop. SoJfiwIV, pi. Il, I. 8-7J. J'ai suivi, 
pour le dernier mot, la lecture ci la traduction de M. Chutas. 
Un |Miiirrail lire dans le manuscrit , , . . . , ce (|ui donnerait le 
sens de terre l'irniM/in-, loinbiiii>- ■ .Oiiii-"iiipii' naitr.i iv jnur-là, munira 
sur lu terre 1 trangtre. > 



Al 

« Le a 3 Paophi. — Bon , bon , mauvais. — Qui- 
conque naît ce jour-là; meurt par le crocodile '. 

«Le a 7 Paophi. — • Hostile, hostile, hostile. — 
Ne sors pas ce jour-là; ne t adonne à aucun travail 
manuel: Râ repose*. Quiconque naît ce jour-là, 
meurt par le serpent 3 . 

« Le 2 g Paophi. — Bon , bon , bon. — • Quiconque 
naît ce jour-là mourra dans la vénération de tous ses 
gens 4 . » 

î&X^liSfr ( Pa P- ^Oier IV. pi. o, I 8). Le 

teite porte seulement ] | | j j a ft J !• ke texte semblant 

exiger ici une construction parallèle, j'ai rétabli j-a^de 
manière à obtenir l'antithèse si fréquente : «Les dieux sont en joie, 
les hommes sont en fête. » 

PI*L i Pa P' SaUierW, pi. 6, 1. 6). 

* M. Cbabas traduit : c au coucher du soleil ». Ce sens de Jq J 
m , | g serait possible dans un texte ordinaire. Mais, dans lePa- 
pjrns Sallier IV, on trouve le verbe A | y joint au nom de divi- 
nités autres, que le Soleil; Montou, par exemple : Jq g * m » fi x 

| \ J (pi. IV, 1. 4), que nous avons cité (cf. p. 39, note 3). 
L'analogie nous force donc à traduire «Râ repose», comme plus 
haut, «la majesté de Montou repose». 

VTZ^Î&^IX^ (Pap.S<dlUrl\, p.6, I. »o; 
p. 7, I. 1). 

* Litt. < « mourra vers les vinirés <Ic ses gens » , pour « passer parmi 



— w( 42 y**— 

Tous les mois n'étaient pas également favorables 
à cette sorte de présage. A naître en Paophi, on 
avait huit chances sur trente de connaître, par le 
jour de la naissance, le genre de la mort. Alhyr, qui 
suit immédiatement Paophi, ne renfermait que trois 
jours fatidiques '. 

L'Égyptien né le 9 ou le a y <lc Paophi n'avait 
qu'à se réjouir et à se laisser vivre : son bonheur ne 
pouvait plus lui manquer. L'Egyptien né le 7 ou le 
■2 7 du même mois n'avait pas raison de s inquiéter 
outre mesure. La façon de sa mort était désormais 
fixée, non l'instant de sa mort : il était condamné, 
mais avait la liberté de retarder le supplice presque 
à volonté. Etait-il , comme le Prince Prédestiné, me- 
nacé de la dent d'un crocodile ou d'un serpent, s'il 
n'y prenait point garde, ou si, dans son enfance, ses 
parents n'y prenaient point garde pour lui, il ne 
languissait pas longtemps sur cette terre; le premier 
crocodile ou le premier serpent venu exécutait la 
sentence. Mais il pouvait s'armer de précautions 

le, .acélre» vénéré» * *, pm .. ~ ^Ê ',7,7 I H ffl P * 

(Pop. Sallm IV. p. 7, 1. ,-i). 

' Le ,.1, Iimo, le i3. Quicoin|UC naîl le ,4 mourra par l'alleiule 
d'une arme tranchante *^ _ ^ ^_, J . lilt. : • île coupures i ( Pop. 
Sidlier IV. p. 8. I. 3]. Quiconque nail le 30 mourra de la <oula- 
Hion annuelle \ J^ m % \\ , (M. p. 8, I.9}. Quiconque uaii le î3 



contre son destin , se tenir éloigné des canaux et du 
fleuve, ne s'embarquer jamais à de certains jours où 
les crocodiles étaient maîtres de l'eau 1 , et, le reste 
du temps , faire éclairer sa navigation par des servi- 
teurs. On pensait qu'au moindre contact d'une plume 
d'ibis , le crocodile le plus agile et le mieux endenté 
devenait immobile et inoffensif 2 . Je ne m'y fierais 
point; mais l'Egyptien , qui croyait aux vertus secrètes 
des choses, rien ne l'empêchait d'avoir toujours sous 
la main quelque plume d'ibis et d'imaginer qu'il était 
garanti. 

Aux précautions humaines, on ne se faisait pas 
faute de joindre des précautions divines : les incan- 
tations, les amulettes, les cérémonies du rituel ma- 
gique. Les hymnes religieux avaient beau répéter en 
grandes strophes sonores qu'a on ne taille point 
[Dieu] dans la pierre, — [ni dans] les statues sur 
lesquelles on pose la double couronne ; — on ne 

1 A la date du 22 Paophi. le Papyrus Sallier IV enregistre la 
mention suivante : \ [ \ w»fj J ClS * X 1 *«*" 

*—* I J U» *** w * Ne [ te lave] dans aucune eau , ce jour-là ; qui- 
conque navigue sur le fleuve, c'est le jour d'être mis en pièces par la 
langue de Sevek (le crocodile)». 

1 Apitoya âpBpwtov à»tvépyrr*ov @ovX6(ievoi oift$wu , KpoxdêetXo» 
ixjopia tSeus *7epo» M rifs xefaAifc ÇûrypaÇovat • xotrop yàp iàp 
/€*** v7$p$ Q-tyrji àuipritop cùpfoets (Horapollon, Hierogfypk, II, 

LXizi; édit. Leemans, p. 94-95). L'hiéroglyphe en question e*t^£_ , 
fréquent aux basses époques. 



44 )< 

le voit pas; — nui service, nulle offrande n'arrive 
jusqu'à lui; — on ne peut l'attirer dans les cérémonies 
mystérieuses; — on ne sait pas le lieu où il est; — 
on ne le trouve point par la force des livres sacrés l . » 
C'était vrai du dieu idéal, du dieu absolu, du dieu 
parfait, de Dieu, en un mot, dont on admettait l'exis- 
tence comme premier article de foi , mais auquel on 
songeait peu en l'ordinaire de la vie : ce ne l'était point 
des dieux. Râ , Osiris , Shou , Ammon , tous ceux qui 
avaient figuré tour à tour dans les dynasties divines , 

~ç« — *-* — uâ w ŒQ 'V !L^ # — <=> -~" 1p IT? # 



<* \ C3 ^ Su « Hl * ÎV l*+ SaUier II, 
p. 19, L 6-8, et Pap. Anastasi VII, p. 9, 1. i-3). La traduction 
littérale serait : t Point taillement de pierres , — [ni d' ] images à poser 
les couronnes; — point il n'a été vu; — point serviteurs, point 
oblateurs de lui; — point agir de mystères; — point ne»t su le 
Keu où il est; — point il n'est trouvé par force d'écrits.! Le der- 
nier membre de la phrase , mutilé à la fois dans Sallier II et dans 
Anastasi Vil , a été rétabli en complétant les deux textes l'un par 

l'autre, Sallier II a : tmmm rST J^ ^ B jj , , , f€| ^ 77^ «P " 11 
trouver chasses d'écrits», ce qui ne signifie rien, et Anastasi VII : 

Z^Xi[^!]!k^îl!H|Çr?î- Le scribe de Sol- 
lier II, à qui on dictait son texte, a cru probablement entendre an 

qimtupehsxàu où il a cru reconnaître le mot g jj y*7 j . C'est ce qui 
m'a décidé à rétablir la leçon : ^^^mC^A^^-^KI 
x l I I • 



n'étaient pas inaccessibles; ils avaient gardé, de leur 
passage sur. la terre, une sorte de faiblesse et d'im- 
perfection qui les ramenait sans cesse à la terre. On 
les taillait dans la pierre, on les touchait par des 
services et par des offrandes, on les attirait dans les 
sanctuaires et dans les châsses peintes. Si le passé de 
leur vie mortelle influait sur la condition des hommes , 
fhomme influait à son tour sur le présent de leur 
vie divine. Il y avait des mots qui, prononcés par 
une voix humaine, pénétraient jusqu'au fond de 
1 abîme; des formules dont la force agissait comme 
un attrait irrésistible Sur les intelligences surnatu- 
relles; des amulettes où la consécration magique sa- 
vait bien enfermer quelque chose de la toute-puis- 
sance céleste. Par leur vertu, l'homme mettait la 
main sur les dieux; il enrôlait A nu bis à son service, 
ou Thot, ou Bast, ou Set lui-même, les lançait et 
les rappelait, les forçait à travailler et à combattre 
pour lui. Ce pouvoir formidable que le magicien 
croyait posséder, quelques-uns l'employaient à ï avan- 
cement de leur fortune ou à la satisfaction de leurs 
passions mauvaises : on avait vu, dans un complot 
dirigé contre Ramsès III , des conspirateurs se servir 
de livres d'incantations pour arriver jusqu'au harem 
de Pharaon *. La loi punissait de mort ceux qui abu- 
saient de la sorte; elle laissait en paix tous ceux qui 
exerçaient par leurs charmes une action inoffensive 
ou bienfaisante. 

1 Chabas, Papyrus magique Harrls , p. 170-174; Devéria, Le pa- 
pyrus judiciaire de Turin, p. 13 4- 137. 



Désormais, l'homme menacé par le sort n'était 
plus seul è veiller; les dieux veillaicnf avec lui el sup- 
pléaient à ses défaillances par leur vigilance infaillible. 
Prenez un amulette qui représente «une image 
d'Ammon a quatre têtes de bélier, peinte sur argile, 
foulant un crocodile aux pieds, et huit dieux qui 
l'adorent placés a sa droite et a sa gauche '. » Pro- 
noncez sur lui l'adjuration que voici : « Arrière, cro- 
codile, lils de Set ! — Ne vogue pas avec ta queue; 
— ne saisis pas de tes deux bras; — n'ouvre pas ta 
bouche ! — Devienne l'eau une nappe de feu devant 
toi! — Le charme des trente-sept dieux est dans ton 
œil; — tu es lié au grand croc de lia; — tu es Hé 
aux quatre piliers en bronze du midi, — a l'avant 
de la barque de lïà. — Arrête, crocodile, fils de 
Set! — protège-moi, Ammon, mari de ta mêre s !» 

1 Papyrus imytjiifac lliirrii , |il. VI, I. 8-9. 

' Chabtu traduit [ Wélwt <;•'-> ■ 7>/' '■■''" 'yJ >/«* » » A' séné, I. II, p. 357- 
i5B) : tfarihtl crocodile Mafcnu, Gis de Sel! Ne vogue |>as MM 
ta queue! N'agis ;us de te* liras! N'ouvre lias la gueule ! Que IVaii 
devienne une flamme de feu (levant loi ! L'arme des !soi\intc-divsepl 
ilii-ui Ht à ton œil; in es lié au grand aviron île lia; tu es lie A l'ins- 
lanl aui quatre crochets de métal , h l'avant de la liarque de flà. 
Arrête-toi. aseodHt MaLou, fils de Sel! Proléj-c - moi . Ammon, 

mari rie .-a mère ! • Le teite porta : ^ J^ ^ _*_, G J^ fj , J 

~ên5M.çx=vst;i=-«rst= 




+*( 47 ) 



Fussiez- vous né le ? a ou le 1 3 de Paophi, Ammon 
était tenu de vous garder contre le crocodile et les 
périls de leau. D'autres formules et d'autres amu- 
lettes préservaient du feu, des scorpions, de la ma- 
ladie l ; sous quelque forme que le destin se déguisât , 
il rencontrait un dieu armé pour la défense. Sans 
doute, rien qu'on fît ne changeait son arrêt, et les 
dieux eux-mêmes étaient sans pouvoir sur l'issue de 
la lutte. Le jour finissait par se lever où précautions, 
magie, protections divines, tout manquait à la fois; 
le destin était le plus fort. Au moins, l'homme avait-il 
réussi à durer, peut-être jusqu'à la vieillesse, peut- 
être jusqu'à cet âge de cent dix ans , limite extrême 
de la vie, que les sages égyptiens souhaitaient d'at- 
teindre, et que nul mortel né de mère mortelle ne 
devait dépasser 2 . 



J ^W ^a> ff\ J *— ( Papyrus magique Marris , p. 6 , 1. 5-8). 

1 Le Papjrnis I 348 <!e Leyde, publié par M. Pleyte [Études égyp- 
tologiqaes, t. 1, Leyde. 1 866), est un recueil de formules dirigées 
contre diverses maladies. 

* Sur l'âge de cent dix ans , voir le curieux mémoire de Goodwin 
dans Chabas [Mélanges égyptologiqnes , a* série, p. a3 1-237). 



GOMMENT 

THOUTII PRIT LA VILLE DE JOPPÉ, 

CONTE ÉGYPTIEN 
COJSBRY B AU PAPYRUS HA R RIS N° 5ûO DU BRIT1SH MUSEUM l 

(Verso, P. 1-3), 

V 

(Cour» du Collège de France, déc. 1877 — janv. 1878). 



Le début manque. Au point où nous prenons le 
récit, trois personnages sont en scène : un officier 
égyptien appelé ^ \ ^ Thoutii , le prince d une 
ville syrienne et son écuyer. Le nom de la ville a 
été transcrit par le premier traducteur, M. Good- 

w * n2 » M^^ J- ' nom ? uon na jamais rencontré 
ailleurs et qu on pourrait identifier tout au plus avec 
celui des D^D'K , Emim s . On le rencontre cinq fois 

1 Sur le Papyrus Harris n* 5oo, voir Journal asiatique, 1877, 
p. 239-340, et Goodwin, Transactions of the Society of Biblical Ar- 
chœology f L III, p. 34o-348. 

* Transactions, t. III, p. 34 1. 

3 Genise, xiy, S; Dealer. ,11, 10, 11, 

4 



— *+( 50 )**— 

dans les parties conservées des trois pages, mais tou- 
jours plus ou moins mutilé. En comparant et en 
complétant (un par l'autre les passages où il se trouve, 
on parvient à le rétablir en son entier 1 % . 

PI. 1. 1. 8- P. II, I. 3. 

P. 1,1. i3. P. II. I. io. 

P. III, 1.9. 

La première lettre est bien \\, mais la seconde 
n'est certainement pas ^. C'est un ■ bien caracté- 
risé, tout semblable au ■ de ■«, Jy> dans la for- 
mule finale £ P " J ^ f . H faut donc lire , au lieu de 

Mik'-L et des Emim > M "J- et la ^ de 
Jôpou (Joppé). 

H est probable que le conteur rappelait au début 

comment le chef de Jôpou avait tenu longtemps 



1 J'ai agrandi un peu les dimensions de* caractère» pour en rendre 
les particularités plus sensibles. 
* PI. m, 1. i3. 



contre les armées égyptiennes sans que ruse ni force 
triomphât de sa résistance. Un officier du nom de 
Thoutii promettait dé le réduire , à condition qu'on 
lui confiât la grande canne du roi Thoutmôs III et 
qu'on lui laissât la liberté d agir à sa guise. Il faisait 
cacher la canne de Thoutmôs III dans un ballot de 
fourrage , pub désertait et se rendait au camp syrien 
avec un corps de cavaliers : peut-être donnait-il pour 
motif de sa défection quelque accident arrivé au 
sceptre du roi. Le prince de Jôpou l'accueillait avec 
honneur et l'invitait à sa table ; au moment où s'ouvre 
le récit, le transfuge égyptien et le chef syrien sont 
occupés à boire. 

Bien que mutilée, la première page est facile à 
restituer presque entière. Deux formules y reviennent 
sans cesse qui facilitent singulièrement l'œuvre de 
restauration : i° le titre du Syrien, ^^.^^M 5 
_!. , i° le nom du sceptre royal, ^ ^ ~— ■ -ê; JH. ou 



Grâce au retour perpétuel de ces deux formules , on 
peut établir que la page en question avait non pas 
0,077 de large comme la page II, ou o, 1 AS de large 
comme la page III , mais o, 1 58 comme les cinq autres 
pages du verso. Les lignes 6 et 7 du fragment sont 
conçues de la sorte : 



!t. 



i 



— »( 52 )«.— 
Les membres de phrase qui forment ce passage sont 
tous construits de la même manière. Ils se com- 
posent de (•?*, d'un verbe et de son régime. Le 
membre de phrase mutilé c ommenç ait par \ Ç et se 

terminait par — + Z. i (°~SJ f l P '• on ?' ul 
donc rétablir a priori dans la lacune |Ç [**: - 

BS"1w— 'é— S]""^'—^' elc ' Lessi e nes 

restitués nous donneraient, sans tenir compte du 
verbe encore manquant, une longueur égale à celle 
des lignes de la page II; tenant compte du verbe, 
on arrive à obtenir la même longueur de lignes que 
pour les pages IV-VII. Aux lignes n-,i, le teite 
mutilé porte : 

l. ,,. WtfœiMXJL'HV- 

l. «; mm.i (°=EI fit- 

Ici, la restitution est d'autant plus certaine qu'elle 
se compose de fragments des deux formules : 

l. .,. ^"•jimx.luv- 

(H=E(HP 

Qu'on ajoute ou non l'épithète j£, I» restitution 
nous ramène, i trois millimètres près, à la longueur 
des lignes de la page V. 



>( 53 )*+ 







L I J 1 1 1 * i m* a i H ! WJÊ^^lBÊ^^^//&^MM^Jm 



les mannes, [et il] les 

[fil disposer], comme on fait aux mannes 

1 Le mot parait se rattacher à la racine ^sj «joindre t unir • et 
signifier au début «un assemblage d'objets divers», par suite le 
«contenant» dans lequel on assemble des objets, ou, comme Cba- 
bas a bien traduit, un «panier», une «manne», une «couffe», un 
« coure » , dans lequel on emballe des denrées et des substances ali- 
mentaires (Mélanges égyptologiques , III* scrie, L II, p. 137, note 3). 

Les *^** aI^ sonl mentionnés à plusieurs reprises (Papyrus de 
Leyde I 348, pi. IX, 1. 8; cf. Chabas, L /.; Papjmu Anasiasi IV, 
pi. XIII, 1. 11), une fois avec l'indication des matières employées à 

leur industrie: ^ A,— \\ Ç P — ■ J | ffiTT^Ï 

IL (««) ^ Q ^T \ *, U P 4" 1 * * (AmutasilV, pt.XIIÏ . 
1. 11-13) «Fais approvisionner les fabricants de couffes, en ro- 
seaux et en joncs». Des «conserves» (?) J^ ^^ \ , , , , une 
espèce de gâteau ^ f «| «| , , , , une substance du nom de ( ^ ^ 
a a 1 (^ a py nu Anastasi IV, pi. XIII, 1. U; pi. XIV, 1. a-3) étaient 
placés dans ces couffes, ainsi que des pot* de miel : J^ j _ J^ 

JW -1— A n (^- * P*- * ^, 1- » o- 1 2 ) , t Item : tu feras enlever 
les miels exprimés (?) quon a mis en couffe (litt : ils ont mis des 
couffes à eux). Mémorandum desdits : Miels exprimes : 5o cruches 
neuves, etc.» Le texte faisait sans doute allusion à la provende 

J J^ \ , , ! des chevaux dont il sera question plus bas , et disait 



aBiii 



t* izu # w xu-s ^ r.ais 

Thoutii les artisans de 

Pharaon v. s. 1". eux. Et après 

qu'ils eurent passé leur heure à boire , Thoutii dit au 
[vaincu de Jôpou : «S'il te plaît! Tandis que] je 
« [ demeure ] avec les femmes et les enfants de ta cite 

qu'on avait arrange celle provendc comme on fait les mufles pleine* 
d'une substance dont le nom a disparu dans la lacune. 

1 Le nom propre du dieu est J& Thouù; en y joignant If \i 
i. cl'. Mélaiiijci iï a\ i-UioU\ijii: ii/y/iifrinr et asijritnne , t. III , jj. iSg, 
noie â), ou a Jt.. \ Thaati-l , ■ celui qui est .1 Thol >. 

1 Z*. 1 ' Ç"I jij désigne une classe de personne» ciicoic mal 
déterminé ;■. J'ai pris, faute de mieux, (e sens donne par Cbaba* 
( Héliaiyra toplttkiifjifwi, 3" série, t. 1 . p. id . sâ3-î44)- 

1 Litt- : ■ après leur heure de boire «. 

1 La première par tiède la restitution jfi .^ \] p \ Im . 1 . 
e-.l commandée par h: c.mlpAtc rt remplit à peu prés la moitié de la 
lacune. Le sens et le mouvement général de la pli nue exigent, dans 
le discours qui suivait : 1° une formule de politesse à l'adresse du 
chef du Jupon . /' 11 m' [in'iiiiil! "ii l'Imiilii , piirhni A la première per- 
aonue, met *on étal actuel en opposilion avec l'c'at de ton escorte. La 
formule de noblesse., nécessairement lrèsbrèn\ puis<|ue la niuilié 
de la lacune est déjà remplie d'une manière reiiaine. m'est lum-iiir 
pr 1111 passade du Priner prMotixt (p. III, I. 'il nù lu It4n<s. 



(55 ) 

u: , ivLii*i'5Jurava*i::i 

!fi • il'iiiJktJt AiMiti m V i «x 



a à toi, qu'on fasse entrer [nies compagnons avec 
«leurs chevaux] pour leur donner la provende, ou 
(( bien qu'un Apourou coure [à l'endroit où ils sont ! » 



«'adressant aux fils des chefs- de Syrie, leur dit : yf j^, , , , , 

J(J7m Ç jf i etc * •S'il V0U5 pl^t» je vais adresser une prière 

aux dieux»; ici, il suffit de changer le pronom sujet y^ J^ ( , , 

, 40% • S'il te plaît! » Dans ce qui suit, il ne pouvait y avoir que 

^ £ £) q j^ « Tandis que je demeure » ou ^ ^ • \ ^ r 

ç ^fr « Tandis que je bois ! » qui est en opposition avec l'ctat de 

l'escorte restée au dehors du camp ou du palais, comme l'indique 
la demande de Thouuï : « Qu'on fasse entrer mon escorte. » 

1 Lilt. : cTa ville de tes membres,» cVst-à-dire «ta propre ville». 
Sur ce thème pronominal, cf. de Rouge (Chrestomathie , II , p. 54-55). 

* Je ne vois guère que le mot J^u lu J^.^ ffijamille, peuplade, 

tribu, escorte, suite, en général tout assemblage de personnes unies 
par les liens du sang, de la religion, du vasaelage ou de la domesti- 
cité, qui réponde aux nécessités du contexte tout en complétant la 

syllabe ^j. Le mot |1^\ t , , désignant la provende, le fourrage, 

suppose nécessairement dans la lacune le mot J ^ , ^ \ , , , ; d'où 

la restitution. 

3 Cest dans ce nom que M. Chabas avait cru devoir reconnaître 
le nom des Hébreu t. 



On] 1m [fil «Krprjji ntmVB IracIlTOius.ou Inir 

ilonnii lll |iri,\riiilr. on [\ lrun\.i Ici gt'ilittir ratine 

illl] roi (Mkm 'nul] V. ». !.. "ii |l'>ll;i ilire i 

Tlimilii. El [ *s.<:ejii, I,. «in™ de Murai ttil J 



■■ ■»-i™i™.P'v;.T^iraVi* 

».^!friii^ 1 ir''^tl',,'ri 



'-»!» i lii lil k Br.u F S-j w .1 »„ -I II,, 

I X i» Klin.,1. j,. J|,J, Il „,, -m, 1,1, ,,„ ■„„.. 

' [-" *hiIi „ il pni-,,,! Miiîi-r ,|„'u„ ,,„ àtm b „„ , . 1 1 >„ 

»*-=» ■d.l'effT-a'iii^ï 

(«l?T^ïa--**.r~l i-i 



— «•( 57 )«•!■■ 



Thoutii : « Mon désir est de contempler la grande 
« canne du roi (MbnkhùpfuhQ v. s. f., dont le nom 

« est tioat no/ri. Par la personne du 

«roi(MENKBÔPRiRi]J v. s. f . , puisqu'elle est avec toi 

« en ce jour, excellent, toi apporte- 

« la-moi. » Thoutii fit comme on lui disait; il apporta 

La locution ] j^ *— ^ , ^ J^ , se place d'ordinaire tout a la fin de 
la phrase, quelque longue quelle soit, et ne s'intercale pas souvent 
entre le verbe et son régime. C'est la raison qui m'a déterminé à 
choisir la seconde restitution de préférence à la première. 

1 La restitution [ gg Jj^ /{* ^^ \ ^ ^t \ \ J ç J^ , com- 
mandée à la fois par le sens et par les signes <a t 1 . qui subsistent 
à la fin de la lacune, ne laisse de place que pour une transition 1res- 

courte : J^ , \^\* , qu'on trouve dans le même emploi au roman 
démotique de Satni. 

* Le signe y est douteux dans le papyrus; il servirait de délermi- 
natif au nom de la canne personnifiée. 



9 Un point noir qui peut être £ , mais. dont je ne garantis pas 
la valeur exacte. 

4 Lit». : « Il (Thoutii) fit de mémo. 



— «.( 58 )•«— 

CX-H^mM.?! XU.1M-' lit» 

la canne du roi (MenkhôprikQ v. s. 1'. [Il saisit le 
vaincu de Jôpou par] sou vêtement, et il se dressa tout 
debout, en disant: » B égard e ici, ô vaincu de [Jô- 

1 Le mot se retrouve au Papyrus de Levde. I, SSl, i. 8 (,f. 
Chabas, Mélanges cjyplologianes , I, pi. II). écrit «^fj ; deui dis 
objets qu'il désignai! su»! estimés six auleit Je caicre. Au Papyrus 

AnasUsi n" IV, pi. III .1. i . il est dit du matelot : M *Q ^ £1 
M^alaMa* Daus Amatnii V (pi. XIU, I. i-5i. un scribe 

„„, ; „ .„,,, , ^ jl^x ~ ~ « x z: î \ 
M:x^?u-xîj«r,xr»*"."" 

On voit seulement qu'il l'agit d'une pièce d'habillement, peul-élre 
il' un manleau. La rcsliltilion de la Ijfiiiw esl piewjue évidente de 

soi. La forme grammaticale \ £__ J est donnée par le mouvement 
général du morceau où loua le» virbi s sont régis par \ ^*_ , . La 
clarté du réril i ■ \ i m - rpiv Tlionlii -agisse lr | rince de Jojuju par une 
piiee i'e son vêlement nianl de le frapper. 

* Lilt. : « H se tint debout en il se dresse t. ^*_ £^ e»t un sub- 

ilaulif de \u forme en > final déjà signalée sonveni {Mélange* d'or- 

Wn'oluoie iyypUriwe << nisrricnlii , I. III, p. foi '".t.- I, et p. l5o, 
noie 7I. 






« pou , la grande canne du roi] (MenkiiôprirQ v. s. f. , 
«le lion redoutable, le fils de Sokhet, à qui donne 
« Ammon , son [père, la force et la puissance! » II] 
leva sa [main], il frappa à la tempe le vaincu de 
Jôpou, et celui-ci tomba sans connaissance devant 

lui. Il le mit dans le des 

peaux. Il embrassa (?) m 

1 La lecture \ y ▼ j^ y*: etl douteuse. 

* Les débris de signes semblent représenter les restes de "v-^ , 

c!e J^ et de 9) devant V— i . 

3 Le dcterminatif est à moitié efiacé. Restitution douteuse. 

4 La seconde page commence en cet endroit. Elle est complète, 
sauf dans le haut , où quelques déchirures ont enlevé partie des deux 
premières lignes. 

* La restitution J^[ J Q J^| ^^A^^J <en [affiûsscment] • 

n est qu'un à peu près. Le groupe J u*]^. | <^R ^"\ ^"t comme 
il Test dans le Conte du Prince prédestiné (pi. I, 1. 10), remplit exac- 
tement la la-une . 



ïhhh x x'. :. ,\ a aosrax 
-KP^^iï^-irrox^-- 

la paire tic fers qu[il] du 

vaincu de Jôpou, [et] on lui mit aux pieds la paire 
de fers de quatre anneaux. Il fit apporter les 

' M. Gotxlwm (346. n. i) lit te* [I], suivi d'un ilcierminalif incer- 
tain, le groupe ^J_ , ,,,, ijui revient dem fois en deut lignes, el 
que je traduis une paire (>) de feri, ont paire de chaîna. Le (elle 
explique aussitôt que la paire de chaines se composait ■■', < ^y |' 9 

iiïec un cl è terni inntif nouveau . O, du mol ^^ y m . (Le ilt ; .i--j mil I 

nouveau , étant un ferrie . peut rt/préscrircr les tiniuïtiuj: dont se com- 
posait la rhaint'. Suit lui mol .'1 demi ciTai-e oii M. (iixiilwin (p. 346. 

note 1 i ) distingue les ■.ignés J^ , " J J , m ihe moût* of his 

magazine. La barre qui' \1. (ioivlwin transcrit * est tracée sur une 
libre de papyrus qui n'est plus a sa place originale ; il faut la reporter 

en avant, ce ijui semble donner, pour le groupe restauré, ^ ! — . 

\\± . Tout le passage se rapporte an» préparatifs de Thoutii. 

Après avoir tué ou, loul au moins , étourdi le prince de Jôpou d'un 
coup de la canne de I boultiKi- III . Tbmilii se déduise eu prisonnier. 
Cl. entre autres précautions qu'il prend, or.lonne qu'ion lui mette 
tus pieds la paire de chaînes de quatre anucaui ■. Nous verrons, en 
effet , plus loin que l'ccuyer du prince de Jopou dit a sa souveraine : 

II^mïMjii "No"* sommes maîtres de Thoulii.. 

' Le cbiffreesl a moitié effacé. La reslitulion n'en est pu moins 
probable, le chiffre Soa étant le seul dont la forme hiératique se 
prclc à complclir les Ir.iils dej.i eii-tauts sur le papyrus- 



— «.( 61 ) 

:fcSHΣP~TMiP~lJ?:VI~TMiP 

ccccc jarres qu'il avait fait fabriquer et y introduisit 
deux cents soldats; [puis] on remplit la panse [des 
trois cents autres] de cordes et d'entraves en bois, 
on les scella du sceau, on les revêtit de leur banne 

1 Le sens paraît être «les jarres qu'il avait données à la lu- 
mière, les. jarres qui! avait produites!. Goodwin (p. 346, note i5) 

rattache m j^ •J\||in|àla racine hébraïque &3H et y 
voit « un vase ou un paquet d'une certaine espèce ■. Il me semble 
que le mot doit désigner ici de grandes jarres en terre, semblables à 
celles dans lesquelles Ali-Baba et sa servante découvrirent les qua- 
rante voleurs. Thoutii «fait descendre» dans deux cents de ces jarres 

deux cents hommes, et remplit la «panse» s x * \ \ / ^"" i du reste 
de cordes et d'entraves en bois. On scelle le tout, on met sur chaque 
jarre l'appareil dont ces vases étaient revêtus d'ordinaire et qui ser- 
vait à les charger, et cinq cents soldats solides les prennent sur leurs 
épaules. 

1 J^ passé, comme c'est souvent le cas, devant un mot commen- 
çant par J^ (cf. Orbiney, pi. VI, 1. 7). 

* Le mot est bien | J \ , , , , non J J \ , , , , comme pensait 
M. Goodwin (p. 3^7* note 1 7). Le mot est employé au calendrier de 

Médinet-Abou, dans la phrase J j 1 1 1 i J J *"* n D 111* et 
désigne, d'après Brugsch (Die t., p. i583), une certaine mesure. Le 

mot dérive de la même racine que r==> J * • une cruche, un vase ». 



— 1»( 62 )*<-- 

et de [l'appareil de cordes nécessaire a les porter 1 ], 
on les chargea sur autant de forts soldats, en tout 
cfiOCG hommes, et on leur dit : « Quand vous entrerez 
« dans la ville, vous ouvrirez [les jarres] de vos cotn- 
« pagnons, vous vous emparerez de tous les habitants 
«qui sont dans la ville, et vous [leur] mettrez les liens 
«sur-le-champ.» On sortit pour dire à l'écuyer du 

Il ino paraît [!«sij,'iu>r ici la rôti vertu ro. . If suc in Loi le grossière ou en 
iiMtf, l'ont on revêt les jarres pour les consolider, cl , dans le toile 
île Medi net- lia lion . le mfme snc euipliiiv |u.ur coule nir ili>. légumes. 

1 Le d&ermîiMlif de — > Jy | \ est dontcui , ainsi que relui iln 

mot suivant ; de plus, le o de \ jj) g , , n'est pis certain. 
Goodwin traduit (p. 343) itilh iheir garlands afjlnwcn. Cette Ira- 

iluction supposerait une lecture ~~^ Jy J \ [ , , , ] m , , 
[ i i , j. dont je ne puis retrouver le- éléments sur l'original hiéra- 
tique. Je pense que les dcu\ mots devaient désigner ici tout l'appa- 
reil de cordes et <le poignées dont ou entourait les jarres et qui 
jcrvail à les porter. 

- Lill. : .On mit tous les sol lats lions sons elles.. 






vaincu de Jôpou : « Ton maître est tombé ! Va dire 
« à ta souveraine : Joie ! car Sou[tekh]ou nous a livré 
«Thoutii avec sa femme et ses enfants. Voici, on 
«a déguisé sous le nom de butin fait sur eux les 

1 Goodwin (p. 3&7» note ai ) Ut j[ f m y , et voit dans ce mot 

• an nom collectif désignant la troupe entière des sennou ou cama- 
rades ». Le premier signe du mot est certainement J , non J ; le 
second, un peu mutilé en cet endroit, mais bien conservé à la 
ligne i3 de la même page, est v; le reste est ai ou aC, mais 

plutôt m i . Le tout nous donne J , y ou J m , y la régente, 
la souveraine, probablement ici la femme du prince de Jôpou, 
chargée du gouvernement de la ville pendant f absence de son mari. 

* La restauration T \ # \ J est très-probable; en tout cas, il 

y avait là le nom d'un dieu. ^ \ # J Soutekh était, d'après le 
traité de Ramsès II avec le prince de Khet , une sorte de nom générique 

que les Égyptiens donnaient aux divinités des villes syriennes. Le 4* \ 

# \ J de Jôpou serait à joindre aux différents Soulekhou que les 
textes nous font connaître ailleurs. 

* Goodwin (p. 348, note ao) transcrit : ^^ \ \ ^ ^^ ,Yi w* 

wPr7iTT2l«X^« etc » el ira * 1 » 1 (pa43) : tMayit 
please you, let us give up (>) Tabutia, witb bis wife and bis chil- 
dren. Bebold , it happened , they performed as w as desired , wilb 

regard to the aoo vessels , etc. » Il n'y a certainement pas ^— _ i i i * 
comme le prouve la comparaison des signes tracés en cet en Iroit avec 



h ce jarres qui sont remplies de gens, de colliers de 
n bois el de liens. » L écityer s'en alla .1 la tète de ces 
gens-là pour réjouir le cœur de sa souveraine en 
disant : "Nous sommes maîtres de Thoutii!» On 
ouvrit les fermetures de la ville pour livrer passage 

les signe» qui formcnl ^SH dans le reste du manuscrit. On peul 
hésiter entre — ,^_ el m ^ ; le second me parail être préférable. 
Le mot a mol de la phrase donne : ■ Voici main-d'œuvre d'eux, elle 
•1 éle donnée comme nom [ ^ J) ___ / aux l' == ") deui cents 
jarres •; c'esl-a-dirc : «el voici, on dira que 1rs deui cents jarres 
pleine* d'homme» el de liens sont le produit du travail de Thoutii 
et de ses enfouis, sont le hutin fait sur le bien de Thoulii et de sa 
famille». La phrase parait être l'oiisti-iiilr sur le modèle des phrases 

citées par Brugsch {Dict., p. 1486-1187) : ^ J* A J C3 
,^i, «Esl appelé Thon pour le nom de re nnmeii Seulement le sujet 
— ,^_ jy , - \~~i \ ' 1 1 1 . on — ,»j_ e-.i féminin comme dans — , •=— " 
[Urugsih. Dict., p. 1670), e..l rappelé derrière ^ jj par la 
forme ^j^ du pass ■. Le chiffre Ç (J parail être en contradiction 
avant le chiffre de ÇÇ ÇÇ Ç que j'ai rétabli plus haut el qui est 
hirn certain. H finit croire que h- scribe aura "nni;é au\ deui relit- 
jarres qui, seules, reufenn aient des homme-., el aura donné Ce 
nombre jiarlicl Muu plus longer an nombrr total de cinq cents. 

1 Litt : • 71 s'en alla en avant dVtu >. 

' Lill. 1 .On ouvrit les fermetures île la ville devant les porteurs», 



( 65 )**■ 



tfîMtP~t:rtfcXHHlU~®fcri?r; 
[^X]-îir.op±y3jfe^'^rakJ 

aux porteurs; ils entrèrent dans la ville, ouvrirent 
[les jarres de] leurs compagnons, s'emparèrent de 
[toute] la ville, petits et grands, et ils mirent [aux 
gens qui l'habitaient] les liens et les colliers , sur-le- 
champ. Quand l'armée de Pharaon, v. s. f. , se fut 

1 Une expression équivalente se rencontre dans le grand Papyrus 
Harri»(pl.LXXV,l.»-4): £ X ^kH! " ^©î\ tl* 

^T^i * AiTT'IJ ICI ZZC^TJsfff 

■ 1 1 il i i i «=» m i IJ ^ (iT m* i i i ' W9> 9l <— » 

^*\ttrtisâ^p^vviî:^jft 

A A 1 Ç ol Ajliii lLe P** 8 ^Egypte s'en alla àla dérive . 
et aucun de ceux qui s'y trouvaient n'eut de suzerain, durant des 
années nombreuses du temps d'auparavant jusqu'à d'autres époques 
où la terre d'Egypte fut aux mains des princes des villes et où cha- 
cun massacra son voisin , grands et petits. • 

* Le mot S . T x | [^ j *— ' paraît être composé de la même ma- 
nière que | m J , , ] | ( | « la cavalerie ». J'ai traduit d'après le sens 

du contexte., mais d'une manière générale, armée, force militaire. 

3 Le sens est douteux. Peut-être faut-il traduire t s'installa Thoutii » . 



5 



■♦*•( 66 )•«— 






emparée [de la] ville , Thoutii se reposa et envoya un 
message en Egypte au roi (MenkhôprjrQ v. s. f. , son 
maître, pour dire : «Réjouis-toi ! Ammon, ton bon 
« père , ta donné le vaincu de Jôpou avec tous ses 
«sujets et aussi sa ville. Viennent des gens pour les 
« prendre en captivité , que tu remplisses la maison de 
« ton père Ammon-Râ, roi des dieux, d'esclaves et de 
« servantes qui sont sous tes deux pieds pour tou- 
jours et à jamais ! » 

Explicit féliciter par l'office du scribe instruit dans 
les récits, le scribe 

1 Le de terminati f _>*- n'est pas cevlain. 

* Le texte semble porter yf J^ /£ ^ ; toutefois la lecture 

W* J^ * j^ _ est possible également. Je l'ai adoptée parce 

qu'elle offre un meilleur sens. 

9 Le nom du scribe est presque entièrement effacé; les traces qu'il 
a laissées sont indéchiffrables. 



+*( 67 )•*• — 



Les aventures de Thoutii sont-elles le récit d un 
épisode réel des guerres égyptiennes? 

Jôpou a été de bonne heure occupée par les Egyp- 
tiens. Thoutmôs I er lavait probablement soumise dès 
ses premières campagnes au delà de l'isthme; en tout 
cas, elle figure sur la liste des conquêtes de Thout- 
môs III 1 . Selon 1 usage du temps, elle payait un 
tribut au vainqueur, mais conservait son chef héré- 
ditaire. Le vaincu de Jôpou *, puisque tel est, dans le 
langage de la chancellerie égyptienne, son titre offi- 
ciel, dut agir souvent comme le vaincu de Tounep*, 
le vaincu de Kodesh et tant d autres , qui se révoltaient 
sans cesse et attiraient sur leur ville la colère de Pha- 
raon. Le fait d un prince de Jôpou en lutte avec son 
suzerain n'a rien d'impossible en soi, quand même 
ce suzerain était aussi puissant et aussi dur à la ré- 
pression qu'était Thoutmôs III. 

L'officier Thoutii n'est pas un personnage entiè- 
rement fictif. On connaît un Thoutii qui vivait, lui 
aussi, sous le règne de Thoutmôs III et qui a déjà 
fourni la matière de deux mémoires à MM. Birch 4 

1 Mariette, Karnak, pi. XVI f, XVIII, XIX. n' 62 . et Les Listes 
géographiques des Pylônes de Karnak, p. 3s , n° 62 ; cf. de Rougé* 
Sur divers monuments du règne de Tkoutmes III \ p. 55 , n* 61. 

s /£ <==> \ \ jf% \ \q JL, Litt. : • Le tombant ou le renversé 
dï Jôpou». 

» ^ $1 *!L Zç 13 J- (Annales de Tkoutmes III, 1. 3). 

4 Mémoire sur une paûre égyptienne du musée du Louvre, par 
M. Samuel Bireh. Paris, i858, in-8°, 76 pages (extrait du L XXIV 
des Mémoires de la Société des Antiquaires de France). 

5. 



—~( 68 )«_ 
et Devéria 1 . Le Louvre a de lui un canope en 
albâtre 3 , un vase en or intact'', et les débris d'une 
patère en argent*; le musée de Leyde, une palette 
en talc 5 , un vase a collyre et un canope en albâtre , 
un scarabée funéraire de jaspe vert monté en or'. 
Il avait exercé de grands commandements en Syrie 
et en Pliénicie. Il s'intitulait u prince héréditaire. 
« père divin aimant dieu, délégué du roi en toute 

1 Xotice de quelques antiquii. ; n'tuiires nu lUisilicruji iimiralr Thuuik 
ou ï'rli ^fL , pour faire suite au mémoire de M. Samuel Bitvti sur 
une patère égyptienne du nnive du Louvre, par M. Théodul.- Devé- 
Ha. Paris. iSâS. iii-jT, n6 pages {titrait .la t. XXIV des Mrmoiirs 
île tu Soeieie ((■■ .inlii/naiii-f Je France). 

* ProïîeiiL Je la collection Drovetti ; esl donné .'ans le cala'ogue de 
cette collection {»■ i38) comme trouvé a Tbélj ■*. Décrit par Devé- 
ria (.Volfw. p. 8); n* 1137 de l'invenlair,. actuel. 

1 Collection Drovetti, n" 5G0. Décrit pif f.liampollion {Xolkc <<« 
ninnumeud , 18 17, I 1 3 3 , ji. gj ; ; par Hircli 1 1 Dcïéria {op. laad.) . 
il par Pierre! {Catalogue île li salle historique, 1873, n' 3S8, p. 86- 

■S- ; iniliFJllé pjr V„ il'' Riiil^'i'' ( \nUre siimmilire ,/.-,! CKmHiui-iil.i •■!?!'- 
lùiu.p. Ga.viLrinerl). 

' Provient d'une de- Collection* Atiastiw, Décrite jiar Fr. Lcnor- 
1 liant [Catalogne ifuae collection d'antiquités é,jvptieiiael , Pari t. 1837, 
in-8°, n" 9 J6 .p. 80 ) et dans Devéria ( \oticr de qaelqaes miiri/uifi'.i . 
p. 11-16). Achetée eu 18^7 par M. i'aife [Fr. Lenormaiit , Dëtaip- 
lion îles antiquités. . . romposanl la mil ctinn île feu M. Ila.it* ' , Paris. 
*i S67. iu-8", n" 38o .p. il); acquise [«r le Louvre en 1 867 il décrite 
par P. Pien-et {Catalogue, 11° 3 jq , p. 87-88). 

1 Provient (l'une des 1 olliTliein An.iJtasi [Leuiaus, Dcteriptim, , 
187, p. ion; MoBomenls, 1' parlie.pl. XCV, i 187). 

* Même provenance (rf. Leemans. Description, H 029, p. 89 , et 
Monuments, ■'partie, pi. LV1II). 

7 Même provenanc. Décrit ri r ■ ■(«-"tluit par l.ernuus I hr.irrip 
liait rtiiioaaie ilri monuments égyptiens, Leyde, i8<o, in-8', 0%, 
p. 10% et Monuments égyptien* :la musée d'anti.juilès des /'nri-Boi. 

I* pnrtie.pl. XXXV, (i ni). 



■ ■ ! »•( 69 )<+ — 

« région étrangère des pays situés dans la Grande- 
« Verte l . » C'était lui qui remplissait le trésor de a la- 
ttpis, d'argent et d'or.» Il était scribe royal, général 
d'armées, gouverneur des contrées étrangères 2 , gou- 
verneur des contrées du Nord 5 . Rien n empêche que 
dans une de ses campagnes il ait eu à combattre un 
prince de Jôpou. 

Lies principaux acteurs du récit peuvent donc ap- 
partenir à Thistoire. Les actions qu'on leur prête 
ont-elles la couleur historique ou sont-elles du do- 
maine de la fantaisie? Thoutii se rend comme trans- 
fuge auprès du chef ennemi et le tue. Il se déguise 
en prisonnier de guerre pour pénétrer dans la place. 
Il introduit avec lui des soldats habillés en esclaves 
et qui portent d'autres soldats cachés dans des vases 
de terre. On trouve , chez la plupart des historiens 
classiques, des exemples qui justifient suffisamment 



1 l\ ■■"■• I e nom d e l a mer tn général , souvent de la mer Mé- 
diterranée. 

1 1 1 a — — j 1 1 1 ^ 1 1 1 Lj-i m v rwr I a-— * I t 

IL! + Z* Kl 3fc £l I i (Patère en or du Louvre.) 

A V!Aa (Scarabée de Leyde. ) ^ ^ Jfc ^_ 
(Vase en albâtre de Leyde.) __/} Jj^-J ^^ i T RI -2t m ■ (P g * 

Jette du musée de Leyde.) ./; «^ m j^ J£ m z2L (Patère en 
argent du Louvre.) 



i i i 



.( 70 )^i— 

1 emploi des deux premières ruses. J'accorde volon- 
tiers quelles doivent avoir été employées par les 
généraux de l'Egypte aussi bien que par ceux de la 
Grèce et de Rome. La troisième renferme un élément 
non-seulement vraisemblable, mais réel : l'introduc- 
tion dans une place forte de soldats habillés en es- 
claves ou en prisonniers de guerre, Polyen rapporte 
que Lykos, un des généraux de Lysimaque, rôi de 
T h race , s'étant associé à un chef de pirates , celui-ci , 
pour surprendre Ephèse , désarma un certain nombre 
des soldats de son allié, les enchaîna, les poussa de- 
vant lui, et, quand il fut près de la citadelle, leur 
ordonna de tirer le poignard qu'ils portaient caché 
sous leurs vêtements. Les portiers et la garnison, 
pris au dépourvu par cette attaque, furent massa- 
crés, et Lykos demeura maître de la place 1 . Le 
même auteur raconte, dans un autre passage de son 
ouvrage, comment Néarque le Cretois prit la ville 
de Telmissos, en feignant de confier au gouver- 
neur Antipatridas une troupe de femmes esclaves. 
Des enfants enchaînés accompagnaient les femmes 
avec l'appareil des musiciens , et une escorte d'hommes 
sans armes surveillait le tout. Introduits dans la cita- 
delle, les hommes d'escorte ouvrirent chacun l'étui 
de leur flûte qui, au lieu de l'instrument, renfer- 

1 ô fièv dp%t*ttparils tous Atixov elparuhas iàuXovs êp Ipartots 
xcd rpiS&ot ètStftépovf, As alyyiaXdnovç > XaGàp, eltnfiyatyt, xal crAir- 
oiov Ttfc dxpo*é\€Gùs yepopipos, map^yyttXs %pSoQat rots êy^etptèlots 
à xexpvpftéva ixàptlop (no fidXriv • t&p èè trep) rifv ôxpoToXi» «vW- 
p£p xai ÇvXdxwv Çopcvopépvp, atptrai oypttop rots zrepi top Atfxo* 
(Strat., V, xix ). 



(71 )** 



mait iin poignard nu, fondirent sur la garnison et 
s'emparèrent de la ville ] . 

Si Thoutii s était borné à charger ses soldats de vases 
ordinaires ou de boites renfermant, sous prétexte de 
trésors ou d'instruments, des lames bien affilées, je 
n aurais rien à objecter contre l'authenticité de son 
histoire. Mais il les accabla du poids de vases énormes 
qui contenaient chacun un soldat armé ou des 
chaînes au lieu d armes. Pour trouver 1 équivalent 
de ce stratagème, il faut descendre jusqu'aux récits 
véridiques des Mille et une Nuits. Le chef des qua- 
rante voleurs, pour introduire sa troupe chez Ali- 
Baba , ne trouve rien de mieux à faire que de la mettre 
en jarre, un homme par jarre, et de se donner pour 
un marchand en voyage. Encore le conteur arabe 
a-t-il plus souci de la vraisemblance que le conteur 
égyptien, et fait-il voyager les pots de la bande à dos 
de bêtes, non à dos d'hommes. Il me semble que ce 
trait suffit seul à compromettre l'authenticité de tout 
le récit. Les actions de Thoutii ne sont plus des inci- 
dents d'histoire , mais des incidents de roman popu- 
laire. De même que d'autres conteurs prenaient des 

1 Niopgof Kpilt xdr€<r^e TeXfuaaèv, ktnt%arplèov xparovtnof. 
KaxézXtwrt pèv ii i6v Xtpépa Hiapxpf èxei èè ktntvarpièat , waXcuos 
&p ÇtXdt, dise rfit éxpas xaré€rL vpè>* afoèp, xai èteXéÇamo vepi 
Sp ê€ouXovTo t 6 Kpift éfyi, fioûXeodat yvvaîxat dvéôeoôcu isap* avrâS, 
xal vaïèas ètèeftivovs. ô fiiv kmncaxplèaç èvérpe^ev ol èè mûèes 
ol ètèeftévot rà crxetnt i&v fxowjovp-yûv yvpatx&p àvex6yu\ov iv èè 
toU xt&mloiç Tûh» atiXûfo ivîfv èyxjtipLèia. yv\tvà % iv èè ratt xfolcus 
wéXras. ùt èè etoa> riff àxpas èyévomo , ol ràt yvvalxas xal tov j tw?- 
êat éyovres, o%*odp*voi rà iy%etpièta t xavaXap&kvovit tfjv dxpav 
toi t>}« TeXfiiaaov Néap%of èxpéry^atv (Stral., V, xl). 



— w( 72 }**— 
noms de Pharaons pour les donner à leurs héros, 
l'écrivain à qui nous devons le premier récit du 
Papyrus Harris pouvait avoir pris le nom d'un per- 
sonnage célèbre du temps de Thoutmôs III, et avoir 
donné libre carrière à sa fantaisie. Le cadre du 
récit était historique, selon l'habitude égyptienne; 
le fond du récit était de pure imagination. Les stra- 
tagèmes que Thoutii emploie pour s'emparer de la 
ville de Jôpou ont juste autant de réalité que les 
ruses employées par le voleur d'Hérodote pour piller 
le trésor ou tromper la fille du roi Rhampsinîte. 



FRAGMENTS 



D'UN CONTE FANTASTIQUE 



REMONTANT A LA XII* DYNASTIE. 



(Cours du Collège de France, mars 1879.) 



Le Papyrus de Berlin n° 3 renferme les débris de 
deux ouvrages : un dialogue philosophique entre un 
Egyptien et son âme, et un conte fantastique 1 . 

Le conte commençait à la ligne i56 , et remplis- 
sait les trente-six dernières lignes du manuscrit actuel 
(1. 1 56-i 91)*. Arrivé à cet endroit, le copiste, ou 
fut interrompu dans son travail, ou perdit patience : 
le manuscrit, arrêté brusquement à la fin dune 
ligne, n'a jamais été terminé. Les onze premières 
lignes ont été effacées dans Y antiquité, et le conte 
n'a plus de commencement. 

1 J'ai indiqué déjà l'existence de ce conte dans une note de la tra- 
duction allemande de mon Histoire ancienne, p. 602. 

* Dans le fac-similé , M. Lepsius n'a pas numtroté les onze lignes 
effacées. Il numérote les lignes restantes de i56 à 180. 



+*•( 74 )•** 







« Donnez-moi que je descende le marais qui va 
dans cette grotte, [car] j'ai vu ià une femme qui 
n'avait point [l'apparence] mortelle : mes cheveux 
se contractent quand je vois ses tresses, et Ton ne 

1 La suite du texte donne ici pour phonétique à l'idéogramme 

*— J j les lettres ^>\ I . C'est la même expression qu'on trouve 

au Tombeau de Ti (Brugsch, Die œgyptische Grâberwelt, Tafel V, 
n* i63; Ébers, JEaypten im fVort und Bild, 1 1), où un berger dit 

*r«*™:^foto,to,^«y^.F*«.kr«-. 

vaches quelles sortent de la mare». Le tableau nous montre que 
?• au moins avec cette prononciation, désigne les flaques peu 
profondes que l'inondation laissait sur le sol. 

* m *** * ainsi déterminé est nouveau pour moi. D'après le 
contexte et l'analogie du sens yrenier, coffre à provisions, il doit dési- 
gner une cavité dans le sol, gouffre, yrotle, chemin creux. La tra- 
duction • grotte» n'est qu'une approximation du sens réel. 

9 Je ne puis déchiffrer les signes qui remp'issent la fin de la 
ligne 169 (1 58). Le mouvement général de la phrase indique clai- 
rement le sens : • Point elle en [semblance] de mortel. » 

4 Mot nouveau. Le sens du contexte exige qu'on traduise comme 
j'ai fait. Je pense que ce mot est la racine de ^ | Vnn. « ser- 
pent, reptile •, littér. : • celui qui se resserre en anneaux», avec » 
formatif des noms d'action et d'état. Nous dirions : c mes cheveux se 
hérissèrent». Sur des têtes crépues, comme Tétaient celles des Égyp- 
tiens, l'horreur jroduit une contraction plus forte, un resserrement 
des anneaux de la chevelure. 



(75). 



!^^ a -r\AS^«St^mM-ll!k 



rT^!rn~*V:^MA.flTI= î » ,s r 



peut dépeindre sa couleur de peau. Jamais je ne lui 
parle, tant sa terreur [pénètre] mes membres. 

«Je vous dis : Oh! quant aux bœufs, passons- 
[les] h gué ! Oh! [il faut] transporteries veaux, faire 
reposer le menu bétail à l'entrée du marais , les ber- 
gers chacun derrière son troupeau! Jetons -nous, à 
leau, tandis que les bœufs passent à gué par bandes, 
mettant à l'arrière ceux des bergers qui s'entendent 
aux choses [magiques] pour jeter un charme sur le 
passage de l'eau. 

1 Le texte est un peu mutilé. La lecture _ Ml i est 

cependant certaine. 

* Litt. : • Sa teiTeur après mes membres. » 

3 Le mot est dans les Denhmàler de Lepsius (Band II , Blalt 1 27) , 
au-dessus d'une scène où des bœufs .«ont plongés dans un canal. Un 
homme debout sur la rive les pousse à l'eau : 8 w" jlI 1 ^^ ^ffh» 
Le sens est t faire passer à gué, passer à gue», probablement une 
variante de "w 1 1 »— * v— i. 

4 Le mot à mot de toute la phrase est : • Je dis à vous : Oh ! les 
boeufs nous faisons passer à gué! Oh! transporter veaux, faire se 
coucher le menu bétail à la ]M>rte du marais , les bergers après ce 
qui [les] concerne! Faisons-nous plonger à [de] passer à gué les 



■ — ♦*•( 70 J-c-t — 

r^œSiWHS.Jr'-MS**^ 

« Et quant à celui-ci qui dit : « Grand merci , ù 
«bergers, je ne puis m' écarter de cet Ouady, cette 
«année, [car] le dieu Nil a [déjà] décrété ses décrets 
» concernant la terre, et l'on ne peut plus distinguer 
«Ouady du lit 'du Heure;* reste tranquille dans l'in- 
térieur de ta maison, tandis que [les] troupeaux 
restent en U-ur place! Va-t-en, puisque tu crains la 
destruction et que tu redoutes de [tj'éloigner [avec 



bœufs en compagnie* , faisant arrière les sachant Ifs chose* îles ber- 
gers pour enchanter le passer l'eau. ■ 

1 Litt. : .En cet i/-rfiï. . . . avec la forme en ■ suffise. ^ 

* <!c îl-dit, le disant., du substantif *"V ""• 

■ Je considère | >X\Ll camme elant ">•■ ■**•« locution 

conjuguée à la première personne. Elle signifie au propre icïalter 
la personne., et conjuguée .je fais l'action dWalter la personne», 
ici : «je crie : Soit exaltée la personne., c'est-à-dire «je salue, je 
remercie .. On a de même T S ïf) ' ' TT ^* " j 1 ' M* l'action : 
Salut à toi S, c'esl-b-dire «je le salue-. 

1 Litt : .0 gardiens maies.. 

1 Lill. i ■ Le dieu Nil décrète les décrets qui sont en rapport avec 
la terre.; eu d'autres termes, le Nil a commencé d'inonder la terre. 

1 C'est le même signe qu'on trouve plus liant derrière - 1. 



—♦*»•( 77 )•**< — 



Hi'tVrrPWJI^TII^Pl^SiP 



ma 




moi] pour détruire la fureur de la déesse Ousirit et 
des terreurs de la Dame des deux pays. » 

Le lendemain , à l'aube , il se mit en route comme 
il avait dit, et cette déesse, quand il se trouva en 
face du Ouady, elle vint à lui , dénudée de ses vête- 
ments, les cheveux épars 

Le conte dont ce fragment révèle l'existence re- 
monte à la xn e dynastie, plus haut peut-être, si, 
comme le dialogue philosophique contenu dans les 
premières lignes du manuscrit, le texte que nous 
avons aujourd'hui n'est qu'une copie exécutée d'après 
un manuscrit plus ancien 2 . Tout mutilé qu'il est, 
sa seule antiquité suffît à en faire un document d'im- 
portance. On a pu essayer de prouver avec quelque 
apparence de raison que l'histoire de Rhampsinite 
est un emprunt fait par l'Egypte à des peuples 

1 Mot à mot : «Fut faire, comme il avait dit, se mettre en route 
pour soi, fut cette déesse, il donnait front à l'Ouady, elle vint». 

«L..54-.55: A^-tw^YH^kM-fc 

Hli 



—H 78 *»- 
étrangers '. On a rru retrouver dans le Roman des 
deux frères, qui pourtant est du Xttt siècle avant 
notre ère, des données empruntées aux religions des 
Sémites 5 . Le fragment du Papyrus de Berlin a été 
écrit, au plus tard, vers le xxx' siècle avant notre 
ère. Je crois qu'il y aurait une certaine hardiesse à 
rechercher dans un ouvrage aussi vieux la trace 
d'une influence éirangère. 

Aussi bien le paysage et les scènes décrites sont- 
elles empruntées à la nature et aux mœurs de l'E- 
gypte. Nous sommes au bord d'une de ces nappes 
d'eau, moitié marais, moitié étangs, sur lesquelles 
les seigneurs de l'ancien Empire aimaient tant a chas- 
ser les oiseaux, à poursuivre le crocodile et l'hippo- 
potame. Il est question de l'inondation et « des décrets 
que le Nil a décrétés au sujet des terres ■ qu'il ar- 
rose, de bergers c[ui transportent au delà d'un canal 
des bœufs ou du menu bétail, des terreurs de la 
déesse Ousirit ou de la Maîtresse des deux pays. Il 
ne faut pas aller bien loin dans les nécropoles de 
Memphis et de lieni-IIassan, pour y rencontrer des 
bas-reliefs qui serviraient d'illustration au texte de 
notre conte. On voit, dans le tombeau de Ti, les ber- 
gers conduisant leurs troupes de bœufs et de veaux 
à travers un canal ou une Saque. Hommes et bêles 
ont de l'eau jusqu'à mi-jambe; même un des bou- 

1 Ilecemniem t'ncDre par M. Gaston Pari» dans un mémoire lu s 
l'Institut en 1876 cl resté inédit. 

' Cf. l'article (le M. Fr. I.enormiiiil , dans srs l'rrinîhrs riviliia* 
,i™.l.l.,,.3 7 5-(o,. 



— *••( 79 )*« — 

viers porte sur son dos un malheureux petit veau que 
le courant aurait emporté '. Le conte ajoute à ce que 
nous connaissions déjà par les monuments figurés 
un détail curieux et bien caractéristique. Il nous 
montre ceux des bergers qui s'entendaient au métier 
marchant derrière leur troupeau et récitant les in- 
cantations destinées à conjurer les périls du fleuve. 
Le Papyrus magique de la collection Harris renfer- 
mait plusieurs formules de ce genre , dirigées contre 
le crocodile et, en général, contre tous les animaux 
dangereux qui vivent dans l'eau. Elles sont trop 
longues et trop compliquées pour avoir servi à 
l'usage journalier : j'imagine que les charmes des 
bergers étaient courts et faciles à retenir. 

Il n'est pas fort aisé de deviner avec certitude quel 
était le sujet du conte. J'ai trouvé pourtant dans le 
curieux livre de Mourtadi , sur les merveilles de l'E- 
gypte, une légende qui présente quelque analogie 
avec l'épisode raconté dans le fragment. Tandis 
que le roi Gébire s'évertuait à construire Alexandrie 
pour la reine Gharobe , son berger menait paître au 
bord de la mer les troupeaux qui fournissaient de 
lait la cuisine royale. « Un soir, comme il remettait 
ses bètes entre les mains des bergers qui lui obéis- 
saient, lui, qui était beau, de bonne mine et de belle 
taille, vit une belle jeune dame sortir de la mer, -qui 
venait vers lui , et qui , s'étant approchée de lui de 
fort près, le salua. Il lui rendit le salut, et elle com- 

1 Brugsch, Die myyplischc Grâberwelt , Tafel V, i63 et 164. 



— «■( 80 )«— 
mença à parier à lui avec toute la courtoisie et civi- 
lité possible, et lui dit : «O jeune homme, voudriez- 
« vous lutter contre moi pour quelque chose que je 
«mettrai en jeu avec vous p — Que voudriez-vous 
« mettre en jeu ? i répondit le berger. — « Si vous me 
« terrassez , dit la jeune dame , je serai à vous et vous 
« ferez de moi ce qu'il vous plaira , et si je vous ter- 
■ rasse, j'aurai une bête de votre troupeau. » Com- 
ment la jeune dame terrassa le berger, comment le 
roi Gébirc voyant disparaître ses brebis lutta avec 
la jeune dame et la terrassa à son tour, cela n'est-il 
pas écrit en L'Egypte de Mourtadi, fils duGaphiphe, 
de la traduction de M. Pierre Vattier, docteur en 
médecine, lecteur et professeur du Hoi en langue 
arabique 1 ? Je pense, quant à moi, que la belle 
femme du conteur égyptien faisait à notre berger 
quelque proposition du genre de celle que la jeune 
dame du conteur arabe faisait au sien. 



L* Egypte Je Martatli . jili du Gaphtphr, 



ifit>6, |i. ,/,i 



. 



ETUDE 



SUR 



QUELQUES PEINTURES 



ET 



SUR QUELQUES TEXTES RELATIFS AUX FUNERAILLES. 



cours on collbgb de France 
(Mars-juin 1878, décembre-juin, novembre-décembre 187g.) 



Les enterrements à Thèbes n'étaient pas de ces 
processions muettes où la douleur se trahit à peine 
par quelques larmes furtives. Serviteurs, parents, 
amis, ceux qui accompagnaient la. momie ne crai- 
gnaient pas de se donner en spectacle, ni de trou- 
bler par le bruit de leur deuil l'indifférence des pas- 
sants. Ils froissaient ou déchiraient leurs vêtements 
avec des gestes désordonnés, se battaient à deux 
mains le front et la poitrine, se couvraient les che- 
veux et la face de poussière et de boue. Leurs voix 
tantôt s'élevaient isolées, tantôt se confondaient dans 
une plainte commune, et formaient un concert de 
lamentations dont l'éclat couvrait par intervalles la 

J. As. Extrait n° 2. (1880.) . 6 



cantilène monotone tlu prêtre officiant. Aux cris 
inarticulés, aux appels, aux sanglots, se mêlaient 
l'éloge des vertus du mort, des allusions à ses goûts 
et a ses actions, aux charges qu'il avait remplies, aux 
honneurs qu'il avait obtenus, des réflexions sur l'in- 
certitude de la vie humaine, des plaintes sur les 
dangers de la vie d'outre-tombe, refrain mélanco- 
lique que chaque génération de l'Egypte ancienne 
répéta sur la génération précédente, en attendant 
que la génération suivante l'entonnât sur elle a son 
tour. 

Différents textes nous révèlent d'une manière gé- 
nérale l'idée qu'on attachait aux cérémonies de l'en- 
terrement. La mort n'était pas pour les Égyptiens la 
destruction de la vie : c'était un simple changement 
de condition '. On mourait comme on se mariait, et, 
pas plus que le mariage, l'ensevelissement n'inter- 
rompait l'existence de l'individu, a La joie d'Amman 
est dans ton cœur, il te donne une vieillesse excel- 
lente et tu traverses la vie en joie jusqu'à ce que tu 
atteignes à la béatitude 1 . Ta lèvre est saine, tes 
membres sont verts, ton œil aperçoit bien loin; tu 
te pares de lin lin, et lu montes sur ton char à deux 
chevaux, une canne d'or à la main, un fouet avec 

1 Sur celle iilœ (jue \r.- Kpplicns se faisaient tlfl fa mort, voir 
nfodMfla frojltmt dt Commentaire sur le Ihrc U iVIUrodote , .Uns 
l'Animnire ilr l'Association pour l encouragement ilci iladis girc/nes . 
.878. 

1 ll^^} ■ l'état <lr héatilude., un des noms Je l'autre vie. 
U défunt i' S l ^\\ M «w j^ 



— *••( 83 )•** — 

toi, et guidant ton attelage d'étalons syriens 1 . Les 
nègres courent devant toi , exécutant ce que tu veux 
faire 2 ! Tu montes sur ta barque de cèdre élevée à 
la proue et À la poupe, et tu arrives à ta demeure 
excellente que tu t'es faite à loi-même. Ta bouche 
se remplit de vin, de bière, de pain, de viande, de 
gâteaux; des bœufs sont sacrifiés, des amphores de 
vin sont ouvertes, on entonne devant toi de doux 
chants. Ton parfumeur en chef t oint d'essences; ton 
directeur des eaux 3 est là avec des guirlandes, ton 
intendant des gens de campagne t'apporte des oies, 
ton pêcheur te présente des poissons. Tes galères 
qui vont en Syrie sont chargées de toute sorte de 
bonnes choses; tes étables sont pleines de vaches; 
tes femmes esclaves sont florissantes. Tu es stable 
[et ton] ennemi est renversé 4 ; ce qu'on dit contre 
toi, cela n'existe point 5 , mais tu entres en présence 
du cycle des dieux et tu en sors juste de voix 6 ! » A 
lire ce morceau avec nos idées modernes, est- il 



* Vu jK * I j fr ^^ • faisant devenir ce que tu fais ». On pour- 
rait traduire, par une image moderne, • instruments de tes actions t. 

* XLI^^jI k5i S3» '**• : • ton g ranal d'inondation». 

* *)Cl j^ \ A J ^ t cle dit en toi, point celât. 

* Papyrus Anastasi IV, pi. III, 1. 2, à pi. IV, 1. i. Le morceau a 
été analysé ou traduit par MM. Heath ( The Esodns Papyri, p. 198- 
199} et Maspero (Du genre épistolaire chez les anciens Égyptiens, 
p. 1 10 

6. 



aisé de décider s'il s agit d'un vivant ou d'un mort? 
L'homme' que ses amis accompagnaient au tombeau 
n'était à bien parler ni vivant ni mort. 11 avait subi 
une métamorphose qui le rendait impropre à l'exis- 
tence terrestre et le forçait à laisser pour jamais sa 
maison d'ici -bas : le dernier battement de son cœur 
marquait l'instant où il s'éloignait de ce monde pour 
aller suivre ailleurs le cours de ses destinées. 

Les cérémonies de l'enterrement étaient réglées 
de manière à rendre les progrès et les vicissitudes 
de ce voyage sensibles à tous les yeux. Elles pre- 
naient l'homme au moment où le souffle venait d'ex- 
pirer sur ses lèvres, et ne le quittaient qu'au fond 
de la chambre sépulcrale. Pendant quatre-vingts 
jours au moins 1 , les chirurgiens, les menuisiers, les 
tisserands, les sculpteurs, les ouvriers de toute sorte 
travaillaient pour lui sans relâche. Tandis que les uns 
embaumaient son corps et le préparaient ainsi aux 
épreuves d'une existence surnaturelle , les autres fa- 
briquaient ce qui était nécessaire à lui rendre agréa- 
ble le séjour de son logis nouveau. Les préliminaires 
terminés, il fallait mener au tombeau l'homme de- 
venu momie et le mettre, au su d'un chacun, en 
possession de son domaine. On célébrait pour les 
pauvres je ne sais quelle cérémonie hMive : les riches 
s'en allaient en pompe rejoindre la demeure éternelle 
qu'ils s'étaient creusée dans la montagne. En tête du 

1 Le temps de l'embaumement est fixé à soixante -dix jours par 
Hérodote (II, lxxxvi), non compris les jours qui suivent immédia- 
tement la mort, ni ceux qui précèdent immédiatement le convoi. 



■■ i »«( 85 )« « i ■ 

convoi, des esclaves chargés d'offrandes et portant 
les pièces du mobilier funéraire, le lit, les chaises, 
les guéridons, les coffrets, les amulettes, puis un 
chœur de pleureurs et de pleureuses, puis le prêfre 
officiant et la momie couchée sur un traîneau tiré 
par des bœufs, puis, derrière la momie, la famille 
et les amis en costume d apparat; le reste des pieu- 
reuses fermait la marche. Une flotille de barques 
peintes transportait le cortège sur la rive occiden- 
tale du Nil, où le tombeau attendait portes béantes. 
Arrivé à ce terme de son voyage, le mort élait dressé 
debout, le dos à ï hypogée, la face aux assistants, 
comme le maître dune maison neuve que ses amis 
ont accompagné jusqu'à la porte , et qui se retourne 
un moment sur le seuil, pour les congédier avant 
d entrer chez lui. Un banquet, une offrande, une 
prière, une nouvelle explosion de douleur : tandis 
que le sacrificateur brûlait ï encens et versait la liba- 
tion, tandis que les pleureuses redoublaient leur 
plainte et se roulaient à terre , les femmes de la fa- 
mille, entourant la momie, la paraient de fleurs, la 
pressaient sur leur sein nu, lui embrassaient la poi- 
trine et les genoux. Quelques instants après, elle 
avait disparu au fond du caveau, où le fils, guidé par 
les prêtres, accomplissait sur elle les derniers rites, 
avant de la coucher dans son triple cercueil et de 

l'abandonner. 

I. 

Un ouvrage spécial, dont nous ne possédons jus- 
qu'à présent que deux manuscrits incomplets , nous 







— ♦*{ 86 )-m— 
l'ait connaître les prières et les opérations que les 
prêtres devaient accomplir pour transformer le ca- 
davre en momie. Ce qui reste de ce curieux Rituel 
de l'embaumement a déjà été traduit et commenté 1 ; 
je me bornerai a réunir ici les renseignements que 
les monuments nous fournissent sur la préparation 
du mobilier funéraire. Les cliambres du tombeau 
recevaient des meubles analogues à ceux dont on se 
servait pendant la vie, ebaises, tables, lits, chevets, 
et aussi des objets de nature spéciale, cercueils, sar- 
cophages, coffres à statuettes, statues de pierre ou 
de bois 1 . C'était donc toute une maison qu'il s'agis- 
sait de monter, souvent avec luxe. Comme le vi- 
vant, la momie demandait du linge de corps, des 
étoffes, des ustensiles de toilette, des provisions de 
bouche. Les pauvres ne recevaient que le strict né- 
cessaire, quelques haillons pour envelopper leurs 
membres, et de menus objets sans valeur 1 ; on fa- 
briquait à l'usage des riches, et dans la maison même 
qui leur avait appartenu, tout ce qui formait le trous- 
seau d'un mort de qualité. Une partie des scènes 
de vie civile qu'on voit représentées sur les parois 
des hypogées ont trait à cette fabrication. 

Le tissage et le blanchissage des vêtements mor- 
tuaires ne figure pas au nombre des scènes les plus 

1 Cf. Ma-|iero, Mcmaire jitr quclqitis papyrus du Louvre, p. id- 

rot, 

' Voir, (Unis le Cmalinjnr ,lr L aill, vlian l'nsMiliti-qmi . p. i i.T el 
suiv., la i1«scri|iliun li'ini l'imbcau de l.i \i' dynastie, remnli île 
meubles et decoiurrl li Tliébes an eomnien renient de ce siècle. 

1 Hhinii. Thtbts. tta Ttmh mi deir AMdi.p, ij*-i3j. 



< 87 )■ 

fréquentes. La seule représentation complète que 
j'en connaisse se trouve dans les hypogées de Béni- 
Hassan, et nous permet de suivre l'opération dans 
ses moindres détails. C'est d'abord la préparation du 
fil : un homme , muni d'un instrument difficile à dé- 
finir, semble plonger les tiges de lin ou de chanvre 
dans un vase clos, tandis qu'à côté de lui, deux 
hommes, armés de maillets arrondis, battent les 
libres enroulées de la plante l . C'est a la cuisson du fil * » 
et le «battage du fil 9 ». Plus loin, une bande de 
femmes, surveillée dans un cas par a l'inspecteur des 
tisserandes 4 », dans l'autre par a l'inspecteur des tis- 
sus 5 » et par une directrice, fabriquent le fil. Les 
Egyptiens ou bien ne connaissaient pas la quenouille, 

1 Champollion, Monuments, texte, t. II, p. 34o et p. 36 1; Rosei- 
lini, Monnmenli deHEgittoj Mon. civil., pi. XLI. 

* _^_ | ^ _*_ (Roseilini, pi. XLI, i), *Jf\£2 ( Cham - 
pollion , t. II , p. 34 0-34 1). Le signe non est fait d'une façon archaïque 
et se rapproche beaucoup du tracé hiératique de i^-n . _* tf\ est 

évidemment une faute pour -~1 » qui, ainsi que " h , est une 

variante de ^* I , JL h « cuire • . £*"* , variante ^^ \ , est ap- 
parenté au copte NXT,T.,M.,n, ialéf, textrina, textorium, texlor. 

3 JL JLk 7l --- 1 Roseilini , pL XLI , i ; Champollion , t. II , 
p. 34o, avec la variante ••• au lieu de ^*^, et p. 36o). 

4 ^b.\ (Champollion, t. II, p. A02; Lepsius, Denhm., II, ia6; 
Wilkinson, Manners and Cusloms, 2* édit. , t. I, p. 317). 

* ^ ^ ^ (Roseilini, pi. XU , 2 ) , ^ ^ ^ (Champollion , 

t II, p. 34 1), jh> é ^ (Idem, p. 362). Dans un autre endroit, 
^ / ^!^r!tf! ( Wem * l « u »P' 3Ao et 36i). 



ou bien ne l'employaient que rarement. Ils se ser- 
vaient presque exclusivement de fuseaux en bois', 
courts et surmontés d'une tête lenticulaire en plâtre : 
une ouvrière habile manœuvrait deux fuseaux ,ï la 
fois. Le fii allait d'ordinaire retomber directement 
dans un petit vase destiné à le recevoir. Souvent, il 
passait d'abord par-dessus l'épaule de la fdeuse, ou 
par la fourche d'un pieux fiché en terre, et qui te- 
nait tant bien que mal la place de la quenouille -. 
Pour les fds forts on se contentait d'une torsion soi- 
gneusement faite : cette première opération portait 
deux noms , « tirer 3 * ou u tordre * ». Quand on vou- 
lait obtenir des qualités plus fines, on soumettait 
ce fil à une seconde opération qu'on appelait ie 
«roulage 5 ". Des mains de la fdeuse de fin, le fil 

1 En voir l.i li^mv d.m-> \\ ilLmsoii , Mumuri ami Castamt , a" éd., 
I. Il, p. 17a, 1 388. U fuseau s'appelait «[1 j ou ||lf. 

1 Rosellim. p[. XLI, 4; Champollion , t. Il, p. 34i ; WilLinson. 
ManniTs and Çuttona , a" éd. , t. I . p. 3 17, 11* 1 10, el t. II , p. 176, 
t." 386. pari t. 

' P ~ "^ (CJmmpollion, L II. p. 34 1 et 36 ai IloseUini. Mon. 
rii>.,plTxLl, a); fj^l— 1 (Champollion, l.ll, p. 4oa ; Lepsius, 
Dfnkm., II. .36; Wilkirunn, Manncrs and Caitomt, a* éd., L 1. 
p.3 17 .p-,,o). 

' «p| (Cliampolion, t. II. p. 36i; WilLinson. lùmm and 
Crut™*, t. II, p. 34*. n" 386, part I); ï ^ * %, (Champol- 
lion, L II, p. 34 1 ; I. ■-■■■! i in . Mon. du., pi. \l.l 4). Calln dernière 
légende a clé ivtnl.lii; en combinant les données de Champollion et 
de Rosellini, incorrects l'un ut l'a ut m. I ni le copte ituc. zoyc, 
ïOC.T., M., U, filum.Janicnlus. KM, lo-qats. 

» — A (Cliampollion, I. Il, p. 3*1; Ilosellim. Mari. , -a. . 



L 



■ -t »«( 89 )«• i - ■ 

passait entre celles de plusieurs femmes accrou- 
pies, qui l'arrondissaient et le lissaient, en le frot- 
tant sur une large pierre arec un morceau d une 
substance dure dont je ne puis déterminer la nature. 
C'était le a lissage 1 » : une dernière ouvrière mettait 
le fil en pelotons ou en écheveaux, et c'était « F en- 
roulage 2 ». 

Le tissage se faisait sur un métier des plus sim- 
ples, quelquefois vertical, comme ceux dont on se 
sert encore aux Gobelins 3 , le plus souvent horizon- 
tal 4 . Le nombre des ouvriers travaillant à la même 



pl. XLI , 2). C'est le factitif en ^ de la racine <* , KOX , KO) A, 
KX, T., M., volvere, involvere : ^»» ■J € faire rouler» le fil entre 
les doigts, pour en resserrer la tresse et le rendre plus fin. 

1 m*~~* (Champollion, t H, p. 342, n* 36; Rosellini , Mon. 
et*., pl. XLI, 2 et 3); V fi """"* (Champollion, t. II, p. 4g3? Wil- 

kinson, Manners and Customs, 2* éd., 1. 1, p. 317, n* 110; Lepsiu», 
Denkm. t II, 126). J'ai déjà signalé ce mot et le parallélisme de 
P "" dans le Mémoire sur quelques papyrus du Louvre, p. 35, 
note 1, où j'ai traduit un peu différemment. L'examen des peintures 
m'a prouvé que m H signifie ici « lisser, laminer ». 

* Il t=D (Champollion , t. II, p. 34a , n° 36 ; Rosellini, Mon. ci». , 
pi. XLI, 2 et 3, avec une faute, M et R 111 " pour M ). Ce 
mot est le factitif en 11 de la racine c " c ', 2^ (Brugsch ,. Dict. hier., 

I ^P»«»»^»>f^ ^W»W»>**^ 

p. i393, s. v, /.) «se mouvoir en rond, enrouler», le fil. 

3 Ainsi à Beni-Hassan (Lepsius, Denkm., II, 126; Rosellini» 
Mon, cit., pl. XLII) et à Thèbes (WilLinson, Manners and Customs, 
2* éd., t. H, p. 171, n* 387, tig. 2). 

4 Rosellini, Mon. çiw., pl. XLI-XLII; Wi. kinson, Manners and 
Cnstoms, 2* éd., I. II, p. 170, n° 386, part II. Le nom ordinaire 

du tissage est ^ A (Champollion, t. H, p. 399, Wilkinson, 



— **^ 90 )•** — 
pièce varie d'un à quatre 1 . Hérodote avait observé 
qu'au lieu de pousser la trame en haut, comme les 
autres peuples, Us la poussaient en bas 9 : c'était le 
procéda habituel 3 , mais il souffrait quelques exccp- 

Mannen and Customs , i' e"d., t. I, p. 317. v* 1 10; Lcpsius, Dr nim. , 
U, 116). On trouve a Btsni-Hassan plusieurs autre» noms s'appli- 
quait t a drs opérations diverses du lissage cl qu'on ne peut ni Ira- 
fluirp ni méine lire aisément. Au-dessus d'un homme fabriquant 
une toile en damier yert el jaune à l'aide d'un métier, ou lit jf m* 
— /* /*\ \ Champollion . I. Il , p. 3 \ 1 ; Roselliiii , Mon. cil: . pi. XLI . 

4, a par erreur j^— — / ■ >). —y/A doit être ie mime mol 

que —0 V M, —JVU!» [Brugsch. Diction, hiéroat., 
p. i64o), — I I V | (liirch, : dicùonary, p. 5ij). peut- 
être TMM, T., OMH, M., tectalas, crata , ilarra, ntatta. d'où le 
sens 1 lisser un tapis ■. Trois femmes , ourdissant la toile au métier, 
sont dites n*CTT (Champollion, t. Il, p. .;-,■■. 363; Rosellini, 
Mon. ciii., pi. XLI. 1 , a lu niéiiit: leur mal copie! ■ tisser une toile ■. 
Quatre autres, l.ndant des fils, ont une légende que Champollion 
donne une première lois sous la forme *"* —-— (L II, p, 34a), 
une seconde fois sous la forme - — ■ (t. II, p. 363), et Roscl- 

lini une première fois sous In forme ^^ ■ — • (pi. XLI, 3). une 

seconde fois sous la forme • '** [pi- XLI , 1) : je ne sais com- 

ment la iJi.itiilTuf, à munis qu'il ne faille lire comme s'il > avail 

_ ^^ ■ lisser une bandi' «, . — . ^^ étant le rople ToetC, 

TOIC, T., 'I*. T1D1C, M. , -\' , Jaicia, ifii oJnoniii , astamen'am. 

' Il est d'un dans William, Maman and Customi. i' éd., t. Il, 
p. 170. u" 386. port H; Rosellim, Mon. civ. , pi. XLI, 5. Il est de 
deui dans Rosellini, Mon. ch: . pi. XLI, î. 9; Lepsiiis, Dtnkm.. 
0, 1 16. Il est de quatre dans Ch»iiq>oHion. t. II, p. 363; IW.-I- 
Imi. Mon. ci»., pi. XLII. 3-4. 

' Hérodote, II, un. 

* Ainsi dans Lepsius, Dation. . Il, 136, Ilosellini, Won. tir. . 
pi. XLI, 5. k pi. XLII, 4, etc. 



— ♦*.( 9i y 

tions 1 . Les pièces étaient tantôt unies et dune seule 
couleur, tantôt garnies de franges à l'extrémité, tan- 
tôt formées de bandes de couleurs alternées 3 . Au 
sortir des mains du fabricant, elles passaient dans 
celles des «blanchisseuses» et des «foulons 9 », qui 

1 Dans WilLineon, Marner* and Cnstoms, 2* éd., t. II, p. 1 71, 
n* 387, fig. s. 

* Les bandes sont vertes et jaunes formant damier dans Rosellini , 
Mon. civ., pi. XLI. 4-5. 

1 Le mot pour « blanchisseurs 1 , écrit en hiératique fk^Jffi Èj f 
dans le Papyrus dOrbiney, pi. X, 1. 8-9, pi. XI, i. 1, et dans le Pa- 
pyrus SaUier II, pL VIII, 1. a, a été transcrit provisoirement jL«£ 
*L V— > X . Il faut le transcrire «Ja* , comme le prouve le titre* 
du fchef blanchisseur» à Beni-Hassan (Lepsius, Denkm., II, 126). 
L'oie i*S est en hiératique Jt ; doublée JLjL t elle devient par 

ligature j£E • Le même mot et le même signe se retrouvent en dé- 
motique. Deux contrats de Berlin (ReviHout, Nouvelle chrestomathie 
dimotiqu*, p. 26, 1. 9 , col. 1 et 2 ) parlent de Jt [rj r^j Jt ^^ i 

«la maison de Pair», yVVlj^4»« variante lâfii&J*' ce V° 

l'antigraphe grec de Leyde traduit par olxia Uoéptot yvatfévs]. Le' 
démotique «pt est évidemment- la réduction du signe hiératique, 
auquel sont joints les compléments phonétiques tj£^ # 1 1 X et 

^*C^« 1^1 • ** P 1 " 6 ™^ 1 * 6 forme C8t ,e ^P* 5 p^Jbl*TH[cj, 
comme ^ est le copte p&JfcyX TTS, M., p^>T, TT, T., 

yvaÇevt , fullo. Ce mot, à côté de _ rakhiti, D^^T» possède 

la forme simple en I, P&QqI» TT-\» M., qui lavât, dealbator, 
pUÏ£E, T., TT, ypoQets, fulb, et la forme psJbrTHC, 
j\\ , M. La terminaison -iti de l'ancienne langue « été plusieurs foi» 
identifiée par les Coptes avec la terminaison -Irns du grec et a donné 
naissance à des mot hybrides. Cf. outre p&JT^Fll HC L KEKE- 



— «.[ 92 )•«— 
les lavaient et les purifiaient, de manière à les rendre 
propres à l'habillement de la momie. Les différentes 
parties de cette opération sont figurées en détail a 
Béni Hassan '. Tandis que plusieurs hommes trem- 
pent le linge et te secouent 2 , d'autres le lavent* el 
le battent avec le battoir*, d'autres ie tordent avec 
un bâton , après en avoir fixé une extrémité à un gros 
pieu planté en terre 5 , d'autres enlin le secouent et 
l'élendenl pour le sécher 6 : cependant le «chef des 

1 Cbaropolliun, l. Il, p. 34 i. n"36. el p. 3gg; Lepsiua. Deakm.. 

11. 116. 

* 1 '-—■ (Clrnii poli ion, l. II, p. 3gn; Lepsiut, Denkm., II, 1 16). 
' a [Cliampoltion, L 11, p. 3ji, 3lii, 3gg; Honellini, Mon. 

0i».,pLXLU, l;Lcpsius. Deakm. M, ia6). 

* | \\ (Cbamnollion, 1. II. p. 3uyj. Cliauipolfiau appliinic. 
le mol I V V h l'action d étendre li; linge : celle action est espri- 
mée |Nir des mois différents. Le battoir du blanchi v-ouses est nommé 
^ 3 X Jl au /,0 fir"" Sull,er "■ P 1 - ™li !■ *■ Cf - MWUiT. 

MArjkT, T.. oy, tdi «peci'rt. 

' 1^ (Champollion, L 11, p. 31 1, 399;Lep»ias, Denkm., il, 
■ 16). IWIes planchas de IWlIiui {.Mon. ci.. . pi. XLII, 1-3), Iw 
goult'.s d'eau peintes en bleu s'échappent en pluie du linge tordu. 
Wiliinson [Moiauft mal Cmmu, »' éd., L II. p. 173, n" 38u) voit 
dans ces scènes la préparation du lin : il */ borne d'ailleurs a donner 
les figures sans les légendes. 

* Celle parue de la scén 1 ne porte pas il'insci iption «Uns le tom- 
beau du KlinouuiIiutjHxi ( Lepsius. Urakm. . II, 116)1 clic e«l dun- 
née en delail dans deux des lombeaui voisins. Sur deui remme», 
pliant ou tendant une pièrt de l"ile blanche carrée (loniliean (In 

n), ou sur deu\ ho ru in. -, pi Lin I un tendant une hande longue de 
rouleui rose, un lit fl **" «■* V (Chumpolliou, i. Il, p. 34i el 
36ii Rottllini, Mon. civ.. pT~XI.ll, I, ave "^S f\, au lieu île. 



.( 93 )«m— 

blanchisseurs l o fait un gros paquet du linge déjà 
sec et se prépare à l'emporter. L examen du linge 
trouvé dans les tombeaux et conservé dans nos mu- 
sées prouve qu'on appropriait aussi à l'usage de la 
momie des effets usés et raccommodés 2 : seuls, les 
Egyptiens très riches recevaient en entrant dans leur 

"*" V). H _ , qui est cité seulement par Pierret {Gloss., p. 534)» 
est probablement une forme de la même racine qui a donné •«•— 
V— • «tirer» surtout le lait, • traire* : H 7™J V est «tirer la 
pièce de toile », soit pour la secouer avant de la plier, soit pour 
Tétendre. Sur deux hommes, étendant une pièce de toile blancha 
carrée, on lit ni=3^| • (Champollionjt. II, p. 36 1 ; Rosellini, 
Mon. av., pi. XLU, î). Le mot II œ=i Tj . se retrouve dans un 
titre, m U >û*± (Lepsius, Denkm., III, 100, c), que Brugsch 
cite (Dict. hier., p. i3io, s. v. L) sans l'expliquer. C'est une forme, 
déduit j, par chute de «=►, de la racine [I m « blanchir » (Brugsch , 
Dict, hier., p. i3i5), U "~" m ±- 1 «blanchir le linge*, quiï Ton 
trouve dès l'ancien empire avec un déterminatif bizarre (Brugsch 
Dict. hier., p. i3i5, s. v. L) *àààn4pJ^^_R «linge blanc*. C'est 
«faire blanchir le linge» en l'exposant à l'air, et le JMI %h 4* . 

est le « directeur de la lingerie royale ». Une autre opération du même 
genre s'appelle VT jL (Champo'lion, t. II, p. 36 1), m, \jL 

(Cbampollion, t. II, p. 34 1; Rosellini, Mon. civ. t pi. XL II, î) et 
T Va (Cbampollion, t. II, p. 36 1). Peut-être faut-il voir dans ces 
mots des noms de pièces d'habillement, auquel cas T jL~ pour- 
rait être identique au T jL~ Jl de Lepsius [Mlteste Texte, Ta- 
fel XXX ) , et désigner le linge avec lequel on faisait la coiffure ^. 
1 *"^^ (Lepsius, Denkm., II, 126; Champol'ion, II, 399). 
L'autel de Turin parle d'une M 4 * _ 4||>4|>® : ^ e nom de 

cette ville confirme la lecture _ pour le signe «£*^ des deux oies. 

1 C'est ainsi qu'on a trouvé des étoffes déchirées, puis recousues, 
et des serviettes reprisées. 



«maison d'éternité h une garde-robe entièrement 
neuve. 

Le travail des menuisiers ' était de deux sortes : 
les uns fabriquaient le cercueil du mort, les autres 
les objets destinés à meubler la chambre avec le cer- 
cueil. Le travail des premiers élait rarement repré- 
senté. Dans l'ancien empire, un seuf tombeau, ce- 
lui de Imeri i , nous montre le cercueil tout préparé 
et, à côté de lui, la légende "Cercueil en bois de 
cèdre f?) 3 » : la partie du tableau où était peinte la 

1 Le* menuisiers cl les rharpen tiers sont nommés *"*# A quand 
ils iravoillml au ciseau et nu maillet; ■ ^, » | f^. J-s, 
quand il» Iravailirnl à l'herminelle J^ et à la srie ^ \ 1 ™ , 
m — , quand ils travaillent à la liacbe •--. Cependant ce» trois noms 
Mot indilleremnir ni donnes am menuisiers et aux charpentiers 
de toute esjièce dans bien de.» cas, ci l'établi d'un ouvrier qu'on voil 
à Beni-Hasssn (Ciiampotlion, t. Il, p. 3n,n; Lepsius. Drnkm.. II. 
i sfi ) montre la h;i< lu', le maillet, l'herminelle, le ciseau, le vil- 
broquin, l'archet manœuvres par le mette homme. Tous ces mots, 
malgré leur origine dilF''ri_iiU:, sont donc devenu! des synonymes. 
Ajoutons que ""©A e-t remplace dans un tombeau de l'ancien 
empire (Lensiii-, Denkm., II. 4 9 , b) par ■" I [gravé, par erreur, 
f). "■ es' 'a forme simple biliu-rc d"où est sorti mm m. par 
le memeTroeédé qu, a tiré [1J •, de jlj »JJ, f\ • de f J 

1 Lepsius, Denhm., II. qo, li. 

1 Les cercueils, de la forme (£BJ. sont au nombre de deux et su- 
perposés. La légende dent fois répéloe est deux Toit mutilée; mais on 
yieut la rétablir en l'aidant lie la légende du naos représenté dans le 

mi'me tombeau cl sur la même planche : "■ Ils », ^. Le bois 

V „_, A est tiré d'une espèce d'arbre qui non seulement crois-ail 
en Egypte, mais se trouvait près d'Alep ci de Carchémtsh en lelln 



— *§•( 95 )■ • ■■•■ 

fabrication du cercueil est détruite. Dans un tom- 
beau du nouvel empire, trouvé à Thèbes, on voit 
les ouvriers occupés à faire le cercueil en forme de 
momie, à le polir, à le peindre 1 : malheureusement 
les inscriptions qui accompagnaient cette scène ou 
sont effacées ou n'ont jamais été copiées. Cela est 
d'autant plus fâcheux que la représentation est unique 
jusqu'à ce jour. 

En revanche, on rencontre dans plus d'un tom- 
beau des tableaux où la fabrication des autres meu- 
bles est exposée en détail 8 . Les principaux de ces 
meubles étaient les coffrets à linge ou à figurines 3 , 
le lit funéraire 4 , le sarcophage carré 5 , le naos où 
Ton mettait la statue du défunt 6 . Au tombeau de 



quantité que les Egyptiens avaient donné à une partie de la contrée 

le nom de pays de VOaân, ^\ ** - " m % é «^* (Ebers, 

Dos Grab des Amenemkeb, 1. 6). Le même arbre est mentionné au 
Bituel de l embaumement, jrZjL 1 (Mémoire sur quelques papyrus 
du Louvre, p. 21, note 6). Je pense que c'était le cèdre. Le ___^» 
1, quon traduit d'ordinaire «cèdre», est Y Acacia Seyyâl. 

1 Rosellini, Mon. civ., pi. GXXYI; Wilkinson, Manners and Cus- 
toms, a* éd., t. III, p. 475, plate LXXII. 

* Lepsius, Denkm., II, i3, £9 b, 107, où les légendes ou bien 
manquent ou bien sont mutilées. 

3 *^ |W, C^ ^,, litt. : c le doué. » Cf. OMT, T., infiaere 

clavis, 6IMT, 6IBT, T., i<JT, M,, clavus. 

* (tombeau d'Amten, dans Lepsius, Denkm., II, 6), V 
r— 5 (tombeau de Ti). 

6 f[] T-r (tombeau deTi). 

* *\*f)l (tombeau de Ti), C^ (Lepsius, Denkm., II, 49, b). 



— «-(96}**— 
Ti , les scènes se succèdent comme il suit '. Un ou- 
vrier accroupi perce, au vilbrequin mû par un ar- 
chet s , des trous dans l'épaisseur d'un coffret carré, 
monté sur ses pieds 5 : c'est afin d'y fixer les char- 
nières qui serviront a maintenir le couvercle. Der- 
rière lui, deux» polisseurs 1 », debout et affrontas, po- 
lissent un lit an ébène, avec un corps brun rouge qui 
pourrait être un fragment de grés dur ou de pierre 



' Ces seines, soul reproduites avec ligure» dans k. li.ïdelcr {.Egyp- 
len, Theil I. p. 'toi}]; une partie àtt légcndH I été publiée par 
Brugsch [DU mgfptuef» Grmbr-mrh, Talel IV, i33-i36). Le tout 
était a l'Exposition universelle de iS-jR . où j'ai pu copier scènes et 

' M. Soldi nie IciLstence, en Egypte, du vilbrequin mù par un 
archet. Elle était déjà connue de Champollion (t. H, p. 39g) dont 
le Iriiioiitniiiic il i-lé confirme par de nomWui monuments de i'an- 

' Légende: f[] lî^" ^\ TT | + 7C « Percer dans le coffret 
par le menuisier>. i 7] I 1 • le vilbrctniin • pourrait se ratUeW à 
la même racine ijue îioyi, M., aeaere. 

* Le mol est écrit jjf eL ™ | »^^^. C'est te fac- 
titif de la racine ™, lyuiii, M-, (yojB, ■m.v, . T.. fonder* . 
laderr. Le détenu i natif £ est l'objet avec lequel on polissait le 
bois et la pierre. L'action de polir s'appelait I 1~ï~i ( tombeau de Ti ) , 
p^j (Rosellini. Mon. «tv, pi. XLV). [)[^J [Brugsch, Moau- 
mmtl, t. Il, pi. LXVUI, c), où les deui bras sont détermi natifs 

comme dan» la combinaison . ( . Pour les grandes surface*. 

Ici polissunrs L'mjilovaienl un Cr -> ■_; 1 t j .■ ti 1 île pouce un de yri-s^ pour 
les petites, l'inslruinenl 1 et ses variétés. Ainsi, ai. tombeau d'Abi. 
un homme FI | J_ • polissant des vases- k l'intérieur (dans 

Itn.gsch. Vnnumn.lT.'.ll.fl LXVIII, t). 



-»( 07 )«_ 
ponce ' : sous le lit, un chevet et un coffret achevés. 
Vient ensuite un menuisier accroupi , qui scie une 
planchette appuyée contre terre 2 , un autre qui, le 
maillet et le ciseau à la main , travaille une planche 
oblongue et dit au précédent : » Finis-en avec cet 
ais et passe à un autre, lambin! a »; enfin un ou- 
vrier debout qui scie à deux mains une longue 
poutre plantée en terre*. Comme la poutre, n'étant 
fixée que d'un côté , plierait sous l'effort et pourrait se 
casser, la partie déjà fendue est attachée, au-dessus 
de la scie, par une ligature dans laquelle passe un 
bâtonnet : a l'extrémité libre du bâtonnet pend un 
gros poids, destiné à maintenir l'équilibre et à dimi- 

. Polir le lit d'ébene par les polisseurs de la maison éternelle,. 

1 > I 1 -1 i. £! £!!!!!!• f ■■*»»fc«*|irfa«« i- 
sien t. Les Egyptiens avaient la petite si 
main, et une grande scie, qu'ils maniaient à deux c 



connaissaient pas nolry scie montée. Il est impossible de distinguer 
ici si l'instrument est en bronze; ou en fer. 

J La légende, coupée en deui, ci) m menée deiant Ihnmme et Bail 

derrière lui i j^""f"-g- ~. A \j*"lP° V ,llt - : " Fo " 
ton ai» aller en autre, nonchalant ! . M \ est la thebain crie, 
otiare, cesiare. J'ai dû paraphraser la phrase puur la rendre intelli- 
gible en français. 

* Légende ; P ^ ^- C'est k même mol que \ [1 " . En 
égyptien, les racines fi jrmées d'une voyelle et d'une consonne peuvent 

en échanger l'ordre sans inconvénient i *jj a fcfl ■ écrire, 

peindre., ^ et _-i .venir., ^^ et ^ ^_ .vider, être 

J. As. Extrait n* s. ( 1880.! -j 



— m.( 98 )*« — 

nuer 1 élasticité de la planche. Un menuisier plane 
un ais à l'herminette 1 . Deux autres polisseurs ac- 
croupis polissent un sarcophage oblong 2 : pour bien 
cadencer leurs mouvements et ne pas se cogner les 
mains, ils chantent alternativement : «Y es-tu? — 
Fais 3 !» Enfin un dernier polisseur debout devant 
un naos le frotte consciencieusement 4 . Une scène 
empruntée à la tombe de Imeri donne un ouvrier 
taillant à l'herminette la barre —, qui doit servir 
à fermer la porte du naos 5 . Une peinture de Thèbes 

1 Voir au Louvre plusieurs beaux modèles d'herminelte montées, 
de petite dimension. Le travail est décrit comme suit : Wf |fs^ 

"^ * '■- P P IF"! \ A »- , * Menuiser du bois du Ssoat' par le me- 
nuisier » , avec une interversion des éléments du verbe Wf |h^ ""•» . 

La même légende se tix>uve, mais mutilée, dans Lepsius (Denkm.. 
Il, 49* b), où, au lieu des caractères gravés dans le champ, il faut 

^"^ • Frotter le sarcophage avec les polissoirs par les polisseurs de 
la maison d'éternité». 8 H[ V se retrouve seul au-dessus de deux 
ouvriers occupés à polir un lit dans Lepsius [Dcnhm., Il, 4 9, b) : 
c'est le copte 21 , T., M., B., tritarare, terere. |"^ ot est la forme 
simple de lU TT • coffre, cercueil». 

3 Ces deux fragments de dialogue reviennent souvent sur les mo- 
numents de l'ancien empire : S^ V «Sois» ou «Y es- tu?», »**» 
«Fais, vas-y». 

* Légende : "~*~Hô "* e polisseur», | *-j «polir», ^/C| 
«la maison pure (le naos)». Dans Lepsius (Denkm., II, 49, 6), le 
naos est appelé y 1Ï v _ ^ « le naos de cèdre (?) ». 

6 Légende un peu mutilée : W |h^ _ « Travailler le barreau , 
le verrou» (Lepsius, Denkm., II, 49, b). 



— «.( 99 ). 

complète la série en nous apprenant comment on 
fabriquait les fauteuils d'apparat, les divans et les 
chaises ordinaires l . 

La maison du défunt meublée, il fallait armer le 
défunt lui-même et lui fournir les moyens de se dé- 
fendre contre les périls de l'autre monde 2 . Les hy- 
pogées de Thèbes nous ont rendu des armes de toute 
espèce et jusqu'à des chars entiers. Le plus connu 
est celui que Rosellini rapporta de son voyage, et 
qu'on a qualifié longtemps de char scythe. Il est au- 
jourd'hui au Musée de Florence, et peut passer pour 
un bon spécimen de ce que les ouvriers thébains 
pouvaient faire en ce genre 3 . Les peintures de l'an- 
cien empire montrent à plusieurs reprises des me- 
nuisiers façonnant, à l'herminette, le bois de lare et 
la hampe des javelines que le mort emportera avec 
lui 4 . Dans Tune d'elles , ils causent tout en travail- 
lant : « Donne que nous le fassions ! — Vas-y brave- 
ment ! 5 » Ailleurs, ce sont des carrossiers qui fabri- 

1 Rosellini, Mon. civ., pi. LXIV, 5, et pi. XLV, î, a, 3. 

1 On voit dans les vignettes du Livre des Morts le défunt, armé de 
la pique et du couteau, lutter contre les monstres. 

3 Migliarini, Indication succincte des monuments égyptiens du musée 
de Florence, Florence, i85g, p. 95-96, n° 3678. J. Rosellini, Og- 
getti di antickità Egiziane riportate dalla Spedizione letteraria Toscana 
in Egitto e in Nubia ed esposti al pubblico nell ' Accademia délie Arti e 
Mestieri in Santa Caterina, Firenze, i83o, p. 26, 37. 

* Lepsius, Denkm., II, 108; Rosellini, Mon. civ., pi. XLIII, 3, 

4, 5.* La légende est W^ \ «le menuisier», avec I formatif. 

* Légende : _ _ «» « menuiser »: J! À ^^ (Ro- 

aeUini, Mon. civ., pi. XLIII, s) «Sois actif; donne que nous fassions 
cela». 



< îoo y 

quent ie char du mort, courbent le bois, font la 
caisse , les roues, le timon ] ; mais aucune des inscrip- 
tions qui accompagnaient cette scène na été copiée, 
et cette négligence des voyageurs nous empêche de 
connaître avec certitude le nom des différentes pièces 
dont se composait un char égyptien. 

Le char ne suffisait pas à qui voulait aller bien 
loin. La barque était nécessaire en Egypte, plus né- 
cessaire encore dans l'autre monde : le firmament 
formait comme une sorte de Nil céleste , sur lequel 
naviguaient les dieux. Les barques funéraires étaient 
de deux sortes : les grandes, celles qui portaient le 
défunt et sa suite, les petites, en papyrus, qui es* 
cortaient le convoi, chargées d'offrandes. La cons- 
truction des premières est une scène fréquente dans 
les tombeaux de l'ancien empire 2 . Dans f un des 
tableaux qui se rattachent à cette opération, le bû- 
cheron abat à grands coups de cognée les palmiers 
ou l'acacia 3 , auquel des charpentiers, armés de la 
hache et de l'herminette, donnent immédiatement 
une première façon 4 . Le bois, réduit en planches 

1 Rosellini, Mon. ci»., pi. XL1V, 3-4. Au-dessus du char repro- 
duit dans Rosellini (Mon. et»., pi. LXIU) , une petite légende illisible. 
1 Lepsius, Denkm. t II, 6i 6. 

* Légende : 4ft « abattre le bois » (Champollion, t II, p. 4 ; 
Rosellini, Mon. ci»., pL XLIII, î ; Lepsius, Denkm., II, 126). xy 
est un factitif de tf\ « passer » : •faire passer, Jaire tomber le bois ». 
L'arbre est un palmier. 

* La légende est dans le tombeau de Ti (Bàdeker, 1. 1, p. 4 08) : 
~™0 m H 1 « travailler ic cèdre (?) » ; dans Lepsius (D enkm ., II , 
108), deux hommes sont occupés, l'un à l'henni nette, W^ï «le 



— «•( loi y 

assez longues , était travaillé de différentes manières : 
dans un tableau la planche est à terre, tandis que 
les menuisiers la façonnent au ciseau et au mail* 
let 1 ; dans un autre, elle est maintenue à quarante 
centimètres environ de terre sur deux supports en 
fourche, et les deux menuisiers sont assis sur la 
tranche, une jambe relevée, ] autre pendante 2 . Les 
barques sont assez longues et peu profondes : on di- 
rait, à les voir, un tricorne allongé. Elles étaient 
quelquefois construites en planches courtes et épaisses 
de bois d'acacia formant briques : superposées et 
fixées les unes aux autres, leur assemblage compo- 
sait moins un bateau qu'une sorte d'édifice, assez 
solide pour flotter sur le Nil, mais que le moindre 
coup de mer aurait disjoint en un moment 9 . Le 
plus souvent, les planches, longues et minces comme 
celles dont on se sert aujourd'hui, étaient assemblées 
selon les mêmes procédés que nous employons à la 
fabrication de nos navires. Tous les tableaux que 

charpentiert, l'autre au ciseau, ™*# •-, après le cèdre (?), [11 

_*; W jk Q J -* »—■ - « menuiser à la hache », ^ V J ^N^ 

«menuiser à Therminette » (Bâdeker, 1. 1, p. A02). 

1 Lepsius, Denkm., H, 108. 

* Tombeau de Ti (Bâdeker, t. I, p. 408). 

3 Champollion, t. II, p. 399-^00; Rosellini, Mon. civ., pi. XLIV, 
1 ; Lepsius, Denkm. , II f 1 26. Ce sont les bateaux décrits par Hérodote 
(II, xcvi) : Êx Tdnfrir* $9 Tiff àxivBm x&pdpepot ÇvXa 6aov f « £i«if£ta 
mXtvByvàèp ovprt detai, vavirnyevfuvot jpdxop roidpèe * mepl yàp- 
$ov* wxpoùs xcù paxpoùf vcptelpovat xà èixi^ta $tf As * intàv 3è t$> 
rp6*q> TO&ry pauwtiyfootPTau f Kvyà AniroAifc reipovat virëp. Hoptvat 
Se ovêèv xpéopxou. 



__»( 102 )*«— 
je connais jusqu'à présent nous montrent la barque 
à peu près terminée. Elle est maintenue par deux . 
trois ou cinq paires (l'étais , ta poupe d'ordinaire plus 
baut que la proue. A l'avant, un homme accroupi 
sur le pont achève de planer à l'herminctte '. Trois 
hommes placés à l'arrière font le même travail, mais 
dans des positions diverses : le premier est accroupi 
dans le bateau même; le second, debout sur le sol. 
donne le dernier coup au bec de la poupe, le troi- 
sième est à moitié renversé sous la quille dans une 
position des plus incommodes' 1 . Cependant une es- 
couade de cinq ouvriers, sous la conduite d'un con- 
tre-maître, place un bnrdage- il semble que les 
chevilles aient été plantées et les trous correspon- 
dants de la planche préparés à l'avant 3 . Tandis qu'à 
une extrémité un homme maintient la planche en 
position au moyen d'une corde, trois autres la frap- 
pent à grands coups «le maille! pour enfoncer les 
chevilles : le contre-maitre . debout au milieu de la 
coque, les encourage de la voix et du geste \ Le 

1 tombeau do Ti (BWeler, t. I. p> Ao8], jT imw^et. 

i '»"V^V Mncnuiscr k lïicnninelLe ■ (Ufldekcr, 1. 1. p. io8). 

I Peut-être les Mme» dont il est question k 1.1 page prréc'deiiie 
Miui-ils occ-ii| es k perrer au ciaeau le* tnnu d^ïûnés nui chevilles. 

1 Lb légende est double (BûdeLer, l. 1, p. floS; Brugsch, Dm 
irjypt'uchr Grâbfrmelt , t. IV, u* Iî6, vérifie sur 1rs tableaux de 

|~[] \. \. i-l uni' l'orme proli'iiijiV de lYxrhiiiali'UJ fj] 1k , ["[]. 

* H>C semble, dire une variante sans voyelle* de »e»(=, U &u|'- 
prgSMOO de G dans —S étant fréquente, dans les teilc.s de rellf 



bordage mis 1 , on passe a uni autre opération '. 
Deux liommos armés de deux masses en bois, moins 
longues que des demoiselles de paveur, mais garnies 
de poignées analogues, s'escriment de leur mieux 
contre les planches du fond . tandis qu'un autre con- 

épuque. RVÎ se nbWM, uni détermînalif < dans un leilc qiio 
nous verrum un peu plus loin (Eberi, A'.-itfilm m llihl tmd ll'ort, 
L I, p. 186), el avec un déterminait!'. Il V ||i, dans Brugscli 
[Dkt.hièr., p. iî.13, s. ». (.. et Dû mgyptaeka Grë&tmdt, To- 

fet IV, Q° iS.'i ). Dam inu Ihctiaiuimrr , llruj;si-|i a 1 approché ce mot 
lie CHU, ^orput, baçca, CMXt MAXOXI. Ml, M., flJipw. 
toc™, Ma, fiitpvts, rflcrmc, lira, l.e telle complet :1e la légende 
qu'il cite (Die <r$rptischt Grâbtnccll , Tal'el IV, n* t54) est — ^ 

Kki>wwwik.rfTaa>rrp;ai'S 

le prasayr île la grappe . !■■ loula^e du raisin , (nul le Irai ail île la cam- 
pagne.. Dans Ebers ( Jïjprnnvt, 1. 1, p. 188), il ne s'agit plus de! ïir 
gnerons. mais ries ouvriers cliarpeiiiicrs. qui, aïec nue ilrmtiisille 
massent et pres>ent IVloupo : flVfT^ 'HvW l'intérieur ■. ' 
[l^|, s t le factitif du verbe ^|. Quant i>p t^lK."^ ['■ciun'-- 
quci la variante _ \. de *™), peut-être est-ce le copte coi, 
T., M., CM, B., n, £raft>. H semble donc qu'il lùilL traduire: 
«Eh, vous! qu'on travaille à (a niasse la poutre-. Le second frag- 
ment de la légende est : | """" = [sir] (Brugsrh ,1, pur erreur, 

) » — ' ^^ je ^^ » Ali ! écarlcj voira main de nous ! ■, prière des 

«litres ouvriers à icuv qui Irai .iiHciil la phiii'lic : le suis e>t douteux. 
Celle siéne se trouve dans Dûmiclien ( PUotiiiimpli'uike Hctuttate, 
pi. XI )î mais la photographie n'esl pas 1res bien venue, et les lé- 
gende* sont difficiles à lin:. 

1 Le bordage est en place dam lu tableau (Dûmiclicn, pi. XI-, 
Ebcrs, jEjvpten, t. 1, p. 186). 

1 Le tableau et la légende dam Uùmichen (pi. XI) et dans Ebers 
{.Eyjptrn. t. I, p. 186}; la légende seule dans Rrugscli [Dît agyp- 
lûcfte SnlhrWt, Ttfti III , n" 1 17, 1 18. ■ .9]. 









—H 104 H— 
tinue à égaliser au ciseau l'extrémité de la proue'. 
La légende explique ce qu'ils l'ont : ils tassent à grands 
coups l'étoupe goudronnée avec laquelle on calfa- 
tait le plancher pour rendre la barque étanche 2 . 
Un autre ouvrier, occupé au bordage. les encourage 
en leur disant : «Bon, ce que vous faites, pour que 
le plancher du fond ne prenne pas l'eau ! 3 » Un der- 
nier ouvrier à l'arrière taille à l'henninette les petits 
soliveaux destinés à former le plancher sur lequel on 
étendait l'étoupe 1 . Pour calfater l'extérieur, l'ouvrier 
se servait d'une lourde masse à long manche dont il 
hatlait les lianes de la barque, de manière a bien 
enfoncer l'étoupe dans les intervalles des planches a . 

i Légende: ■■§ J (Ebers, ,%>7><«i , l. I, p. 186). et 11^ | 
T "-v, ■masser, rai la ter l'inicrit-ur (Brugsch, 11* 117; Dùmichen, 
pi, ]Hi Ebers, I. I. p. 186]. 

' Hérodote [II. Kîfï] connaît aussi ce calfatage : fti w fcj Si rie 
Apportât i» Un Atj*MMM>tf fivS)\i,>. Il est probable que, des le temps 
(les Pjrnmîdcs, le papyrus était déjà l'i.teun-nl emphyt.- à cet usage. 

' | ***" * == ' ' »f)»^^ ' (Brugsch.ii* 118; Dùmichen. 
pi. XI; Ebers, p, [86] : .Bon ce que vous faites pour ne pas boire 
le plancher de l'intérieur >. ^ft est probablement, comme (la us les 
traités de médecine, pris pour P^*| <— « gt - .var.de - 

— ■ (Brugsch, Dicl.liU't: . p. 1007), esta proprement parler la table. 
le /«/-fier du porit de la barque, le plancher plat qui garnissait le 

* Légende i -*- -w- K 1 menuiseï le bois du tablier ■ (Brugsch, 
11" ■ I0i Ebers, p. 186). 

1 Lcpsius. DciuVih. , II, 61, b. Nriw il moilié détruite : ™ [au 
lieu de _ , que porte la gravure] Vfl " i*V «Travailler à U 



— «.( 10S )«_ 
La construction des canots en papyrus est accom- 
pagnée le plus souvent d'une scène préliminaire: 
les ouvriers descendent à la rivière et y cueillent 
les plants de papyrus 1 . Une partie servait à fabriquer 
une sorte de grande caisse pointue et recourbée aux 
deux bouts, qui formait le corps du canot : le reste 
était employé à la fabrication de la corde. Un homme 
accroupi tisse la corde, qu'un enfant tient tendue à 
mesure que l'ouvrier la fait, puis la dispose en rou- 
leaux de différentes formes 2 . Les constructeurs lient 
avec cette même corde l'avant, l'arrière et le milieu 
de la coque en papyrus 3 : au tombeau de Ptahhol- 
pou, un des ouvriers, à qui la corde va manquer, 
s'adresse iï son (ils et lui dit : «Eh! petit, apporte- 
moi des rouleaux ! » A quoi l'enfant répond : h Eh ! 
père, voici pour toi ce rouleau,» en lui présentant 
un méchant nœud de corde qu'il tient à la main*. 

1 Lepsius, J' ■■■■:".. 11, 13; Dùmiclu-n. Rnullale, Thoil I. TV 
fel VUÏ. 

I Cjjp = p JSJÎy"'"— pj (Dùmicuen, Raaltatc. Thcii 1, 
Talel VIII). p jj pourrait être cenni. M., ni, (inum. et il ftu- 
drait Iraduire | conte de fin î . si le sein « lin ■ était micu> prouvé pour 

1 Lcpsius. DeakiH.. II, loti a, avec la légende 11 ■ ■ A V •"< 
..^j .lier la barque.. 

* Dùmiciirn. Résultait, Theîl I. Tafel VIII ; I v4i^~ V |^ 
^ 2XX .L«n 10l 7^e, 1 .e C o^C B OK.T..M..COHK, 

T., paniu. eiiauui; _J^ " L jj'— ^ ■ *' ,,, ' l Fû*lwgfflnlM de 
l'époque : la note ■> de cette page «lonnc pour JJ Jj JJ la lecture <=>[). 
— Réponse de l'enfant : \ ^ ^ ^ ~=j JJ JJ^. Ce ^ gSjg e-l 



— «.( 106 )•«— 
Dans le même registre , des ouvriers qui achèvent 
deux autres barques s'apostrophent pour se donner 
du cœur k l'ouvrage : u Construis ça I ' » Il y a pro- 
bablement dans cette petite phrase un jeu de mots 
qui pouvait être spirituel en Egypte, mais dont je 
ne soupçonne pas le sens. 

La construction des barques est figurée surtout 
dans les tombeaux de l'ancien et du moyen empire : 
elle n'est guère représentée dans les tombeaux thé- 
bains.' Il semble qu'à Thèbes il y ait eu sur le Nil 
une flottille de barques funéraires toutes prêtes , et 
qu'on louait à l'occasion : dans les provinces et I 
Memphis, il fallait équiper des bateaux à chaque 
enterrement nouveau. 

Les sculpteurs en bois, les tailleurs de pierre, les 
potiers n 'étaient pas moins actifs que les menuisiers. 
Les statues qu'on plaçait dans le tombeau , et qui ser- 
vaient comme de support au double ", étaient aussi 
souvent en acacia ou en bois de sycomore 3 qu'en 

à joindre am mures Formes de Tk* — i que j'ai >i^iult'cs adlrurs 
( TruruoctiW of tla Society of iitblicai .Irctawlojy. t. VII. p. iS). 

' Dûnnclier, (ftttlMJ», Tlied I. Tafel VIII) : %$£?■ Le «- 
Irniuoiirji doit vjulor sur le» sens nomurem de la racine o\ L* 
scène il pour lilre """O. 

' Cf. lliilaire Jet limrt ilani (ancienne Eqrpte . dans le Ballrû» 
tic l'Auaàaùan uàmà&pÊê ■''' Fioitre, 1879, n" agi, |i. 38i-38ï. 

' A.11 tombeau de Ti ( JJrujjirli . liii- ir.jjjiiuJi.' Griit'rrwclt , ti" 87), 
la slatuc est |f^™ J " .une sUlne- d'acarin-ionl -. Tnu» 1rs 
nwwes d'Hiirope cl îuémi h Louvit, depuis ]>eu. possèdent de CM 
*Ulue* funéraires en boit. 



__♦*( 107 )**— 
pierre calcaire ou en granit. Les blocs de pierre 
destinés aux sarcophages et aux statues étaient d'or- 
dinaire préparés pendant la vie même de l'individu. 
Le premier soin d'un roi de l'empire memphite et 
des anciennes dynasties thébaiucs était d'envoyer une 
expédition aux carrières de calcaire de Tourah, près 
Mcmphis. ou aux carrières de granit d'Hammamàt. 
J'ai traduit ailleurs une partie des inscriptions com- 
mémoratives que les ingénieurs égyptiens ont lais- 
sées en celle dernière localité ' : les blocs étaient ex- 
traits de la carrière par des traîneaux attelés de 
bœufs 2 , puis embarqués sur le Nil et transportés à 
destination. Une inscription malheureusement mu- 
tilée racontait le transport du bloc destiné au roi 
Assi de la v* dynastie 3 . Le bateau qui avait servi à 
cette opération est encore visible : au milieu, la 
cuve, revêtue d'une armature de bois et de cordes, 
à côté le couvercle déjà taillé, à l'avant et à l'arrière 
des officiera qui dirigenl l'opération 1 . Des tableaux 

' I,r> intcit/ilioni il' lu iiif/c it llamintimàt . dans la liniu orien- 
tale et américaine, nouvelle «erie, t. I, p. 3a7-34i, 

• Voir la représentation àma Roadlinj [Mon. cit.. j>l. XLV1I, 6) 
et dans Lepùus [Denhm., III. 3 ni]. 

* Lrpsitis, Dcnkm., Il, 70. 

port du [sarcophage] Giond île vaillance il'Âssi qu- lui mil lait . % 
fl »fc chef «le io.. fl| .le secrétaire., ,^,[1]* ■ le chef de la 
porte (?)• cl «le T >, qui sont debout, les trois premiers à 
l'mn ut, l'un Ire à l'arriére île la barque. An-dessus du couvercle. 
• oiuvi-rcfcii au-dessus de la ruve. -* IV • cercueil ■. C'est 
rdluilralioii d'un passage de l' inscription H'Urni publiée par M. de 



— «.( 108 )«— 
assez nombreux montrent les sculpteurs ' occupés à 
dresser un bloc : d'autres vérifient, au moyen d'un 
fil tendu sur deux chevilles, le niveau de la surface ■. 
Los statues debout ou assises étaient sculptées à la 
pointe et au marteau 3 , polies au grès 4 et peintes 1 . 
Les figurines funéraires de grandes dimensions, les 
canopes, les amulettes de forte taille étaient décou- 
pés à l'herminelte ou au ciseau, peints et souvent 
dorés 6 . Des bijoux d'or et d'émail T , des fioles ou 
des amulettes de verre coloré 8 complétaient l'équi- 
page du mort et l'ameublement de sa maison. 

Rougi! ( Recherches pnnr ternir à t'kïsliuie des six premières dynOJttts 
de hlanélhon. p. i ig-i 30). Cf. une foii de plus 1» variante \. 

' Rotellini, Jfon. M., pi. XLVIH, 3. Légende ; "] ^.. .le tail- 
leur Je pierre.a 

■ J<W.,pl. XL VIII. 1. 

' WioV.pl. XLVI.4, ji (légende: ^), 9 (légende *P*^ll r t 

pi. XLVII, ou un sculpteur travaille un lion, légende ; U j) V 

■*■ ! J S «U 1 ' Travail ' ,U lio " P" r ie acu! l ,teur - ' ( Cf - B™g«» ! 
AfonuflURb, t. 11. pi. LXVIH, l). 

* ftid.,pl. XLVII. n, 3. J. 

* Ihid., pi. XLVI, 5, 6, S (légende: Hljfc* 1 [*•«]). '° ! 
pl.XLIX, 1. 

* Jbid. . pi. XLV, 5, où le sculpteur, ayant devant lui les quatre 
cauopes lie I II [Mît* dynastie j . achève deux figurine» funéraires; 
G, un ouvrier travaille à Hier-minette une planche; un autre, le T; 
pi. XLIX. 3, un ouvrier tculpte au ciseau le nom du défunt sur un 
campa qui surmonte un | pi. LX1II. 

' La fabrication en esl représentée dans Rosellini {Mon. av.. 
pi. LXIII). 

" La fabncFition en est repré-eiitcc .](■- les tombeaux de l'ancien 
empire (Lrpsiun. Denkm., (I, 1 3, etc.. Tableau des souffleurs Heierre). 



—H >o« )**— 

Je laisse de côté les travaux de moindre impor- 
tance, le choix d'une victime, la préparation des 
pâtisseries et des provisions nécessaires au banquet 
funèbre 1 , la cuisson des poteries et de la vaisselle 
destinée au tombeau a . Les j ours de l'embaumement 
passés, la momie, revenue dans la maison mortuaire, 
y recevait les dernières retouches et séjournait en- 
core quelque temps dans sa demeure terrestre. 

II. 

Quand le » matin d'aller cacher sa tète dans la 
vallée funéraire s » et de ■ se réunir à la terre * » était 
arrivé, le cortège se mettait en marche à travers les 
rues de la ville et se dirigeait vers lu rivière. Les 
tombes de l'ancien empire ne nous ont conservé au- 



1 Rowdlini. .Won.cn-., pi. LI-LII. 
' Ibid.,pl.L. 

isr«-»i,î,~<j , .aWk.x.- i*"*-* 

Bouloq n" IV, pi. XVII, I. i3-i5) .Soi» trouvé ayant construit U 
demeure qui c-l dun-> la Vallée funéraire; U- matin il/ cacher ton 
corps , qu'il Ii- soil toujours [iré-ïiii d.ms les m tri- prises que lu eia- 
mineras de ton œil ■ , c'est-à-dire «que tu méditeras d'entrept eudro i. 
Cette trailuction dillcre de celle de M. CUabas [LÊgyptaloaie, 1. I, 
p. 116-118). On des noms de ta nécropole de Thtbe* était fl> ■ 



•TVp 



— .*< uo )«_ 

cune représentation intacte de cette partie de la céré- 
monie ; mais un des papyrus de Berlin nous en donne 
la description : «Tu as songé au jour de l'enseve- 
lissement. Te voilà arrivé à l'état de béatitude, tu as 
passé la nuit dans les huiles, on t'a don m 1 les bande- 
lettes par les mains de la déesse Tait 1 . On a suivi ton 
convoi au jour de l'enterrement, gaine d'or, tète 
peinte en bleu, un baldaquin par-dessus toi, fait en 
bois de Masgat. Des bœufs te traînent, des pleu- 
reurs sont devant toi, et on fait des plaintes-, des 
femmes accroupies sont à la porte de ta syringe, et 
on t'adresse des appels . . . On tue [des victimes] à 
la bouche de ton puits funéraire, et tes stèles sont 
dressées en pierre blanche parmi celles des enfants 
royaux 2 . » J'espère un jour montrer, parmi les scènes 
peintes dans les tombeaux des anciennes époques, 
celles qui se rapportent à ce cérémonial, et recons- 
tituer avec ces élémenls épars toute la procession 
funéraire des grands seigneurs du haut empire ; eu 
ce moment, je préfère ne m'occuper que des repré- 
sentations de ce genre qu'on trouve à partir de la 
wnf dynastie. 

Le convoi du mort est représenté non seulement 
sur les parois des hypogées de cette époque, mais 
aussi sur un assez grand nombre de stèles assez mal 
étudiées 3 . Les détails no sont point partout les 

' LÎU. : • la'ilée:.*e Élojfe ,. Cf. Mariette , Âbyd/>s , l. III , p. 1 71 , 1. 4. 
* Papyrus Je Berlin n° I , I. 1 91-197, ils us le> Milani/ri A'arctitn- 
Inytc eayptlenne et aityriennc , 1. III , |1. 157-1 58. 

J Le I.oiivrr en possèile une mseï inat comervéi' il i|ui n'a p«* rie 



mêmes : ils devaient changer considérablement se- 
lon la richesse ou le rang îles individus. An contraire , 
l'ordre dans lequel SB suivent les parties du cortège 
est .1 peu près constant. Je n'ai pas l'intention de re- 
lever ici toutes les variantes qu'on remarque dans la 
succession des scènes ou le texte des discours. Il suf- 
fit, pour le moment, de décrire l'ensemble et de 
traduire les inscriptions les plus marquante». Cinq 
hypogées de la xvin" dynastie, ceux dllarmhahi. de 
Nolrihntpou, de Roi ;i Thèbcs, de Pahiri à El-kab. 
et d'Hor-klieinlî à Memphis peuvent fournir les élé- 
ments d'une description à peu près complète. 

Le tombeau d'Harmhabî est remarquable par la 
richesse de ses peintures et la pauvreté de ses lé- 
gendes 1 . La procession part de la maison funéraire 
et nous mène au bord du Nil. Elle débute par des 
esclaves porteurs doQrandes : l'un d'eux conduit un 
veau destiné au sacrifice. Vient ensuite le mobilier 
funéraire : quatre collrets [j peints en bleu et deux 
coffres S peints en rouge, bordés de bleu, repo- 
sant chacun sur une selle aa, nue grande table A, 
des pliants , un lit f) , un fauteuil , un char de guerre 
porté sur les épaules de deux hommes, un autre char 
attelé de deux chevaux, puis de nouvelles offrandes, 
des collrets de la forme S , et une large caisse , 

•nia I n |j uér MI AI. ui-. RoU& [fat aulre «■ trouve en la [mss-'asion dt 
M. Guillaume GuiirA J'en connnîs h Lejdc, à Londres et à Turin. 
1 Les figures Km) reproduite! dans Cliiim|>ollio)i (■Woiinntenri. 
jh. CLIX.it teste, t. I, p. igo-ioi. 83i-83â). La scfcnc tMqpthU 
nvrr le» roulmr» a ctt reproduit* par WilltmxJn ( iWatinrrj ami Cru- 
Mi-... l'nl , i. III |.l. I.WI . 



— +*.( 112 )■«— 
peinte à damier rouge et blanc , renfermant les huiles , 
deux canopes a tète humaine, la partie supérieure 
du cartonnage de la momie, des armes, des sceptres, 
des amulettes en or de types divers, la barque 
solaire chargée d'emblèmes mystiques, des figurines 
funéraires. Derrière cette armée de serviteurs com- 
mençait le convoi lui-même avec ses pleureuses, 
son escorte d'amis en deuil et de parents affligés, 
entourant le baldaquin sous lequel repose le cer- 
cueil. Au-dessus de l'attelage de bœufs et d'hommes, 
le tombeau d'Anni place une courte légende qui 
pourrait servir de titre à toute cette partie de la cé- 
rémonie : <■ Halagedu convoi parles bœufs dispos 1 .» 
Dans l'hypogée de Roï a , la marche est ouverte par 
un groupe de pleureurs au-dessous desquels court 
une inscription mutilée, mais que l'on peut rétablir: 
«[Disent les] pleureurs [qui sont en avant du lit fu- 
nèbre : « A l'Occident, le très] excellent, qui hait la 
duplicité 3 !" Derrière eux, des pleureuses. «Disent 

■ ~t m c;n~*«>»%> i > ~ (te.™,»»»,.. 

Moaumrnti , texte, 1. !.:■■. 836). 

* Toute la scène se trouve avec les lë^emti» dans Clianipollioii 
{Monument*, pi. CLXXVI1-CLXXVHI, etleue. t. I. p. M4-M5); 
RoselLini (Afon. ciV. , pi. CXXVIH-CXXIX). Wilkinson {Atannmand 
Caitomi, a' éd.. t. III, pL LXV1II) ei Prisse (Hilton-* dt fort égyp- 
tien) ont reproduit les Guuivs sans légende. 

a été bile, prlie d'aprè- la Ifgeo4a des pleureuse* qui si 
ciiips, partie d'après la légende dfl tombeau de Hor-Khen 



,( 1 13 )^ — 

ces gens en poussant des cris et des lamentations : 
«Lamentez -vous, lamentez -vous, ô grand, lamen- 
«tez-vous, ô homme bon, très excellent, qui hait 
«le mensonge 1 ! » Vient ensuite, lentement, la mo- 



riette, Monuments divers, pi. LX). L'expression «■*§)* * fréquente 

à cette époque, est traduite ordinairement «la seconde mort» ( Pier- 
rot t Vocabulaire, p. 478-479). Elle signifie simplement «duplicité, 
fausseté, mauvaise foi», comme il résulte de la comparaison de ce 

passage-ci avec un passage du discours suivant : I 1 1 1k _ fn M 
*** r **". Ce sens convient partout où on la rencontre: 



ATA I % 2E ^* -îr\ _" _ _ *^-»- (Champoliion, Monuments, 

texte, t. I, p. 85 1). Il s'agit du dieu Thot qui enregistre les résul- 
tats de la pesée du coeur du scribe Àmenemhît, et à qui celui-ci 
adresse la prière suivante : « Te voici écrivant mon nom à moi le 
chef des portiers, Amenemhît; quand son cœur paraît sur la ba- 
lance , on ne trouve pas en lui de duplicité , de fausseté. * - W\ 
V m t ^*" ^* fjtg) (Champoliion, Monuments, texte, 

t. I, p. 854) «Je suis juste, sans mensonge, n'ayant point commis 
de duplicité: 

7 1I1P _ ^^ , ,T_1 , V : '" ^ mo * T ou X» ^ ans ^ ^ eux cas » **" 
pond au sens «image, figure» : I ou T %* 1 «ces figures -là» 
(cf. Zeitschrift, 1878, p. 33-37). a\| est un mot sans détermi- 

nafif, comme II JL » [fi N "* *\ HD jL* U» ——•» qu'on trouve 
dans le même tombeau. Ici, le déterminatif était sans doute Jïi ce 

J. As. Extrait n* 3. (1880.) 8 



—**.( lit )**— 

mie traînée par des boeufs, que leurs conducteurs 
excitent à l'ouvrage. « Disent les hommes qui mènent 
le cercueil : « A l'Occident , ô bœufs qui tires , à l'Oc- 
" cident ! Ton maître vient derrière toi , ô taureau ' ! <> 
Les « dieux de la Vallée funéraire», invisibles, sur- 
veillent l'opération et s'écrient : «Voici le louable ~ 
» qui vient (à nous] par vieillesse 3 !» En avant du 
convoi s'avance un homme, qui arrose le sol pour 
favoriser le glissement et empêcher le traîneau de 
prendre feu par le frottement continu et la traction. 
Dans les circonstances de la vie terrestre, lorsqu'il 
s'agissait d'un colosse, d'une statue ordinaire ou d'un 
bloc de pierre, c'est de l'eau qu'on employait à cet 
usage : ici, c'est du lait. "Moi, dit ce personnage, 
je purifie , pour toi , le chemin , devant toi , avec d'ex- 
cellent lait*. » Il précède de très peu le prêtre offi- 
ciant qui «présente l'encens et la libation à l'Osiris, 

qui nom donnerait un verbe - \ | JV identique il I " zi el à 
^^T^ tî) iBrugsch, Diet. niVr. , p. i58o), en copie? T o 6 IT , 
TOyeiT, T., TlUIT, M-, lamenUiri , ptangrrr in laetu. 

• >J^ (__ pwéibwClwnpaifeo) ^rM'I^în 

( Chnmpollion a. par prieur, "'l t==* ' LI. I . laun au *■■■. .-.( 
le déterminalif de l - A ^ 

• (H ..I >. LIU OO. l'on derme .„, «„„. d.e, t. re, 






— ►>( 115 )+*-- 

grand-prêtre, Roï» : l'officiant n'est autre que le 
frère même du mort, Thoutmos 1 . De l'autre côté 
du traîneau, la femme Nibittoouï 3e livre à son dé- 
sespqir : «N'abandonne pas, n abandonne pas, 6 
grand, ne m'abandonne pas 2 . » Un second groupe 
de pleureurs et de pleureuses répond à son appel : 
u A l'Occident ! O deuil, toi qui fais mon deuil, toi 
qui me fais pleurer, ô Roi, qui repose dans sa sy- 
ringe comme tout juste 5 ! » Quatre hommes portent 



1 Au-dessus du cercueil, la légende : à j «\ \k ^= 

l'™'J^ = !!™TM^IlTit£-f * L '°* iri5< ma J° r - 

dôme du temple d'Harmhabi du temple d'Ammon, Roi, k l'occi- 
dent de Thèbes ». Au-dessus de la femme : 1 ^m\ _ (Champol- 

lion: •**") •• « : T : =^J|I 3ie =r3«^= 23*1^13 

fi ^. •*— '^ff^ On pourrait se demander si ^v» n'est pas ici le 

pronom de la seconde personne : la locution dans ces textes ne 

prend pas de pronoms , ^^ 1 *%l T~ ' J , dit la femme Meri-rî à 

son mari Nofribotpou (Wilkinson , Maiiners and Customs, pi. LXVI1). 
Lie groupe .-<— 1 forme un seul mot sans déterminatif, qui joue dans 
la phrase de la dame Nibittoouï le même rôle que 1 Jk ^ dans 

celle de la dame Meri-rî; c'est le copie kcd, T., B., kx, T., K6, 
B., XCD, XX, M., ponere, derclinquere. 

3 Le texte se termine sous le coude de Tune des pleureuses : 1 ^J5\ 

x~*-vT-^x~ 8 *^ 9 ^=fu 

8. 



**( 116 ).«*— 

un coffret funéraire surmonté d'un chacal. Le texte 
tracé au-dessus de leur tète est une «lamentation 
prononcée par les gens qui transportent l'huile : 
«A l'Occident! Moi, je suis la libation qui est 
dans le coffret 1 ,» et l'on voit par la tournure de la 
phrase que c'est l'huile elle-même qui est censée 
prendre la parole. La sœur du défunt, Sokhithol- 
pou 1 . s'agenouille à côté du coffret, et les amis fer- 
ment la marche, la grande canne à la main, et re- 
vêtus de leur costume de cérémonie. « Disent les 
gens de marque qui sont derrière le cercueil : «A 
«l'Occident! Il ne fleurît plus l'homme excellent, 
«l'ami de la vérité, qui n'a jamais proféré le men- 



■■ Snliizi' 1 



menti), ce leile Ml, partis sur la planche CLXVT1. partie fur I» 
planche GLXVIII. 

-li'i-xHSg'AJ-- 

<J^ (Ch,„, r il,™ ; (Jj U^iJ. 

"^a,:.~r:X'=H-(=.jr;x 

Ci '"JL"^ ^"" J< " " !im " t JZ^ comme "SI y » , «< | J *"^ 

■B . Pul4lM J ^ e«t-il une forme de \ — V , arer rhongr- 

ii.HH ■ ■ \ ■ ■ ! «'imiei ras* il faudrait traduire : . ftnjiïtM à 
l'homme nrrlirnli : celte dernière traduction me parait être, pour 



— «.( 117 )•«— 
Dans le tombeau de Hor-Khemti 1 , le premier 
groupe de pleureuses a une légende mutilée, mais 
qu'on peut aisément rétablir : « Disent les pleureuses 
qui sont devant le louable Hor-Khem : i<0 chef, 
'i comme tu vas vers lOccîdenl, les dieux se lamen- 
«lent 3 ! « Le groupe d'amis qui ferme la marche ré- 
pète : » A l'Occident , à l'Occident , ô louable ! à l'Oc- 
cident excellent 1 !» Ce n'est ni par l'originalité de 
l'expression, ni par la vivacité du sentiment que 
brillent toutes ces plaintes. La douleur s'y exprime 
en formes de commande, toujours les mêmes. Il est 
certain que l'habitude d'assister aux enterrements et 
de prendre part aux manifestations de deuil qui s'y 
produisaienl , devait conduire bien vite chaque indi- 
vidu à se composer un répertoire d'exclamations et 
de condoléances assez monotone. Peut-être même y 
avait-il un formulaire officiel employé dans les cé- 
rémonies funèbres, comme il y avait un formulaire 



le moment, moins vraiiemliinblt que la première. A la Ou, j'ai ni- 
l»bli devant I "*î lii (orme négative que le sens exge, mai» que 
ne porte aucune <!■ ■•. ropits du leite <\ue je connais. 
' Publié par Mariette {Monamiati ditm-i. pi. LX). 

• '-rll<™'[VH2li~ , 3i^-'^'V 

il- 
ima-ici- 



de politesse employé dans les visites et dans cha- 
cune des menues circonstances de la vie. Les lamen- 
tations se nommaient des «appels 1 », des «cm*». 
Le souhait « A l'Occident 1 ! », domaine d'Osiris, en 
faisait le fond; on y joignait quelques épithètes ba- 
nales à l'adresse du mort, et tout était dit. 

Arrivé nu bord du Nil. le convoi s'embarquait 
sur les navires construits ou loués exprès pour la 
circonstance, et traversait la rivière, pour se rendre 
a l'ouest de Thèbes, dans le quartier des tombeaux. 
Le titre donné à cette partie de la cérémonie dans 
le. tombeau de Harmhabi \ et les légendes qui en ac- 
compagnent la représentation , présentent une con- 
tradiction apparente que personne n'a songé à ex- 
pliquer jusqu'à présent. Toute la scène est encadrée 
entre deux offrandes. A gauche, un prêtre debout 

<| U W verra plut loin dan* les texte* du tombeau de Nofrilintpoii . 
j'en ai trnconlrc sur le sarcophage de NwUnéha { Dricrtptiait de 
tfy» A«» LV.jl. JL. 3| : | £ ^ »; J 1 , |y J 
_ U_ j-j- SU | J ■ Lit fOU cuierruée de re rercle cal 
comme la voii des femme» qui pleurent les taureau» et 1rs main*; 
letir ilme prie Ri, clc. .. Les variantes du sarropliu^ de ïWm>*» Ht 
donnent un tuU diffère»!. 

aifX)--KaiQ«).»]k«a»oo- 

1 YVilkmson. 3hi.Htrs and CUtamt, ■•• éd., L tll, pi. LXVI; 
liliantpnllion, Mnwmtntt. leilc. t. I. p. 83i-835. 



devant 1 autel tient le vase à encens et le vase à li- 
bations f et Semble adresser un hommage à la per- 
sonne que lui amènent les bateaux figurés devant 
fui : « Puisses-tu aborder heureusement à l'Occident 
de Thèbes 1 ! n Sur la droite et en pendant, même 
scène sans légende. On dirait que l'artiste a voulu re- 
présenter en un seul registre ce qui se passait d'ordi- 
naire sur les deux rives du Nil : l'offrande et le sou- 
hait qui saluaient le mort à son départ de b rive 
droite , et l'offrande qui l'accueillait à son arrivée sur 
la rive gauche de Thèbes. Pourtant les inscriptions 
tracées au-dessus des barques qui font le passage ne 
mentionnent plus Thèbes, mais Abydos. A gauche 
et à droite, trois grands bateaux à voile, placés sur 
une seule ligne, traînent k la remorque une gon- 
dole à naos où sont assis Harmhabi et sa femme 3 . 
À droite , c'est « la traversée en paix vers Abydos , pour 
suivre Osiris Ounnofri. — Le grand chef est avec vous , 
k l'Occident , .à l'Occident , la terre des justes ! La place 
que tu aimais crie en se lamentant; tous ceux qui te 
traînent sont venus heureusement, tes gens t'em- 
brassent , ô toi qui vas sain et sauf parmi les favoris 
de son maître, [et] contre qui on n'a rien trouvé! 
O Osiris Khent-Amenti, accorde qu'il ait une douce 
brise, qu'il soit parmi les louables dans le pays des 
vivants, l'Osiris Harmhabi 9 !» A gauche, la traver- 

•V«>-Hr — ICf©- 

9 Le nom de la femme est I Tft *ÎP 1 1 4» . 

3 \jt sens est douteux, le texte étant incorrect. Champoilion n'a 



sée est accomplie «et il va en paix dans Abydos, le 
bienheureux Osiris Harmhahi. Il dit : « Je suis venu , 
«j'ai reçu mes pains, réunissant à mes membres les 
«ollVandes embaumées, j'ai respiré le souffle des 
«parfums et de l'encens 1 .» Les mots du texte sont 



pas copie toute ]' 
copie île WilLirm 






£_; " ^ •— l' ri 5 ' arré le I» copie de Charapollion) 6 -V ! -V 

f>!KT]— "i* T \"âï~. ~ i«) ~ "fj 

V " ÎX ! ""■ J jÊ 11 ■ U membre de l' hraïe * »• B en * timbra,. 
:lte cérémonie où l'on voit lei 

ilituéf : t Point ne sont trouyi 



phrase à partir de 

|I,IL:. >,,.).„„ 
minalif, comnii' il 



':_ , i*'V-!;£«-a:^ , ;7;PP*4> 



à 



— «.( 121 )*4— 

clairs : partant de sa maison de vie à Thèbes pour 
arriver à sa maison de mort à Thèbes, Harmhabi se 
trouve faire le voyage d'Abydos et arriver en paix à 
Abydos. 

C'est qu'en effet les cérémonies de l'enterrement 
réglaient la destiné* 1 , non pas du corps seul et des 
parties de l'homme qui suivaient la fortune du corps , 
mais de l'âme et des parties qui suivaient la fortune 
de IVinie. Tandis que la momie et le double allaient 
s'enfoncer dans le tombeau, l'aine, le «lumineux», 
l'ombre, sortaient de notre univers. La passage de 
cette terre-ci à <■ l'autre terre ' ■> ne peut jamais se faire 
indifféremment à tous les endroits" : de même que 
la plupart des peuples, les Égyptiens connaissaient 
le point exact d'où, les âmes désincarnées partaient 
pour entrer dans leur nouveau monde. Il se trouvait 
à l'ouest d'Abydos, et c'était une feule- 1 pratiquée 
dans la montagne. La barque du soleil, arrivée a la 
lin de sa course nocturne, se glissait avec son cortège 
de dieux par la I bouche de la lente '», et pénétrait 
dans la nuit. Lame des hommes s'y glissait avec elle. 

' \ \ v ' ^'" l ' l ' t l" Tls ' " '' P ' a sl *' c tl'Knlew. C th , au Loiivrr. 

• Voir dan» E. B. ïylor | I.a [initiation primitive, I. II, p. 58 M 
suiv.) une éiuimératinu de* pt'iiplo nui oui la même croyance. 

lltct. l-itr.. p. 317-J18; Dirt. jrojr. , |i. 316-117^. 

* *^*^=ï= [Stèfc C 3 du Louvre). La bouche dt ta finie pa- 
rail être !.i ^oi^c i|m (U'honclie non loin i\r la I'IujuiiçI fiZebibel 
y*r lac|ii.'lli' Im BtMTWm passaient île la vallée au rl&ert. 



— «■( "22 )**— 
sous la protection d'Osiris; une formule funéraire 
fréquente à la xii* dynastie nous décrit son voyage. 

h II a passé le bras chargé d'offrandes dans les fêtes 
des morts avec les suivants d'Osiris, — et l'exaltent 
les chefs de Mendès, les grands d'Abydos. 

» H ouvre les voies qu'il lui plaît , eu paix , — > et 
l'exaltent ceux qui sont dans le nome Thinite, les 
prêtres du dieu grand. 

« 11 a mis les mains à la manœuvre dans la barque, 
sur les voies d'Occident, maniant les rames dans la 
harque Saklil, dirigeant la navigation de la barque 
Mûdit', — et ils lui ont dit : « Va en paix ! » les chefs 
d'Abydos. 

« I! conduit'-, avec le dieu grand, jusqu'à la bouche 
de la fente, la barque noshemil* la grande, pour ses 
courses dans les fêtes des morts*, — et l'exalte le 
taureau d'Occident \ 

«Il a travaillé de ses rames, entendant l'acclama- 
tion [poussée] à la bouche du nome Thinite, la nuit 
de « Viens à moi * ! » , la nuîl du coucher funèbre , 
la nuit du roucher d'IIorus, maître de Shon; il s'est 

1 Les deux barques du Soleil. 

■ Litt, ! lit fuit passer». 

' c= » ' ^ "fl"|"e sacrée d'Osiris à Abydos. 
' Le I.'\ii- iM ri'tidii fimiif in par rinlivilurtion d'un •■ijine hieri- 
tïque. Corrige) : -=- v - A ou •— I A . 

■ Osiris. " ' " * ' ' ' 

* La feïe d'Osiris intronise rnmme dieu des mort» et juge infer- 
nal.' On la 'éléhrail k !'animer*aire du jour ou Osîri* avait dil au 
soleil : ■ Viens à nmi ! > 



— «.( 123 )**— 

élancé sur les voies excellentes, vers les défilés 1 de 
l'horizon occidental, vers le champ de passage qui 
donne les offrandes funèbres, l'entrepôt riche en 
provisions 2 , — et l'honorent Khnoum et Hikit, ces 
ancêtres qui ont été auparavant, ces berceaux pre- 
miers d'Àbydos qui sortirent de la bouche de Râ 
lui-même, quand il organisa Abydos 3 .» 

C'est, en style religieux et avec le détail mythique, 
le même voyage que le texte du Papyrus Anastasi 
n° IV nous présentait comme un voyage presque 
terrestre 4 . Les variantes de la formule insistent sur 
ces cris , sur ces acclamations que le mort entendait 
en approchant de la « bouche de la fente » , et qui , 
poussés sans cesse en souvenir du deuil d'Osiris, 
lui arrivaient déjà de 1 autre monde 5 . 

Les peintures des tombeaux de l'ancien empire 
représentent souvent ce voyage à Abydos. Presque 
toujours, le mort, habillé de ses vêtements ordi- 
naires, est dans sa cabine et commande la manœuvre 

* C'est un nom fréquent de la nécropole. 

3 Stèle G 3 du Louvre. Voir le texte et la traduction de cette stèle 
dans les Actes de la quatrième session du Congres provincial des Orien- 
talistes, t. I. 

4 Plus haut, p. 8a-83. 

s Un tette pdblié en partie par Wilkinson ( Mater ia Rierogfy- 
phica, pi. XXVIII) et complètement par Dûmichen (Die Flotte, 
pi. XXXI, b) montre les génies cynocéphales et hiéracocéphales ac- 
clamant ( m % è!\ la barque solaire au moment ou elle va s'en- 
foncer dans la nuit. 



— H 124 )~— 
comme il aurait fait pendant la vie'. D'autres fois, 
il était enfermé dans un catafalque entouré de pleu- 
reuses et de prêtres s , les deux femmes qui simu- 
laient Isis et Nephthys, le représentant d'Anubis, 
le célébrant. Les légendes qui accompagnent cette 
scène sont d'ordinaire un simple titre : «Cingler 
vers le champ du repos 3 . — Croiser dans l'Ament 
excellenl *. — Aller en remontant le courant pour 
rejoindre le marais verdoyant d'Hathor, dame du 
sycomore 5 . — Passer dans la maison du ka vers 

' Lepsius.ZWtm.,!!. 9, 13. 13 J , al. a8, 3j, 13 a, iba.b, 
Gï . 61 bis . 96. loi , etc. 

■ Lepsnu, Dcnkm., II. 101 h; la pleureuse d'avant, W — 5lï, 
le repr&enlant d'Anulii», V » "l'embaumeur.. Id. ibid., II, 1 J7 
(Rowllini. Mon. ci»., pi. CXXXII1). la momie de Kbnoumhotpou 
Ml accompagnée du f] VV 1 1 ,Snm Hor ' pl du \ m J 1"' lit 
un miiiiu^ri'il Mir !--•[■ j ■■ I ni In m liin'ip^Kphes cursifs mêlés d'hié- 

' "r vif JJ ï m ~Z ■■"*»"■• <**"■■ "■ " ■<»' 

lui. : • Porter le souffle .. 

' P t*T tl + ^^.î^" '. T °" lbeau dc Ramkc à S »W- 

ran). " 

" ">- VPtT^TSfll-'HISI- 

(l.cpsius. Dm*m., II. gG); au tombeau de Râmté, on trouve, au- 
dessus d'une des barques, lu légende j 1 1= ^k *. >— • I . Le sens 
rat incertain. Je traduis ç=> par .marais, èlangi ( Brugsch , Dîct. 
hier., p. i3ioJ, et je considère Impression comme étant l'équivalent 
de «S *Wk . Halhor étant la déelse de» morls ; ■ Aller en repoitS' 
îant"fTe couraiii] aprit (V^"=^ï»> lc '™™'» *erdoy*iil. 



— -+*( 125 }.**— 
l'Occident excellent, auprès du dieu grand 1 . — 
Le grand-prêtre Pehen, il se met en route sur les 
voies excellentes de l'Occident a . - 1 — Voyage de re- 
connaissance vers Abydos par Khnoumhotpou 1 . » 
Souvent l'eau sur laquelle courent les barques est 
nommée : c'est «le lac d Occident 4 , — le lac de 
l'Occident excellent 5 , — le lac de l'Occident très 
excellent ». Les commandements du pilote et du 

couvert d'herbcï. (THallior, tic. ■ Le «marais du boni du lambeau 
de RâmLé donne une «pression équivalente a telle île 55 I m 
6pttof àyzQù* [De frùfa et Oiirîdr . il . Cf. dans Rosellini (.Von. ti». . 

pi.cvi..i,p|îp— §!£...,. 
■ n\ :^«i->ffi Ti.i t <***• '«■-■■ 

Il , i o i }. Dans et tombeau , l'i (pression de I J U est remplacée par 
la forme biiarre C~} J, où l'homme J e»l probablement un équi- 
valent idéographique de U . 

<fea> (Lepsiui. Daim., II, |S ■}. j^^, qui suit immédia- 
tement, ne se rattache pas à relie phrase; c'est le commandement 

MlMlIlll telle, t. Il, p. toi; Roselhni, .1/,...,. t*. , pi. CXIIl; 
Lepsim, Denlm.. II. 137). litt. : « lieinonler pour connaître i:e qui 
en est d'Abjdos ■ , air. 

• S^tUfwu. DMfcn,,JI.ï8)i ^-=H'^- fi»**-. 
11,45»!. 

' ^^HSMI* (Lep»">. BmAm., H, hi«'\ \^^Z 
j*** ( Tombeau de Ramké à Saqqarah). 

■ ^S^-I^*^ ll-epsius, Dr,,km.. II, « t). 



— ♦>( 126 )•«— 
capitaine aux matelots se joignent parfois à ces indi- 
cations générales : «A bâbord 1 ! — A tribord 3 ! — 
Ne nous fais pas dévier de notre route 3 ! » Des ca- 
nots et des chalands chargés d'offrandes * escortent 
les barques principales. Les gens de l'équipage de 
temps en temps poussent des cris de bon voyage : 
«En paix, en paix, auprès d'Osiris 1 , « ou causenL 

1 ^— (Lapants, Dtnhn., Il, 96;, commandement du -*- Il J * 
• faiseur d'instruction >, \v pilote d avant , la vigie d'avant, qui sonde 
le chenal, observe le courant et le vent, et Iransmrl sri tinitruc- 
tmtu> en conséquente nu pilule d'arrière qui manie le gouvernait. 

* T 4- *; il.epsius. Ornkm. , II. i!i n). Dans ce commande- 
ment cl itans le.- comniiiniii'iiiciits analogues. 1 ▼ ^Z. - (Cf. 
Bnigscli. Dût hitr., p. i5sî). ^ esl un advcrW ciplétif . Ibrte- 
ment, vi^ounviseinunt >, rflinirr dans T ^J ilrèa bon», etc. 

1 Ceci n'est qu'une Irailurlion |iar a peu prés. I,e te*le original 
porte (Lepsius, Ih-tJtm., II. 96) 1 *- + "V- I V • V*V" | 
f— -*•>* nnu. j.tli' hors lie notre volonté.. 

' I.' p. un, limitât.. Il, ioj 4; h Boni-Hassan, où la scène a pour 
litre : J - f K » ^^ ¥ 1 g? , ele, « Aller pour npporlcr 1rs 
biens à Abjdu- 1 . i-U\ La 11 m in- Ml SOU) la charge du J^pC <pilnk", 
et dem des ili'f- d équipe échangent de.- commandements d'une 
barque « l'autre : fl [me pour l)^ V"a\ .Donne. fort! 

""■"Lllf k- • El ' : ' , "'"'"' ; v ' l '-i-""""-J>ii 

~*Z .Va <•(] pai>% et s'adresse au mort (Lepsius, Denkm. , 11, |*S; 
GbUBpaUîqn, .VonuiHCHb , leste. I. Il, p. ioo-ioi; Rosellini. Mon. 
tir., pi. C1X). Ru,, l'autre scène, le pilote d'avant crie ...1 p<lote 
dWi..r,:| = ^^|3^-y^^t(Lepsiu.. i >^„ll. 
1 57, qui donne i I = ^ il -=») ■ Tirr yits l'Ocrûlrnl . In porte» S 
l'Orient.. *~ 



—**( 127 )*+ 



et s excitent entre eux 1 . On serait tenté de croire 
qu'il s'agit d'une véritable expédition, et les écri- 
vains classiques se sont laissé prendre aux appa- 
rences. L'auteur du traité d'Isis et d'Osiris raconte , 
probablement d'après un auteur d'époque ptolé- 
maïque, que les plus distingués et les plus riches 
des Egyptiens se font enterrer dans Abydos, parce 
qu'ils estiment à honneur d'être enterrés auprès du 
tombeau d'Osiris s . En fait , les personnages qui font 

1 Ainsi dans Lepsius (Denkm., II, iç>4 b, un premier registre), 
où deux bateaux semblent lutter de vitesse. Sur le premier, le 



pilote crie aux deux rameurs : I % i~î M ■ ^^ V — ^ V m 
^^ «II y en a un autre [bateau] qui aborde avant [Te nôtre] a 
terre; va donc ! » (litt. : « Fais » ) ; tandis que sur l'autre bateau , on dit 

de même \\ ' e = 1 ^ m \ f «S ^ fS *"' \^ jfe + 3b «Le sur- 
veillant (?) a abordé à terre , lui qui auparavant était derrière nous ! » 
Le mot «=»^*"^ | iqy \A est la forme première de __ *q$ ^k 
(Brugscb, Dict. hier., p. 88o), dont le sens est douteux; la fin est 
littéralement: «de étant derrière nous (*— ■* pour ) ». Dans un 
second registre, je ne comprends guère qu'une phrase adressée à un 
enfant qui tient À par la femme qui gouverne : ^ ^—4 ^ « Voici 
pour toi du pain ! » Dans le troisième registre , au-dessus du premier 

bateau: M UM VP <Va ( litt>: " Faisi )* tire «"elle ( de «• 
rame)!» adressé à deux rameurs; au-dessus du second bateau : 

1 ^^ - A - _ s ll . ^ vk . «Ramons, portons 
vers terre! Vous êtes avec votre maître,» sans que je puisse déci- 
der bien clairement si les deux membres de phrase distingués par 
des pronoms différents appartiennent à un même discours ou font 
partie d'un dialogue. 

* De hide et Osiride (éd. Parthey, p. 34 ) , ch. xx :.,,/»t( ÀGtâp 
roùt eCcbiftovat t«i> Aiyvxllvp xal Svvaroù* pdXtola&dirfeoBat, <ÇtXo- 



—-.».( 128 )*t— 
la traversée dans les peintures ne vont pas réelle- 
ment à Abydos : ils sont enterrés dans leur tombeau 
même, à Memphis, à Beni-Hassan, à Thèbes, et 
non auprès du tombeau d'Osiris. C'était leur âme 
qui, après la mort, partait en voyage : tout au pins, 
les parenls envoyaient-ils une stèle votive. On la dé- 
posait « auprès de l'escalier du dieu grand ' », et elle 
figunit le tombeau tout entier*, comme la repré- 
sentation du voyage ligurait le voyage lui-même. 

Entre deux des murailles qui formaient l'enceinte 
des temples d' Abydos, s'étendait une sorte de cou- 
loir protond, ÛTégulîer, clos à ses deux extrémités 
par des murs de briques crues. Sous la vi' dynastie, 
quelques riches personnages y firent construire leur 
tombeau : plus tard , les pèlerins ou les dévots dé- 
posèrent, dans les espaces laissés vides entre les 
tombes, leurs ex-voto funèbres, leurs stèles, leurs 

ii(iouji(i";v( ifiinâpo'jf lirai toi nèfiatot ÙelpiSot. Les tombemit 
il'Abydu» n'oiil guert: fait coniinilic jiiss^u'à présent <[iie de» j[ens 
originaires il'Abyrlns 011 maria dans Aliyd.is me nie. 

• C'esl ce que prouve une formule fréquente de* stèles volivo : 

C i 70) « C'est îri le tombeau que je me suis fait dam le mime Tbiliile . 
il Abjdns, prés l'e.iralier du dieu grand, maître des dieu», sur le 
tertre, maître du repos, « Ittorina occidental, afin que sait puis* 
saut mon ttou il la iUÎIa du dieu grand. ■ On voit qu'ici tn stèle est 



appelé., y I - 



l' tombeau •■ 



— w( 129 )+*— 

statues, leurs pyramides, qui comblèrent à la longue 
l'intervalle compris entre les murailles 1 . Il y a vingt 
ans encore, cette masse compacte, isolée au milieu 
des ruines du temple, formait une sorte de butte 
artificielle qu'on nomme Kom es-soultân : autrefois, 
c'était « l'escalier du dieu grand ». 

Au delà d'Abydos, l'âme trouvait le monde infé- 
rieur, et, dans le monde inférieur, le tribunal d'Osi- 
ris. Parti de Thèbes, le mort traversait le Nil pour 
aller reposer en corps dans la montagne libyque, et 
comparaître en esprit à Abydos devant le jury infer- 
nal. Le mélange de fiction et de réalité que renfer- 
maient les cérémonies de l'enterrement expliquent 
une autre erreur des historiens grecs, non moins 
curieuse que celle que je viens de signaler. Diodore 
de Sicile dit que la momie du mort, transportée en 
bateau au delà du lac sacré du nome , y rencontrait 
quarante-deux juges, et attendait quelques instants 
qu'on vînt lui demander compte de ses fautes ou de 
ses crimes. Quand il n'y avait point d'accusateur ou 
que l'accusation était mal fondée, les juges lui ac- 
cordaient un laissez-passer, et les parents achevaient 
les funérailles 2 . Rien dans les monuments égyptiens 
n'est venu jusqu'à présent confirmer ce récit. Il me 
semble que le voyageur ou l'historien à qui Diodore 
l'emprunta avait dû confondre les cérémonies de 
l'enterrement et le sens mystique que les Égyptiens 

1 Mariette, Abydos, texte, t. II, p. 3o33. 

1 Diodore de Sicile (liv. I, S 9a), probablement d'après Hératée 
d'Abdère. 

J. As. Extrait n° a. (i88ç>.) 9 



~t*( 130 }++— 
attachaient à ces cérémonies. Le mort parlait de sa 
demeure terrestre escorté de ses parents et passait 
l'eau. Cette eau était dans la réalité le Nil, dans la 
théorie surnaturelle de l'enterrement « le lac d'Oc 
rident » cjui sépare les confins du inonde humain et 
du monde divin : au delà, son corps rencontrait le 
limibrau, son i'mie les qunrante-deux juges du jury 
infern.il, devant lesquels elle se disculpait dp ses 
routes et affrontait la déposition détaillée de son 
propre cœur. Les Grecs ont mis sur la terre seule ce 
qui se passait partie sur la terre, partie dans l'enfer'. 
C'était sans doute pour rendre plus facile à l'àme 
te voyage vers l'Occident, qu'on déposait parfois 
dans la tomba des modèles de bateaux garnis de 
leur équipage et de leur gréemoril '-. Il me semble 
même que ce voyage était censé se faire à date 
fixe, et qu'à l'anniversaire du jour où l'on suppo- 
sait qu'il s'était accompli, les prêtres délégués aux 
choses funèbres célébraient certains rites encore mal 
déterminés. Dans le tombeau de Nnfrihotpou', je 

1 La plupart des modernes mil pai-tap' celte erreur. Cf. Uilkin- 
«on, Mitnnrrs aiul Customi, l" éd., I. III . p. 453 cl Jlliï. 

1 Le Louvre ™ possède ijuetqucs-utis, Salle ciiilr . ariuoirn K. 
Pa.ssnlnrqua en Irmiia j Cainla'/nr . p. i ifi-i s<| ), qui sont aujourd'hui 
au miiséo de Berlin i'l ont été reproduits pur Prisse d'^ vernies ( liïi- 
ttùrr ,le l'ail égyptien ). 

" Ce tombeau , l'un de» plus importants Je ceui qui eiislent en- 
core il Tlithes, a été décrit par Clinmpollion ( Mnnumrnts , ttsxle. , 1. 1, 
p. 546-55i, el S53-S5a). Diiïérenle.s scènes se trouvent dans Cham- 
poH«M [Momunenh. pi. CLXXII etsniv.), ItoM-llîni (Mon. ci,'.. 

pi. l.WIX, CVII1-CIX . CXXX-CXXXI , CXXXIV ] . wattMttfJto- 

•m ua ,l CwWbi, »' éd., I. 111 , pi. LWI1), Prisse d' Avelines (fïù- 



1 



+»( 131 



trouve trois chapitres, malheureusement mutiles, 
qui paraissent se rapporter à une fête commémora- 
tive du voyage vers Aby dos f et peut-être reproduire 
les principaux incidents de ce voyage lui-même. 
Au milieu du registre, un bateau, voiles carguées, 
porte deux dieux assis et divers emblèmes divins : il 
descend le courant. «Le VIII Thot, dit le texte, le 
prêtre officiant se réveille au milieu de la nuit, 
tourne les bateaux pour la descente du fleuve 1 , ferle 
leurs voiles; offrir 1 encens et la libation au défunt 
Nofrihotpou devant les bateaux 3 . — Chapitre de 
passer vers Abydos. -r- Le défunt Nofrihotpou dit : 
«Allons! Je t'ai apporté tes péchés, tes souillures! 
«Ton père Toum, on lui a fait arriver son frère 
« entre ses deux bras 3 . » Le reste est détruit, mais on 

toirt de farf égyptien), Bragsch [Recueil, t. I, pi. XXXVII), Dùmi- 
chen (Kal. Inschriften, pi. XXXV -XXXVIII; Die Flotte, pi. XXX- 
XXXI, XXXIII; Hist. Inschriften.t.l\, pi. XL-XL e). II est fâcheux 
que l'ensemble de ce tombeau n'ait jamais été publié. 

1 Litt: « Donner face les bateaux en descendant». 

1 Litl. : • devant eus: 



_«.( 132 )«— 
voit que le frère du dieu Toum, dont il est question 
dans le passage, n'était autre que ie défunt lui-même 
identifié à Osiris. A gauche de cette scène, s'en trou- 
vait une autre mutilée, dans laquelle on voyait la 
barque remonter le fleuve à pleine voile. A droite, 
même représentation, mais le texte est intact. Neuf 
jours se sont écoulés depuis le départ pour Abydos, 
et il s'agit de revenir vers le sud, a Thcbes. « Le 
XVII Thot, jour delà fètfl Otiatjii 1 , armer les barques 
de fOsiris Nofribotpou , et les charger de tout leur 
gréement. de toiles et de mats'', leur donner leurs 
voiles de, toile pour cingler avec sur le fleuve en re- 
montant, se tourner vers le sud. — Chapitre de le- 
ver la voile. — Nou dît à Nout, a Sil), à Osiris, à 
Shou, à Hathor, aux dieux qui sont dans le inonde 
inférieur, qu'ils donnent ces voiles à Osiris, et qu'ils 
le protègent a toujours et à jamais s . — [Offrir] l'en- 
cens devant [les bateaux, dresser] les bateaux sur 
la chapelle 4 du tombeau dans lequel ils sont, dé- 
ployer leurs voiles, les tourner vers le sud pendant 



Inichrift., p. XXXV, L 48-fio; Die Flotte . pi. XXXI, I. JS-6o); cf. 
1rs observalions de llrugscli , Diel, hier. , p. i 1 1 1 , t. i>. nlTl 
Jfr. Le nom d'Abyrtos a ifi l'orlhograpue T 1 Q (Brugsrh, Dirt. 
g&ar., p. .6]. 

' Sur celle fote des mort.» , voir la grande inscription de Sioul 
n On variaus teils relatin;; lo the slalucs of tlie dead», dans les 
Transactions nf Me Society of biblieol «ichmafoyy, l. VU. p. i et suit. 

* Litt. : > le» charger de tout» bttri choir* de niarchtr. Voiles et 

' Lîll. : tleur'/ront» il lui, a toujours ci à jamais». 

* Litt, : «la maison de lo maison de douille.. 



un jour. Le prêtre officiant se réveille au milieu de 
la nuit, pleure indéfiniment, fait I offrande à l'Osi- 
ris Nofrihotpou dans le Khrinoutri l . » 

La traversée du Nil, emblème de ce voyage sur- 
naturel, se faisait dans le même ordre que la pro- 
cession funèbre. Le tombeau de Nofrihotpou nous 
montre, avec un grand luxe de détail, ce qui se pas- 
sait sur la flottille 2 . Six barques de différente taille 



1 1 i 






I ~* I — &J ^^ VJ (Dùmichen, Kal.Lischr.^l. XXXV, 

!. 3i 4 7; Die Flotte, pi. XXXI, I. 3 1-47). 

3 Cette scène, souvent reproduite sans les légendes (Rosellini, 



— ♦»{ 134 ).«-_ 
suffisaient à peine à tout contenir. Trois d'entre 
elles portent les esclaves chargés d'offrandes et les 
amis du défunt. La plus grande a déjà toucha terre. 
et l'un des matelots s'est jeté à l'eau pour l'aider à 
accoster. Une petite chaloupe, qui soit, et dont le 
pilote n'a pas compris ta manœuvre, vient d'être 
heurtée en flanc par une des longues rames gouver- 
nails; une partie des offrandes dont elle est encom- 
brée se renverse sur l'équipage, mais personne no 
fait attention à l'incident, et «les prophètes, les chefs, 
les prêtres qui suivent le louable » continuent leurs 
invocations sans se troubler, u C'est bien heureux ce 
qui lui arrive! Le sort lui donne la demeure qu'il 
s'est faite, il obtient les bonnes grâces de Kbonsou 
théhain, et ce dieu lui accorde d'aller à l'Occident 
de TLèbes, tandis que les générations des générations 
de ses serviteurs sont derrière lui , lotit en pleurs ' . i 

Mon. cIk, fA. CXXX-CXXXJ; Prisse. Hiitour de fart %/.(.'«). ne 
se irouve avec les Ugsnihi que dans WilUnion { Hfanatr, oui Cas- 
lo n u,ï'éi!.,t.in,pI.LXVII). 

•=$!=L'*iiru~('">,#,r;*-=* L !- u *"" 

mol est douleui. Sur le «M (lu verbe ,JM V V ) ■ «• ••* '<" 
Brtnce fimletlinî- , ]i. -^-17. Lu mot à mol *eroil ■ toriilui' twtcm 
<|ii.iui silii leeit> Mtcr tapattx rlans te l unhou c|u'on iVtnit l'ait .imh- 



=— «•( 135 )•€■*- — 

Une barque de moindres dimensions va aborder; le 
pilote d'avant se retourne vers les esclaves qui la 
montent, les avertit d'avoir à se tenir prêts : «Point 
de désordres, les porteurs de guirlandes qui vont 
devant le louable, on va vous aborder 1 ! » Derrière, 
deux barques à cabines: dans lune, les pleureurs, 
dans l'autre, les pleureuses debout sur le toit, font 
de grands gestes et poussent des lamentations. «Al- 
lons, allons, à l'Occident, la terre de la double jus- 
tice ! [disent] les femmes de la barque, pleurant fort, 
fort; en paix, en paix, à l'Occident, ô louable, va 
en paix ! S'il piait au dieu , quand viendra le jour de 
l'éternité , nous te verrons , car voici que tu vas vers 
la terre qui mêle les hommes 2 ! » Tandis qu'ils pleu- 

méme, et qu'on avait garni soigneusement de tout ce qui est néces- 
saire à la vie (Tau delà, était la faveur suprême que les dieux pou- 
vaient accorder à un homme. J'ai cité plus haut, p. 109, note 3, le 
passage du papyrus de Boulaq n° IV où il est dit : « Sois trouvé ayant 
construit ta demeure qui est dans la vallée funéraire : le matin de 
cacher ton corps, qu'il te soit toujours présent dans toutes les entre- 
prises que tu méditeras. » 

tiennent, en effet, des guirlandes ou des bouquets de différentes 
formes. 



— *M 136 Ju- 
rent, le pilule (l'avant, qui n'oublie pas son métier, 
leur annonce qu'on touche : « Ferme lù-liaut de la 

\ i |x I «S ^<J . Le mol U I "~~ "^i. est une lananle notinelle 
de ^"~" ! _ jl [Bnigsch, Vict. liiir.. p. ilgc)), et M d">l [ras, 
comme to pense M. Brunch (D'ici, hià:, p. i33), se décomposer en 
ta-kab entiem, et se rallncner à In racine |^"T£l- — ** lc,te ,1l ' 
Wilkinw»! donne "flf ^ ^J ^ que j'ai corrigé en Impression 

connue "^^ni3l '* 0Of ' ^'""'" ê ^P tiaMa - P- ' 3 et **< 
note 17 Jttvftrisat. -Le chasseur d'oisenui d'eau se fatigue à lei- 
irème; il o beau se mettre à l'eau et regarder en l'air, disant : ^j^ 
V " tfl I V * *S>t «<"" »'«« (favorisei-moi). fîJets ! . 
Dieu ne l'ail pas attention a ce que le chaswur fait, et =es actes sont 
vains!. (IVr"* -S-"'"" «. pi. Vil. I. 8 . "$"VÎIÎ^'Ï 

" ' ™ e 11 jfcl [i'm ri " ^ B " al '"i II '- \ A - Xliil ' '■ '*-'j) ,s ' i| 

m'est permis! Comme je le connais eu les autres qualités, je porte 
témoignage pour toi ! ■ Dans le Papyrus Anaitaii lll f pi. II, 1. in) : 
• La joie sitgedansce palais, on n'u point h lui dire.: «S'il vous plaît! . 

(^^^["flrViniâi*) «r les petiU y wu eomw 
les grands!. — * .quant il le mit esl de cela, est une 

variante de ♦ "~~~ avec le " = " réfléchi qu'on troUTe thnt uu cer- 
Inin uorubre d'ei pression s conjonctives: 11'^*. ^=. etc. — 

S-V^"— Mt un équivalent de S^V «H ^: plu- 
sieurs autres exemples nous montreront que, dans la tombe de No- 
Iriholpiiu, le — , — « de construction prend un ^. qui nW pa« 
le pronom de la première personne, mais un simple dclennmalif 



— h^ 137 >w — 
plate-forme, on est prêta aborder 1 !» Le 1 contre- 
coup du choc que reçoit la barque en accostant leur 
ferait perdre l'équilibre et les précipiterait a l'eau 
s'ils n'étaient prévenus. 

La barque funéraire, traînée à la remorque par 
la barque des pleureuses, portait, outre le corps, 1ns 
femmes de la famille, un prêtre officiant et les deux 
pleureuses, la grande et la petite 3 , qui représentaient 
Isis et Nephtliys auprès du mort Osiris. Le prêtre 
brûle de l'encens eu récitant la prière 3 . La femme 
du mort, prosternée devant la momie debout sous 

(Sui-le mot jfc \. mire, plate-forme», cf. Du genre tyisto- 

lajre, p. 4o, unie I.) Lilt. : ■ Ferme. qui sur kl pi aie- forme , on esl 
|irol ji aborder". 
* Cf. WilLinson (Maïuitn and Caitoms, i' éd.. t. !I1, p. 44çj, 

' Le leile. est tris mutile. Voici ce que j'y lia : "**~ ] 1 ft 1 TTÎ 

tfc?X.âîJ?t]M««>uL]S3N.~IJ 

m = r>-> h [~k~--| jk jtx 

Jl . Faire encens h luit double. Ri Harmakhou , Kbopri dans [sa] 
barque, Nou, [>fcre des ilicui, celle barque risiricim* 'Lins laquellr 
Horus, filad'Osiriï. Iiis ,■! Nepbibys cnuduiwnt ce. dieu [le mon) ... 
Tltol, raailrc A» iliviue." partîtes, repousse.., la barque 
H protège In barque ■ 



— «.( 138 >*♦— 
le catafalque ', lui adresse un long discours malheu- 
reusement mutilé : «Reste, demeure à ta place, ne 
t'éloigne pas du lieu où tu es! Mais allons, tu t'en 
vas vers ta barque de rivière ! O matelots, ne vous 
pressez pas, laissez-le 1 Vous, vous [reviendrez dans 
vus maisons] ; mais lui vu au pays d'éternité ! O bar- 
que osirienne, tu as fuit ta traversée, toi BU suit le 
messager du ver, et tu es venue pour enlever celui 
qui m'abandonne . . ,' J !» L'expression est touchante 

1 La momie n'est pus repri-scntée dans Willùuon : il faut ta réli 
Ub-lfBpfel ILoMlIfaQ (Mi».. Wc.pl. CXXXI, a). C'est à elle qn> 
n^pM U légende : ■* ffl fjj \ — J "^ g | | . 

-' Voici loul u 1 i|ui' j'ai j - l i ilrrbinVer ilu li-iie il.ins !i rci|ue il'-' 
WiU.ii.Mi. (MtMUn ondCiulomi. î* éd.. L III. pi. LXVII) : Y] 

AiESg;-wcn=»aB-*ia- 

TYri-DBZmPIXlTtYlPJ^^C 
X M J = 1 W* 1 f* *î S ■ ''•' ""p" ta '■"""» d ' - i' rt * 

les débris de signes qu'a copiés Wil.inson , el d"a]iri-s ie sens géné- 
ral du runle.lc: il faudrait |H>ur élre assuré du sens uuc nuuïrlie 
eullati.nl ,1e l'urijrinal. s'il csisle enrare. jj \ ' . .m lieu de II " , 

me |«r-iil élr B eselan.allon .Mleai.! Va!., qui inlisaluil un 

membre de plirase île sen- nppOM au memlire de nluasr prrcédenl. 



■ — «.( 139 )*•— 
dans sa simplicité. Il est fâcheux que nous ne possé- 
dions de ce texte qu'une seule copie, souvent peu 
lisible. 

III. 

Le Nii franchi, le convoi se reformai! dans le 
même ordre qu'auparavant et arrivait à l'entrée du 
tombeau. La momie, tirée de son catafalque et 
dressée debout devant la porte, la face tournée aux 
assistants, recevait les derniers adieux de la famille. 
C'était quelquefois une formule banale : «A l'Oc- 
cident, a l'Occident!" quelquefois aussi une nénio 
longuement développée : «Je suis ta sœur Miritrî, 



P+C x R3— i"":"" —.11:=.' <*"»* 

• banjuc île ranal. harc|ue de riuèrui. J ai corrigé IIV. qui t'a* 
iiiiïi du fasse i—~n et du pronom ftiiniuiu *> do la wunde per- 
sonne en /y. qui est plus pré» du tente original. [Cf. la méiuc 
impression, plu» haut. p. • tt, note i . appliquée :mi mynjjci du la 
baruue osirienne. ) nTn •» est le ver du tombeau. Sur la Corme. 
rare dan» la langue antique, *=• ] Jt A . avec «=»=p, cf. Mé- 
lange» darchcntoijic (t. III. p. agi, note 6, et p. ïfl5, note a) : imon 
faisant abandon . celui (jui lll'ltllllilni— ■. Un autre eiemple se trouve 
dans Linct.' (Ztwi l,ierali»cbe Papyri , Tafei IX. I. g- la) : V mmA 

lM—i-r*rï--l>5nTTl.ï. •»"*•- 

mVinroics un mcaMlgc disant : "Pourquoi FnMSCV delinrs l'homme 
qui m'm ulile?t ■=■ J * ^ = rNOYipn, erNQ'ipo. T., 
CfNOtn, ouu^peit'. ronfrrrr, nlilem «M. 



ô grand, ne me quitte pas! Ton dessein, mon bon 
père, si c'est vraiment que je m'éloigne de toi, 
comment peut-il se faire? Si je m'en vais, tu es seul 
[désormais], y a-t-il quelqu'un qui soit avec toi, et 
toi qui aimais à l'entretenir avec moi , tu te tais, tu 
ne parles plus 1 !» Une servante accroupie derrière 
sa maîtresse s'écrie : » Il m'a été arraché notre voya- 
geur qui abandonne ses serviteurs'!» Le reste de» 
pleureuses accompagne ces paroles de gémissements. 

J^ »igiiific.l<ui dessein excellent , o bon pin-, à uvoir [\ ^) c'est 
\ Jt* ]jc m eloignede loi, lui comme quoi Ji Le Icite porte Jt "IIJ 
il il V II « ! j'ai corrigé ces di'ui fautes. — Le «eus de «S»! 
\ ^j*T = ^« M douti'iu. J'ai compris : « Ce rit* (,«^. = -^L-, 
fo-quent eu ce »ens! , lui (quelqu'un) esl-il avec loi?" dans la 
(bruni ùilerrognliïc. — Si — v ll ' L ' ïl P a5 unL ' ^'''e pour J J , nom 
avon> un iiounl exemple de pronom sufihc devenant profile comme 
,■„ oojKa. — p _^\ f cl une forme voisine de p | ^ t J ^f, • , 
i'l u la valeur ■ cjii- r l';irnili'r'r. ni. ut , lisiliiier. s'entretenir «. 

■TS'ïarr.T^fîVï'îiiii.'V- 

~W ■. « Notre voyageur, noire coureur» esl ici mie èpilliole du uiailo 



uLe chœur des femmes dit : «Plaintes! Plaintes! 
» Faites, faites, faites, faites les lamentations sans 
u cosse, aussi haut que vous pouvez! voyageur cx- 
«ccllent, qui vas vers la terre deternilé, lu as été 
» enlevé violemment! O loi qui avais beaucoup de 
«gens, te voici dans la terre qui aime fa solitude ! Toi 
» qui aimais à ouvrir tes jambes pour marcher, en- 
» chaîné , lie , emmaillotté ! Toi (gui avais beaucoup de 
ii fines étoffes, et qui aimais la parure, couché dans 
« le vêtement d hier! Celle qui te pleure est devenue 
«comme privée de mère; le sein voilé, elle a lait 
ii lamentation et mené deuil, elle se roule autour 
« de la couche funèbre '! n Indillérent au milieu de 

' hJLTTjîJ.T.HikV^fUS^'v' 

•wari'i-drM-ikKN-iXTi 

BTTHTSaSMtikMiTHVl-t; 

XNPA!Trn-"""»i»"">"'»-<>TJJ,:,) 

*onl ici le» pleureuses qui t répondent ■ j«ir leur comuluiule à lu 
complainte <lc ta femme el juuenl le rôle ilu cIicbih anlique. J V V 



— «.( 142 )■«— 
ces plaintes passionnées, 1e prêtre offre l'encens et la 
libation avec la phrase consacrée : «A ton double, 

^Js me parait 1H1 >■ , nmiscelle forme, un mi>l nouveau. Le sons (il 

* d,„,.,i ,., k ,„»,«. _ u a«i. ;n -^y \ | - 

renferme <'i.' mol II. que je 11 y\ais |i;is compris dans mon mé- 
moire Biir Y liucriptiaa ^Ahyilas, p. 8, noie i, cl que M. Brog»di 
[Dut. «iVr.. p. ntS, cf. p. 1060) a excellemment traduit ■ lelt : 
■ Pousseï nu lamentations saiifi cesse. Mil '0 «au(r«r>, cVst-A-dire 
aussi liant que vous |iouïe« le» pousser. — »\ , A^« t-*\ , 
comme je l'ai espliquéplu» haut [p. i36), nui' simple variante rapri- 
etOlM de -^y . — Le telle île WHlinson porte Jl j"^^- que j'ai 
corrigé en £\ ^ (cf. hîila*pi farckéoloqir, t. 01, p. i5B, 
note 7). — J'ai corrigé dcui fois ■=■ en -■>. dans «Ta plctin'itsc 
estfoite (*-^J.aver J o*]>(c-tif) sans mère d'elle .. et dans 

* p, an lieu de ^ [1 .le Wilkinson. _ » if , q„ e «ou, 

avons déjà rencontré (p. go) dans le sens Je • lapis. étoffe*, paraît 
être ici le U'ilie dont Bni^srli cite un exemple d'après le ducrel de 

«-^«i.uiiai^MP^^.T.HPaji 

! i^t" S' eli flilnt* . . . toit it àSois 4ir3pns mi ti« juinjï- 

**t(\. G»), où le lins est douteux. Ici la lacune après **" ■av 
met pas de rétablir le. seu» d'une manière. certaine. IWlefuis, rumine 
la plciir.iise spéciale ;i Lipiellc <m [ail allu.ion ici ''-L Miritri . feritnu- 
du mort, j'ai été amené, en étudiant la représentation , a compicÏT 
~*^,< le passage mutilé. Miriliï a, en effet , le soin couvert d'un 
vêlement, lan.lii qu'elle embrasse la momie de son mari. — Le leUe 
porte J^ I ; le mot est «Tk J ^, ÏHBI . 'ucta» . mol a mol 

* elle a fait lamentation sur, avec, deuil, elle donne son tourner le 
lîl ■. J'ai vu là une allusion nui eestes funéraires, que l'étiquette c.ini 
mandait à la femme de finir outuur de la momie, ou du lit funtbre 

sur lequel é.lnil routliee la momie de son mari. Le sens n'est pas 



Osïris, chef scribe d'Amman, Nofrihotpou, dont la 
voix est juste auprès du dieu grand ! » 

Les autres représentations de ia même scène que 
je cunnais jusqu'à présent n'olftent aucun texte 
qu'on puisse comparer pour l'étendue et la valeur 
littéraire aux textes de Nofrihotpou. Dans le tombeau 
de !!■■!. la partie de la muraille qui était probable- 
ment consacrée aux plaintes de la femme est dé- 
truite 1 , et ailleurs je n'ai guère constaté que la répé- 
tition de phrases déjà connues. Dans le tombeau 
d'Amenemapt, tandis que le fils offre le parfum à la 
momie et que la femme se désole, les pleureuses 
chantent: «Lamentation, lamentation, lamentation 
pour le louable , le grand chef. Lamentation ! Le pro- 
phète, chef de ceux qui ont chanté Ammon, ô cer- 
cueil.' après qu'il a accompli la vie de tout juste, 
ayant duré quatre-vingt-huit ans à contempler Am- 
mon, voici pourtant qu'il se couche, bien qu'il ait 
suivi Ammon sain et sauf, bien qu'il ail suivi le 
royal double de son maître sain et sauf*! O cer- 
cueil! Ne te tais pas, cercueil! O mémorable, ô ex- 
cellent'! Il se couche l'Osiris, prophète d'Ammon, 

1 Chanipollion. MmsMMU. pi. CLXXVIII: Rosellini. Mon. oh.. 
pi. CXXIX, ,. 

* Lill. : «Lamentation! Le pruphéle, chef de ceui qui oui clianle 
Ammon , ô cercueil . étant il n fait durée île tout juste , but durée 
île lui qualre-mifii-liurl MM, 1 «Mf Ammon. cependant il se couche, 
étant il a suivi Ammon sain M Mut*, clam il a suivi le ha rojrf <le 
son maître, sain et sauf.» Sur «=»"?*, voir Ztiltchnjl, 1876, 
p. 106. l'article Je Goodwin 

1 Lill, : «O orrin-il ' Poiiii »• la ire !•■ cercueil l ■ . elr. 



— w{ 1M )•« — 
Amenemapt ' ! » C'est encore une formule banale, 
maïs qui diffère des précédentes par la structure. 
Elle se compose d'une série d'exclamations entre les- 
quelles on intercale certaines particularités de la 
vie du défunt, ses titres, son âge, sa dévotion aux 
dieux. Elle se termine par une invocation au cer- 
cueil dont le sens ne devient clair que si l'on se 
rappelle les idées courantes à l'époque sur la condi- 
tion des morts. Le cercueil porte le nom du mort et 
en rappelle « la bonne mémoire « aux générations sui- 
vantes : de là cette prière h Ne te tais pas, cercueil ! » 
Elle avait sa valeur pleine pour les morts pauvres 
qui n'avaient ni syringe, ni chapelle, ni stèle propres, 
et dont le nom n'était préservé que par l'inscription 
tracée sur le cartonnage. La formule, bien qu'avant 
été relevée dans le tombeau d'un riebe, était donc 
de celles qui devaient retentir le plus souvent aux 
funérailles des gens de liasse condition. 

i luairf. «... ,„., pi.cxxvii, ,. i-\Mft"kft! 

i-krs-rin-^c^-^fsasss:::: 

44<-;r>H <«•—«-* m-xii» 
ipt-»- .(iï»u:£«i!¥eHi 

I & jïll I. La principale difficulté du kilt: consiste dans la lup- 
pTr3jii.ui (Il'S lli'tl'ililinalifj 1 = 1 ]T)' <" Jk l ™"' 1 ri = fl . 



Pour trouver quelque morceau qui sorte du com- 
mun, ce n'est plus aux peintures, mais aux textes 
écrits sur papyrus qu'il faut nous adresser. Le ma- 
nuscrit I 371 de Leyde renferme une adjuration 
qu'un mari adresse à sa femme et dans laquelle il 
semble lui reprocher d'être morte. Le texte, publié 
par M. Leemans 3 , couvre deux grandes pages. L'écri- 
ture , très cursive , est parfois difficile à lire , surtout 
vers la fin : le scribe , manquant de place , a serré les 
lignes de plus en plus. Quelques passages sont à peu 
près indéchiffrables dans le fac-similé, au commen- 
cement de la seconde page. M. Wilbour, qui a exa- 
miné minutieusement l'original, a bien voulu me 
céder la copie qu'il en avait faite : grâce à son 
obligeance, je puis rétablir presque à coup sûr des 
phrases que j'avais presque désespéré de jamais lire. 



AU XHOU INSTRUIT * DE LA DAME ONKHARI ! 

« Que t'ai-je donc fait de criminel que j'en sois ar- 



1 Leemans, Monuments égyptiens du musée Xantlauités des Pays- 
Bas à Leyde, a* partie, pi. CLXXXIII-CLXXX1V. 

' Le '%* ^J* A I «r=» d'une personne est le khou de cette per- 
sonne, instruit ( I «==» ) de tout ce qu'il lai est utile de savoir dans 
l'autre monde. Le khou était la partie lumineuse de l'être humain 
qui passait au ciel inférieur, tandis que le double ( U ) demeurait 
dans la tombe. 

J. As. Extrait n° a. (1880.) 10 



=]ryj;v*--t-xy*.s.<txy*r 

•.«rr.Jisr^'rAMi^txv 

rivé à la condition fâcheuse où je me trouve i 1 Que 
t'ai-je donc l'ait qui soit cause que tu aides a m'atta- 
quer. si aucun crime n'a été commis contre toi: 1 De- 

' Le leite porte J derrière i i, c'esl-à-tlirc li' pmnoin de Li 
deuxième personne du féminin, /, E. La comparaison HM les 
mcmbr.s ilr jihrasc suivants, "**"l ° " = * J . I -A i **i , ^ » ~ 

J mf parait rendre nécessaire la correction J**. SA, »ii lu-u 
de i i J. l-i Forrai' LTïjdiirjiu' de vA et «I e\|>liquc L'erreur du 
scribe egïplieo. 

' m . dêli ■iniin.ilif "incertain (|iii riiiiimcnce à paraître icrs tette 

1 i>VI V me paraît renfermer virtuel lemenl lin pronom 

de la première jier-unnis *| Vfc ! V serait \\\ forme correcte 

des époques antérieures, mai* nnui tuninns an temps où VB lotnln 
derrière le- auxiliaire», les articles et les suilUcs tels que •»«, 
, "**, etc. (conf plus haut, p. 90. 1 36 rt îii , et ZeiUclirift, 1879, 
p. 5* , unie 1 ). " -^ , pour " ~V^. représente «* qu'est 
le temps copie HT1 au temps ropte GTXI, — Le mot a mot de 

tu phrase don " Mon devenir en rua pusition 111 ,11 ii.ii.se que j|-j 

suis on elle.. 

' Ou pourrnil transcrire M*- l'bîératiquc pour » et «=» 

étant identique dans ce manuscrit ; mais les monument» liîéroglj- 



jiliiques de la v\" d\nn-tie douent l;i forme de préférence à i* 

5 signifie •iloiiHrr niaiu . aider, MTunrir > ; l'ruyscli. iliei. 



puis que je suis devenu mari jusqu'à ce jour, qu'ai-je 
fail contre toi que je doive cacher? Que ferai-je 
quand il me faudra déposer sur ce que je t'ai fait, 
que je comparaîtrai avec toi devant le tribunal, en 
paroles de ma bouche [adressées] au cycle des dieux 
de l'Occident, et qu'on te jugera d'après cet écrit, 



hier., p. 161 5). Le contexte me paraît exiger que l'on traduise ici : 
tJe t'ai fait quoi, le faire de ton donner main sur moi», c'est-à-dire 
«que tu serves d'auxiliaire contre moi» à ceux qui me tourmentent 
et dont je me plains. 

1 C'est le copte niooY. nooy, T., 4>o°Y» M., kodie, 
enooy, T., ad hune diem. 

* Litt* tle je fais-cachette. 9 
►ici, je crois, le premic 
futur: I T_^^ h* «Que ferai-je?» 

4 Sur ce sens de R • ÎISk"*'"» *°» r Chabas, Mélanges égjrp- 
tologiques, 3* série, t. II, p. 3 1. — | , pris absolument, est 
fréquent dans ce texte. Nous en verrons de nombreux exemples. En 
voici un emprunté au Papyrus d'Orbiney (pi. XI, 1. 6-7) : * \ 



9 Voici, je crois, le premier exemple de I * joint à -■=*• du 



10. 



— +*( 148 y 

qui est [composé] de paroles renfermant ma plainte 
au sujet de ce que tu as fait, que feras-tu? Tu es 
devenue ma femme, j'étais jeune, j'ai été avec [toi]. 



~ ^ )M S^îTîîS -ÂI^P- iEl ,6 meM1 « CT q«* « • 

la vallée de F Acacia qu'aillent des gêna nombreux avec [lui] pour 
amener la femme, t De même , V j^ e*t fréquent sans régime : 

(rnT JIPPiTi^ (m™**. **H~. «• '. p*- XÏX » •. *• >7)- 
e mot à mot est donc : • Je me pose avec m présence, par paroles 
de ma bouche à la neuvaine des dieux d'Occident!» 

1 Cet emploi syntactique de *v— est rare jusqu'à présent. J'en ai 
pourtant recueilli quelques exemples, ainsi que des autres pronoms 

^^2.*ât J ( Pa P? ras Eber *> P 1 - M. 7-») «Je défends celui4à 
( litt : • lui » ) de ses ennemis, dont Thot e?t le guide ( litt. : « le guide de 

X_L (Mariette, Abjraos, 1. 1 , pi. V, 1. î i-i a) «Les années des deux 
Horus en roi de ce que (litt. : «de eux) tu m'as assigné sur terre.» 
Voir un exemple douteux de ro jk I ^ ^ «deuil, plainte», p. i\*- 
Le mot a mot donne : «On jugera toi avec cet écrit-ci qui est (litt : 
«le étant») paroles avec ma plainte sur cela que (litt. : «/ni, ce!a*) 
tu as lait. » 

* 1*% 9 est ici l'équivalent de la seconde personne , i i ^r , 

(**j^ j* Pi s=±> ' PI *T Bru s* cn t Gram - *•*••* p« ,3 ) ■ d *j* 

remarqué ce fait pour la deuxième personne du masculin singulier. 
Les exemple* de cette personne sont, en effet, les plus nombreux : 



— ►*( 149 K»— 



■ 1 1 



Je fus promu à toute sorte de dignités, j ai été avec* 
[toi], je ne [t']ai pas laissée, je n'ai point causé de 
chagrin à ton cœur. Or j'ai fait cela quand j'étais 
jeune; lorsque j'ai été promu à toute grande dignité 
de Pharaon v. s. f., je ne t'ai point laissée, disant : 

des mineurs d'or, I. aa-a3) t parce que tous les dieux, tes pères, t'ai- 
ment plus que tout roi qui a été depuis Râ. » _ ^ \ ^ ^jr 
m * ts £ (Todtenbach, ch. xLHi, 1. 3) «Je t'ai protégé 'du 

soufBe dejma bouche » , etc. J'ai déjà relevé ailleurs (p. 1 46 , note 3) 
la forme de la première personne; jd compte citer autre paît des 
eiempLs de la troisième. Ceux que je donue ici suffis nt à justiGer 
ma traduction. 

Q z 9 *■ ■* esl un2 ^ ormc ^ u mo * Q tf 1 ^ U ^VJ™ d'Orbiney 
(pi. XVI, 1. 5), et se retrouve dans le même teit; (pi. VIII, 1. i) : 

aine afllig.a son propre cœur beaucoup, beaucoup. » Brugsch (Die t. 

hier., p. i3g8) a transcrit X ^ e premier signe: c'est sans dout.^ 

une distraction, le premier signe de ce verbe étant identique au 

premier sign j du mot 5 vfk f frère » , dont l'orthographe est cons- 
tante. 

1 .«J. s* 1 toujours écrit dans ce texte au moyen d'une ligature 
assez difficile à lire. J t» ^P est ana '°o ue au JLl ^ c '^ P ar 
M. de Rougé (Chtestomathie, 3* fascicule, p. ia3). 



—H 150 )•«— 

"Que ceci le soit commun avec moil» Et comme 
tout le monde qui venait me voyait devant toi, tu ne 
recevais point ceux que lu ne connaissais pas, car 
j'agissais selon ta volonté. Or voici, tu n'as point sa- 
tisfait mon cœur, et je plaiderai avec toi, et l'on verra 
le faux du vrai. Or voici, j'instruisais les capitaines 

t Lin. : .De™.,™ ceci a.ec [loi) pris de moi., ^a ici le 
même .«eus <{tio dans la furniulc îles nlëles : « la force sur la (erre 
auprèi de Si» (^ifc.]e J). >" |>u»«!*uce au ci,.-i ajifirè) .le ÎU 

• Los signe* qui Mirai! 3£ "jj M sont \us d'une leclur.- cer- 
Uiue. Le HM semble Ktîger la traduction que je donne MU pou- 
voir la justifier. ' Ktanl (out»i((cYst-a-diiv: tlonl le moruL.) v.mit 
il moi en prcs:nce du loi, point lu n i recelais lui =■ ils ignorent loi 
( . J). à savoir, j'agissais à Inn coeur. ■ 

1 Ici encore la lecture J V{ "'^ P"* »» urea : ■' I ' u "a* P«" 

* Le. debri* de lignas encore subsistants nous obligent a rétablir 
en mot, dont la restitution nous ramené d'ailleurs il la pliv.ise con- 

i J» l'-rr"" <ra*'«r (,,i. m . i. :. ) ■■ % M j* J ^ J ^ 



( 151 ).*•— 



1 1 1 



de l'infanterie de Pharaon y. s. f. et de sa cavalerie ; 
et moi, quand ils venaient pour se prosterner sur le 
ventre devant toi, s il y avait dans ce qu'ils appor- 
taient quelque chose de bon, je le posais devant 

[toi], je ne cachais rien pour moi, je ne 

me comportais pas à ton égard d'une manière blés 
santé en quoi que je te fisse, à la façon d'un maître; 
on ne m'a jamais trouvé agissant brutalement à 

1 La construction est un peu embarrassée* Les formes temporelles 
I ^ sont séparées de leur verbe j 8 par deux membres de 

phrase : « Je Jus , — ils venaient pour s j coucher sur leur:* ventres 
à toi, étant dans leurs apports toute chose bonne, — posant cela 
devant toi. • 

* Le mot "\ ^h ou m \ ^Li qui termine la première 
page, n'est pas certain. Les premiers mots de la deuxième page ne 
sont lisibles ni dans le fac-similé ni dans la copie de M. Wilbour. 

* Toute cette portion, illisible dans le manuscrit, est restituée 
d'après la copie de M. Wilbour. «Je n'ai pas été donné à toi pour 
r< ndre malade en tout ce que j'ai fait , à la façon d'un maître. » 

1 Le mot, peu lisible en c^t endroit, se retrouve intact quelques 




-H 152 )*.— 

Ion égard à la façon d'un paysan qui entre dans fa 
maison d'autnii. Je ne me suis soustrail a rien de ce 
que tu me faisais. Quand on me mît en la place où 
je suis, el que je ne pus plus sortir au dehors selon 



lignes plu: 



bas. Il i 






i "brutal, grossier, mal appris i : "Point n'ai élé 
foaiièreté a ton égard» ei «Moi, je n'ai pas été fait 
en gromrr à Ion égard.. Peut-être, la locution copte 3Ciîpx. T., 
cavillari, HreÙ eanlnulere , luilere , jocaii, 1511c Peyron rallaclie il 
XI ïpx, rievart rocem, Mt-eUa un simple dérivé de 3fc.lk I «=■ 



' Lïll. : «Je nt lis pas prendre â moi mon prendre ce que lu lai 
suis & nioî.i Sens douteui. 

* L'original porte jMf ■ •*. plu» bas. I. 8, jfrjL. T" Esl évi- 
demment le ■■ groupe. Je ne vois d'autre l.cture possible que 

ni- Ln l'gatmc de * el de C3, en liiiTatiqu B X , devient J| . 
Jj il 4 . s tiiti le. époques, et a pu donner par rai terni-ut Jf , 
qui est le démolique ^fc«, , avec lu barre, j*S^. 

1 Lïll. : "Je devins je ne savais plus sortir an dehors en mon lia- 
bitude.» Dans le Papyrus tCOrbinty (pi. IV, 1. 9], ou trouve cette 



1 



.( 153 ) 

rXVWAIJP.Ï.^îJSïM'HW 



mon habitude, et que j'en vins à jouer le rôle d'un re- 
clus, et que mon huile , aussi mon pain , aussi mes vê- 
tements, on me les apportait, je ne mis pas en un 
autre endroit, disant : « Que deviendrait la femme ? » 
Et je ne me montrai jamais brutal à ton égard , et 



bitude qu'il en avait > J'avais cru que le scribe avait passé ' ' ®* 

(Le Conte des deux f rires, p. 5 , note 3) , qui est d'ordinaire exprimé 
dans le papyrus d'Orbraey : l'exemple de notre papyrus prouve que 
le passage est parfaitement correct. 

1 Litt. : «Je devins à faire mon faire celui qui est comme il est 
enfermé. » 

* La copie de M. Wilbour m'a fourui différents mots, illisibles 

dans le fac-similé. "It ^ "^, m , entre }C 1 1 ^A (l *— * 

et \^L 1 1 NA 8 I II , est déjà la forme copte nx , meus , pour 

nx[l]. Cf. Zeilscfirift, 1877, p. i46, note 61. 

* îl me semble, en comparant le fac-similé à la copie de M. Wil- 
bour, reconnaître ici les débris du mot I * , tel qu'il est écrit 
quand • et -—- hiératiques forment ligature. 

4 I \k y « passé d'abord par le scribe, a été inséré par lui entre 
les lignes. 



— «K 154 )«_ 

*-*xïi*-*<a"riiiAT.i*r.u.i 
saSkPi«ffi«iMi±;*t*Bti 

vols, lu no reconnaissais pas le bien que je te faisais, 
et je te ... pour faire ... en ce que lu faisais. El 
(grand lu kinilias malade de la maladie que tu fis. 
je lus BU elief des médecins, el il ordonna les re- 
mèdes, et il fil Cû que tu lui dis de faire. Et quand 
je m'en allai avec Pliaraon v. s. f . , pour aller au 
midi, comme j'étais habitué à me trouver avec toi, 
laiiilisque jr; lis mon séjour de huit mois, je Dfl man- 
geai, ni ne bus comme un homme ordinaire. Et 
quand je regagnai Memphis, je demandai congé à 

1 Ici cucoiv un mol que jn ne puis d» iiilFivr m'empt'clie uV com- 
prendre le MO» de la phrase. 

I ^ ^Î*V T V "*"■ pa«f d'aku'd par le jerihe. a èli emuiln 

' Le signe 3, r»t mutilé, par conwpienl 



— *#•( 155 )•*■ — 

S^fclt j ncfT\t!^{~M*lll 



Pharaon v. s. f. , je fis ce qui était convenable pour 
toi, et je te pleurai beaucoup avec mes gens en face 
de ma chambre; je donnai des étoffés et des bande- 
lettes pour ton ensevelissement , et je fis fabriquer 
[à cet effet] beaucoup de linge, et je ne laissai point 
bonne offrande que je ne te fisse faire. Et voici, j'ai 
passé trois années [de deuil] sans entrer à la maison, 
sans faire faire ce qui était convenable, et vois, on a 

1 Je ne réponds pas du sens de «^»- 1 8 Ç II c , en cet endroit. 

J'ai traduit comme s'il y avait le déterminatif jfr «j'implorai avec 
le Pharaon, v. s. f.». 

1 Cette phrase-ci montre que la femme est morte; mais, selon 
Thabitude égyptienne, l'idée de mort n'est pas exprimée directe* 
ment. 

* Passage douteux : la copie de M. Wilbour semble donner 

ii r 

4 Litt. : «J'ai été, point offrande bonne* point faire faire elle à 
toi.» 

5 Un ou deux mots illisibles. J'ai traduit conjecturalement « deuil. » 



I,l#,fcX , 7'J«;M*.^™tAr«r 

agi ainsi parce que: c'était pour toi! Et vois, je ne 
sais plus distinguer In bien du mal,. et l'on te jugera 
avec [cet écrit], et vois, tant que les lamentations 
ont duré à la maison, [je] ne suis pas Outré vois 
Pharaon v. s. f. » 

1 L« mol 2Hr^~7* e^de Icclure incertaine. Si jaibieii lu. 
iimiA avons ici l:i mérar locution que plus lioiii, a [a ligne 6 de la 
drniieine page du papyrus (cf. p. (1)3). Peiil-être un mol est-il 
pa--.i' ilcri'iî'r- J_ „ ; sinon, la lociilion pourrai I signifier ■ comme 
ibrnie . conforme» : «J'ai clé, point je ne suis entré à la maison . 
j'ai clé point usage (le faire faire cela (pu lonjnrmr.t 

* J« ne vois pas moyen de lire autrement que je n'ai fait. Le mot 
à mot donne : ■ Kait cela parce qu'elles (ces clioips-là) pour loi- 
mème. ■ La C"nsinicli'«i renferme un de ces brusques rliaiiyeuieni.i 
de pronoms, ^ «■*.», uni sont familiers à l' égyptien, 

3 Peut-être faut-il lire j CTt ° - Avec ^l P° l,r délermimilif . 

ce serait un.- Tonne de £ tft. 5 " <£,. dont la variante ~ 
1 ^ il' lameoten se trouve an Rjltttijt l'anhaiimrmrnt [ttJÊMIt* 
(lie i/uclnvei papyrus du Louvre, p, ,lo). 

4 "* tIP c,t incertain; vieunenl ensuite quelques signes illj- 
librU qui terminent le manuscrit. Dans ces dernières lignes, lu 
■Cribc, pressé d'en llnir, cl sentant l'espace lui maui|iier, a coupé 
tri>.» brièvement .ses phrase'. : Imite» les idées sont nprimées eu dent 



— «.( 157 )*— 
Le texte, à en juger par l'écriture, est de la fin 
de la xx' dynastie. S'il renferme une nénie , ce n'est 
pas une nénie du genre de celle que nous trou- 
vons dans le tombeau de Nofrihotpon, par exemple : 
c'est une sorte d'oraison funèbre dans laquelle le 
mari prenant le ton accusateur reproche à sa femme 
de l'avoir quitté. La plupart des voceri que l'on pro- 
nonce aux funérailles, chez. les peuples qui ont 
conservé l'usage, des voceri. renferment des tour- 
nures analogues. On dit des injures au mort, on 
énumère les biens qu'il possédait, tes services qu'on 
lui a rendus, on parle de l'affection qu'on avait pour 
lui et de L'ingratitude dont il a fait preuve en quit- 
tant les siens. L'Égyptien qui a écrit le morceau du 
papyrus I 3y i de Leyde aurait attendu trois ans au 
moins avant de donner à l'expression de sa douleur 
la forme qui nous a été conservée. Ce serait donc 
une composition de rhétorique inspirée, si Ion veut, 
par un chagrin sincère, mais développée de sang- 
froid. De là les difficultés de langage qu'elle ren- 
ferme : le mari en était arrivé à ce point où l'on 
commence a ne pouvoir plus souffrir qu'en belles 
phrases. Peut-être profita-l-il dune des visites qu'il 
faisait au tombeau a lépoque des fêtes canoniques 
pour réciter ce morceau d'éloquence funèbre a l'es- 
prit de sa femme. Le papyrus sur lequel il l'avait 
écrit fut trouvé attaché a une statuette en bois re- 



», ini. mou réun 


•»«4.UH 


don! les gens |wn 


ahituii* s parler ni 


louics leurs narrai i 


Il H. 



— «.( 158 )**— 
présentant «la chanteuse d'Ammon, Kena. . . » en 
costume de cérémonie '. Le nom que porte le papyrus 
est différent. La statue devait donc provenir d'un 
tombeau antérieur dont le mobilier, volé par une 
bande de brigands qui exploitait la nécropole, avait 
été revendu au détail à des acquéreurs d'occasion et 
Barrait à tle nouvelles funérailles. Elle était censée 
représenter le portrait de la femme* qu'il avait tant 
aimée pendant la vie et qu'il poursuivait encore, 
morte, de son affection. 

Cette hypothèse ne peut guère tenir devant un 
examen approfondi du texte même. Le ton général 
du morceau n'est pas celui de la douleur, mais plu- 
tôt celui de la colère et de l'accusation. Le mari ne 
se lamente pas sur l'abandon où l'a laissé sa femme. 
Il se plaint «do la condition misérable à laquelle il 
est réduit,» trois ans au moins après être devenu 
veuf. S'il raconle les incidents de la vie commune. 
c'est pour montrer la délicatesse de sa conduite et 
pour y opposer l'ingratitude qui a répondu a ses 
soins. H ne dit pas bien clairement quelle est la na- 
ture des maux dont il soull'rc. Peut-être imaginait-il 
qu'elle revenait le tourmenter sous forme de spectre; 
peut-être était-il atteint de maladies et accablé d'in- 
Itirtunes, qu'il attribuait à la malignité de la morte. 
On se rappelle ces actions curieuses quintentaient 
contre des revenants les Islandais du moyen âge. 
Leur législation mettait en mouvement tout son cor- 

W papyrus égyptims, clc, p. 19. 
.-tic, pi. XXIV. 



— M.{ 159 )«_ 
tège d'huissiers et tout son attirait d'instruments pour 
décréter d'accusation, juger, condamner des morts 
qui s'obstinaient a ha nier la maison où ils avaient 
vécu. Le récit des causes subsiste et témoigne de la 
gravité qui présidait a ces étranges procédures. Le 
Papyrus do Leyde. sans émaner dune source offi- 
cielle, me paraît avoir un caractère juridique et se 
rapporter a quelque affaire de ce genre. Un mari 
s'adressant »< à 1 amc instruite n de sa femme , la 
somme de suspendre des persécutions que rien ne 
jusufie, sous peine d'avoir à répondre de sa con- 
duite devant le jury infernal. Au cas où la morte ne 
tiendrait aucun compte de cet avis préalable , la cause 
sera évoquée plus tard au tribunal des dieux de 
l'Occident et plaidéc : le papyrus servira de pièce à 
conviction, et alors «on verra le vrai du faux!» 
Pour envoyer la sommation à son adresse, le mari 
avait pris l'un des moyens employés par les Egyp- 
tiens à transmettre les nouvelles des vivants dans 
l'autre monde. Il l'avait lue sans doute dans le tom- 
beau, puis attachée à une statue représentant la 
femme : la femme ne pouvait manquer de recevoir 
ainsi l'adjuration, comme elle recevait sa pari des 
repas funéraires ou la vertu des prières qui assuraient 
la félicité de sa vie d'outre- tombe. 

IV. 
La momie, après avoir été pressée une dernière 
fois entre les bras des siens, était emportée dans le 
lombeau, où les hommes de la famille, dirigés par 



._♦«.( 160 )*< — 
quelques prêtres, exécutaient sur elle les cérémonies 
décrites au Rituel de l'ensevelissement. Cette prise de 
possession du tnort par la tombe est représentée 
dans les peintures d'une manière assez saisissante : 
quelquefois, le signe de l'Ocrident jj, placé sur les 
premières marches de l'escalier qui s'enfonce dans 
la montagne et muni de deux bras \ quelquefois la 
déesse Hathor, dame de l'Occident 1 , ou Anubis à 
tète de chacal, saisit la momie 3 . Le seuil franchi, la 
condition du défunt change. Jusqu'alors il était dans 
le monde et devait se soumettre aux conditions de 
l'existence terrestre : la mort l'avait fait momie, et 
momie il devait subsister sur cette terre, momie on 
le représentait dans toutes les scènes qui précédaient 
son entrée au tombeau. Mais à peine introduit dans 
son nouveau domaine et, par suite, dans un monde 
nouveau, il change d'allures et de formes. Le prêtre, 
pur une opération symbolique exécutée au moyen 
du >^ nou, lui avait ouvert les jambes, les yeux, l;i 
bouche, en un mot, l'avait remis dans les conditions 
d'une vie nouvelle. Mort en ce monde, il redeve- 
nait vivant dans l'autre, marchait, remuait, parlait: 
les peintures le représentent désormais « sous la forme 
qu'il avait eu cette terre,» vêtu de l'habit civil et 
exécutant librement toutes les fonctions nécessaires 
ù la vie. 



' Itosrllini. Mon. H».. pi. ÇXXXU, .. 

« ;,/. &•<!.. v \. cxxxn. », 

' VYiltïfflon, Mannrrs and CwfMM, 3' *d. . 
teUinï, «m, ,-,>.. pi. CX XIX, .. 



— «.( 161 )«— 
La disparition du mort était accompagnée ou 
précédée d'un sacrifice et d'un banquet funéraire. 
Le sacriiice est représenta en grand détail dans 
chaque tombe de l'ancien et du nouvel empire. Je 
n'ai pas l'intention de le décrire ici : il fera l'objet 
d'un autre mémoire. Les animaux sacrifiés, joints 
aux uflrandes de toute espèce qu'on avait apportées 
avec le convoi , servaient a la préparation du banquet. 
Une seule tombe tbébaine, celle de Ram ses III, nous 
montre les cuisiniers à l'œuvre ', plusieurs nous font 
connaître l'aspect du repas -, aucune ne nous apprend 
d'une manière formelle s'il était servi dans l'enceinte 
même du tombeau, ou si l'on attendait que tout le 
cortège fût rentré dans la maison funéraire. La dis- 
position de certains hypogées théhains permettrait 
;i la rigueur de croire qu'on servait les invités daus 
la petite cour ou sur la plate-forme qui précédait 

' Champollioii, Hfonainritti . lente, I. I, p. âofi ; Roselliui. .Vun, 
cw..pl. LXXXV-LXXXVI; YVilkJnson, Moimerj nmiCuilom», 3*ed.. 
I. II, p. 3i et 31. 

* Cbampolliou. Mûnaint'iili, leite, I. I, p. S4S; Roselliiiï, Mon, 
cie., pi. IAX1X ; Wilkiiiwu, Muwirrj and Castoms . 3' éd., I. Il, 
p. 37 et 39. Il eiiite de la seine représentée à (a paye 37 de Wil- 
Linaon , et CMMfvfa M Hnii-li Muséum , une pb»tognphie Joui j'*t 
pu ine procurer un exemplaire, et ijui donne. la légende au com- 

J 77 ! A. ! "?" ^ TU ' ■-• Pl " a1 ' ; Siï a fuii fleurir ,ei p er|L-c - 

lions en (oui sein, et Pli la h a fait tout cela de ses di-ui mains, pour 

luire déborder «on rocur; les bassins sont remplis d'eau nouiejlr , la 

J. As. Extrait n* a. (1880.) 11 



— *#•( 162 )**— 

i entrée de la syringe proprement dite 1 . De toute 
manière, le défunt assistait à ce repas, le dernier 
qu'il partageât avec ses parents en ce monde, le pre- 
mier qu'il donnât avec les provisions des dieux 2 . 
Tandis que tous les convives, visibles ou invisibles, 
étaient occupés à manger, des danseuses et des ba- 
ladins faisaient leurs exercices, des musiciens chan- 
taient et jouaient de divers instruments. Les chan- 
teuses tantôt s'adressaient directement au mort, 
tantôt prenaient à parti les vivants : Fais un jour 
heureux 9 , disaient- elles, la vie na qu'un moment. 
« A vos doubles ! Faites un jour heureux ! Quand 
vous entrerez dans vos syringes, vous y reposerez 
éternellement, tout le long de chaque jour 4 ! » 
Le plus souvent les chants sont courts 5 . Au tom- 



terre regorge de son amour. » C'est le fragment d'un cbant qu'exécu- 
tent les harpistes et les danseuses. » 

1 Rhind, Thebes, its tombs and tkeir tenants, p. Ai -A A. 

* Voir dans Rosellini (Mon. eu., pi. CXXXV) la scène où le 
mort, représenté momie jusqu'à la porte du tombeau, puis vivant 
dès qu'il est dans le tombeau, fait l'offrande do ^j ou repas funèbre. 



,^5 I V ^^^ 7^ V j^ ^ ^» (Rosellini f Monumenti cir. . 

pi. XCVI, 4 « où le texte est incorrect). L'original est au Louvre. 

6 Voir dan» Rosellini (Mon. civ., pi. XCIV-XCVJ) quelques-uns de 
ces chants, trop mutilés pour que j'en essaye la traduction. Osburn 
(Ancient Bgypt, Her Testimony to the Truth oj the Bible, 1846, 
p. 239) a donné une traduction du texte 1, XCIV de Rosellini. 



— «K 163 )■ 

beau de Nofrihotpou, ils sont très développés 1 . No- 
frihotpou est représenté assis devant la table , avec sa 
femme à son côté. Sur un des tableaux, ses filles et 
un harpiste, sur l'autre un harpiste seul, lui réci- 
tent de longs hymnes. Ces deux harpistes ont été 
représentés souvent dans les tombeaux égyptiens. 3 , 
mais les paroles qu'ils prononcent sont rarement re- 
produites. La mauvaise fortune a voulu que les textes 
du tombeau de Nofrihotpou aient été fort mutilés. 
Du chant dune des filles, il ne reste que quelques 
paroles intraduisibles 9 . Celui de l'autre fille Tentâr 
n'est guère mieux conservé: «O prophète, dit-elle, 
tu as été [toujours le favori de ton dieu ! C'est lui qui] 
fa protégé, depuis que tu sortis du ventre jusqu'à la 
vieillesse; c'est lui, certes, qui décrète que tu aies 
le salut, et une sépulture sous son autorité 4 , que tu 
suives son double à toute heure du jour 5 , [il] t'[a 

1 Ils sont reproduits dans Dûmichen (Hist. Ins., X. II, pi. XL- 

1 Les plus connus sont ceux du tombeau de Ramsès III, signalés 
pour la première fois, au siècle dernier, par Bruce, et nommés, pour 
ce motif, les harpistes de Bruce. Ils ont été souvent reproduits depuis, 
par Champollion (Monuments , pi. CCLXJ) , par Rosellini (Mon. civ. , 
pi. XCV1), etc. 

* Dûmichen, Hist. Ins., X. II, pi. XL a, 1. 1-2. 

* Les Egyptiens partageaient d'ordinaire le jour en trois __ I O 

1 1 . 



servi] de gouvernail vers le lieu où tu es; il t'a donné 
au vent de terre (?) ! C'est le prophète d'Âmmon , 
Nofrihotpou, qui est en paix * ! » 

Le chant du harpiste est mieux conservé. H est 
pourtant, lui aussi, entrecoupé de lacunes qui en 
rendent l'intelligence difficile et la traduction incer- 
taine. «O formes 2 sages, ô cycles des dieux qui 
écoutez et qui louez s le prêtre Nofrihotpou, lorsqu'il 
accourt prendre place parmi les formes , rendu sage 
comme un dieu vivant à toujours, rendu grand 
comme un prince \ et vous qui vous produirez dans 
la mémoire de la postérité 5 , quand vous viendrez 

(cf. Le conte da prince prédestiné, p. 3o, note 2), parmi lesquels il» 
distinguaient le matin et le soir ( ** 1 ©)* faire une action en 
^^ J_®_, c'est la faire à toute heure chi jour; la faire en ^T {©» 

c'est la faire matin et soir. 

1 Dùmichen, Hist. Ins., t. II, pi. XL a, 1. 3-7. 

1 fjçfr 1 est traduit ordinairement « momies ». Ce sont les eJfaAa 

qui subsistent de l'homme après la mort, et qui tantôt serrent de 
corps à ses différentes âmes, tantôt sont considérés comme étant 
Tame elle-même. Litt.: tô toutes formes sages.» Sur le sens de 
sages, instruites, voir p. i45, note 2. 

« L. 10, je restitue: ^^ M JUJJJJ JJJJJ % j j"T jj ] J -= 

I m T W - 1 ® \ P f^ I » Ina ** avec doute. ^ M> ^^ serait le 
ver ^ >e 7Z* ^^ A **ns déterminatif , comme dans un certain nombre 

des exemples cités par Bnugscb [Dict, hier,, p. 64o-65i), litt. : «en 
son envahir les formes. ■ 

* L. 10-1 1 : M, *~~* H 1 V __. *^« L'exclamation est à la troi- 
sième personne : « Ils deviennent dans la mémoire de par après. » 



.( IG5 )*+— 

pour lire ces chants l qui sont dans les syringes , d'un 
bout à l'autre 2 , et que vous direz : « La grandeur 
«de dessus terre, qu'est-ce? L anéantissement du 
<c tombeau , pourquoi 3 ? » — c'est être fait à l'image 
de celui qui est l'Éternité , le juste qui ne trompe 
pas 4 et qui a horreur des troubles 5 , celui qu'on ne 

• L. ... restituer : —j ^ [ * -* !2 âl (t) ] ^ U H P 



jfr i «a venir pour lecture (? 
de la stèle G 36 du Louvre. 



de ces chants » , d'après la formule 



1 JE , litt. : «limites d'eui.» (Cf. Brugsch, Die t. hier., 

p. 1557.) 



▼ ^~ ^J\ !• Les apostrophes de ce genre jie sont pas rares dans 
les textes. En voici une fort curieuse et peu connue. Il s'agit des 

obélisques de la reine Hatshopou : * **? \l \T fl ^^ iA V 

-{{{p-^âiP^^^sJk^^^- 

]B (Prisse cTAvennes, Monuments, pi. XVIII, Nord, 1. 1-3) 

« Ceux qui verront mes monuments après les années et qui cause- 
ront de ce que j'ai fait, gardez- vous de dire: «Je ne sais pas, je ne 
« sais pas ; pourquoi a-t-on fait ceux-ci , fabriquant une montagne toute 

«d'or, comme si c'était chose réelle?» Ici, \k sert aussi à intro- 
duire le discours, et ▼ j \ > marque l'interrogation; enfin les pre- 
miers termes de l'apostrophe, sont à la troisième personne du plu- 
riel. 

4 Le mot ^ O jfri, nouveau avec ce déterminatif, me parait 
être le copte 2 A A, M., 6f»2AA, 6f»2AXl , M., P2AA, T.decipere. 

* Cf ' ÎSÎIJIS!-*- ( Dûm ' chen ' H " L Ins " U "• P L XL « 
34) «Tu es le juste, dont l'abomination est le faux !» 



■ i »»( 166 y+%» — 

songe pas à attaquer lorsqu'il entre en cette terre 1 , et 
contre qui personne ne se rebelle, en qui reposent 
toutes nos générations 3 depuis le. temps où votre 
race a existé pour la première fois jusqu'au mo- 
ment où elle est devenue multitude de multitudes, 
allant tous ensemble s , car au lieu de demeurer en la 
terre d'Egypte, il ny en a pas un qui n'en soit sorti, 
et tous , quand ils sont sur cette terre , au moment 
qu'ils s'éveillent [à la vie], il leur est dit 4 : «Va, 
« prospère sain et sauf, afin d'atteindre à la tombe 5 , 

1 L. i2-i3: £± ♦ i ft .i\(')^— m • Sens douteux : 
la présence du pronom «s— ^ et l'absence de particule devant _" 

semblent bien marquer qu'il s'agit d'un verbe actif. 

* Je ne connais point par ailleurs le mot nil^J. Je le consi- 
dère, jusqu'à nouvel ordre, comme étant le simple de \ n I X 
et comme signifiant • générations ». 

a\ ^^ Litt : • depuis le temps du premier être jusqu'à 

votre devenir centaine de mille de centaines de mille allant tous. » 

*| • Est, de s'attacher dans la terre de Méri , point un qui ne soit 
sorti; est, la quantité d'eux sur terre, cette lois de s'éveiller, est dit: 
• Va , » etc. M. Lepage-Renouf , le premier, a signalé la valeur de la 

locution B «=» «leur quantité» (Zeitschrift , 1877, p. 109- 

110). *=» e.tt une variante de l'orthographe I ^ , comme 
<=» de l'orthographe I . Le sens réel de la locution • s'éveil- 
ler» est incertain. 

't 



( 167 )** 



« frappant les mains en cadence \ songeant toujours 
« en ton cœur au jour qu'on doit se coucher sur le 
«lit funéraire, te réjouissant au fond du cœur de 
«préparer la sépulture 2 ! » Tel celui qui se sent as- 
suré (?) parce que ni brave ni lâche non plus ne 
peut fondre sur lui, tandis qu'il va et vient dans la 
durée de sa vie , jusqu'au moment d'aborder à la rive , 
ô prêtre, telle est la destruction dont on parle; c'est 
s'unir aux maîtres de l'éternité 3 , c'est que ton nom 
soit stable à jamais. Ton dieu 4 , que tu as suivi pen- 
dant que tu existais, te glorifie 5 dans la tombe. 

1 L. 1 5 : ■>— i jjp Jï i « les deux mains en chant , » battant 
de* mains pour marquer la mesure. 

1 L. i5: j^Ci-f*" m J5L«l». Cf. ce qui a été dit plus 

m _^^_^^^J ,^^ WM * ^^M^^^S ^^^^^^to ■■ a\ m 

w% ^^^^^^* «fc»™^^ ^^^^^^^ ^^^g^^^ «m^^^w 

haut (p. 109 , note 3) sur le soin que prenaient les Egyptiens (]e pré- 
parer leurs tombeaux de leur vivant. 

,•11 » PrnfiVLi^^^fAiVI" 

^H:r:^-L~fllBiNi.>*£ïr:- 

loi (1. 1S-17). J'ai suppléé quelques signes, corrigé O 1 en 
«v-^ : je n'ai pas pu combler la lacune initiale. Le* mot à mot donne : 

«Tel parce que point assaillir lui brave, lâche en alternative 

unique, descendant, remontant dans sa durée, jusqu'à aborder à la 
rive là, telle, 6 prêtre, ta destruction, se joindre aux maîtres de 

l'éternité ! » La rive là ( V ^ I ^ ) est la rive occidentale du 

fleuve où s'élève le tombeau. 

L. 17. I J ^v%, comme à la ligne 19, au lieu de 11 ^»*. 

M ^K * • C'est le mot qui signifie à la fois • glorifier » et « ae- 



►( 168 )•« — 

Quand tu entres pour rendre tes devoirs devant les 
maîtres de l'éternité l , ils sont prêts À recevoir ton âme, 
à protéger 2 ta forme , ils te présentent ton âme sur tes 
deux mains 3 , ils purifient ta grâce 4 , ils attribuent 
des rations perpétuelles à ta forme, ton dieu a [pour 
toi] des provisions 5 , et ils te disent : « Sois en paix , 
« à prophète! Celui qui nous a glorifiés, c'est le pro- 
« phète d'Ammon , Nofrihotpou , né du sage Àmon- 

complir un cérémonial prescrit ■. La phrase veut dire que le dieu 
de Nofrihotpou, c'est-à-dire Ammon, fait pour le compte de son 
protégé tout ce qui peut lui assurer un sort heureux dans l'autre 
monde. 

1 L. 17-18. Restituer: '^ ÂJ * ^>» T *>— * . Sur le sens claire 
le sacrifice, accomplir les cérémonies religieuses ■* de pris ab- 

solument, voir Mélanges, t III, p. 1 a6, note 8. *~~* teux» désigne 

ici les « maîtres de l'éternité » dont il a été question plus haut et qui 
reparaîtront plus bas. 

3 L. 1 6 : J I ^7 *"-•* **? *T\ ' mmU m \ %% • Litt. : « Ils offrent 

ton âme sur tes deux mains. • On voit, en effet, dans quelques re- 
présentations l'homme portant sur les mains l'un des signes de 
l'âme. 

4 L. 18 : «=> m V ( I ' .Je ne saisis pas bien le sens du groupe 
initial : la traduction est conjecturale comme s'il y avait yj [F]- 

5 L. 18-19 : f^ 1 ! me P* 1 " 8 * 1 être une variante de F\mm 
« offrandes , rations funéraires •: il s'agit ici de ces rations journa- 
lières de liquides, de viandes, de pains, etc., «prises sur la table du 
dieu grand,» et que les dieux prélevaient sur les offrandes qu'on 
leur faisait pour fournir aux morts leurs 1 ou repas funéraires dans 
l'autre monde. 



— -( 169 y**— 
uemaptl 1 » O prêtre, j'entends les louanges qu'on 
te prodigue chei les. maîtres de l'éternité s ; la parole 
de ta bouche, elle a fait avancer la barque divine, 

le dieu jeune accorde tu circules autour des 

murs, suivant ses pas, et l'éclat de son buste s'est 
dressé là*. Hor dans Apt reçoit la purification (?) au 
jour où on laboure son sein à la fête de Mendès*; 
ta présence auprès des dieux est heureuse s , on se 
rappelle ta perfection, parce que toi qui entres dans 
Héliopolis, connaissant le secret qui s'y trouve , tu es 
le célébrant Nofriliotpou , cher à Ammon ". O prêtre , 
quand on mène ton aine dans sa demeure 1 , quand 
passe ton convoi funèbre, Anubis te presse de ses 
mains 8 , les deux sœurs te joignent 9 , on le purifie de 

• L. ,9. Rcslilner-. 3f*.i£ÎTÎ<y3$' «e o" •• 

I. îo: ^^■Vfr» m ja-y^~^, etc. S,.r la «a leur de 
I §1 ici erTlusItmi, ef. /JWnWir^'.T^^p. a g-S3. 

' Lill. : « Wi louanges cbei les maîtres île 1 éternité ■ 

1 Lacunes et sem douteux. 

"-'-'■■ VnJ3if]«=PPr>2>JP 

^Ï2«=|J^^°^;JjyQ. Je ..ai pu .éussi a com- 
prendre le drLiil de la pbrase, 

'• LilL : « Bon ion #lre avec les dieux. ■ 

' L. ai. Heslituer 2 | ^ ! Ta * elc * 

'L.S.— jjflj^.ttt..»!»».*».. 

' L. 11 : ! | \ I 7y T 1 ' — ^| " Anubis promène sas mains 
sur loi, ■ c'esl-à-dire. comme on le voit dam les peintures , serre 
entre jcs bras, soit la momie iln cli-Ttuit . soit le dessin jepnJWDlê 

* lu» et Nqdilliys. i|ui, [iiinîtiiniVa à In lélc et au pied du lii 






nouveau; on t'attribue des pierres précieuses vraies, 
des émaux (?) divins en leur forme funéraire, par 
les deux mains du dieu Mai'a ', des étoffes fabriquées 
I>ar Tait*. Les enfants d'Hor te protègent 1 , les deux 
pleureuses accroupies pour toi au dehors pleurent 
et se lamentent en ton nom \ parce que c'est toi qui , 
étant sur terre, as glorifié ton maître Ammon. O 
prêtre Nofriliotpou, ton souvenir est dans Héliopo- 
lis, Ion corps 5 dans Tlièbes, tu ne saurais passer 
jamais; ton nom ne sera pas détruit, parce qu'en 
vérité tu es dans Hà[oîrt]*, parce que tu es celui 
dont les deux jeux entrent dans la grande salle, l'ac- 
compli et le parlait dans ses grandes Tonnes 7 , celui 

funéraire, pleurent le mort nu l'enveloppent de leurs ailes pour le 

_Li ÎXl W <J : I"'"' - ' 1 ™' f' 1 "'-'' traduire ■ en leur forme de ilû- 
nou ■ , peut-être s'agit-il ici d'amulettes en émail . analogues a celles 
nu DO trouve sur les morts , le *Bi, par eiemple. 

1 La déesse bandelette. Cf. Mélanges, I. III. |>. \b-j. noie f, un 
plHUpi MMlopU du Papïrus île llertin n° 1 el Mariette, Ah-yd,,, . 
I. III. p. 17». t i, 

"— ■* . CM In Iradiictiuri en purnlet du Inhleau 'muent représente, 
el où l'on mil les dcu\ pleureuses accroupies ou debout Mu la 
baripic qui transporte la momie, en dehors du naos, ou bien ac- 
■ l'iiji- ■• ■■ In porte du tombeau. 

• L. ,3, — J^.ruttderor». pur j^J^C! 

• Q, restitution doiileutu. 



qui parcourt les périodes de l'éternité 1 , et dont les 
annales se renouvellent sans cesse, parce que tu es 
celui qu on a élevé et rendu bon au point où tu 
les a , ô louable Nofrihotpou , et parce que ton fils à 
la voix juste 9 renverse ses ennemis à jamais 4 . » 

Sauf au début, le développement est purement 
mythologique. Le harpiste décrit la mort, l'embau- 
mement, les funérailles, en rappelant après chaque- 
détail de faction le nom des divinités qu'on sup- 
posait l'accomplir. Le chant du second harpiste 
est d'un ordre plus relevé. C'est une variation sur 
l'instabilité des choses humaines, terminée par une 
exhortation à jouir de la vie, tandis quelle dure. Le 
ton du morceau peut paraître bizarre si l'on songe 
que le conseil s'adresse à un mort; mais on ne doit 
pas oublier que le mort égyptien n'était pas mort 
au sens où nous prenons le mot. Il vivait dans la 
tombe, et ses amis venaient l'y visiter : le sacrifice 
qu'on lui offrait était un repas auquel il prenait 
part. Le chant du second harpiste est dans la tradi- 
tion de ces chanls de fête que l'on entonnait dans 
les banquets de la vie, réelle au moment où la mo- 

1 L. 3o. Restituer : *=» fk Jk 808. 

* L. 3o - 3 1 : _ 1 V— 1 ! I 1 1 I «-?» jfc ^■** « élevé, parfait , 
jusqu'à ton être*. 

3 L. 3 1 : , litt. : «juste, exact de voix , ■ celui dont la voix est 
juste et qui sait prier. Pour rendre tout3 cette un plus claire en 
français, j'ai cru pouvoir répéter plusieurs fois «parce quet, qui 
n'est exprimé qu'une fois dans le texte (#-~*) au début de la période. 

4 Dûmichen, H'ist. Ins., t. H, pi. XL a, 1. 9-3 1. 



►( 172 )**— 

mie, passant entre les mains des convives, leur rap- 
pelait que les plaisirs de ce monde sont courts et 
qu'il faut se hâter de jouir. Il était classique en 
Egypte, au moins au temps de l'empire tbébain, et 
j'en connais jusqu'à présent deux versions. 

La version de Nofrihotpou nous est arrivée en 
deux copies, l'une de Dûmichen, l'autre de Stern, 
qui se complètent et se rectifient l'une par l'autre 1 . 
M. Stern a de plus traduit et commenté habilement 
son texte : les différences qu'on trouvera entre sa 
traduction et la mienne viennent surtout de ce que 
j'ai réuni la plupart des fragments analogues épars 
sur les monuments, et que j'ai pu, par ce moyen, 
éclaircir le sens de quelques expressions demeurées 
jusqu'à présent obscures. 






DIT LE JOUEUR DE HARPE QUI EST DANS LE TOMBEAU DU DEFUNT, 

PRÊTRE D'AU MON, NOFRIHOTPOU. 

«11 dit : L'immobilité du chef, c'est elle, en vé- 

1 Dûmichen, Hist. Ins., L II, pi. XL; Stern, Dos Lied des Harf- 
ners, dans la Zeitschrift, 1873, p. 58-63, 73-73. Cf. dans Y An- 
nuaire de f Association pour l'encouragement des études grecques , 1876, 
p. 188, une traduction française des premières lignes de ce texte , 
et dans l'article de M. Laulh sur la musique égyptienne (Monats- 
berichte de l'Académie des sciences de Munich, 1873, p. 577-580), 
une traduction allemande. 

1 Le chef est ici Osiris, comme le prouve la variante nb^A 



x «vr îi.:;.T *-j * *°"| J il,. -# 

rilé, qui est le destin excellent. Les corps se produi- 
sent pour passer depuis le temps de Dieu, et les gé- 
nérations jeunes viennent en leur place : Râ se lève 
au matin, Toum se couche au pays de Manon; les 
mâles engendrent, les femelles conçoivent, tous les 

du Papjrus llarriï. L'immobilité [ *^* -»■ Si ***" ) men- 
tionnée ici eit l'immobilité du cœur ( V^ — A.^"}' 1"' nïa ' t 
donné un de ses noms à Osiri.i mort. 

' Sur ]HlI^t \ 'destinée i, voir p. i34. note î.et le Conte d« 
/irinci prifkitinc. p. 14-17. Ajouter, aux exemples que j'ai déjà don. 
nés. les suivants, cités, mai, non compris, par M. t'habas {'Aeû- 
tchriji. 1 o 7 J, p ..ï 7 -.M}: J^UÙlll ]l~~Zh^12 * La 
dominée el la fortune furent à »a formation ; . I mm J ° t J(J 

™>(IJSfcîTTSl*!,nfe C"«"f~» '■ 

fie hieiatic an,l itrmniir rWuclu- fr«m ihc collei-tunn of (ne Brtlith 
Hua», pi. XXVI; Oslracon StUS, obvene , Lu) .Àmmon-Râ. 
«Win el fortune île loul vivant dans . . . ; . 4 *T S fl "T J • 

Sicrn, dans la Zeitsekrifl de 1873, p. 7S, 1. 3) • La vie avec toi- 
la force eu loi. le destin at la fortune swit (buis ta main. » Ajouler 

Jr-j (E. von lie. H mann, Das B«ch rom DunhwanMn .fer Bwig- 
Ktit ,1.85] -Le dieu Fortune prospère daua la maison de la Grande 
Accoucheuse, ■ el le litre d'Anloniu le Pieux, eilê par M. Bergman», 
p. 46, noie 1, de son excellent mémoire: nTlT 1 1 înw ^FH Q. Atj- 
9<i3aifair Aijvb7ou «Dieu-Fortune de l'Egypte». 



iiîfttt\"jiipP4ipr^s^^î7ï- 

* i "^ Uni <— » Ç i 1 1 ^= i i i iJ-U. A mr 1 ^ 

jl*2î si ) w \ ^ x ~ « p j. à' rr, *- ^ 

nez goûtent l'air au matin de leur naissance jusqu'au 
temps où ils vont à leur place ! Fais un heureux 
jour, ô prêtre ! Qu'il y ait toujours des parfums et 
des essences pour ton nez, des guirlandes et des 
lotus pour les épaules et pour la gorge de ta sœur 
chérie, qui est assise auprès de toi! Qu'il y ait du 
chant et de la musique devant toi, et, négligeant tous 
les maux, ne songe plus qu'aux plaisirs, jusqu'à ce 
qu'il vienne ce jour où il faut aborder à la terre qui 
aime le silence , sans que cesse de battre le cœur du 
fils qui vous aime ! Fais un heureux jour, Nofrihot- 

1 Ou peut-être à la terre du dieu Mer-Soker, le dieu qui aime le 
silence. 

* Litt : «Ne s'immobilisant pas de cœur, \efiU qui l'aime , » c'est 
la fin de ce développement, commencé plus haut sur ce thème, que 
les vieilles générations s'en vont pour céder la place aux nouvelles. 

Sur la valeur de l'ei pression fa^ *3^ j^ "^-— , voir dans les Tra- 
vaux du quatrième congrès des orientalistes à Florence, p. io, note 4. 



— **»( 175 )•** — 

J J i 1 1 1 i i • z2- t~~~i M LJ i i i A iii S ^^ m i i i ^p* 



2 



pou, prêtre sage aux mains pures ! J'ai entendu tout 
ce qui arrive aux [ancêtres] : leurs [murs] sont dé- 
truits, leur place n'est plus, ils sont comme qui n au- 
rait jamais été depuis le temps du Dieu. [Tes murs 
à toi sont fermes, tu as planté des arbres] sur la rive 
de ton bassin , ton âme reste sous eux et boit de leur 



1 J'ai comblé la lacune au moyen d'expressions empruntées aux 
passages correspondants du Papyrus Harris n° 5oo. 

1 La locution J& prouve que , dans la lacune , il avait été 

question d'arbres , probablement de ces sycomores que Ton plantait 
autour des tombeaux et du milieu desquels la déesse Nout versait 

l'eau de vie et de jeunesse ( *~«* *— * 3) ) ( Dùmicben , Kal. Ins. , 

pi. XXXVI, 1. So; Cf. Mémoire sur quelques papyrus du Loutre, 
p. 39, 34, etc.). Je me suis servi, pour restaurer cette partie de la 
phrase, d'un passage de la stèle C 55 du Louvre, gravée sous le roi 
Ai, et, par conséquent, presque contemporaine du tombeau de No- 

f] N^t Ai m è ! >£ a Qu'ils accordent que mon 

Ame se pose sur les plantations du monument que je me suis fait, 
que je me rafraîchisse sous mes sycomores. » — La première partie 
de la restitution m'a paru nécessaire comme transition entre le dé- 
veloppement précédent et celui qui commençait par la mention des 
sycomores. 



— «.( 176 )«*— 

A | /MM* T^Tdf tt /■*«* ^^ ^# + ^MM* V»~^» Q Q /MM* * jg^ 

L A I I I Si «^» III *J» 4» I JE V/,./srv//,//ï/s///////^-./f//Aw,/^/,A/s/^/K&\ 

X (Lui ù^,M;;^i^^ J I T ^ Ç 

.— j X Ji m ni i 1 c=> i i i i i i • ^ JU i -«»- &^2 

f /3rKf^r"in9siLif n-* ~ { ° Mit i lit 



?■£?*. W"™. '*'/ '' wr? 7* 



ÎJP«.P°' a ^>^-[>]N- -■ « 




eau; suis ton cœur résolument [aussi longtemps que 
tu es sur terre]! Donne du pain à qui n'a pas de do- 
maine, afin de gagner une bonne renommée à tout 
jamais. Regarde [les dieux qui ont été auparavant : 
leur viande d'offrande est déchiquetée comme par 
une] panthère, on salit de poussière leurs pains d'of- 
frandes, [leurs] chanteuses, leurs 

formes [ne] sont [plus] debout dans le temple de Râ , 

et leurs gens mendient; on ne [leur] fait plus 

[Rannit] vient en sa saison, le destin compte ses 

jours Fais un heureux jour, prêtre aux 

mains pures, Nofrihotpou ! » 

1 Restitué d'après le passage correspondant du Papyrus Marris 
n* 5oo, recto, pi. VI, I. 1 1. 

1 Dûmichen, Hist. Ins., L II, pi. XL, 1. 1-16. 



— «•( 177 )•« — 

La fin du texte est malheureusement trop mu- 
tilée pour qu'on en puisse tirer autre chose que des 
lambeaux de phrase. On voit que l'éloge du défunt, 
entremêlé de réflexions sur la vie , remplissait les der- 
nières lignes. Le vivant « n'a que faire des greniers 
de l'Egypte, ses magasins à lui sont riches 'de [toutes 
bonnes choses] *. » Que Nofrihotpou voie ceux qui 
ont été avant lui , « cerles , ils ont fait leur heure heu- 
reuse 2 » et ils ont réservé la tristesse qui abrège aies 
instants, pour le jour où les cœurs sont détruits 9 . » 
Fais comme eux et « rappelle-toi ce jour où l'on te 
conduira au pays qui mêle [les hommes. Il n'y a 
point d'homme qui y ait mené ses biens avec lui], 
absolument ! On ne peut pas en revenir 4 . » L'autre 
version ne peut guère servir à remplir les lacunes 

•«--mps-tii^s*?- 

Il A _ ~ . Nous avons déjà vu plus haut, p. 1 35 , note a , l'ex- 
pression «la terre qui mêle les hommes* dans un autre texte du 
tombeau de Nofrihotpou. Le reste de la restitution est emprunté au 
Papyrus Harris n* 5oo, recto, pi. VII, 1. 2-3. 

13 



< 178 y 

de celle-ci , elle est plus courte et peut-être plus an- 
cienne, s'il est vrai, comme l'annonce le préambule, 
qu'elle ait été gravée dans le tombeau d'un des En- 
tew de la xi e dynastie. Elle se trouve perdue au mi- 
lieu des chants d'amour qui couvrent le verso du 
Papyrus Harris n # 5oo*, et a été, comme eux, tra- 
duite par M. Goodwin*. Elle avait été gravée dans 
le tombeau d'un contemporain de Nofrihotpou, Pa- 
tenemhab, dont les débris transportés à Leyde ont 
été publiés par M. Leemans 9 . Il est fâcheux que ce 
double hiéroglyphique ne nous soit pas arrivé in- 
tact : mutilé qu'il est, il m'a servi à corriger le texte 
hiératique et à en combler partiellement les la- 
cunes. 



CHANTS QDI SONT DANS LA DEMEURE DE FEU ANTUW, 
ET QUI SONT DEVANT LE HARPISTE. 

k C'est un décret de ce bon chef, une fatalité par- 

1 Recto, pi. VI, 1. 2, à pi. VII, I. 3. 

1 Dans les Transactions ofthe Society ofBihlical Archœologjr, t. III, 
p. 385-387» traduction reproduite dans les Records of tke Past, 
t. IV, p. 1 17-1 20, sous le titre The solemn f estai Dirge oj die Eayp- 
tians. 

3 Leemans , Catalogue, p. 1 38- 1 4o ; Monuments , 3* partie , pi. XII. 
J'ai eu à ma disposition une copie prise, à Leyde, sur le monument, 
par M. Wilbour. Les figures dans Wilkinson, Manners and Castoms, 
I\ p. 493. 



— .*( 179 )•«-- 

nST=HJ.r»tV^J»!TnJi «..:,£ 

faite que, tandis qu'un corps se détruit à passer, 
d'autres restent [en sa place], depuis le temps des 
ancêtres ! Les dieux qui ont été auparavant et qui 
reposent dans leurs tombes, les momies et les mânes 
aussi qui sont ensevelis dans leurs tombes, quand 
on construit des demeures, ils n'y ont plus leur 
place; qu'a-t-on l'ait d'eux: 1 J'ai entendu les paroles 

1 J'ai déjà montré ailleurs (cf. p. 17a, nol^ 3, fit Mémoire sur 
qadqun papyrus du Louvre, p. 11-11) que np'g> * est 1111 
nom dOsïris. 

1 J'ai déjà mentionné ailleurs cnn> le i'apyrus I) ... . . n" joo ren- 
ferme beaucoup do '^k OLpIrlifi. 

' Fragment de Leyde . 1. 1 : '£ ™ tij.. 

' Le sein de ce membre do phra.se est liotili 111. Le mol à mot 
donne : .Vois, les faits ils sont ! ■ Il se pourrait que le telle fût ror- 
rompu. 

' **» de le r k . I. 3 : J j — ^J, ! J = g . 

' Le papyrut porte ici V« J fcd -JE; cYsi une erreur du jeribr. 
Les oiseaux \. el ^, nul lini par prendr-, en hiératique , unr 






d'Imhntp et tic Ilordidiw, que l'on chante en des 
chants dont le nombre est considérable; que sont au- 
jourd'hui leurs places? Leur enclos est détruit; leurs 
places ne sont plus, comme s'ils n'avaient jamais 
existé; personne n'y vient qui célèbre leurs qualités, 

forme identique. Us différent en ce que ^, prend un complément 
phonétique, *=•. que ne prend jamais V : le scribe distrait s'est 

laissé aller à tracer cet . qui n'était pas nécessaire ici. 

' Le factitif P-M^*) Jl " le sens de i chant, tradition, discours 
popniaiiv . , dans Un grand nombre de passages ; ici il s'applique a 
ces deux princes. Imhotpou cl Ilordidiw, qu'on ■ chante en des chants 
dont la variété, !■■ nombre [ ] est considérable». 

■*"!-■*<**•'■»< IPiîili-'lCTiT-'™' 

la variante : «Vois, leur place ■ au lieu de toi est, qnellc est 

« ftaam. de I*ydt,\. 5: r7S^I^-i.J^R[ ,,,Ùli ' y "'*' l,r 
donne une prenne nouvelle de l'équivalence dr J <S et J . 

1 Dons la *tclc C ai du musée du Louvre, par eiemple, le m«ri. 
après nroir riposé se.* vcrltis ri se- rhsrp's, ajoute ■ «Ce sont In mei 
qualités (I . ) . ■ La formule, ordinaire des stèles priait tous 

les homme.-, srrihes, prêtres, qui passaient par II de réciter I* 
prière : • Prosryncme à Osiii." pour qu'il donne des milliers de loulcs 
choses bonnes et pures au ilonbtr du défunt. ■ V.n li-ant l'eiprcssinn 
des qualités et en récitant cette formule, on assurait au double du 



qui célèbre leurs biens, qui décide notre cœur à noua 
hâter vers le lieu où ils sont allés. Tu es en bonne 
santé, ton cœur se révoltera contre les honneurs fu- 
nèbres : suis tuu cœur, tant que lu existes. Mets des 

mort, dnns l'autre ne. la réalité île tout c qu'on ennuierait de la 
■uirle C'i'Bl .i quoi lait jlliisioo lu pa.-^a^.' Je notre telle. Imliolp et 
Hordidiw tout morts si bien t't depuis si longtemps qu'on ne vient 
plus, lisant leur stèle. • célébrer leurs qualités ou leur» biens.» 

1 F™$m.del>yJi!.J.6: !BEi iTî!S^ jy "3F Le nVlarteur 
il.' l'inscription avait iliî |»«srr un des un '(libres du |>ln.i--.c eiprimé.i 
dans notre papyrus, romtm- il >'<l Rient de t'«* assurer en restau- 
rant le monument |wr la pensée. Il n gardé, dans lu membre con- 
servé, sauf une variant'.' légère , [ T i [mur ▼, le même texte ijuu 
notre papyrus avec ses cbangemunts du pronoms- fl ~^ V 1 e.l 
WJ verbe nouveau [our moi, apparenté à ^Vjl|N*i 
Dût. hier. , p. ,516) .ta ^ 2j (Bru h 'scl., />;<:(./<;*.. p.i63 7 ). 

t,L *1J* ¥>; ■"*!■%■ c,,mme *■•"»». * ^ ^ 3) 

fl -, y Jl J^ . ta sens parait être • rendre complet le 

csur>. c'est-à-dire • fort i fier le cœur, donner du courages. «Plus 
no vient. . . . [titi] il rrnd complet notre cwtiv pour MBV al!er vers 
le lieu où ils sont là. . 

1 -"-V ]K'V- B,t ''' ' ael ' , ''' < ' u mol V. niJ' « rebelle • , 

Ik ""^."y" *'■* l "'" t ' ( ' r cœm"*. ilonl j'ai déjà cité ftill.urs quelque» 
l'iiinplc- {•:(. I.f rouir lia pimer prùletiiiie . p. iS. note I, et Zeit 






— n.( 182 y 

fc]*V~<<rFrrï&11<Và*krri 

parfums sur ta tête, pare-toi de fin lîn, oins-toi de 
ce qu'il y a de plus merveilleux parmi les essences de 
dieu ! Fais plus encore que tu n as fait jusqu'à pré- 
sent ! Ne laisse pas aller ton coeur [à l'ennemi], suis 

schrijï, 1879, p. 62). NjK T_ c*t k mot employé pour désigner 

le culte qu'on rend à un dieu ou à un ancêtre* Le mot à mot semble 
donner : t Ton cœur sa révoltera de cœur contre ( ▼ ) le cuke qui 
te sera rendu. • 

1 Fragm.deLejde,l'j: jfc*^^=jg?^ itrT^I' **" 
rétabli le W , qui est tombé évidemment par la faute du scribe, 
d'après le passage du texte de Nofrihotpou : SA A I 1 S*, w» 
(Dûmichen, Ilist. Ins., t II, pi. XL a, 17). 

permet de corriger deux fautes dans le texte du papyrus Harris, 
et de rétablir V devant J ^fc* Q 1k I I ^ , » et la préposition 

▼ devant T . La locution w* \^ T T est fréquente 

dans les textes. Elle parait signifier que la personne à laquelle 
elle s'applique doit faire ou être plus que ses perfections, c'est-à- 
dire /a/rt de son mieux, se surpasser e!le~mcmê. ± II 7 a 

M^~rs;>afctfkrhîÈrh # P:iw 

"^ 'f \*2» JL 1^1 X fL # ( P *Py™ SalUerU, p. 1 , 1. 2-3) 



{ 183 )<*— 

iii ^^a^,/,^&a.,à \ ! T jdr *fc » J= A 5 n ^-* X 

ton désir et ton bonheur aussi longtemps que tu seras 
sur terre, n'use pas ton cœur [en chagrin] jusqu'à 
ce que vienne pour toi ce jour où Ton supplie sans 
que le dieu dont le cœur ne bat plus écoute ceux 
qui supplient. Les lamentations ne font point que 

«Te voilà roi, te voilà gouvernant les trois pays! — Fais de ton 
mieux. — Qui s'unit à tous ses serviteurs, — tout le monde devient 

joyeux après avoir eu peur, à cause de cela. » — ■ ♦ w 1 1^ -»■*- 
t T ^ (Papyrus Sallier II , p. i3, 1. i; Papyrus Anastasi Vil, 

p. 9, 1. 5) t Le Nil boit l'eau de tous les y^ux, — réjouissant plus 
que ses perfections, » c'est-à-du\i ^faisant de son mieux pour réjouir 

le, Égyptiens.. ^ £= ifr Ikrh? I d* S ~* CL] 
(Dùmichen, Hist Ins., t II, pi. XL, 1. 27, dans le chant du har- 
piste) c Surpasse-toi toi-même en vérité !• 

1 11 n'y a pas, à proprement parler, de lacune ^en cet endroit, 
mais une parcelle de papyrus s'est repliée sur elle-même et cache 
quelques lettres. Il faudrait enlever les verres pour la remettre en 
place, 

» Fragm.deLejde, l.o: ^ "^ JV ♦ w% a\^ ra . Le 

texte hiéroglyphique nous permet de corriger l'orthographe T _2~\ 
du papyrus et de rétablir la préposition «=», passée par le scribe. 

» Fmgm.de Leyie. Lioi £ f J(l J | *3" ffî J 6 !2 \Y 

ii* î"! *= \ f W^ WÛ • H* 1 ™ &°° donne en échange de I l 



( 184 > 



rhomme au tombeau est [réjoui]. Fais un jour heu- 
reux, et ne sois pas inactif en lui ! Certes, homme 
n'y a qui puisse emporter ses biens avec lui; certes, 
ii n'y a personne qui soit allé et qui soit revenu I » 

La version du Papyrus Harris a évidemment servi 
de thème à la version du tombeau de Nofrihotpou. 
Le harpiste a découpé le chant traditionnel en 
strophes terminées par le refrain Fais an heureux 
joar, et développé , au moyen des lieux communs de 
la rhétorique égyptienne, chacune des idées expri- 
mées plus brièvement par le poète antique. D'autres 
compareront le sentiment qui a inspiré ces strophes 
au sentiment qui a inspiré nombre de pièces an- 
ciennes ou modernes. Il me suffit de constater ici 

wk. clés lamentations» un mot composé, de même sens, se termi- 
nant par l'y** Lt que je ne puis deviner. La variante Harris ^ t 

l^ = 6r--i P° ur ï'ï^Tiir» est P ai> faitement légitime. Sur 
ces formes de mots composés, voir Mélanges & archéologie , t, III, 
p. 169, note 9. 

1 Après f^ manque nn détermi natif. Je suppose que c'est ici 
Jn et que nous avons un composé \f (^ m "9* * c brillant de 
cœur», siguifiant • joyeux». Le tout semble signifier : «Ne font pas 
( I Q "^ ) les lamentations homme du tombeau joyeux (?). » 



— «.( 185 >«— 
que les Égyptiens avaient déjà découvert « le pays 
d'où l'on ne revient pas » et « la terre qui mêle les 
hommes»: Imhotp et Hordîdiw avaient chez eus, 
comme chez nous Alexandre et César, le privilège 
de représenter !e néant de la gloire et la vanité des 
choses humaines. Sur la plupart des monuments 
que nous avons examinés jusqu'à présent, l'allusion 
au tombeau est discrète : sur certains monuments 
de l'époque ptolémaïque . l'effroi de la mort domine. 
On recommande encore aux survivants de mettre à 
profit les jours de l'existence, maïs la plus grande 
partie de la pièce est consacrée à décrire la condi- 
tion dos morts, et trace de la vie d'outre-tombe le 
tableau le plus désolé que pouvait en concevoir 
l'imagination égyptienne. 

Sur une des stèles du Rritish Muséum, une jeune 
femme , qui vécut et mourut peu avant la conquête 
romaine, prend la parole et dit le bonheur dont 
elle a joui sur terre, les souffrances qu'elle endure 
dans l'autre monde. uO docteurs, prêtres, grands, 
nobles, simples humains, vous tous qui entrez dans 
celte syringe, allons, écoutez ce qui s'y trouve. 
L'an IX, du quatrième mois de Sbà, le 9 sous Pto- 
lémée Nouveau-Denys , fut le jour de ma naissance. 
L'anXXHI, le troisième mois de Shom, le i M , mon 
père me donna pour femme au grand prêtre Pa- 
Ptahni , fils de Petuubastî, Ce fut un très grand crève- 
cœur à ce grand prêtre que je conçusse de lui par 
trois fois, sans enfanter un garçon, mais rien que 
des filles. Je priai donc, avec ce grand prêtre, la 






.( m )«*— 

Majesté de ce dieu très puissant, très bienveillant, 
donneur de fils & qui n'en a point, Imhôtp, fils de 
Phtah, et il entendit nos plaintes, car il exauce ceux 
qui le prient. La Majesté de ce dieu vint sur la 
demeure de ce grand prêtre en songe, et lui dit : 
«Qu'on me fasse une construction parfaite dans le 
u sanctuaire sacré de Onkhtaouï , le lieu mystérieux 
« où se cachent les formes , et je t en récompenserai 
«par un enfant mâle.» Eveillé qu'il fut après cela, 
il se rendit au sanctuaire de ce dieu auguste , exposa 
tout aux prophètes , aux chefs du mystère , aux prê- 
tres ainsi qu'aux sculpteurs de la salle d or, en une 
fois, et il les envoya pour faire une construction 
parfaite dans le sanctuaire sacré; ils firent comme il 
avait juré de [faire], il fit un discours au dieu au- 
guste, il fit une grande offrande de toutes les bonnes 
choses, il paya les sculpteurs de ce dieu et réjouit 
leurs cœurs par toute sorte de choses, en récom- 
pense de quoi je conçus un fils dont j'accouchai 
en fan VI , le troisième mois de Shom , le 5 , à la 
première heure du jour, sous la reine Gléopâtre; le 
jour de la « fête des offrandes qu'on met sur 1 autel » 
de ce dieu auguste Imhôtp, on lui donna le nom 
d'Imhôtp , surnommé Petoubasti , et tout le monde 
se réjouit. L'an VI , le second mois de Pir, le 5 , fut 
le jour où j'abordai [à la tombe]: mon mari, le 
grand prêtre Psherenptah me mit dans la nécropole, 
il m'accorda tous les rites qu'on fait aux formes par* 
faites, il m'ensevelit d'un ensevelissement excellent, 
et me coucha dans sa syringe , derrière Rakoti. » 



—H 187 )«— 

«O frère, mari, oncle 5 , prêtre de PUtali, ne t'ar- 
rèle point de boire, de manger, de t'enivrer, de 
pratiquer l'amour, de faire un heureux jour, de suivre 
ton cœur jour et nuit; ne mets pas le chagrin en ton 
cœur; qu'est-ce que les années, si nombreuses fus- 
sent-elles, qu'on passe sur terre ? L'Occident est une 
terre de sommeil et de ténèbres lourdes, une place 
où restent ceux qui y sont! Dormant en leur forme 



1 Le telle es! pldilié il.lnt le» IfoflHiX'-JiM il,. ]'ii-...' il'Avi'illiet 

(pl.VWUù.L i5-:n)eldnn«Lepsiu*(d<i<»nft!,pl.XVI!.M. Bircti 
en n donné une traduction (On ru'O E.[Yptian lableU nf iht Prrfffe 
periad, i8'J3. I.Uinil de \'.[rcltiriil'i<)iu, I. XXXIX) qui n Blé repro- 
duiLe |-ur Rrng cil [Dit œtjypliiclic G rtebenirit , p. 3o-1ol et par moi- 
même ( tliiinirf iinriennc tli-i /" uples .!'.' I Orient, p. 4 i-ii). La pré- 
sente traduction diffère sensiblement des précédentes. 
1 O • -jour cl nuit-. 

J Lin. : «Quoi rein les années nombreuse! de sur terre ?■ 
4 Lilt : i Une place du demeurer de ceui qui sont là. > jÉ, est 
déterminai if de ^ I V, comme il l'est de T V J?k 

ri d'milrv* iipr.-isions du même genre. 

' Le mot «nnclen, comme j'ai déjà en l'i'irnion de l'indiquer, a 
un vus honorifique : c'est une manière d'adresser la parole à un 
Imiunir plus àe,é. quel que soïl le lien du parenté, cm même quand 
il n'y a mena lien de parente entre lui ei la personne qui parle. 






— w( 188 V 

fi i M% i i i -T*- iiii^JfTîSA'fTIwTS' < > 

de momies, ils ne s éveillent pas pour voir leurs 
frères, ils n aperçoivent plus leur père, leur mère; 
leur cœur oublie leurs femmes et leurs enfants. L'eau 
vive que la terre a pour quiconque est en elle, c'est 
de l'eau croupie avec moi; elle vient vers quiconque 
est sur terre , et elle est croupie pour moi l'eau qui 
est près de moi. Je ne sais plus où j'en suis depuis 
que je suis arrivée dans cette vallée funèbre, donnez- 

1 Litt. : « Leur cœur lâche laisse échapper leurs femmes et leurs 
enfants. » 

' Le groupe A» *— * est probablement la variante avec la gaielle 

debout Sm de %^ w avec la gazelle couchée Jj^ : le mot, cité 
dans Brugsch (Dict. hier., p. 53g, 54<)) sous la forme J«à, fj, 
Jiat % %t^' P*™** répondre au copte oyeixe. T., consuma, 
tabescere : ici, puisqu'il s'agit d'eau, «eau croupie, eau pourrie». 
.••-» est une variante de 5, perpétuelle à cette époque. Le mot à 
mot semble donner : « L'eau vivante de la terre pour quiconque en 
elle, c'est une eau pourrie près de moi : elle vient vers qui (I V 
% , avec la forme I m pour «=») sur terre, est pourrie pour 

moi l'eau près de moi,» c'est-à-dire : «Au lieu de l'eau vivante que 
la terre donne à quiconque est encore sur elle , je n'ai que de l'eau 
croupie; au lieu que l'eau vive vient aux vivants, mon eau à moi 
est croupie.» 



— «.( 189 y*— 'i 



1 Le sens n'est pas (oui à fuit certain , faute de sa 
ce qu'il y a ilam l'original. Je lis comme s'il n'y avait pn> île lacune ; 
• Ne pas écarter ton vase à libation ( I , "■ Étant le pronom fc- 
minin, et ■ S le dcterminalif Je I <Ic («=>) l'eau.. 

' Sur ce verb.', voir In IMrcu.j.j [fwv/rroAnjiV i : r;vp(irnnc et aisy* 
rifjirtf.p. i âo, noie î- La forme -=» -%J I I est mil un factitif H 
-=» ,1c - y II Mil une forme en = ( cf. MOangu d'arckéatcjic 
égyptienne el Itpjfjmi. t. II, p. 10,4 , noie & ) nnaiopue lui formes 

' Litt. : • donnant face . inclinant ( *"" T ) leur Butor ffiVnyc de 
( t ,) Je sa crainte.» 

* C'est un nouvel exemple Je -•— masculin pour 1 Ç. 

* Le mot t j - — i me pan!) être formé du sreplri- J = X = 



~' 



moi de l'eau courante à boire, me disant : « N'écarte 
ù pas Ion vase a lihation de l'eau ! » Mettez-moi la face 
au vent du nord sur le bord de l'eau, et que la fraî- 
cheur en calme mon cœur de sa douleur! — Celui 
dont le nom est La mort complète vient, quand il a 
mandé tout le monde auprès de lui, ils viennent à 
lui, eiïantnt leur- cœur de sa crainte; il n'est qui ose 
le regarder en face parmi les dieux et les hommes, 
et les grands sont pour lui comme les petits. Il né- 









190 )•*« — 

i 

* 



pargne pas qui l'aime, il enlève l'enfant à sa mère 
et aussi le vieillard ; qui se rencontre sur sa route a 
peur et tout le monde supplie devant lui , mais lui ne 
tourne pas sa face vers eux. On ne vient point le sup- 
plier, car il n'écoute point qui l'implore; il ne voit 
point qui lui donne des présents de toute sorte de 
gâteaux! O vous qui venez à cette montagne funé- 
raire, offrez -moi des provisions, de la vapeur d en- 
cens, une libation à toutes les fêtes de i'Ament! 

Aucun monument ne nous a appris jusqu'à pré- 
sent quelles cérémonies terminaient ce banquet fu- 
néraire. Le mort, désormais seul dans son tom- 
beau, commençait une vie nouvelle. Les textes ne 
sont pas d'accord sur le nom que portait la partie de 
lui-même qui demeurait sur terre: quelquefois ils 



qcmâ et de ] = ï : ce aérait l'équivalent de rf I V— i ou ^ J 8 

x . a * 

c v On aurait alors : cil n écart? pas de lui ( Y ) tous ceux qui l'ai- 
ment,» pour les faire rester en ce monde; il ne les épargne pas. 
1 f H enlève l'enfant de sa mère jusqu'au vieillard. » Cf. la même 
idée dans le» Maximes d'Ani (Papyrus de Boalaa, n* IV, pi. XVIII, 
1.3-4). 



.( 191 )■ 

la nomment haï (^ , ), d'autres fois khoa (^k d )> le 
plus souvent ka (U). Il ne faut pas trop rechercher 
la précision en pareille matière. Les Egyptiens, 
comme les autres peuples, depuis le jour où ils son- 
gèrent pour la première fois à trouver dans l'homme 
une partie durable, changèrent souvent la concep- 
tion qu'ils s en faisaient. Ils la considérèrent d'abord 
comme une substance à peine moins matérielle 
que le corps visible , qui avait tous les traits de l'in- 
dividu vivant, qu'il fallait loger, nourrir, habiller, 
le ka ou double. Plus tard, leurs idées s'élevant, ils 
virent en elle un être moins grossier, mais doué 
toujours des mêmes propriétés que la matière, une 
substance bi (JJ,^,)» q^i's considérèrent comme 
étant l'essence de la nature humaine et qu'ils appe- 
lèrent pour cela bai (^^ , )» ou bien une parcelle de 
flamme ou de lumière qu'ils nommèrent ^* « la 
lumineuse ». Mais à mesure qu'ils modifiaient la con- 
dition de leur âme, ils ne surent pas la débarrasser 
des notions qu'ils avaient entretenues antérieure- 
ment. Ils crurent au ^' bai et au ^** khou, sans 
cesser pour cela de croire au U ka , et chaque homme, 
au lieu de n'avoir qu'une seule âme répondant à la 
dernière conception que se faisaient ses contempo- 
rains de l'âme humaine, eut plusieurs âmes répon- 
dant à toutes les conceptions que les dévots ou les 
philosophes de sa race s'étaient faites depuis le dé- 
but. Les prêtres essayèrent -ils de coordonner tous 
les systèmes relatifs à ces différentes âmes humaines, 
et de se persuader à eux-mêmes qu'elles étaient né- 



.( 192 ).*•— 

cessaires à une saine intelligence de l'immortalité? 
Je pense qu'on ne saurait en douter, et qu'à un mo- 
ment donné» vers la xviu' dynastie, ils partagèrent 
la personne humaine en quatre sections groupées 
deux à deux : le corps , qui servait de soutien au 
double et après la mort demeurait avec lui dans le 
tombeau; Y âme (t^ 1 ), qui servait de corps au lu- 
mineux (^ *) et l'accompagnait dans ses trans- 
formations et ses existences successives. Mais cette 
gradation savante et malaisée à comprendre ne fut 
adoptée que d'un petit nombre de gens, et ceux-là 
même qui l'admirent confondirent souvent dans 
le langage ordinaire les expressions qu'ils séparaient 
soigneusement dans le langage théologique. Ils ne 
dirent pas que le double fait ses devenirs à son gré, 
mais, au lieu de laisser le +Q bâi à la suite du So- 
leil dans le monde des dieux, ils l'amenèrent souvent 
sur terre et le firent descendre dans le tombeau, 
se rafraîchir à l'ombre de la syringe et des arbres 
qui l'entouraient , se nourrir des offrandes et boire 
l'eau du Nil comme un simple ha. Aussi bien , il ne 
faut pas exiger des Egyptiens une logique que nos 
contemporains sont loin d'avoir pour leur propre 
compte. Demandez aux gens dévots qui ont peur des 
revenants de réconcilier l'idée d'un fantôme visible et 
parfois tangible, qui affectionne certaines heures et 
s'attache à certains lieux , avec l'idée que leur religion 
leur ordonne de se faire d'une âme humaine , ils se- 
ront aussi embarrassés que l'aurait été un Egyptien , 
et pour les mêmes raisons. Gomme le double et le 



—*>( 193 )■ 

bnï des Égyptiens, le fantôme des superstitieux mo- 
dernes est une survivance, une conception antérieure 
que des conceptions nouvelles n'ont pu obliger à 
disparaître; il faut en tenir compte comme d'un fait 
historique, sans se fatiguer & vouloir trouver des 
raisons dogmatiques à son existence. 

J'ai voulu réunir dans ce mémoire quelques-uns 
seulement des détails relatifs aux funérailles que 
présentent les monuments figurés et les textes écrits. 
J'aurai plus tard l'occasion de montrer ce qu'était, 
pour les Égyptiens, le tombeau dans lequel ils en- 
fermaient le mort, et d'expliquer en détail les motifs 
qui les ont poussés à choisir certaines scènes de pré- 
férence à certaines autres pour la décoration des 
murailles. Ces scènes avaient une intention magique : 
quelles eussent trait à la vie civile ou à l'enfer, 
elles devaient assurer au mort une existence heu- 
reuse ou le préserver des dangers d'outre -tombe. 
De même que la répétition de la formule des stèles : 
«Proscynème à Osiris pour qu'il donne un revenu 
de pains, liquides, vêtements, provisions ,• au défunt 
No, procurait, sans offrande effective, à ce défunt, 
la jouissance des biens énumérés, de même la re- 
production de certaines scènes sur les parois de la 
tombe lui garantissait l'accomplissement des actes 
représentés. Le double, le baï, le lumineux, peu im- 
porte, enfermé dans sa syringe, se voyait, sur la mu- 
raille, allant à la chasse, et il allait à ta chasse, 
mangeant et buvant avec sa femme, et il mangeait 
et buvait avec sa femme, traversant, sain et sauf, 

J. As. Extrait n* a. ( 1880.) i3 



.( 194 ). 

avec la barque des dieux, les horribles régions de 
l'enfer, et il traversait sain et sauf les horribles ré- 
gions de l'enfer. Le labourage, la moisson, la gran- 
gée des parois étaient pour lui labourage, moisson 
et grangée réels. De même que les figurines funé- 
raires déposées dans sa tombe exécutaient pour lui 
tous les travaux des champs sous l'influence d'un cha- 
pitre magique et s'en allaient, comme dans la ballade 
de Goethe le pilon de l'apprenti magicien, puiser 
de l'eau ou transporter les grains, les ouvriers de 
toute sorte, peints dans les registres, fabriquaient 
des souliers et cuisinaient pour le défunt, le me- 
naient à la chasse dans le désert ou à la pêche dans 
les fourrés de papyrus. Après tout, ce monde de 
vassaux plaqué sur le mur était aussi réel que le 
double ou Yâme, dont il dépendait: la peinture d'un 
serviteur était bien ce qu'il fallait à l'ombre d'un 
maître. L'Égyptien croyait, en remplissant sa tombe 
de figures , qu'il s'assurait au delà de la vie terrestre 
la réalité de tous les objets et de toutes les scènes re- 
présentés : c'était là ce qui l'encourageait à construire 
un tombeau de son vivant. Les parents, en s acquit- 
tant des cérémonies à sens mystérieux qui accom- 
pagnaient l'enterrement, croyaient faire bénéficier le 
défunt de leurs actes; la certitude d'avoir rendu ser- 
vice à quelqu'un qui leur avait été cher les soute- 
nait et les consolait au retour du cimetière, quand, 
le convoi terminé , le mort , enfin seul dans son ca- 
veau, restait en possession de son domaine imagi- 
naire. 



LE CONTE D'APOPI 



ET 



DE SOKNOUNRI. 



(Cours du Collège de France, mai 1874.) 



Le premier des fragments que renferme le papy- 
rus Sallier n° 1 est-il de l'histoire ? Le style , les ex- 
pressions employées, le fond même du récit, tout 
indique un conte , où les rôles principaux sont tenus 
par des personnages à nom historique, mais dont le 
sujet est sorti presque entier de l'imagination popu- 
laire. 

ChampoHion vit deux, fois le papyrus chez son 
premier propriétaire, M. Sallier: en 1828, quel- 
ques jours avant son départ pour l'Egypte , et en 1 83 o 
au retour d'Egypte. En 1828, l'enthousiasme que 
lui inspira la découverte du poème de Pentaour ne 
lui laissa point le sang-froid nécessaire pour recon- 
naître l'importance des autres textes que renfermait 
la collection Sallier 1 . Un examen plus long qu'il fit 
en i83o lui donna l'idée assez nette de la valeur du 

1 Dans le Rapport de M. Sallier à la Société dAix (séance du 
2 août 1828) qu'a publié le Bulletin Férussac (t. X, p. 2oo-qo3), 
aucune mention n'est faite du sujet du papyrus n* 1 . 

i3. 



»( 196 )«*— 

papyrus : les notes publiées par Salvolini prouvent 
qu'il avait deviné, sinon la nature même du récit, du 
moins la signification historique des noms royaux 
qui sy trouvent ! . Le manuscrit, acheté en 1 839 P ar 
le British Muséum , fut publié en fac-similé dès 1 84 1 : 
la notice de Hawkins, rédigée évidemment sur les 
indications de Birch, donne le nom de (antagoniste 
d'Apophis que Champollion n avait pas lu, mais at- 
tribue le cartouche d'Apophis au roi Phiops de la 
v" dynastie -. M. de Rougé est le premier qui ait su 
réellement ce que contenaient les trois premières 
pages du papyrus : dès 18A7, l'examen critique qu'il 
faisait du grand ouvrage de M. de Bunsen l'avait 
amené à identifier Raskenen; en i854, il signala la 
présence du nom d'Hâouâr et publia l'analyse du 



1 Salvolini cite les pages • clans lesquelles sont rappelés deux 
noms de rois : l'un de ces noms paraît être celui d'Apophis de la dy- 
nastie des Pasteurs, l'autre m'est tout à fait inconnu». Campagne de 
Ramsès U Grand (Sésosiris) contre les Schéta et leurs alliés, manuscrit 
hiératique égyptien appartenant à M, SaUier, à Aix, en Provence. — 
Notice sur ce manuscrit, Paris, m dcccxxxv, in-8*, p. 1 ai, note. 

' On lit dans les Prefatory Remarks, p. a , que les trois pages en 
question « appear to contain communications beiween the monarch 
Apepi or Apophis-het and the chiefs and scribes , and to relate to the 
construction of a temple of the God Râ, or the Sun. Throughout this 
section, mention is made of Reskenen or Skenenre, a king earlier 
than the xn ,h dynasty, whose name Salvolini was unahle to read ». 
Une note ajoute qu'Apopi est « more probably the Apappus of Era- 
tosthenes, the Phiops of the vi u elephantine dynasty ». Ajoutons qu'à 
cette époque, on ne connaissait pas l'existence, au dos du même pa- 
pyrus, d'un double de quelques lignes du texte : car on qualifie ces 
deux lignes de « two lines continuing the subject of the papyrus and 
probably the end of the eleventh document». 



' — *>( H) 7 )•**; 

fragnlcnl 1 . Sa découverte fut popularisée en Alle- 
magne par Brugsch , qui essaya de donner le mot à 
mot des trois premières lignes 2 , puis en Angleterre 
par Goodwin qui risqua la traduction complète 9 . De- 
puis lors, le texte a été souvent traduit, par Chabas \ 
par Lushington 5 , par Brugsch 6 , par Ebers 7 . Good- 
win , après mûr examen , émit timidement l'opinion 
qu'on pourrait bien y trouver moins la relation exacte 
que la relation romanesque de faits historiques 8 : 
son opinion ne fit pas fortune, et le récit /du papyrus 
Sallier passe aujourd'hui encore pour exposer les 
causes véritables de la guerre qui éclata entre les 
rois Pasteurs et les princes de Thèbes, et se termina 
par la délivrance de l'Egypte. 

Si Ton a beaucoup traduit le texte, on fa peu 



1 L'analyse lue à l'Académie des inscriptions en i85d est publiée 
dans Y A thénœum français de la même année, p. 53 a. 

* Brugsch , jEgyptische Studien. n. Ein œgyptisches Dalum ùber die 
Hyhsos-Zeit , p. 8-a i, in-8°, Leipzig, i854* (Separat-Abdruck ans dem 
IX" m B. der Zeitsch. der D. AI. G.) 

* Goodwin, Mieratic papyri dans les Cambridge Essays, i858, 
p. 243-245. 

4 Les Pasteurs en Egypte, Amsterdam, 1868, in-4°, p. 16-19. 
(Mémoire publié par l'Académie royale des sciences à Amsterdam.) 

5 Fragment of thefirst Sallier papyrus dans les Transactions of the 
Society of Biblical Archœology, t. IV, p. 263-266, reproduit dans les 
Records oj the Past, t. VIII, p. i-4. 

• Dans son Histoire d'Egypte, in-4°, 1859, p. 78 sq., Geschickte 
Mgyptens % in-8°, 1878, p. 222-226, et dans son mémoire Tanis und 
Avaris (Zeitsch. jûr allg. Erdkunde, Neue Folge, t. XIV, p. 81 sqq.). 

7 JEgypten und die Bûcher Moses, 1868, p. 2o4 s f |. 

• Dans la traduction anglaise du grand ouvrage de Bunsen, 
Egypt's place, t. IV, p. 671. 



.( 198 ). 

transcrit l : cette bizarrerie s'explique par la difficulté 
du déchiffrement et par (étendue des déchirures. En 
l'étudiant de près, il ma semblé que les lacunes, si 
grandes qu'elles fussent, n'étaient pas absolument ir- 
rémédiables, et, qu'en tenant compte des habitudes 
littéraires de l'Egypte , on arrivait facilement à sa : 
voir ce qu'il y avait aux endroits disparus. Le texte 
que je donne a été établi au moyen du fac-similé 
publié par le British Muséum, d'une photographie 
que j'ai fait prendre par M. Mansell, d'une copie de 
M. Eisenlohr, et d'une collation du manuscrit origi- 
nal que M. Victor Loret, élève de l'École des Hautes 
Etudes, a bien voulu exécuter pour moi lors de son 
dernier voyage à Londres. La simple transcription , ac- 
compagnée d une traduction exacte , donnera , mieux 
que tous les raisonnements du monde , la preuve que 
le texte est un conte historique, analogue aux contes 
qu'Hérodote entendit et que bien des écrivains mo- 
dernes traitent encore comme de l'histoire. 



u II arriva que la Terre d'Egypte était aux Impurs, 
et, comme il n'y avait point de seigneur v. s. f. roi, 

1 Les seules transcriptions sont celles de Brugsch déjà indiquées 
plus haut et celles de Birch dans Bunsen s Egypt's place, t. V, 
p. 730-731, qui ne s'étendent pas au delà de la troisième ligne. 

1 Toutes les copies que j'ai à ma disposition et aussi la photogra- 
phie confirment la leçon X du fac-similé. Je crois que le 4» a été 
appelé ici par l'usage, fréquent dans le reste du papyrus, de la fi- 
nale e a, et qu'il ne faut voir dans X qu'un lapsus du scribe. 



— m-{ 199 Kî— 



a • 1 1 



ce jour-là, il arriva donc que le roi (SornouneH 
v. s. f. , fut souverain v. s. f. du pays du Midi , et que 
les Impars de la ville de Râ étaient dans la dépen- 

1 On traduit assez généralement au jour ou cela arriva. Je décom- 
pose le passage en ra Q , qui signifie cce jour-là • de même que 
J^ ^ J^ * signifie aujourd'hui, et en j^ € \ p ^ ^ « il ar- 
riva , quant à cela, fut le roi etc. f . Ou a w g . . , \ comme plus 
haut JJB g . . . *L. 

1 La prononciation Soknounri de ce nom s'appuie sur la transcrip- 
tion Soixoffofof d'Eratosthènes ,où la finale Ri est tombée comme dans 
Sorké pour Sorkeri, confirmée : i° pour la présence de la tonalité ou 
entre les deux nasales, par l'analogie du copte gnon , mollis, etc. v 
de t~~~ £ 9 (FOOYN6 saccus, pannus, de g—* Q ; a° pour la pré- 
sence de o , ou , derrière le factitif, par le copte COCN , unguentum , de 
H y^U jfc, COCNl y eogiiare, coneilium, de H * Vf jfr « 

3 Gfr. Chabas, Mélanges égyptologiques , i™ série, p. 29 sqq. Les 
Pasteurs en Egypte, p. aA. 

4 Chabas : «Les Fléaux étaient dans la ville des Amou, et le chef 
Apapi était à Avaris. • Brugsch (G. jEg., p. aa3) : «Die Feinde aber 
sassen in der Stadt der Amu und es war Kônig (Ur) Apopi in der 
Stadt Avaris. » Tous les deux suivent l'hypothèse de Goodwin ( Hieratic 
papyri, p. a43) « . . .the invaders holding the district of Aamou. 
The chief Apepi was in the palace of Ouar [Avaris], • Le texte ne 

permet pas cette lecture. 1' Le signe derrière <D est 1 c'est-à-dire le 

dieu J et non pas le poteau ] , ce qui assure la lecture 01; d'ail- 
leurs, si on lisait Q au lieu de 0, la lecture serait incorrecte au 
point de vue paléographique, car ©, déterminatif de y I , est ton- 



< I 



— n»( 200 )•« — 

-—-'^^ I I I | t I I .— I I Jl t -Mi- -É-*- I » I A 9«=» III I 



dance de (Râ-Apôpi^| v. s. f. dans Hâouârou, la Terre 
Entière lui rendait tribut avec ses produits manu- 
facturés et Je comblait aussi de toutes les bonnes 

jours suivi d'un trait i, dans l'hiératique de l'époque; a° le groupe 
]V n'aurait aucun déterminatif. Ces particularités avaient 

décidé M. de Rougé, et M. Brugsch lui-même, dans son pre- 
mier essai (Ein jEgyptisches Dokument , p. 1 3 et t. I), à transcrire 

j^f ^O^ \^*f ^^*rt * à traduire : tDie Aufrûhrer 
waren in der Burg der Sonne, w&hrend war (?) der Grosse, etc.» 
M. Lushington après avoir traduit : « The Impure in the district of 
Àmou. their chief, etc.» (p. 2 64 ) ajoute en note (p. a65 a) qu'on 
devrait lire naturellement icity of tbe Sun-God», et adopte, pour ce 

qui suit, la lecture V 1 1 Mb de Birch. Il est bien certain que ce 
membre de phrase est en parallélisme avec le premier : t Était : le roi 
f Soufouiwî J v. s. f. lui en V prince de la ville du Midi; — les im- 
purs de la ville de Râ , en V f RA-Apopi jj v. s. f. dans Ava- 
ria. » Il est bien certain aussi que le signe qui suit <2 est le pluriel et 
non un I : le signe qui suit I est indécis. En tout état de cause , je ne 
vois pour le moment d autre explication que la suivante : « Les impurs 
de la ville de Râ, en eux V était chef I V Mb h Apopi dans 

Àvaris. » Mais cette construction ne m'est pa^s connue ailleurs jusqu'à 
présent. , 

1 La photographie et la copie Loret donnent ^? ce qui est bien 

l'équivalent de fi* . — La phrase prête matière à la discussion. 

M. Chabas l'a traduite : « Le pays tout entier lui offrait ses produits 
manufacturés et le Nord faisait de même avec toutes les bonnes choses 
du Ta-méri.» M. Brugsch a reproduit cette traduction : « . . . auch 
die Nordlandschaft that desgleichen mit allen guten Dingen von Ta- 
meri. » La première version de M. de Rougé et de M. Brugsch tenait 
compte de l'orthographe _ 1 1 tout en passant le trait ( p. 1 5 et pi» II ) : 



(201 )- 



choses du To-mouri. Voici que le roi (Râ-ApôpQ v. s. f, 
se prit Sou te kh ou pour maître, et il ne servit plus 

t Es zdgte sich ihm das ganze Land leistend ihre Dienste in Fûllen ; » 
les traductions de Goodwin, de Birch et de Lushington admettent la 
même lecture ; t . . . vrith their manufactures in abondance, » et f paying 
tribale alike. . ...» Il est bien certain que ««-4 , écrit ainsi, signifie .soit 

coudée tout court , soit une coudée , ce qui ne présente aucun sens en cet 
endroit; du moment qu'il faut corriger le texte, la correction de 

M. Chabas , le Nord, vient naturellement à l'esprit : puisque Sok- 

nounrî est le chef du pays du Midi, Apôpi doit être le chef du Nord. 
Elle présente pourtant des difficultés. On dit, en pareil cas, non pas 

tout court, mais ^C "\l v^i W qui serait d'autant plus indi- 
qué , que le passage parallèle donne )^ jl VJ * _ 1 ^-— En second 
lieu, "lt jk \~i _*_ «s-*- renferme le Nord aussi bien que le Sud, 

et marque une suzeraineté générale, qui rend inutile la mention du 
pays du Nord. Enfin si Ton examine le parallélisme de la phrase, on 
voit que I tient la place de • ? * x dans le second membre 
de phrase, et par conséquent doit avoir un sens analogue. Faut-il y 
voir une simple variante de c J , une forme de <*=H remplir la 

main? Les deux opinions peuvent se soutenir : de toute manière, la 
traduction de M. Lushington est celle qui me parait avoir le mieux 
tenu compte du mouvement grammatical de la phrase. Le sens serait 
donc , autant que je puis le dégager : « Était , présentait offrande à lui 
la terre entière avec ses produits manufacturés , — emplissant [lui] de 
même avec toutes les bonnes choses naturelles du To-méri. » 

1 Le J est indubitable dans toutes les copies. 

* Brugsch et Birch transcrivent "*^ v— i à cause de la longueur de 

la barre. Il y a, en réalité , jj8fc c'est-à-dire ^> : • l\fit à lui-même 
Soutekhou en maître.» 



202 ) 

•iViftSJj?sn%:MPe=x+zj 

aucun dieu qui était dans la Terre Entière si ce n est 
Soutekhou, et il construisit un temple en travail ex- 
cellent et éternel à la porte du roi (Râ-Apôpi^| v. s. f. 
et il se leva chaque jour pour sacrifier des victimes 
quotidiennes à Soutekhou, et les chefs vassaux du 
souverain v. s. f. étaient là avec des guirlandes de 
fleurs, exactement comme on faisait pour le temple 

1 Je crois distinguer sur la photographie et sur la copie Loret les 
débris de _ , plus des fragments de signe qui semblent appar- 
tenir à C"3, mais cette lecture est douteuse. 

1 C'est la même expression que dans d'Orbiney (p. 17, 1. 3-4) : 

ÊJLl'l^fAPÎ^lfcXPrte- 

9 II n'est pas certain que le mot soit 1 1k Y T • 

4 Le fac-similé semble donner ^ 1k : la photographie et la copie 
Loret -tx . 

5 Rétabli d'après la photographie et la copie Eisenlohr. 

H y a, pour ce passage, presque autant de traductions différentes 
que de traducteurs. Goodwin : « The prince [ofthe South prepared] to 



>( 203 ) 
de Phrâ Harmakhouti. Et le roi (Râ-ApôpiJ| v. s. f. 

build a temple to ihe son over against ït [i. e. in rivalry with it]. » 
Chabas : ■ Le roi Apepi (établit) des fêtes. . . et des statues du roi 
avec bandeaux, comme c'est le cas d'un temple ayant des PhrA-Har- 
makbis en face l'un de Vautre. » Il justifie sa version en observant < que 
le groupe dans lequel on a cru lire l'indication du chef du Midi n a pas 
ce sens, puisqu'il est précédé de l'article féminin. D'un autre côté, 
l'expression Y %k ] 1 *-^ ne peut se rapporter ni au temple , qui 
est du féminin, ni à aucun autre mot de la pbrase, à l'exception de 
Phrâ-Harmakhis, nom qui est bien du masculin. Or les groupes ci- 
dessus, suivis du signe de doublement, signifient : vis-à-vis de lui, 
vis-à-vis de lui, c'est-à-dire vis-à-vis l'un de t autre. Si Ton réfléchit que 
le sphinx est une figure qui a été attribuée précisément à la forme so- 
laire de YHorus de» deux horizons (Phrâ-Har-em-akhou, en grec Àp- 
fiogff ) , on sera tenté de reconnaître dans notre texte l'indication d'une 
avenue de sphinx affrontés ». Nous avons vu que la lecture "V parait 
reposer sur une erreur du fac-similé, car les autres copies donnent 
-tx . Quant au groupe que M. Chabas lit ▼ V 1 «s—, je ferai 

observer, i° que l'intercalation du pronom *— *. entre ] etT) n'est 
pas fréquente,. si elle existe ailleurs; 2* qu'en hiératique J ] détermina- 
tif de "*— ' *%l est toujours suivi d'un autre déterminatif -»&-, qui 

manquerait ici , si nous devions lire *^— ce qui vient après 1 1 ; 3* que 
les débris de signe que donnent toutes les copies répondent non pas 
aux restes de «^-^, mais à ceux d'un -m-, dont la haste inférieure se- 
rait allongée f . Je ne doute pas qu'il (aille lire Y 1k 1 1 yr\ ; 

on a de la sorte une expression Y jL|]l 1k 1 1 j analogue 

à <=*' I «=» I <=» et signifiant exactement : « Étaient les chefs du [Hik] 
v. s. f. avec des guirlandes comme ce que faisait le temple de Phrâ- 
Harmakhis exactement, exactement, » c'est-à-dire que les chefs assis- 
taient au sacrifice fait dans le temple de Soutekhou , selon le rite usuel 
du temple d'Harmakhis. 

1 La restitution est incertaine. Je ne crois pas qu'il y ait M V 1 > jfr 



+*( 204 )•* 



kJ«+ZJ(°P~C3mPX/M£* 



V I 



»Aj?oiiii «lui i tt/MM^LiM^^^JT 



[songea] à envoyer un message pour l'annoncer au 
roi (SoknocnrQ. v. s. f. , le prince de la ville du Midi. 
Et beaucoup de jours après cela, le roi (Rà-ApôpQ 
v. s. f. fit appeler [ses] grands [chefs] .... » 

A vrai dire, le texte s'interrompt ici pour ne plus 
reprendre qu'au début de la page a : au moment où 
il reparait, après une lacune presque complète de 
cinq lignes et demie, nous trouvons des phrases qui 
appartiennent évidemment au message du roi Apôpi. 
Or des exemples nombreux, empruntés aux textes 
romanesques comme aux textes historiques, nous 
apprennent qu'un message confié à un personnage 
est toujours répété par lui presque mot pour mot : 
nous pouvons donc assurer que les deux lignes mises, 
à la page a , dans la bouche du messager, figuraient 
dans les lignes perdues de la page 1, et de fait, le 
petit fragment isolé, qui figure au bas du fac-similé, 

dans la lacune : M V I j| ' ' ' 1 ~~ ^ft • « rapport de paroles » est 
dans tout le texte le nom même du message et exigerait un verbe qui 
n aurait point de place en cet endroit. Peut-être y avait-il «=> 8 A 

i Jl ■ * chercha des paroles d envoi au roi Soknounri ». 



►( 205 )**-— 

porte, parfaitement reconnaissiables sur la photogra- 
phie, les débris de signes j ^ I I I — " S 9p| 
qui répondent exactement au passage £5 * * 8 jt 
! f 1 1 9 1 — : *™ = du message. Cette première version 

du message était donc mise dans la bouche des con- 
seillers du roi : mais qui étaient ces conseillers? 
Etaient-ce les grands princes qu'il faisait appeler au 
point où j'ai arrêté le texte? Non, car dans les frag- 
ments conservés de la ligne 7, on lit^|^9^ 

WïÀ.7i~i\ I et * * a ^P 16 - 3 d e la pagç 2, il est af- 
firmé expressément qu Apôpi envoya à Soknounrî le 

2c « que lui avaient dit ses scribes savants ». Il faut 
donc admettre qu Apôpi ayant consulté ses chefs ci- 
vils et militaires, ils lui conseillèrent de s adresser 
à ses scribes savants. Le discours de ceux-ci com- 
mence à la fin de la ligne 7 avec l'exclamation de 

rigueur \jfo\ \\ |J} ^ AP 1 ( I ue ^" Erman a démêlée 
avec beaucoup de sagacité dans les traits un peu 
confus du fac-similé. En résumé, pour toute cette 
première partie de la lacune, nous avons une déli- 
bération toute semblable à celle qu'on rencontre 
plus bas à la cour de Soknounrî et dans le papyrus 
d'Orbiney, quand Pharaon veut savoir à qui appar- 
tient la boucle de cheveux qui parfumait son linge. 
Le texte se restitue donc, au moyen de formules 
usuelles, à peu près comme il suit : [ \TM LL'/jM 



l 



206 ) 

ip~t]~PM«a~ir:arîiJ-+ 

ZI(«P«:3tAPX]ktt£&*~.£ 

A+ziw»sMimiPrr::«a:T 

J»]lMimAP[-JtAP~KŒ^!l 




wprnîrH+zjK^aïUjntAptx 

r.TJaZfc+ZJHaiMiEltAPTlw 

ja-i\^jLi[i^]r.T-ik!*T] 
**p.:~-:::.*-ijefcia;fc°i 

©^•«[ses] grands [chefs, aussi ses capitaines et ses 

1 Cette ligne devait renfermer un compliment à l'adresse du roi. 

1 Cette phrase importante est malheureusement mutilée, de telle 
sorte que je ne puis pas en rétablir complètement le texte. Goodwin : 
« King Apepi sends to thee, saying , he is about to go to the fountain 

of the cattle, which is in the région of the south, seeing that 

has commissioned me to search day and night » Chabas : • C'est 

le roi Apapt qui envoie vers toi pour dire que sur la fontaine du 

bétail, qui est dans de la ville. Réellement, je n'ai pas laissé 

venir à moi le sommeil ni le jour ni la nuit (avant d'avoir rempli ma 



— «.( 207 ). 

généraux avisés, mais ils ne surent pas] lui donner 
un discours bon [à envoyer au roi (SoknounrQ v. s. f. , 
le chef du pays du Midi : Le roi (ApôpH v. s. f, fit 
donc appeler ses] scribes magiciens. [Us lui dirent : 

«Su]zerain, v. s. f., [notre maître, » 

et] ils donnèrent [au roi] (Râ-Apôpi^| v. s. f. [le dis]- 
cours qu'il [souhaitait. « Qu'un messager aille vers le 
chef de la ville du Midi pour lui dire : Le roi (RÂ- 
Apôpi^| v. s. f. t'envoie dire : Qu on [chasse sur Yé\~ 
tang les hippopotames [qui sont dans les canaux?] du 
pays, afin qu'ils laissent venir à moi le sommeil, la 
nuit et le jour »] 

mission). » Brugsch suit la traduction de Chabas, ainsi que Lushing- 
lon. En examinant avec attention les copies et la photographie, voici 

ce que je trouve : i° I V V * ^^ *$ A . Le «c=» ne peut 

guère appartenir, d'après la forme grammaticale, qu'au verbe de mou- 
vement dont le détermina tif est à la fin de la lacune. Or il n'y a guère 
de verbe de mouvement , avec «=«► en seconde radicale dans cette po- 
sition et pouvant aller en cet endroit, que jyj_ [q *t*j ^ «Qu'on 

écarte, qu'on chasse* ; a 9 Gomme il s'agit de chasser ▼ sur l'étang les 

■**■ 1 ^ M î ' * j en c ° nc * us < \ ue I e * ^ •■ I ^ M ^ tt* 11 ** n ° n p* s 

des bestiaux , mais le pluriel en 1 1 du nom de l'hippopotame -■»• J<2 
W ; 3° Les hippopotames sont dans un endroit dont le nom est mas- 
culin , car l'article )C jk est donné par les copies Loret et Eisenlohr, 
et qui était une pièce d'eau, car les mêmes copies donnent très lisible- 
ment les déterminatifs gsj ; 4° ^C "jl Sa* servant à expliquer ou à 

développer une idée précédente, la suite du discours appartient au 
message du roi Apôpi et ne doit pas être considérée comme étant une 
observation du messager; 5° Il semble qu'il y ait H entre /%» jL 

£%. et A- " 1 ; 6* Je crois lire JK y k * * à la fin du discours, mais 
cela n'est pas certain. 



.( 208 )•*•— - 

Voilà une partie de la lacune comblée d une ma- 
nière certaine, au moins quant au sens; mais il reste 
encore, au bas de la page, une bonne ligne et demie, 
peut-être même deux lignes et plus à remplir. Ici 
encore la suite du récit nous permet de rétablir en 
esprit une partie de ce qui manque dans le texte. On 
voit, en effet, qu'après avoir reçu le message énoncé 
plus haut, le roi Soknounri assemble son conseil 
qui demeure perplexe et ne trouve rien à répondre ; 
sur quoi, le roi Apôpi envoie un second messager. 
Il est évident que l'embarras des Thébains et leur 
silence étaient prévus par les scribes d' Apôpi, et 
que la partie de leur discours qui nous est con- 
servée tout au haut de la page a renfermait la fin 
du second message qu' Apôpi devait envoyer, si le 
premier restait sans réponse. Dans les contes ana- 
logues, où il s'agit dune chose extraordinaire que 
l'un des deux rois doit faire, on énonce toujours la 
peine à laquelle il devra se soumettre en cas d'in- 
succès et la récompense qu'il recevrait en cas de 
succès : il en était bien certainement de même dans 
notre conte, et je propose de restituer comme il 
suit : 



a [Il ne saura que répondre ni en bien ni en mal, 
alors tu lui enverras un autre message : «Le roi 



.(209). 




ZrayHA[4]T1JT^^X[\Ci] 

(RA-Apôpi^| v. s. f. t'envoie dire : «Si le chef du 
Midi ne peut pas répondre à mon message , qu'il ne 
serve d'autre dieu que Soutekhou! Mais s'il y ré- 
pond, et qu'il fasse ce que je lui dis de faire, alors 
je ne] lui prendrai [rien] et je ne m'inclinerai plus 
devant aucun autre dieu du pays d'Egypte, qu'Am- 
mon-Râ, roi des dieux! » 

1 Chabas traduit : t . . . avec loi , hormis que je ne consens pas , etc. », 
et il ajoute en note : « Le groupe a été gauchement rétabli , il faut lire 
M -xxî. » C'est une modification légère du premier sens de Goodwin : 
• . . . with him,, in case of his not consenting [to worship] ail the 

gods. » Je ne vois pas comment V 3c I I c J peut se prêter au 
sens de hormis. H est certain que cette locution terminait un membre 
de phrase, tel que [~ \ Ç ^ ? JL*3 ! £5 V^- \ \ 
«[Je ne deviendrai pas] avec lui à l'état de ». 3^. I I 

a le sens de prendre, enlever, qui irait assez bien ici : « Je ne serai pas 
avec lui à l'état tf enlevant, je ne lui prendrai rien. » Cette traduction 
est douteuse, mais s'accorde mieux que les précédentes avec les règles 
de la grammaire. 

J. As. Extrait n° 2. ( 1880.) i4 



— «.( 210 )«*— 









«Et beaucoup de jours après cela, le roi (Râ- 
ApôpQ v. s. f. envoya au prince du pays du Sud le 
message que lui avaient donné ses scribes magiciens; 
et le messager du roi (Rà-ApôpH v. s. f. arriva chez 
le prince du pays du Sud. On le mena devant le 
chef du pays du Sud. Celui-ci dit au messager du roi 
(RA-ApôpQ v. s. £ : « Quel message apportes-tu au 
pays du Sud ? Pourquoi as-tu accompli ce voyage ? » 

1 Le texte porte, derrière le pluriel droit, tracé de manière & res- 
sembler au signe du dieu, un signe indistinct qui parait être une 

forme de n^. 

1 Le fac-similé publié porte Jfo * ^ (?) : la copie Loret et la 
photographie montrent que le signe -•— « du fac-similé est le prolonge- 
ment de la queue de ^p« qu'un accident a déplacé , et qu'il faut lire A 



« 



•( 211 )< 

Le messager lui dit : ce Le roi (Râ-ApôpQ v. s. f. t en- 
voie dire : «Qu'on chasse sur 1 étang les hippopo- 
tames qui sont dans les [canaux?] du pays, afin qu'ils 
laissent venir à moi le sommeil de jour comme de 

nuit » Le chef du pays du Midi 

Ait frappé de stupeur et ne sut que répondre au 

le déterminatif f soit J£) /* tout le groupe. Dans la phrase sui- 
vante, le Fac-similé porte assez clairement \ C A , et c'est la 
lecture que M. de Rougé a adoptée dans sa Chrestomathie , II, p. 96. 
La copie Loret donne très nettement \ • \ ^ , et cette version 

est confirmée par la présence des détermina Vifs % A , inusités derrière . 
«■» f et obligatoires derrière J^f , marcher. J^ m ~ m ~ \ ^ 

est d'ailleurs le verbe employé plus bas (p. a , 1. 11) pour le messager 
d'Àpôpi. 

1 La copie Loret donne 1res nettement ▼ u Q lk jfr ce qui 
nous ramène à un radical connu. Le mot suivant est illisible dans 
tontes les copies , mais le sens général est évident et a été indiqué 
par tous les traducteurs. 



( 2i2 y 

(Ici encore le* lacunes recommencent et je ne sais trop comment les 



\ I I ^ l I I J a t ^ 1 *-». l l l «—i lliil \j*ïtiâ*L&/A l 







i 



messager du roi (Rà-Apôpi} v. s. f. Le chef du pays 
du Midi dit donc au messager : « Voici ce que ton 

maître v. s. f. [envoie] pour le 

chef du pays du Midi [les paroles] qu'il m'a 

envoyées ses biens [Le chef du pays 

du Midi fit] donner toute sorte de bonnes choses, 

de la viande, du gâteau, des , [du vin, au 

messager,] puis il lui dit : «Retourne [dire à ton 
maître : « ] tout ce que tu as dit, je ïap- 

1 Restitué d'après la copie Loret. 
' Restitué d après la copie Loret. 



.( 213 ) 



GX/A 




xkKrî.î.+zjKHaiiyjMii 1 ? 

VTîJ^êi+ZJ(««l«jBJWP 

prouve » [Le messager du roi] (RÂ- 

ApôpiI v. s. f. se mit à marcher vers le lieu où était 
son maître v. s. f. Voici que le chef du pays du 
Midi fit appeler ses grands chefs, aussi ses capitaines 
^ et ses généraux avisés et il leur répéta tout le mes- 
sage que lui avait envoyé le roi (Rà-Àpôpi^| v. s. f. 
Voici qu'ils se turent d une seule bouche pendant un 

1 «£ certain , v" 6 jfr douteux d après la copie LoreL 

* C est en cet endroit que commence, au verso de la page s , le du- 
plicata des dernières lignes du texte. 



.{ 214 

long moment, et ils ne surent que répondre ni en 
bien ni en mal. 

« Le roi (Râ-ApôpiJ| v. s. f. envoya au [chef du pays 
du Sud 1 autre message que lui avaient donné ses 
scribes magiciens .....]» 

Je crois qu'on peut , sans grande difficulté , devi- 
ner la tournure que prenait le récit. La querelle 
d'Apôpi et de Soknounrî semble n'être qu'une ver- 
sion égyptienne d'un récit populaire en Orient. « Les 
rois d'alors s'envoyaient les uns aux autres des pro- 
blèmes à résoudre sur toutes sortes de matières, à 
condition de se payer une espèce de tribut ou d'a- 
mende, selon qu'ils répondraient bien ou mal aux 
questions proposées. » C'est ainsi qu'Hiram faisait ré- 
soudre, par un certain Abdémon, les énigmes que 
lui proposait Salomon. Sans examiner ici, ce qui 
serait hors de propos, les différentes formes de ce 
conte, je me contenterai d'en citer une qui me pa- 
raît avoir une certaine analogie avec ce qui reste du 
récit égyptien. Le Pharaon Nectanébo envoie un 
ambassadeur à Lycerus, roi de Babylone, et à son 
ministre Esope : « J'ay des cavales en Egypte qui 
conçoivent au bannissement des chevaux qui sont 



— «.( 215 y 

devers Babylotie : qu'avez-vous à répondre là-des- 
sus?» Le Phrygien remit sa réponse au lendemain : 
et retourné qu'il fut au logis, il commanda à des 
enfants de prendre un chat et de le mener fouettant 
par les rues. Les Égyptiens , qui adorent cet animal , 
se trouvèrent extrêmement scandalisez du traite- 
ment que F on luy faisoit. Ils l'arrachèrent des mains 
des enfans, et allèrent se plaindre au roy. On fit ve- 
nir en sa présence le Phrygien. Ne savez-vous pas, 
luy dit le Roy t que cet animai est un de nos dieux ? 
Pourquoy donc le faites-vous traiter de la sorte? 
C'est pour V offense qu'il a commise envers Lycerus, 
reprit Ésope, car la nuit dernière, il luy a étranglé 
un coq extrêmement courageux, et qui chantoit à 
toutes les heures. Vous estes un menteur, reprit le 
Roy; comment seroit-il possible que ce chat eust 
fait, en si peu de temps, un si long voyage? Et com- 
ment est-il possible, reprit Ésope, que vos jumens 
entendent de si loin nos chevaux hannir et con- 
çoivent pour les entendre *?» Les hippopotames du 
lac de Thèbes , qu'il faut chasser pour que le roi du 
Nord puisse dormir, me paraissent présenter quel- 
que analogie avec les chevaux dont le hennissement 
porte jusqu'à Babylone , et avec le chat qui fait en une 
seule nuit le voyage d'Assyrie, aller et retour. Je ne 
doute pas qu'après avoir reçu le second message 
d'Âpôpi, Soknounri ne trouvât, dans son conseil , 
un sage aussi perspicace qu'Ésope le Phrygien : grâce 

1 La vie d'Esope le Phrygien, traduite par La Fontaine (Fables de 
La Fontaine, ëdit. Lemerre, 1. 1, p. 4 1 -4 a, 45). 



( 216 )*+ 



à ce secours , il se tirait sain et sauf de l'épreuve , et 
Apôpi v pris à son propre piège , était contraint de 
renoncer à Soutekhou pour adopter le culte d'Am- 
mon-Râ. Le roman allait-il plus loin et montrait-il 
Apôpi refusant de se soumettre à la loi commune v 
la guerre éclatant entre les prinees du Nord et du 
Sud, l'Egypte délivrée du joug des Pasteurs? Il fau- 
drait, pour répondre à ces questions, retrouver un 
manuscrit renfermant la fin de l'histoire , et c'est ce 
qu'on ne peut guère espérer. 



LES CHANTS D'AMOUR 

DU PAPYRUS DE TURIN ET DU PAPYRUS HARRIS 

N° 500. 



On ne se représente pas volontiers un Égyptien 
d'autrefois amoureux et à genoux devant sa maî- 
tresse. Voici pourtant deux recueils de chants d'amour 
que Ton vient de découvrir parmi les manuscrits de 
Turin et de Londres. lis nous donnent des frag- 
ments si mutilés qu'on ne réussit pas toujours à 
en déterminer la signification précise, mais assez 
étendus, malgré tout, pour qu'on puisse juger du 
tour que prenait la passion dans la littérature égyp- 
tienne. 

I. 

Lorsque MM. Pleyte et Rossi songèrent à publier 
les manuscrits de Turin, ils trouvèrent, dans les car- 
tons du musée, vingt-deux petits fragments, couverts 
d une belle écriture hiératique de la xx* dynastie et 
provenant d'un même rouleau. Ils en reconstituèrent 

iS 



< 218 y 

quatre pages plus ou moins complètes, de sept lignes 
chacune, qu'ils reproduisirent en fac-simiié sur les 
planches LXXIX-LXXXII de leur grand ouvrage 1 et 
dont M. Pleyte s'efforça de reconnaître le sens. Il y 
vit les restes d un livre magique , analogue à ceux qu'il 
avait déjà traduits, soit à Leyde, soit à Turin même 2 . 
M. Ghabas reprit l'étude en 1 8 7 3 , au point où l'avaient 
laissée MM. Pleyte et Rossi , et changea Tordre des 
fragments. D'après lui, «la planche LXXXII est la 
a première et précède la planche LXXIX , que suivent 
« régulièrement les n™ LXXX et LXXXI. De plus , les 
« premiers fragments verticaux, placés à la droite des 
«pages LXXX et LXXXI, paraissent appartenir à 
« d'autres parties du texte. » Le papyrus une fois rema- 
nié, M, Ghabas crut y reconnaître une histoire 
d amour. Un haut personnage, portant le titre de 
général d armée et appartenant peut-être à la famille 
royale, y racontait les aventures qui lui étaient arri- 
vées «dans un jardin magnifique, où il avait été en- 
« traîné par une de ces messagères d'amour dont les 
« imitatrices infestent encore aujourd'hui les grandes 
«villes modernes.» M. Chabas songea immédiate- 
ment aux bateaux des fleurs de la Chine et donna au 
récit le titre $ Épisode du Jardin des fleurs 5 . Une ver- 
sion anglaise de sa traduction fut insérée dans le re- 

1 Pleyte et Rossi, Les Papyrus hiératiques de Turin, in-fol., 1869- 
1878. La livraison où sont publies les chants d'amour a paru, si je 
ne me trompe, en 1871. 

1 I(L ibid., p. 118 et suiv. 

3 Lu à l'Institut le vendredi 1 7 avril 1874 , publié dans les Comptes 
rendus, 187 A, p. 117-114. 



219 )** 



cueiï des Records of the Past 1 , et popularisa son 
œuvre. M. Pleyte a reproduit cette version anglaise 
dans un appendice de son ouvrage sur les papyrus 
de Turin 3 , et personne n'a songé jusqu'à présent à ' 
en contester l'exactitude. 

L'examen que j'ai eu l'occasion de faire du ma- 
nuscrit, pendant mon séjour à Turin en juillet-août 
1880, m'a prouvé qu'il y avait eu erreur dans le 
classement des fragments. Sans entrer dans le détail 
des investigations très minutieuses auxquelles j'ai sou- 
mis les débris des manuscrits, je me bornerai à con- 
stater : 

i° Qu'une note de deux lignes dont les débris ont 
été reproduits par M. Rossi au bas de son fac-similé, 
établit d'une manière certaine l'ordre réel d'un 
quart environ des fragments ; 

a° Que des restes de signes tracés au bas du fac- 
similé de deux des planches de Rossi ne sont que 
les traits complémentaires d'autres fragments de 
signes tracés au haut du fac-similé des deux autres 
planches, ce qui nous force à superposer les planches 
deux à deux, et nous fournit, au lieu de quatre pages 
de sept lignes chacune , deux pages de quatorze lignes; 

3° Que la dernière ligne de la seconde page ne 
renferme que deux mots, placés en vedette au com- 
mencement de la ligne , et qui offrent un sens complet , 
ce qui indique soit la fin d'un paragraphe, après 
lequel l'écrivain est allé à la ligne , soit la fin de l'ou- 

1 Records ofike Past, t. VI, p. iS3 sqq., 1876. 
' Papyrus hiératiques de Turin, p. saa-aaS. 

i5. 



.( 220 ).*•— 

vrage. Je pense que, malgré 1 absence de la formule 
ordinaire d'explicit, nous avons ici la fin de l'ouvrage, 
car les deux ou trois débris de signes qu on aperçoit 
sur la gauche paraissent être dune écriture diffé- 
rente et plus petite que l'écriture du reste du pa- 
pyrus. 

Le manuscrit, reconstitué par moi de la sorte, 
a été photographié à ma prière par M. Lanzone , dont 
l'obligeance est bien connue des égyptologues. Je 
reproduis la photographie sur une des planches qui 
accompagnent ce mémoire, mais en la réduisant au 
tiers environ de la grandeur originale : en la com- 
parant aux fac-similés de l'ouvrage de MM. Pleyte 
et Rossi, on reconnaîtra aisément en quoi l'arrange- 
ment nouveau diffère de l'ancien. 

Deux rubriques intercalées indiquent une division 
du texte en trois paragraphes. En étudiant ces trois 
chapitres on verra que les éléments du roman ima- 
giné par M. Chabas ont disparu. Il ne s'agit, dans 
notre manuscrit, ni d'un militaire amoureux, ni d une 
entremetteuse complaisante, ni d'un Jardin des fleurs, 
mais de trois arbres qui prennent la parole l'un 
après 1 autre et vantent la beauté d une femme. Le 
discours du premier est très mutilé : 



« . • . — mes graines sont l'image de ses dents, — 

1 Le même mot que • , _ 11* (Brugsch, Dictionnaire hiéro- 



glyphique, p. 75a), qui, lui-même, est une forme écourtée de ■ 



■ff^'â&M !>.S^if lan^Whi.' lia- ^îlw- «h 
a'4ii.«javvAi*i li .,i.vr^j. i »H««AM-J itm i 



PAPYRUS 1 

•enfermant un recueil d* 



il 



; 3E TURIN 
: : ' chansons amoureuses. 



— -**•( 221 )*+— 

1 1 \A o i ■■ w n • wy^wMEMÊ^^^^ 



mon port est comme [le port de] ses deux mamelles; 
— [ma durée est plus longue que celle des autres 
arbres] du parc. — Je demeure en tout temps, — 
et quand la sœur s'y ébattait avec son frère, — [c'était 
sous] mes [rameaux qu'ils reposaient], — ivres de 
vin et de liqueurs, — ruisselants d'huile fine par- 
fumée. — Tous [les arbres] passent, — sauf moi, 
dans le verger; j'accomplis douze mois, — [puis, 
quand tout est mort autour de moi,] — je suis 

II*. Le déterminatif ^k n'a (l'autre valeur que de rappeler ici un 
sens différent de la racine 



1 Autant que me permet d'en juger l'état du texte, il est question 
ici d'un rendez-vous amoureux du frère et de la sœur sous l'arbre. 
Le mot à mot donnera donc : «Fait cela (*~-^) la sœur avec son 
frère. ■ 

' Le texte porte, écrit très nettement, ++ et # dans le mot bi- 
zarre f ^ . 11 y a ici évidemment une erreur du scribe, mais je ne 



ssSi 



{ 222 

encore debout et ce bouton subsiste — qui est éclos (?) 
en moi , — je suis le premier [ des arbres , — et pour- 
tant] ils ne me considèrent plus comme n'étant qu'au 
second rang I — S'ils me traitent encore de la sorte , — 
je ne me tairai point à leur sujet : — [je proclame- 
rai haut ce qu Jelle [fait] , — et quand on verra le 
crime, — on châtiera la bien-aimée, — si bien 
qu elle ne [retrouvera plus] ses bouquets (?) de lis et de 
boutons, — [ses offrandes] de lotus bleus et de par- 
fums, — [ses goûters de lait et de] beurre, — qui 

saurais rétablir d'une manière certaine la leçon originale. Peut-être 

y a-t-il II ^ e _ a t ce bouton qui a été brisé en moi , qui est éclos 

en moi •. 

1 Litt : t S'ils renouvellent de faire cela de nouveau. • 

1 Les traces de signes subsistantes permettent de restituer ce mot 

IJ n# • 1J n#' JLiJ m* *J l!»' œ ^ % »««f pour le dernier 
cas, nous ramène à des mots complètement inconnus. Le sens « bou- 
quets ■ ou t brassées» me paraît être celui qui répond le mieux aux 
exigences du passage, mais n'est, après tout, qu'une simple conjec- 
ture. 



.( 223 ). 



\fv..* ,, ^^ , , , c A fc-4 I I I I -«>- ^^% /V JfV ( O A 



I &&*3 







m 

1d 





lui vientierrt de tous ses vassaux ! — Qu'elle te fasse 
passer le jour présent dans le bonheur; — que le 

parterre situé près du lieu de garde — le 

voit sortant en vérité ! — Allons ! caressez-le , — qu'il 
passe le jour entier, — [à l'abri de l'arbre?] qui le 
cache 2 ! » 

Il est difficile de tirer d'un manuscrit mutilé de 
la sorte autre chose qu'un texte conjecturai. Rien ne 
nous apprend quel est l'arbre qui parle; mais le lan- 
gage indique un arbre à grandes prétentions. Autant 
que j'en puis juger, il se plaint d'être négligé pour 
un autre et relégué au second rang, on ne vient plus 
s'ébattre auprès de lui comme on faisait auparavant. 
Aussi menace-t-il les amants de sa vengeance, s'ils 
persistent à le délaisser : il parlera , et dès que l'on 
connaîtra les amours coupables de la jeune femme, 

1 cxipe,T., aura*, ou cxipe, T., ne, butyrus. 

* J'ai cru pouvoir traduire comme s'il y avait [ U* % \t. Dfl 



■( 224 y 

adieu les fleurs et les parfums. Si ion considère que 
les autres arbres dont nous avons le discours sont 
le figuier sycomore portant ses fruits , et le petit figuier 
que la femme a planté de sa propre main , on pourra 
supposer, sans crainte de se tromper par trop, que 
l'arbre qui se plaint si fort est un vieux sycomore. 

Les deux sections suivantes sont heureusement 
moins endommagées : 



Le figuier ouvre sa bouche; — et son feuillage 
vient dire : « [Apprends de moi] ce qu'on [me] fait. — 
Je [viens] vers une maîtresse, — qui certes est une 
reine comme moi , — et n'est pas une esclave ! — 
Moi donc, je suis le serviteur [ — apporté de Syrie] 
— prisonnier de la bien-aimée ; — elle ma fait mettre 

1 Litt : t Envoie le sycomore à figues sa bouche. ■ Je considère 
ci jL JL ' ■*•■ I comme un composé analogue à jMff 

/—- * J^ • P*fc I a 1 m*m* I' 

9 La lacune a été remplie d'après les phrases analogues des 
grandes inscriptions de Thoutmos III , où il est question de prison- 
niers. J'ai mis le pays de Khar, la Syrie, de préférence à tout autre 






&/A 



( 225 ) 







fis i S m YWWT'Vl ni M, iK • » • 1 « 




dans son parc, — elle ne m'a pas donné [un breu- 
vage commun] , — mais , le jour où je bois , — mon 
ventre ne s'emplit point de vulgaire eau d'outre. — 
On a trouvé réjouissant — [que le jardinier] ne me 
[donne] plus à boire! — Par mon double, ô bien- 
aimée, puisse-t-ii être amené en ta présence! » 

Le petit sycomore — qu'elle a planté de sa main 
— ouvre sa [bouche] pour parier. — [Ses] accents 
sont [doux comme] une liqueur miellée — d'un miel 

pays , parce que c'était celui qui , à la xi* dynastie , avait le plus de 
rapports de commerce avec l'Egypte. 

1 Mot nouveau qui semble être une forme écourtée de >-^ "W 
j^ (Brugsch, Dictionnaire hiéroglyphique, supplément, p. 295) : 

c'est peut-être une onomatopée destinée à rendre le bruissement des 
feuilles. 

9 Litt. : •Des dégorgements de miel» ou peut-être «des écumes de 
miel, t 



226 )**— 





x^::TMP-»w;[i]iBH«Ê:r:.:. 
,:;uz:M.:,2^xjpjpi.:, # +>xr:?s: 

excellent; ses touffes sont gracieuses, — fleuries plus 
que [celles du sorbier], — chargées de baies et de 
graines — plus rouges que la cornaline ; — ses feuilles 
sont [drues] et bariolées comme l'agate ; — son bois est 
de la couleur du jaspe vert ; — ses graines sont comme 
les tamaris — et attirent vers lui ceux qui n'en ont 
point; — son ombre est fraîche et éventée de brise; 
— il [a fait] sa missive par la main d une autre per- 
sonne, — la fille du chef jardinier qui le soigne, — 

1 J'ai supposé que l'arbre dont le nom a disparu était le sorbier, 
à cause des graines et des baies rouges qu'il porte. 

*11 II* est un mot nouveau. Le I RI H 4 e»t mentionné 

fréquemment dans le Papyrus fibers, mais sans indications précises. 
Comme la plupart des maladies contre lesquelles on emploie son 
fruit ou sa graine exigent des émollients pris sous diverses formes , 
j'ai pensé au tamaris, si répandu en Egypte et employé encore 
comme remède contre les maladies d'yeux dans les campagnes. 



( 227 ) 

H-triJSJLvyw'TMiJîrii 

et celle-ci Ta transmise à la bien-aimée : — « Viens , 
passe un instant [ici] au milieu [des jeunes] femmes! 

— Le verger [est dans] son [beau] jour, — pavillon 
et kiosque sont à ta disposition; — les gouverneurs 
de tes domaines se réjouissent — et sautent de plai- 
sir à ta vue. — Que tes esclaves défilent devant moi , 

— armés de leurs outils , — grisés par leur ardeur 
à courir vers toi — même avant de boire ! — Que tes 
domestiques à toi — viennent avec leur appareil , — 

1 Litt. : « Elle fait courir elle à la bien-aimée. » La difficulté de 
bien comprendre ce passage provient de la confusion des sujets. Us 

sont an nombre de trois , tous les trois du féminin , A , J 

* *w Ja) ^~* me semble être le simple de *w "W **tf déjà 

mentionné (cf. p. sa5 f note 1 ). 

3 Litt : « Etant point on n'a bu. • Le sens « avant de, avant que t , 
avait déjà été reconnu par M. Brugsch pour le démotique yjui ( Gram- 
maire démotique, p. io3 , S 3g6) t sous les formes jt/Joi ou >jkn • 



( 228 )• 

I I I 1*=». tmm+l I I X Al I I Atte^ 1 I I I M»^^ A 

13k ï*7 âiS* JM Â r* XX ft ^î«V© 

apportant de la bière de celle que fabriquent tous 
tes vassaux, — toute sorte de pains mêlés, — des 
plantes nombreuses d'hier et d aujourd'hui, — tous 
les fruits plaisants. — Allons, passe chaque jour dans 
le bonheur, — matin après matin, trois jours de 
suite, — assise à mon ombre, — ton maître à ta 
droite ; — enivre-le — obéis à ce qu'il dit ! — Si la 
salle où Ton boit la bière est bouleversée par l'ivresse 
— quand la sœur est avec son frère, — si [elle] lève 
son voile sous moi — la sœur pendant sa prome- 

1 Le moi est an terme d'honneur qu'on trouve dans des positions 
diverses et qu'il est toujours difficile de rendre exactement. Je l'ai 
rendu par c maître t, en prêtant à ce mot un sens analogue à celui 
du féminin t maîtresse ■; c'est la traduction qui s'accorde le mieux 
avec les recommandations qui suivent, • enivre-le et suis ce qa il dit. • 

1 La petite lacune qui termine la ligne m'empêche de répondre 
du sens de la phrase. Je crois que le mot à mot nous donne : « La 



( 229 )• 

nade , — moi j ai le sein fermé et ne dis point ce que 
je vois — non plus que ce qu'ils disent ! » 

Les lacunes du texte expliquent suffisamment ce 
que cette traduction offre d'incertain. Il sera tou- 
jours difficile d'apprécier le mérite littéraire dune 
œuvre si misérablement mutilée : du moins pou- 
vons-nous sans trop de peine en déterminer la date. 
L écriture, qui est fort belle et fort soignée, est, à 
première vue, du style thébain de la xx e dynastie, et 
se rapproche du type qui nous est connu par le grand 
Papyrus Harris plus que du type qui nous est connu 
par la première page du Papyrus Abbott et par la 
lettre officielle de Ramsès XIII : je placerai donc au 
commencement de la xx° dynastie la rédaction du 
manuscrit de Turin. L'écriture cursive de la note pla- 
cée au bas de la seconde page confirme l'impression 
produite par la grande écriture de l'ouvrage : elle 
est identique aux écritures cursives des nombreux 
manuscrits que nous connaissons du règne de Ram- 
sès IV et de ses successeurs immédiats. Peut-être la 
date de l'an v qu'elle porte doit-elle tomber dans la 

maison de bière à être bouleversée par l'ivresse, — la fois d'elle avec 
son frère , — son être dévoilée sous moi — la sœur en ses prome- 
nades, — moi je suis le voilé de sein pour ne pas dire ce que je 
vois , — leurs à dire paroles. ■ 



\ i 



i 230 y 

vie de ce prince. Le contenu des deux lignes ne nous 
donne aucune indication à cet égard : c'est le mémo- 
randum d'un employé chargé de distribuer à des 
fondeurs diverses quantités de bronze. 

II. 

Les chants d amour écrits au revers du Papyrus 
Harris n° 5oo ont été, comme le Conte du Prince 
Prédestiné 1 , découverts et traduits pour la première 
fois par Goodwin 9 . Le texte en est resté inédit, et la 
traduction anglaise ne donne qu'une faible idée du 
sens de l'original : on conçoit que Goodwin, écri- 
vant en Chine, loin de tout secours européen, ne 
soit pas arrivé à déchiffrer complètement le texte 
mutilé dont il n'avait qu'une copie prise rapidement. 
J'ai essayé de donner, dans mon cours au Collège de 
France (juin-juillet 1879), une transcription exacte 
et une traduction fidèle; mais je sens qu'après mon 
travail il reste encore beaucoup à faire pour combler 
toutes les lacunes et résoudre toutes les difficultés. 

Le manuscrit, tel qu'il nous est parvenu, renferme 
quatre chants répartis sur huit pages, dont la pre- 
mière a perdu le quart de toutes ses lignes. De la 
ligne 1 à la ligne 6 , on reconnaît les débris d'un 
couplet dont je ne puis tirer aucun sens suivi 3 ; mais 

1 Cf. Éludes égyptiennes, t. I, p. i-3, des détails sur l'aspect gé- 
néral du manuscrit. 

1 Transactions of tke Society of Biblical Archmologp, tome III, 
p. 38o-388. 

s Voici les parties lisibles de ces lignes : (1. 1 ) pli** N A 



< 231 > 

au milieu de la ligne 6 , derrière le signe ~* , qui 
sert partout à marquer la fin dun paragraphe, com- 
mence un morceau dont il est facile de saisir si- 
non la lettre exacte, au moins la signification géné- 
rale : 







#mww% * 'L| J v//,////y/,////sï//////sw/s////ï/;////>y/s////Jwk t J1L I KJI III ^v* 



*i î2sJ-^P-~ (-)£ 



m e 



PS 



^ 




i IÏ"""Îiii 

t *W i. Le milieu du morceau est régi par \ \ e, 6N6, ce 

qui permet d'en donner Fessai de traduction suivant : c Si tu cherches 
à caresser la face interne de mes cuisses [t'ai-je rien refusé?], si, 
venant à moi, tu songes à manger, si tu es affamé gloutonnement 
(litt : un individu de son ventre), si [tu désires que je te revête] de 
vêtements, moi je possède des coffres (à linge et a provisions); si 
venant pour tu as pris ma mamelle * Cette tra- 
duction est purement conjecturale. 





— «.( 232 y 

1 V— J | *~~* S 1 «=» I | I I J a X >k-*- * 1 " I I I 

il J i i i X I v J^ i i i i k^xÊB^^m^^Bê^^^ I JrV 

p. 



Mw-MHrPîTI^f 



V.T.H1![^] 




raw^r; 




Ton amour pénètre en mon sein de même que [le 
vin (?) se répand] dans l'eau , de même que le parfum 
s amalgame à la gomme, de même que le lait (?) se 
mêle [au miel?]; tu te presses d accourir pour voir 
ta sœur comme la cavale qui aperçoit l'étalon , comme 
l'épervier [qui fond sur la colombe] 

Dans le couplet qui suit, on ne saisit que des ex- 
pressions détachées : 



fcpmwm 







Mes plaintes (?) se mêlent à [Le ventre] 

de ma sœur est un champ de boutons de lotus, sa 

1 On dirait qu'il y a ici une expression composée du verbe H # , 
(I • [I G i A courir et du mot jl M ""*"", rapide, être rapide, dans 
laquelle le premier terme n'aurait plus de déterminatif. 



< 233 ) 

:::«vj^i[p.5yragœfflB-Lrî 
n*LXiïV2.SHL:u:* 




mamelle est une boule de parfums , ses bras sont, 
son front une plaque en bois de cyprès (?). . . . 



A partir de cet endroit, le texte devient à peu près 
complet. Il est tracé dune main rapide mais sûre , 
et semble avoir été écrit avec plus de soin que le Conte 
du Prince Prédestiné. Il renferme un nombre de liga- 
tures et d'abréviations assez considérable et présente 
même quelques signes qui , n'était la grandeur, pour- 
raient passer pour être démotiques : il offre donc 
au paléographe un sujet sérieux d études. 

Jâ-*?*XU!Sai(XM*Mw 

àé-rtrxurjrjÊikrrrsii 

Je n'ai point pitié de ton amour. Ma baie de loup 
qui engendre ton ivresse, je ne la jetterai point, 

1 Goodwin traduit wy wolfs cab (?). Le terme jIL \k ^ jjj^ 
___ T signifie littéralement «graine de loupi, et désigne proba- 
blement une plante analogue aux £± qui sont mis en parai- 

lèle avec le vin, dans une liste de nomes publiée par Mariette (Den- 
dèrah, t. I, pi. XVJI, 1. 21) : Brugsch traduit (Die t. hiéroglyphique , 
supplément, t. 1, p. 3a 2) •Beere, besonders die TVeinbeere: Le 

16 



+*•( 23k y 



- '^^pirsr'XEivr.L 



pour qu'on l'écrase à la Veillée de l'Inondation, en 

membre de phrase qui suit, m ~ mi 11 £ e. » montre bien qu'il 

s'agit en effet d'une graine ayant des propriétés enivrantes , mais il 
n'est pas certain que les graines mentionnées ici doivent être des 
grains de raisin. Il se pourrait que la « graine de loup ■ fût une de 
ces graines que les Égyptiens mêlaient au vin pour lui donner un 
arôme particulier. On trouve au Papyrus Ebers (Glossaire, p. 53) 

un mot de formation analogue, J^. . P J g «graine de force» : 

1. 8-io) tShou et Tawnout lui font (à Isis) leur conjuration avec 
les herbes, avec la graine de force, avec les accouchées da midi, avec 

4T^ , T.n^îh^4(p , ' xcv,U3 ) ,Direces i»- 

rôles sur les herbes, sur la graine de force, sur les accouchées du 
midi et les poils de la tête du veau ». 

1 Le mot H x ^* m'est nouveau avec le déterminatif gg : deux 
mots coptes s'en rapprochent, cxzp, T., haurire, et CA2p, T., 
terrere, scopa mundare. U 8 _^^ ft-TJ pourrait être un nom de l'inon- 
dation , t celle qui balaye. » ^^ JjT - doit être pris ici dans le sens 

vigilia, c veillée, heure de nuit,» du copte OYP^JG, T. : 6N6M- 
coyN N<yi nxoeic Mnm xe epe npeMXioye nhy 
zn au; NOYPUJ6 (M. *<9 noynoy) N6MNXpu>ic ne, 
Malth., xxiv, v. /&3, dans Tuki, Gr. t p. 2 53. Je ne sais ce quêtait 
cette t veillée de l'inondation ■ , ou peut-être seulement « du nettoyage 
à grande eau», dont il est question ici. 



235 ). 

Syrie avec des bâtons de cyprès, en Ethiopie avec 
des branches de palmier, dans les hauteurs avec des 
branches de tamaris, dans les plaines avec des tiges 
de souchet : je n'écouterai pas les conseils de ceux 

1 Ce nom d'arbre a été traduit « cyprès ■ par Ghabas [Voyage. 
p. 1 19-130) : ce pourrait être l'arabe JuÇ* «grand palmiers. 

* J y^ '_" 1 1 *■-*•- semble répondre assez exactement à bht , 

T. M., n, ramms pahnm, BX+,2XN, M., ratni palmarum. Si 
cette identification est exacte, nous aurions dans ce mot un nouvel 
exemple du passage de -— 1 mëdial à h. 

* «s— J * 1 1 *— »■- est nouveau , à moins qu'on n'y voie une forme 

du mot 6 ! V du Papyrus Ebers (Glos., p. 60) , qui me paraît 

être le tamaris. 

4 La restitution ^ I O «pays bas* est rendue certaine par 

l'opposition avec le mot J jL I 1 I e «pays hauti. Cf. Brugsch, 

Dictionnaire hiéroglyphique, supplément, t. II, p. 6g3. 

5 «$». JL> est la réduplication du mot ~JL ,^ , que Brugsch 

{Dictionnaire hiéroglyphique, p. 1 16g et p. 13 63) a rapproché de 
adpt ( Théophraste , Histoire des plantes, IV, 8). Je crois d'autant plus 

à l'identité des deux mots que le M <=» * poussait, comme le ~~ 
«^. ^ , dans les parties basses du pays : M JL ^ " A | H 

• . C'était une espèce de cyperus moins fin que le Cyperus papyrus, 

sans doute le Cyperus dites ou le Cyperus fastigiata. 

16. 



( 236 

«.VUE £*]r*S[ËE]fc[flT=!:*J3 



qui veulent que je rejette ce qui fait l'objet de mon 
désir. 

Je m'embarquerai sur le canal en rupture d'ordre; 
j'entourerai mes épaules de myrte, et j'arriverai à 

1 Litt. : « Je n'écouterai point leurs conseils à rejeter mon désir. • 
1 m p9 gy^ ne m'est pas connu , mais le simple nff f—fr 
a servi à désigner plusieurs canaux en Egypte. Je pense que m 

£^£2 est à X9 gz§ smc ce que^^ "•— \ gj est à -— \ JT~Î i 
un composé en m j initial, et je traduis • canal, tranchée». 

3 Le verbe II Ç\ r—7 est le factitif en M initiale du verbe ^K "V 

^ j t étudié dans la Zeitsckrift fur JEgyptiscke Sprache, etc. (1881, 
p. 26-27), par M. Brugsch. Sans entrer ici dans la question de sa- 
voir si le signe ^^ a la valeur _^_ ou la valeur T ^^ , on peut ad- 

mettre que le verbe l™\ c J a bien le sens de 1 râper, détruire ■ ou 
• dissoudre par friction, broyer •, que lui attribue M. Brugsch. Ici 
toutefois il ne s'agit plus, comme dans les exemples connus jusqu'à 
présent , de médicaments à dissoudre dans un liquide. L'objet sur 

lequel doit porter Faction du verbe M Ç\ -**■; est le mot M 8 ^ 

£■*- c ordonner » et, comme substantif, « ordre ■. Le mot à mot sera 

donc ia l'état de broyant l'ordre ■. Évidemment t broyer l'ordre ■ de- 
vait être de signification analogue à notre locution c rompre le ban , 
rupture de ban ■ : l'amoureux quitte la résidence où il était employé 
et vient à Mempbis , malgré Tordre donné à tousjes employés d'alors, 
comme à tous ceux d'aujourd'hui , de ne point quitter leur poste sans 
une autorisation spéciale. 

4 Brugsch admet que ce mot et ses variantes servaient à désigner 



.( 237) 

Onkhtooui et j'[adresserai ma prière à] tout [dieu] 
juste : (( Que ma sœur soit pendant la nuit comme la 
« source vive dont les myrtes sont semblables à Phtah , 
(tles nymphœas semblables à Sokhit, les lotus bleus 

f gewisse Gatlungen lieblicher, angenehm riechender Pjlanzen mit Blu- 
men, tu dcnen auch der Lotos und der Papyrus, T oitdT, gehôrten» 

(Dictionnaire hiéroglyphique, supplément, p. i£). 1 1 u I I * me 

paraît répondre au nom <jJ qui, dans l'arabe populaire d'Egypte, 
sert à désigner le • myrte commun ». 

1 Je ne puis déchiffrer les traces de signes qui terminent la ligne 

dans l'original. Le^""^ est certain, le trait de dessous paraît être 
un «—i plutôt qu'un *— * ou qu'un — — : il n'y a certainement pas 
_" )« et une lecture ~l est impossible, par la raison bien simple 
que l'hiératique exprime toujours #■■■* initial dans les mots qui com- 
mencent par *"""{♦ au moins à cette époque. Le sens général du 
morceau me semble exiger ici un verbe de prière, suivi du mot 

* Ce mot répond sans doute à ^t \l £3 * *)C V fa » ])£ 

jl £3 du Papyrus Ebers (Glos., p. 33), que M. Stem traduit 
•fons, eau courante ». Le mot est masculin , comme le prouvent et 
le pronom X e et le pronom ^— ^ des lignes suivantes. 

3 Je n'arrive pas a déchiffrer bien nettement ce mot II marquait 
un état de la source par rapport aux plantes qui la bordent , et qui 
sont comparées à différents dieux. Peut-être doit-on lire quelque 
chose d'analogue à V i ^ "" « une source , elle , à légal de Phtah , 
ses myrtes, de Sokhit, ses nymphaeas, etc.». 

4 Probablement une orthographe différente de *=» 
(Brugach, Dictionnaire hiéroglyphique, p. i?65). 



( 238 )• 

J\ Mit <=» ^» Jl H /V *— ^ L |« I 1 1 J t.;--./i^%/^ I I I 



h semblables à Àditi, les [lotus roses] semblables à 
«Nofritoum. [Que le Mur Blanc lui donne d']éclairer 
u la terre de ses beautés , et Memphis les boîtes de fard 
« qu'on dépose devant Nofri-ho ! » 

Je me coucherai dans ma chambre; je serai ma- 
lade gravement, et mes voisins entreront pour s'in- 

1 Cette expression, qui se trouve dans plusieurs textes, entre 
autres au Papyrus cTOrbinev, a été traduite par tout le monde comme 
marquant une blessure, un wol, ou, en général, une maladie ré- 
sultant de la violence. En revoyant les passage» où elle se rencontre, 

il me semble qu'on doit la traduire comme un adverbe | \k 

^^ • par violence, violemment • : ¥ ^ ^ . à ^l ^— ^ • vio- 

lemment malade, gravement malade t. 

1 La locution *=» N # jk I = Hc EH est un exemple de plus de 

la formation égyptienne en «=» , équivalent à "F, que j'ai signalée 
(Etudes égyptiennes, t I, p. i38, note 3, et Mélanges (C archéologie , 
t. III, p. 294, note 6; p. 3g5, note \). Je crois en reconnaître un 

autre cas dans la locution o I »— 1 1 1 Jï, qui vient un peu plus 

loin : 1 1 _ 1 1 1 J^ , et sa variante _ 111 J^ % que je ne me 

rappelle avoir vue citée nulle part, paraît être une forme voisine de 

*W jk 1 1 1 J^ (Etudes égyptiennes, 1. 1, p. i3, 54 , note i3; i36, 

note a ) : « elle fera les médecins à l'état de gui font : Grand merci! • 
J'ai essayé, dans le français, de donner un équivalent du sens plutôt 
qu'une traduction mot pour mot, qui ne serait pas comprise. 



.( 239 >w~ 



fonder [de moi]. Si ma sœur vient avec eux, elle 
fera honte aux médecins, car elle connaît mon mal. 
La villa de ma sœur a son bassin juste devant la 
porte de la maison : l'huis s ouvre, et ma sœur sort 
en colère. Que je devienne portier, afin qu'elle me 
donne des ordres et que j'entende sa voix, [même 
quand elle est] irritée et que l'enfant a peur d elle! 

1 \l .. n'a pas encore été signalé sous cette forme. Je le 

rattache à la racine m t .» m c . «séparer, déchirer», 

par suite, • dévoiler, ouvrir» : jk «. sera ici Tchuis» ou la 

• haie » de la porte , sans que je puisse me rendre compte de la pré- 
sence du déterminatif **. La phrase renferme d'ailleurs une con- 
struction bizarre. Le sujet grammatical 11 I a-— \ en est masculin , 
mais comme le I **"""* en question appartient à une femme, c'est à 
cette femme que se rapportent tous les pronoms qui, régulièrement, 
devraient dépendre de ] *»«■■». On a donc : • Son (M ) bassin, qui est 

juste en face de sa maison (fl ), ses deux battants de porte ,» c'est- 
à-dire c en face de la porte de sa maison. » 

' ZON2GN, 26N2CDN, 26N26N, M.,jubere, imperarc. Je ne 



>( 240 )- 



Je descends en barque [l]eau du Prince v. s. f., 
tandis que tu entres dans celle de Phrâ. Mon désir 
est d'être au plus tôt près des maisons qui sont au 
confluent du canal de On ; aussi je me mettrai à 

connaissais jusqu'à présent que la forme simple ou le causatif en 
M de cette racine. 

1 La restitution ▼ jl #»— * est à peu près certaine : le mot »— »* 
est, à ma connaissance, le seul mot exprimant l'idée d'ieau» où les 
trois lignes ondées *■—* ne soient pas complétées en hiératique par 

ie déterininatif ac. La locution Jt *~~\ *— * [ J J T A P * ^ eau 
du prince • est un terme géographique et désigne quelque canal des 
environs de Memphis ou d'Héliopolis. 

* Les signes hiératiques sont un peu effacés; je crois pourtant re- 
connaître le mot *. La locution * Jt <ç» 1 me parait répondre 

aux locutions X , _ _ ■ celui de.. ..• citées par de Rougé (Chres- 
tomaOûe, 2* fasc. , p. 3a), f celui de Phrâ», et, comme le dernier 
mot auquel puisse répondre cette forme abrégée est |^C 1 y— ^ »j fen 
conclus que * ^Él «g. t désigne un autre canal voisin du pre- 
mier. Brugsr h cite plusieurs canaux qui s'appelaient «l'eau deRâ» 
(Dictionnaire géographique, p. 77, 197, 436), un entre autres qui 
répond tout à fait aux conditions de notre texte, car il est mis en 

rapport avec le canal v SSj • (Brugsch, Dictionnaire géographique , 

p. 76-77) nommé |lus bas. 

3 Le déterminatif est illisible : le mot prête soit au sens «berge, 
rive», soit au sens • confluent, point d'embranchement de deux ri- 
vières», v PZ$ • est le nom du canal qui passait à Héliopolis. Le 



( 241 ) 

«i5]-ies^t;si:s"H^=î*i 



m _a a r» » k m » a vt"/"'V/'V"><'/a 



&"'/>. 



Sfc-IM.:.*'**'™* 



€i/tâ;Mkm 



courir, et je n'épargnerai point mes prières, mais je 
demanderai à Phrâ de voir l'entrée de mon frère. Je 
t embrasserai , je me tiendrai debout avec toi à la 
bouche du canal, je [transporterai] mon cœur à On 
et je retournerai avec toi sous les arbres du palais, 
je prendrai les arbres du palais [pour en faire] la poi- 
gnée de mon chasse-mouche, et je le regarderai faire; 
je serai sur le rempart, mon sein plein de [fleurs de] 
perséa, mes cheveux alourdis d'essences, et je se- 
rai 



mot à mot de la phrase donne : « Mon cœur d'aller, en se précipitant 
sur les maisons , sur la croisée du canal d'Héliopolis. • 

1 Litt. : «Je ne me tairai pas , je me souviendrai de Phrâ pour 
voir Tentrée de mon frère ! » 

1 Je ne connais pas le sens de ce mot, mais je soupçonne qu'il 
dW désigner une localité d'Héliopolis^ peut-être le palais du roi. 



/ 



.( 242 ). 

Ici s'arrête ce premier chant : les mutilations du 
manuscrit nous empêchent d'en saisir le dessin, mais 
chacune des petites pièces dont il se compose est à 
peu près intelligible par elle-même. Le chant qui suit , 
le seul complet de tout le recueil, est formé de huit 
strophes. C'est la femme qui parle, mais son lan- 
gage n'est pas celui de 1 amour heureux; il semble 
que l'amant écoute peu ses appels passionnés et la 
délaisse pour une autre maîtresse. 



fcHP-ap^vairrïiïiB^N 

COMMENCEMENT DES CHANSONS RECREATIVES. 

Ta jolie sœur que ton cœur aime vient dans les 
vergers, ô frère que j'aime, car mon cœur poursuit 
ce que tu aimes et tout ce que tu fais, et je te 
dis : « Vois où j'en suis \ Je suis venue pour préparer 

1 Litt. : « Les beautés de ta sœur que tu aimes viennent aux ver- 
gers. » 

* Litt. : « Vois les faits. » Une forme analogue se retrouve dans un 

des Chants du harpiste, ^^ I ï j^ ^^ I e U , où, tout en den- 

nant au bas de la page (Etudes égyptiennes, t. I, p. 17g, 5) le sens 
littéral «Vois, les faits ils sont», j'ai mis dans la traduction la para- 
phrase inexacte « Qu'a-t-on fait d'eux ? » Il faut rétablir le passage en- 
tier comme il suit : « Les dieux qui ont clé auparavant et qui re- 



•(243) 



« mon piège de main, ma cage, ma butte , car tous les 
« oiseaux de Pount , ils s abattent sur l'Egypte , enduits 
«de parfums : le plus beau qui vient, il saisit mon 
« ver [d'appeau] , apportant de Pount les senteurs qu'il 
« exhale , et les pattes pleines de gommes odorantes. 
« Je désire de toi que nous les prenions ensemble , moi 

posent dans leurs tombes, Les momies et aussi les mânes qui 
reposent dans leurs tombes, quand on construit des demeures, ils 
n'y ont plus- leur place- : voilà les faits comme ils sont. » 

1 On peut se demander s'il n'y a pas un V >A de trop dans 

cette phrase , ou bien s'il faut traduire • mon piège de main à la main ». 

Pour ^ T 1k ou ^ T j^ y , comparer le copte n AU} % 

T., n, <J>xuj t M., ni, laquais, &yp<L 

* Le mot est nouveau , pour moi du moins » et je ne le trouve daos 
aucun des lexiques publiés jusqu'à présent. Le déterminatif in- 
dique une localité, et c'est pour cela que j'ai cru y reconnaître une 
désignation de la butte de terre artificielle derrière laquelle, à dé- 
faut de buisson , les chasseurs à l'appeau ont l'habitude de se cacher. 
Le sens n'est pas bien certain. 

3 Le second «=» est fait Q en ligature, ce qui lui donne l'appa- 
rence d'un 0. Je comprends : «Mon cœur, mon désir pour toi ( *=*■» 
epOK) que nous les prenions.* 



( 244 ) 

«seule avec toi, je te ferai entendre les cris plaintifs 
«de mon bel oiseau parfumé; toi près de moi, avec 
«moi, je préparerai mon piège, ô mon bel [ami], toi 
« qui vas vers le champ du bien-aimé ! » 

Le cri de l'oie résonne plaintif, [car] elle a pris 
son ver [d'appât], mais ton amour me chasse [loin 

1 Le copte Ncon, M., simul. 

» La phrase présente quelques difficultés. J^IS 3 ?^' 
N^ renferme, je crois, l'auxiliaire I e et le pronom >A qui, aug- 
menté de 8 ■*— * .— i ^* e ^fl»t sert de sujet au verbe*"-': ■ moi , 
seule avec toi, je fais que tu entendes». Le membre final Jt I I 
>A _^^ 8 c Ê a— * ^^ * I <r* *)&* étant réuni à ce qui pré- 
cède par la préposition /■— v, joue le rôle de nom. Il signifie littéra- 
lement : c mon oint de parfums excellents », et me parait s'appliquer 

à l'oiseau de Pount, dont il a été dit plus baut qu'il était ^" 1 

V *-~a \^ * . H n'est pas certain que l'absence de la préposition 

V dans le cas présent soit due à une faute du copiste : certains 
verbes égyptiens se prêtent à des combinaisons transitives ou intran- 
sitives, qui leur permettent d'introduire à volonté leur régime direc- 
tement ou au moyen de prépositions. 



I 



I _-«.( 245 ) 

d'elle], et je ne sais pas m'en délivrer. J'enlèverai 
mes rets, et las! je dirai à ma mère, vers qui je vais 
chaque jour chargée de captifs : «Je ne prépare plus 
« mon piège ! » car ton amour me tient prisonnière. 
L'oie s'envole, se pose, elle a salué les greniers de 

1 i^ 1 1 ^t est du masculin, [I est du féminin; c'est donc au 
dernier mot féminin que se rapporte le membre de phrase qui renferme 
Il , et le dernier mot féminin est ** jl M «S j^ NA • je ne 
sais pas détruire ton amour •. 

1 Deux mots nouveaux : i° I J_ I * aui est • filet • , 

avec cette curieuse flexion du pluriel en \ I « , que personne n'a 
remarquée jusqu'à présent; a° Q> 1 1 fa^ i formé de la même ma- 
nière que _*_ 1 1 *^ft i , JB I I ^» i , t oiseaux tombés , renversés • 

(de ^ *•**) ou cprist (de 2* ~ ). 

3 Cest l'oie qui a donné son nom au dieu Siv. 

4 Le mot sous cette forme n est dans aucun dictionnaire. Il ap- 
partient sans doute à la même famille que les mots cités par Brugsch 
(Dictionnaire hiéroglyphique, p. 1 5 a 5- 1 5 26, i53o), et dont le sens 
est encore mal déterminé : il semble marquer le cri particulier que 



{ 246 )**— 

i 1 ^». i i i î «^ LScJ tLa&À<fâx.£' . \--j&.vsy*œ/.M0mBt&%. ami mL 

M:jTB.:.«yw«]H>MH.:.n?.v 

son cri ; la foule des oiseaux croise sur le fleuve, [mais 
je ne fais plus attention à eux, je ne songe qu'à] mon 
amour seul , car mon cœur est lié à ton cœur, et je 
ne puis m'éloigner de tes perfections. 

[Mon frère] sort [de sa maison, il passe sans s'in- 
quiéter] de mon amour, et mon cœur s'arrête en 
moi. J'ai beau voir les gâteaux et les parfums, j'ai 
beau apercevoir les sels et les essences, ce qui est 

pousse l'oiseau en apercevant ou en sentant un objet. Ici , l'objet est 
Il II , que son déterminatif nous force à traduire « les 

greniers » : foie a senti ou aperçu le grain et pousse un cri. 

1 Le mot à mot donne : « Mon cœur est le balancé de ton cœur, » 
c'est-à-dire : mon cœur est au tien ce qu'un plateau de la balance 
est à l'autre plateau , l'équilibre du premier dépend de l'équilibre du 
second. J'ai remplacé l'image égyptienne par une image analogue, 
qui ne rend pas toute la force du terme. Les mots qui précèdent 
n'ont pas la prétention de restituer la phrase perdue : je les ai in- 
troduits dans la traduction pour montrer comment j'entends le sens 
du morceau. La femme amoureuse peint dans la première partie du 
morceau les oiseaux tournant autour de la nourriture qui les attire; 
j'ai cru qu'elle déclarait dans la seconde qu'elle tourne de même 
autour de son amour et ne peut plus s'en détacher. 

9 Le début de la chanson manque et la restitution proposée n'est 
qu'un à peu près. Dans ce qui suit, le déterminatif jm^. rend né* 



.( 247 

doux à la bouche, c'est maintenant [amer pour moi] 
comme le fiel d'un oiseau. Ce sont les souilles de ta 
narine qui seuls donnent la vie à mon cœur, et alors 
il me semble qu'Ammon m'est donné à toujours et 
à jamais. 

O mon bel ami , mon désir c'est [que je devienne 
maîtresse de] tes biens en qualité d'épouse , c'est que , 
ton bras posé sur mon bras, tu te promènes à ton 

ccssaire la présence en cet endroit d'un verbe de vision. On a donc 
les débris de deux membres de phrases parallèles : 



w?% 



C... J 1 / jK. Jr\ 1 1 i i ^»; X i • t 



où deu\ régimes suivent chacun un verbe. La lacune doit donc élre 
remplie par un verbe assez long, terminé en jm^ : ie ne vois d'autre 

mot possible que Q jl V 8 ^. , employé au bas de la mdme 

page, 1. îi. 

1 LitL : • J'ai trouvé est donné à moi Ammon à toujours et à ja- 
mais. > C'est la suite du membre de phrase précédent : l'amant est 
la vie, et, quand il vient, l'amante pense qu'on lui a donné le 
bonheur éternel du dieu suprême Ammon. 



( 248 )**— 

gré, [car alors] je dirai à mon cœur qui est dans 
ton sein [mes] supplications 1 [Si] mon grand ami 
[ne vient pas] durant la nuit, je suis comme qui est 
au tombeau ! Or toi , n'es-tu pas la santé et la vie , 
celui qui transmet [les joies] de ta santé à mon cœur 
qui te cherche ? 

La voix de la tourterelle résonne , elle dit : « Voici 

1 Litt. : «Le approchant [les joies] de ta santé à mon cœur qui 
te cherche. • 

' Goodwin traduit l'c hirondelle » , et le mot a souvent ce sens , 
comme le prouvent la vignette du chapitre lxxw du Livre des Morts 
et la stèle 1 34 du Musée de Turin (Notes sur quelques points de gram- 
maire et d histoire, dans le Recueil, t. II, p. 108). Toutefois, on voit 

figurer, dans les tombeaux de l'ancien empire, un oiseau ffï ^*-, 

qui rappelle le pigeon plus que l'hirondelle. Au tombeau de Ti, il 
est associé à l'oie chenalopex et engraissé avec elle. Deux paysans , 
accroupis devant une table basse, chargée de boulettes oblongues, 
les fourrent dans le bec des oiseaux : un petit vase, placé sur le sol 
à côté d'eux , leur fournit l'eau nécessaire pour aider la bête à avaler 
chaque morceau. L'un tient les oies, l'autre opère sur les tourte- 
relles. Cette manipulation s'appelait d'une manière générale \ 
# V "^ «a*, «entonner la pâtée aux oiseaux •, \ c^ étant un 
simple factif de V r=±> , V . Chaque individu a une petite lé- 



— w( 249 ) 

<( l'aube , las, où est mon chemin? » Toi , tu es l'oiseau , 
tu m'appelles, j'ai trouvé mon frère dans sa chambre 
à coucher et mon cœur s'est réjoui plus que leurs 
[cœurs], et je ne m'éloignerai point, mais la main 
dans ta main, je me promènerai et je serai avec [toi] 
en toute place, heureuse puisqu'il fait de moi la pre- 
mière des femmes et qu'il ne brise point mon cœur! 
Ah! que je mette la tête à la porte du dehors, 
car voici, mon frère vient à moi. Mes yeux sont fixés 
sur la route, mon oreille écoute les bruits de pas sur 

gende à côté de lui , M | -* J^ M « empaler l'oie » (M pour U fa»0 el 
P | • Jï ^^ « empâter la tourterelle ». En lâchant l'oiseau , on lui 
disait : A « Va ! ». Le tableau nous montre les volatiles repus errant 
à f aventure : cela s'appelait ,— ^ M ^^ ■ B ™ "V* V M ] ^ %Tl 

■ promenade des oies et des tourterelles après empalement ». 

"7 



V 



\ 



250 ) 

Utîayirx:t^:[ACM4TiïC 

la chaussée , car je me suis fait de l'amour de mon 
frère le bien unique, et mon cœur ne se tait 
point quand il s'agit de lui. Mais il m'envoie un 
messager aux pieds rapides à entrer et à sortir pour 
me dire : « Je ne suis pas libre ! » Dis plutôt que tu 
as trouvé une autre femme. O toi dont on ne se lasse 
point de contempler la face , pourquoi briser le cœur 
d'un autre jusqu'à la mort? 

Mon cœur est si heureux de l'amour que tu as pour 
moi, que la moitié de devant de ma coiffure [tombe, 

1 C3Ba , .et A Un V. *°nt deux mots nouveaux. 

^Êmm ^tmm W jm iJ 1 1 Jt% \ I 

_ _ ^ A me paraît marquer le choc dû pied contre le sol et le 
bruit qui en résulte , ^ 1 1 m jk , la chaussée d'une route , 

le sol durci d'un sentier : c'est du moins le sens qui résulte presque 
nécessairement du contexte de la phrase. 
V * Litt : • Je suis pris. • 

3 Le mot à mot de cette phrase donne : • Lui on contemple sa 

face, pourquoi (\ ^ == A2po<<) le briser le cœur d'un 

autre à trépasser ( J ■ ^^ = 9 J ) ?» La forme interrogative à la 



.( 251 ) 

quand] je viens en courant pour te chercher, et mon 
chignon [est défait. Pourtant je te jure] que je pare 
ma chevelure et que je me tiens prête à toute heure. 

Immédiatement après cette dernière strophe com- 
mence le Chant du Harpiste dont j ai donné la tra- 
duction et les variantes dans une autre partie de ce 
Recueil 3 . La place qu'il occupe paraît étrange au 
premier abord, et Ton pourrait s'étonner à bon droit 

troisième personne pour la seconde se trouve dans un assez grand 
nombre d'exemples, dont le plus caractéristique est au Papyrus 
dOrbiney, pi. XI, 1. 5. L'idée enfermée dans cette lin de la chan- 
son me paraît être analogue à celle qui a inspiré le Lied de Heine : 
• Ein JùngUng liebt ein Mâdchen ». L'amoureuse , soupçonnant son 

amant de poursuivre une autre femme ( , fém.), lui demande 

pourquoi il veut briser le cœur de l'autre homme (i I^O*> masc.) 
qui aime cette femme. 

1 ^ =l *^ ^ u* *T* [^M . litt- : « la moitié de tempe de [mes] 

tresses » , par opposition à V W" jk 1 1 #jfc ^ \k I I >A 

I I w i I « la nuque de ma chevelure » , mon chignon. La resti- 
tution de ce passage m'a été suggérée par le Papyrus dOrbiney, 
pi. III , 1. 2-3. 

* ■ Je suis achevée ( ) chaque jour. » 

3 Etudes égyptiennes , t. 1, p. 177-185. 

•7- 



.( 252 

de le rencontrer au milieu des chansons d'amour, si 
nous ne savions, par d autres exemples , que les Egyp- 
tiens se plaisaient aux contrastes violents. Hérodote 
raconte qu'au milieu des dîners d apparat, vers le 
temps que la gaieté des convives était le plus 
bruyante , on faisait circuler une petite momie en bois 
déposée dans son cercueil. L esclave qui la présentait 
disait à chacun : « Regarde ceci , puis bois et prends 
«du bon temps, car tu seras tel après la mort 1 .» 
On sait que cette coutume raffinée passa à Rome , au 
temps de l'empire, avec d autres usages égyptiens. 
«Tandis que nous buvions, un esclave apporta un 
squelette d'argent dont les articulations et les ver- 
tèbres pouvaient se mouvoir en tous sens. Il le jeta 
sur la table une ou deux fois, et cette poupée arti- 
culée en prit diverses poses, sur quoi Trimalchion 
ajouta : 

«Hélas, hélas, misérables que nous sommes! 
«Comme toute notre pauvre humanité n'est rien! 

« Nous serons tous ainsi , après que nous aura en- 
« levés TOrcus ! 

« C'est pourquoi vivons bien , tant que nous au- 
« rons licence d'exister 2 ! » 

La momie ou le squelette disparu , la gaieté repa- 
raissait plus vive et plus libre. Il en est de même 
au Papyrus Harris : le Chant du Harpiste terminé, 
les chansons d'amour reprennent plus vivantes et 
plus passionnées que jamais. 

1 Hérodote, 1. N, ch. lxxviii. 
f Pétrone, Satjricon, c. 35. • 



•X 253 ) 



C m 



COMMENCEMENT DES CHANSONS RÉCRÉATIVES. 

pourpiers, mon cœur est en suspens quand tu 
fais ce qu'on recherche et que je suis dans tes bras ! 
Je me suis adressée au kohol des yeux pour que j ap- 
paraisse avec les yeux brillants, et je me suis appro- 
chée de toi à la vue de ton amour. O maître de mon 

1 )k TV )k TV * * est le copte M62MOY26, T., 

M62MOY*», M., jJLa.jJ! «pourpier». 

' Litt. : «Tu as fait ce que on (il, X,t) recherche cela! » Je crois 
que ce membre de phrase est l'expression adoucie de l'idée rendue 
plus bas par le verbe N % J"-$ : au moins ce qui suit * ^* V 
_ I ?** A semble-t-il l'indiquer. 

3 Litt. : «Mon implorer le kohol des yeux, mon être vue brillante 
des deux yeux, j'accours à toi. » Le verbe V 8 j^ est suivi dans 

l'original hiératique de signes à moitié détruits, dont je ne saisis 
pas bien la forme. Le parallélisme avec le membre de phrase sui- 
vant semble demander ^, mais les traces d'encre qui subsistent 

ne se prêtent pas à cette lecture. Je crois, du reste, que ces signes, 
quelle qu'en fût la forme exacte, sont des explétifs sans signiGca- 
tion, comme il y en a tant dans notre texte, et qu'on peut les 
omettre sans altérer en rien le sens du morceau. 



>( 254 ) 

MKH* i -prxïii^ , pr:xrA 
îTip^i*i3iv*:*\t:*Ainx 

cœur, qu elle est belle mon heure ! C'est une heure 
de 1 éternité qui me vient, quand je repose avec toi ! 
Mon cœur s'élève vers toi. 

armoises de mon frère devant qui l'on se sent 
plus grand, je suis ta sœur favorite, et je te suis 

1 Litt. : «ô homme, grand de mon cœur. ■ 

' Les déterminalifs des deux mots significatifs ont disparu en 
tout ou en partie, ce qui rend plus que douteux le sens de cette Gn 
de chanson. 

J Le nom M '__ * W A i , qui se trouve souvent mentionné au 

Papyrus Ebcrs (Glos. , p. 38) , a été rapproché par M. Stem du nom 
a6fu, qui, d'après Dioscorides (Mat. Med,, III, a3), était le nom 
égyptien de l'absinthe ou de Yartemisia arborescent, sorte d'armoise 

qui n'est point rare en Egypte. Le déterminatif A qui, s'il est exact 

ici, fait songer à une plante arborescente, rappelle le mot <rov/x (al, 
oovr) qui, dans le même Dioscorides (Mat. Med., II, i85), sert à 
désigner Yagnas costal. J'ai préféré la traduction « armoise t, à cause 
des jolies petites fleurs violettes que porte cette plante. Dans cette 

phrase : H \ * w in 1, comme dans la phrase jC. 1k I j^ 

1 1 * \ a qui commence la chanson suivante , 'k— désigne l'amant. 
Je n'ai pas réussi à rendre en français le jeu de mots produit par 

l'altération de II V â i , nom de la plante , avee 11 ^ 
i être agrandi ». 



( 255 )• 

comme le champ où j'ai fait pousser des fleurs et 
toute espèce de plantes odorantes, où sont charmants 
les canaux que j'ai creusés de ma main pour me ra- 
fraîchir au vent du nord, place délicieuse où me 
promener, ta main dans ma main , le sein ému , le 
cœur en joie daller tous deux ensemble ! C'est une 
boisson enivrante pour moi qu'entendre ta voix et je 
vis de l'entendre : te voir et te voir encore me pro- 
fite plus que manger, plus que boire ! 

O marjolaines de mon frère, j'ai pris tes guir- 

1 Litt. : « Mon cœur se souvenant. » 

4 Le mot à mot donne : «Mon voir en vue toute, ils sont plus 
utiles,» etc. 

3 La transcription de ce mot nous donne I"PT • olivier » , mais je 

ne pense pas que le contexte nous permette de reconnaître ici cet 
arbre. D'après ce qui suit , il semble que les fleurs appelées >C, 1k 



( 256 > 

landes quand tu viens à moi ivre et que tu te couches 
dans ton alcôve; j entre 

Le procédé de composition est curieux à noter. 
Chaque couplet commence par un nom de plante, 

qui fait allitération avec le verbe suivant : J^ f V 
V TV* * makhmokhaoatou , avec \k T \l ) ) *» n*à- 
khaï ; fl ^3 \l ^t X ' s ^ amou > avec P *~~ V ~*"~ sâalou ; 

effets de son ne s'obtiennent guère qu à la condition 
de sacrifier parfois un peu le sens; mais cette con- 
sidération n'arrêtait pas les littérateurs égyptiens. Il 
est probable que le chant tout entier était composé 
sur le modèle des trois couplets subsistants : malheu- 
reusement, la dernière page ne renferme que quelques 
lettres au commencement de chaque ligne. 

I Jï M servaient a faire les guirlandes dont on se parait 

pour boire. Une des fleurs employées à cet usage était la marjo- 
laine, aujourd'hui nom mie en Egypte j&jjf YAciaos de Pline (Hist. 
nat. , XXI, i5, 27) : c'est aussi une de celles dont on a trouvé des 
spécimens desséchés dans les tombes thébaines. Je la considérerai 
jusqu'à nouvel ordre comme pouvant répondre assez bien au nom 



i 257 > 

Tels sont les deux manuscrits dont je m'étais en- 
gagé à rendre compte. Qu'il y eût en Egypte d'autres 
recueils du même genre, c'est ce dont on ne saurait 
douter. Je crois, quant à moi, que l'inscription de la 
stèle G. 100 du Louvre est un fragment détaché de 
l'un d'eux 1 . Cette stèle, dédiée par un roi à sa fille 
Mouliritis, renferme, au lieu du proscynème ordi- 
naire, une description des beautés de la princesse : 

« Une palme d'amour, la prétresse d'Hathor Mou- 
tiritis , — une palme d'amour, auprès du roi Menkho- 
prirî ! — C'est une palme auprès de tous les hommes, 
— un amour auprès de toutes les femmes , — que 
la fille royale , — une palme d'amour excellente parmi 
les femmes , — une jouvencelle dont on n'a jamais vu 
la pareille ! — Noire est sa chevelure plus que le noir 
de la nuit, — plus que les baies du prunellier, — 
[rouge] sa [joue] plus que les grains du jaspe rouge , 

1 Le texte a été publié , avec plusieurs fautes , dans Prisse d" Avennes , 
Monuments, pL IV, 1, et dans Pierrel, II, p. 105-107. J'en ai déjà 
donné la traduction dans les Notes sur quelques points de grammaire 
et d'histoire, S 3 (ZeitschriJÏ fur Aïo.jrptiscke Sprache, 1879, p. 53- 
54). 



>( 258 )• 



— plus que l'entame d'un régime de palmes; — 
ses seins sont bien plantés (?) sur sa poitrine. » 

C'est là évidemment un morceau de poésie popu- 
laire que le rédacteur de la stèle a cru pouvoir appli- 
quer à la princesse. Malheureusement l'exemple qu'il 
avait donné ne paraît guère avoir été suivi; je ne 
connais aucune stèle qui renferme un texte analogue 
au texte de la stèle du Louvre. 

Il n'y a personne qui, en lisant la traduction de 
ces chants , ne soit frappé de la ressemblance qu'ils 
présentent avec le Cantique des Cantiques. Ce sont les 
mêmes façons de désigner l'héroïne sous le nom de 
sœur, les mêmes images poétiques empruntées à la 
voix de l'hirondelle par exemple, les mêmes com- 
paraisons. Il serait imprudent de vouloir expliquer 

1 Brugsch a traduit cette phrase (Dictionnaire hiéroglyphique, sup- 
plément , t. V, p. 433 , s. v. J ^^ J) * I nre Brùste waren sinSbU znr 
Warto (copte 6KIH6, KIH6)». L'absence du déterminatif W der- 
rière J ^, dans un texte aussi soigné que le nôtre t me parait rendre 
difficile le rapprochement avec KIB6, 6KIB6; peut-être A %, mar- 
que-t-il ici le thorax. «B -^ est le mot difficile , et je ne vois pas 

trop comment en déterminer le sens par le seul secours des textes. 
En regardant les représentations figurées , on verra que les femmes 
ont toujours le sein très proéminent et très droit, par conséquent très 
ferme, et l'on sera amené à conclure que cette forme était considérée 
comme une marque de beauté par les Egyptiens. De là ma traduction , 
que je donne d'ailleurs comme étant conjecturale. 



— «.( 259 y 

ces analogies par des emprunts faits à l'Egypte. 
L'Hébreu et l'Égyptien avaient à peu près la même 
conception de l'amour et devaient par conséquent 
parier à peu près la même langue amoureuse. Il y 
aurait donc avantage à comparer l'un à l'autre le 
Cantique et les chansons égyptiennes : on éclaircirait 
peut-être certains passages restés obscurs des deux 
côtés. C'est là toutefois une tâche que j'abandonne 
volontiers à plus compétent que moi : il me suffira 
pour le présent d'avoir fourni une partie des maté- 
riaux à qui voudra l'entreprendre. 



FRAGMENT 

D'UNE VERSION ÉGYPTIENNE 
DE LA FABLE 

DES MEMBRES ET DE L'ESTOMAC. 



Le Musée de Turin possède, entre autres objets 
précieux, un morceau de tablette d écolier qui pa- 
raît n'avoir attiré l'attention d'aucun savant. Il pro- 
vient de la collection Drovetti, et se compose ac- 
tuellement de deux planchettes assez minces, reliées 
par de petites chevilles. Le bois a été stuqué sur 
linge Pin, puis le stuc peint en rouge. L'écriture est 
fine, cursive, du type que nous ont fait connaître 
les monuments des derniers temps de la xx* dynas- 
tie. Le texte était ponctué, mais la teinte de l'encre 
rouge s'est confondue avec celle du stuc, et la plu- 
part des points ne sont plus visibles. Dans son état 
actuel, la tablette mesure 93 millimètres de haut 
sur 35 centimètres de large, et n'a plus que huit 
lignes dont voici la transcription : 

Procès du Ventre et de la Tête, — où sont pu- 



< 261 )•« — 

âPJ?*pj[!Kâ;xusa> 3 \LU,a 

bliés les plaidoyers faits par -devant les Juges su- 
prêmes ; — tandis que leur président veillait à ce 
qu'on démasquât le mensonger, — son œil ne ces- 
sait de pleurer. — Accomplis les rites exigés — 
pour le dieu qui déteste les iniquités , — après que 
le Ventre eut dit sa plainte, — la Tête prit la pa- 
role longuement : 

o G est moi , moi , la maîtresse poutre de la mai- 

. l Litt. : «pour publier ( 56* c ^ r * ^r^ê 6 R euou f» £«*• 

• schrifï, 1873, p. 0,4, to make known after accurate inqairy) ce 
« qu'on a fait de discours à haute voix par-devant les Juges. » Je ne 
sais si Ton a remarqué que les scribes ont traité la plupart des ex- 
pressions où entre ?T\ e JÏ » IIP* 3)' etc * comme de véri- 
tables mots composés qui ne prennent les marques du pluriel 
qu'après le second mot,]) ^ * jft §JTt ^, » HP^^frlP + V 

î2)i etc - 

* Litt. : • Apporter ce qu'on fait en choses justes au dieu, » etc. 
Peut-être faut-il traduire I œ» «sagement, habilement • : «La 

• tête parle sa bouche sagement ». Le mot _ , ici et partout ailleurs 

dans ce texte, est écrit W^,*?*^.: cest déjà l'orthographe qui 
prévaut dans beaucoup de manuscrits hiératiques des basses époques. 



262 

m v>X 1 1 i i i A I J V— * *J^X i i i «i4~ «=» W&? I i 

j: 4 S¥P±»vn%2:i:Jia»fc£î; 

^ son entière, — d'où les poutres partent et qui 
« couple les poutres : — tous les membres [s'ap- 
« puient?] sur moi et sont en joie. — Mon front 
«est joyeux; — mes membres sont vigoureux; — 
« le cou se tient ferme sous la tête; — mon œil voit 
«loin; — la narine se gonfle et aspire Tair; — 
«loreille s'ouvre et entend; — la bouche émet les 

1 Litt. : t Passant les poutres, coupler les poutres. » C'est une al- 
lusion à la maitres.se poutre qui sert de lien aux autres poutres et 
de laquelle les autres poutres partent dans toutes les directions. 

1 Ici, comme au Papyrus de Leyde I 371 (cf. Études égyptiennes, 
t. I, p. id6, note 3), je considère comme la forme écourtée de 

»*, et F origine du copte t dans tott mma main», etc. 

3 C'est l'orthographe du texte. Si elle est exacte, il faudra en con- 
clure que m M * , V H <=>\ *J t est une forme dérivée en V 

initial , d'une racine M _ _ ^ Jf . 

4 Je ne puis expliquer "1. 1 b jl w- j^ que comme une forme 
fautive de . (Brusch, Dict. hier», Suppl. , p. 70a) où le 



scribe, par distraction, aura mis derrière la première syllabe V 
le pluriel de l'article ^L S. La locution ^ V 1 \ IK3 J * Jï 



{ 263 ) 



<^Aï-x.ru*Pfs^ 



wrtm* 



Uïàmti 



a sons et cause; — les deux bras sont vigoureux — 
<« et font si bien que l'homme arrive à la considéra- 
it tion, — marche le front levé, — regarde en face 

a les grands comme les petits — C'est 

a moi qui suis leur reine, — c'est moi la tête de 
«mes compagnes, qui ferai un très mauvais parti 
« — & qui a tenu ce langage, — n'est-il pas faux? — 
«Qu'on m'appelle la tête!» — C'est moi qui fais 
u vivre , . . . » 

est aualogue à la locution f£ V j , que j'ai signalée ailleurs : 
« La bouche émet [les sons] et trouve sa réponse, » 

1 Litt. : • Ses deux bras ( se rapporte nécessairement à \± , 
t qui est du masculin) travaillent à [ce que] vienne l'individu étant 
«distingué, étant son front levé, — étant il regarde les grands 
« comme les petits ». m _*^ jA est la forme en m prothétique de 

2L!^JL<L!*j! v 2|'«H^ ( Bru s sch ' Dicu hiér * 

p. i558; Suppl. , p. i336). 

1 II manque la valeur de cinq à six lettres à la fin de la ligne. 



264 

Le reste du plaidoyer a disparu avec le reste de 
la tablette; quelques fins de lignes effacées m'em- 
pêchent de traduire entièrement le peu qui subsiste 
du début. On n'y reconnaîtra pas moins sûrement 
une version de la fable des Membres et de l'Esto- 
mac, analogue aux versions orientales qui donnent 
à cette fable la forme dramatique d'un procès. Les 
savants qui s'occupent de ces matières tireront 
mieux que moi les conséquences générales de cette 
découverte. En ce qui concerne spécialement 
l'Egypte, le texte dont je viens de donner la tra- 
duction nous fait connaître pour la première fois 
d'une manière certaine quelques-unes des formali- 
tés usitées dans une cour de justice égyptienne. Les 
trente ^^^^J A sont réunis, leur président ^ , 
tout en surveillant les débats, ne cesse de verser 
des larmes, ému sans doute par les harangues pa- 
thétiques qu'il entend; les deux parties plaident 
elles-mêmes leur cause et font des effets d'élo- 
quence. Il est fâcheux que la fin manque : peu I être 
nous aurait-elle donné, avec l'arrêt du tribunal, 
une idée sommaire des formalités qui accompa- 
gnaient le prononcé d'un jugement dans l'Egypte 
pharaonique. 

Boulaq, le 11 novembre 1882. 



QUELQUES FRAGMENTS INÉDITS 

Ht 

LA VERSION THÉBAINE 

DES UVRES SAINTS. 



Le hasard m'a Fait tomber entre les mains des 
feuillets de papyrus ayant appartenu à cinq manus- 
crits différents de l'Ancien et du Nouveau Testament. 
Je n'ai pas eu le temps de dessiner le faf-sùnilc de 
quelques-uns d'entre eux; l'écriture est une petite 
onciale, très analogue a celle de plusieurs papyrus 
de Turin, et doit par conséquent remonter au v° ou 
VI' siècle. Beaucoup de ces feuillets sont trop muti- 
lés pour pouvoir se passer d'une restitution. Où je 
l'ai pu, j'ai employé à combler les lacunes les frag- 
ments cités par Tuki dans sa Grammaire. Ailleurs', 
j'ai suivi la version mcmpliitiquc, en tenant compte 
soigneusement des indications que me donnaient les 
débris du teste original. Partout où j'ai cru recon- 
naître que la version tbébainc différait du texte d'Ide- 
ler pour les psaumes et de Wilkins pour les évangiles . 



.( 266 

les seuls que j'aie ici entre les mains, j'ai préféré 
m abstenir l . 

Louxor, le 10 février i883. 

I. — ANCIEN TESTAMENT. 

À. — Un feuillet écrit des deux côtés et mutilé 
en haut, nous donne deux passages du chapitre m 
de l'Exode. 

V. 9. — [ ]n6Y*ox2[ex ]tgpc 

NfMNKHMG o[y]b6 ï*MOOy N2HTM. 

V. 10. T6NOy GG. AMOy TAXOOyK C1)A 

<j>ApAO> nfpO NKHM6 NrGlNG M n AXA OC NCQH- 

[p]e ftntcpAHx g box SMnKxs nkhmg. 

V. 1 1 . — nexxq Tî<yt mcdychc NNASpnnNoy- 

T6 X6 AÎTP NIM ANOK X6 GÏGBCDK U)A <j>AfACl> 
nppO NKHM6 XyW [XJG 6Ï66IN6 6 BOA N<l)H[p6 
MJniCpXHX 6BOX 2M [riKA2 n]kHM6. 

V. 12. — nGJCAM [a.g ri<yi] nNOyve mmcd[y- 

CHC 6JMXCDMMOC [X6 GÏ6]o)U>n6 [ïTMMAK. . . 

6T6tn6ci)m]c96 KinN[oyTe 6*p]aï Ïm neï 
Tooy. 

V. 1 3. — nexxq rtet mcdychc nn AzpRnNOy- 

T6' X6 6IC2HHT6 ANOK ~}*NABCDK C1)A NU)Hp6 

RniCpXHX TAXOOC NAy X6 T1NO[YT6] NM6- 

1 Ces fragments avaient été étudiés et préparés pour la publica- 
tion , il y a plus de trente ans , par un homme dont l'œuvre entière , 
restée manuscrite, a été dispersée. J'aurai, je l'espère, f occasion de 
faire connaître ce curieux personnage. 



< 267 y 

TN6IOT6 n6 n[6N]TAqfNNOOYT C1)XP<d[tn] 
NCGXNOY6I X6 NIM u[e] n6qpXN , 66INXXOOC 
NXy X.6 oy- 

V. i4. — nexxq u[g]\ nNOyT6 RmcdVch[c] 

X6 XNOK n6 n6T[cQOOn] TXÏ T6 G6 6t[6K- 

xooc] NNc^Hpe Rn[icpxHx] ne-rc^oon 1 [ner*- 

TXM fTi]NOOYT 0)[xpCDTN], 

B. — Cinq feuillets, mutilés. et salis de poussière, 
renferment les débris de plusieurs psaumes qui man- 
quent à l'édition de Peyron. 

Psaume xxxiv, v. 19-22, 27-30. 

V. 19. — [eyneijpxze Rmoî xy«> [xyxkujxî 
nccdî ?n" OY^Kjcçxp.xYîpoxpex] nnoy [nxxî- 

X6 62PXI 6XCDÎ]. 

V. 20. — [nxoeic] xknx©cdc9t[tnxy 

mïT Tx]Mïrï*q)Hp6 MM[xyxxc 6BOX2N ï]h\- 

V. 21. — [-J-nxoy]<i>n2 nxk 6 boa [nxoeic 
ïïT oy]no© n6[kkxhcix. ?n* oyxxoc euiOfO) 
+nxc]moy e[pOK]. 

V. 22. — [HrîpTpOY P*u)]g e[zpxi gxcdï ngi 

N6TÔ] NXXX6 e[pOÏ ÏN OYX.IN<yONCN6T6- 

1 Memph. n£c AKNXxoymT NONxy -*- mxtxcoo 

NTX^yXH 6BOX2X TOYM6TCXMneT2CI)OY -H N6M 
TÀM6TCl^Hpi MMXyXTC 6BOX2A lANMOyî. Deux lignes 

du texte thébain ont complètement disparu dans notre manuscrit. 

18. 



.( 268 ). 
mo]ctg mm[oî enxiNXH. 6y^]u>pM 2ïî n[oy- 

BXx]. 

V. 27. — [gyxiujiig nc60yci>xc 21 oycon 
R<yi N6TOY6U) NxneoooY *• gy<?ooxg] ncdoy 
rîOY^in[6 mïï oyccDO)] rï<yi N6TX6NO(y[N6ff 

G2]pXÏ GXCDÏ. 

V. 28. [6YNx]t6XHX NT0[y]0Yn[0<I NJCh' 

NGTOY6C1) M[nXA.IKXIOCJYNH. 

V. 29. — [gynxxoc] noyogio) ni[m xg 

ÏÎX06]lC XÏXÏ. [ïïffl NGTOY6C1)] -|*PHNH MnG- 

[kbcdk]. 

V. 3o. — [nxxxc 6<i]nxt6xhx Sm n[6KJU- 

kxioc]ynh mn n6K[ci)OY^OY RnGsooY] 
THpq. 

Psaume xxiv, v. 1-2. 

[nxcDK 6BOX Mne-fxxMoc] NA.xyeiA. nzM[sxx 

Mnxoeic]. 

V. 2. — [TînxpxNOMo]c xcummoc [5m ne- 

M2HT. XG -|-NXp]NOB6. [nOOTG Mn]NOyT6 
Mn[GMTO NNGMBxJx 6 BOX AN. [XG XMpKpOH 

MneqMTO gbox] 2 . 

Psaume xxxvm, v. 2-9, 12-1 4. 
V. 2. — [ MnxM-ro è] BOX. 

1 Tout ce débat du verset dans Tuki, p. ai 3. 
* Tuki, p. 268, 532-533. 



— «*.( 269 > 

V. 3. — [xï"pko]yp- xïob[bio. xïKxpcuï gb]ox 
Ïn" Nxrxe[oNJ. 

V. A. — [nxMKAz xjqpBppe GnfxaOY nxzHT 
xm2m]om Mnxc[x20YN], 

V. 5. — [xy<i> oyk]u>Jt nxm[oyî în" txmg- 

X6TH. XÏU)XX.G 2M nxjxXC X6 Mx[TXMOÏ 
F1.X06IC 6TJX2XH. [xyiD THF16 n]nXSOOY *.6 
OY[Hp T6 6Ï6|]m6 X6 GÎU)Xx[t NOy] *• 

V. 6. — [xk] TpeNxzoOY [xyT^nxc. nx] tx- 

XpO Ô N66 FïfOYXXXY MneJKMTO 6BOX. 

V. 7. — [ ] qq^OYGiT pa>[M6 nim 

6MON2.] XÏX^*****- [M6NTOI ré] 6p6 FipCDMG 
[mOOU)6 2ÏTOYJ2IKCDN. 

V. 8. — [nxHN C6 ujtp]tu>p enxmfxH. xq- 
2ioy6 62joyn mcooyn [xn x6 x^nxcooy*] 
mmooy nn[im]. 

V. 9. [^Y^ T6NOY NIM n]e TX2Y[ no ~ 

mon h m h nxocijc xn n[c]. 

V. îa. — [ xktp]g Te[<i4 / "Y XH BCDX 

G BOX] N06 [NOY2x]xOYC [nXHN p]o>M6 NIM 

e[nxiNXH neY^Tpxjcup. jux^[xxmx]. 

V. i3. — [ccdtm e]nxo>xHx [mn iixtcdb*. 
.xi cm h g]nxpmg[iooy6. mTïpk]x[p]cdk èp[oï]. 

V. 1/1. — [xe xTTr oyFmJn^oixg 2M[nKX* 

1 Tuki, p. 218, depuis XIO)XXG. 



.( 270 )**— 
Ay]a> e\G\\iDoy [fiée nn]agiotg thp[oy- 

KJU> NAÏ X6 6ÎGk[|IA M]nX-j-RO>K Tx[TM(l)(Dn6 

an]. 

Psaume xxxix, v. i-3, 6-11, 15-17. 
[n]xœk 6BÔx ne-f[xxMOC na.xy6ia.]. 

V. 1. — [ïïT] aynoMONH aï[^oki)t g boa 6]n- 

.XOGIC [a<I-|-]2THM 6pOÏ A[yd> AMCCDTM GF1A- 
U)AH\]. 

V. a. — [amn]t 62PAÏ 2fln[xXKKOC fiflTAAG- 

n]u>piA mn non[6 ngyah]. 

V. 3. [a<It]a26 NAOY€pH[T6 6pATOy Zl] 

xT* OYnexpA. [Aycu] ahcooytmT n[ata^cg. . • 

] 6pOï[MN OY CMOY]Mn6N[NOYT6. 

6]y[g]nay 

V. 6. — [ ]oyco)Mx xe akcFtg>[tm 

NAÏ.] N6GAIA MN N6T6(1)Ay[n 2A n]NOB6 MflG- 

KOYxujoy. 

V. 7. TOT6 AÏXOOC X6 6l[c AÏ6Î]«ICH2 

STT OYKG<|>AAIC 6TBHHT. [G]xpAGipG nANOY" 
TG M[nGT62NAK]AYU> nGKNOMOC 5TT TAn[h- 

sg]. 

V. 8. — [AJïGY*rrGAiZ6 noy^.ik[aiocyn]h 

ÏÏTOyfiOG HGKKAH[CIA. 6l]C2HHTG nnakoay 

n[pu>ï]. 

V. 9. [nXOGl]c NTOK NTAK Gl[MG MnX- 

A.l]KAIOCYNH. [MHA2]u>n FÎT6KMG2Mn[A2HT . 



— ♦#.( 271 y 

\yii> a]ïxû) Mn6KOYx[xï.MnA2]o)n MneKNA 

[.Ay<l> NJTGKMè 6ycyNAr[a>rH]. 

V. îo. — [nto]k .a.6 nxoeic MÏïpfTpe ne]- 

KU)A Ù*TH«i Oy6 É*m[oÏ nGKJNX MN T6KM6 

HTCc^orrr epooy, Noyo[eiq) nim]. 

V. 11. [X6 A]yAMA2T6 MMOÏ H[ffl NJ6T- 

[*ooy ]• 

...• . . . . 

V. l5. [aa]aA NCG 6y<j>pAN6 62Pa[k tï]ffl 

OyON NIM 6TU)i[n6 NCO)]k H.X06IC . NC6- 

xooc ùoyoeiq) nim [xe] nxoeic aïaïaï N6- 
GT[M6pe] MneKoyXAï Fioyoeici) [nim]. 

V. 1 6. ANT Oy2HK6 ANT oy[ffo>B] nXOGIC 

ne nApooyci). 

V. 1 7. — [nto]k ne riABOHeoc Ayci> [ta- 
na]u)t6 nANOyT6 ùïïpocR. 

Psaume xl, 1-6, 7-12. 
[nxci>K 6]boa Mn6^xxMoc NJLxyei^. 

1- [NAlATq] flnpO>M6 6TNA-|-2TH[q è 2N- 

z]hKB MN OyGBIHN €[p6 n.X06l]c NATOyXOM 

tïT ofysooy MnoJNHpoN. 

V. 2. [nM2Ap]62 6pOM NHTANîfOM NqXAJ- 

PIZ6 MMOq Z\SJ\ [flKA2 AyO> n]n6«ITAA<I 6TOO- 
T[oy TÎN6]qOLAX.6. 

V. 3. — [nxoejic nabohoia èpoq [2i5EF? 
ne<y]AO<y Mnc<<MKA2 [Ù2ht.aktac]tô Rneq- 

MANNKOT[K THpq ?M n6M](l)G>N6. 



.( 272 y 
V. à. — [xnt xïx]oc xe n.x[o6ic nxi nxï]. 

V. 7. — [ xyu> à]ycmin6 Noyujxxe 

RnxpANOMON MH nGTNKOTK M6«iOY<l> fc] 
TOOTM 6TCUOYN. 

V. 8. — Kxîrxp npcuMG ntxïgiph[nh] gfigî 

KCDN2THÏ GPOM . n6TOy6M O6IK NMMXÏ X<l[q6l] 
Sne^-j-BC 62PXÏ 6.XCDÏ4- I . 

V. 9. NTOK A.6 nX.OGIC N* NXÏ x[yCI> 

mxt]oynoct TXTC1H1>[B6]. 

V. 10. — [?m n]xï xï6iM6 xe xkoyao)[t 

x]g nxXAXe pxcgc mm[oï]. 

V. 11. [xNr] A.6 XKO)OnT epoK g[tbg 

Tx]mNTBXA2HT. [x]KTXXpOÏ Rn6KM[TO è]- 

bq[x]. 

V. 1 2. — [<Tcmxm]xxt n<?i nxoeic n[NoyT6 

M]nuTA XIN6N62 U)X g[n62 6<l6a)U>]n6 6H6- 

[u)idï\g]. 

Psaume xli, v. 1-9. 

V. 1 . [HO6 GTGpG OY6IOYX M6 NffCD 2l3CN 

ZONBG MMOOY- TAÏ TG OG GTGpG Tx4"Y XH 
M6 NGÎ GpXTK* nXNOYTG 2 ]. 

V. 2. [XG GINHY TTTXY TAOyCDN* GBOX 

Mnzo MruNOyTGJ 3 . 

1 Ce signe revient très arbitrairement à la Gn des lignes ; je l'ai 
laissé partout où il était. 

* TuLi, p. 235, où le texte est très corrompu. 
3 TuLi, p. 87. 



— «*.( 273 y 

V. 3. — 

[xe epe nxoeic nNoyTe nhy ujxpoï tnav] 1 . 

V. 4. — 

[ÏÏT o]yCMH NT6XHX 21 OY^>N2" [g]bOX N^pOOY 
MnGTpO)Â. 

V. 5. — [6t]bg oy tg xynH tv^y xh - 

[xy]u> 6TR6 OY T6 Cl)TOpTP M MOI, 

V. 6. — (Wjxnize enNoyTe x.e -|-nx[o]yu>n2 
nxm èfiox. [no]Y^CA.ï Mnxzô ne nNOyTG 1 . 

V. 7. [x TX]'4 / "Y XH ^TOpTf N2HT . [gtb]g 

nxï •|-Nxpn6KM6eYG [nx.x}oGic ?m ukxz ?m- 
n[iop.x.]xN[HC nm] epMON gbox ï¥ï nTOo[v 

nkoy>]- 
V. 8. — [nNoy]N naoy<9 oy^e n[NOyN . 

GY^POOY NN6KKXTX2[pXKTHC N6K]pOOY9) 
THpOY MN NG[k2IOOYC] Xy6Î 62pXÏ 6XXDÏ. 
[nX0]6lC NX2CDN MnG<INX [xy]<1> N«ÎOYON2M 

g box [Ïïa ne<?]a>[p2]. 

V. g. — NfTOMfen [ }. 

Psaume xliv, y. i3-i8. 

V. l3. [CCDTM TXO)GpG NTGNXy NTGpi- 

kg MnoyMAXxe. ntgpïicdbu) miioy**oc mn 
nm MnoyGicDT.] X6 xnppo GmoYMGi cno- 
[ycx] x.g nto«i ne noY^oefic] 3 . 

3 Tuli, p. 3*i. 

' Tuki, p. 87. 

3 Tuki, p. a 10. Le texte imprimé donne N Te N KG, que j'ai cru 



i 274 
V. i4. — c6NAOYa>2r? Nxq hgi Ki[ci)66pe] 

NTYPOC N26N-A.O>PO[n] CGNACOnC MTÏ6<t20 
n[<?I N6JPMMAÔ MnKAl. 

V. i5. — neooy thp«î Rtu)66[p6 Hnppo] 
Hè[c6nci>N] . 1 ec<yoox6 nîîïaooy nn[oy*] 6yô 

NAY6IAYAN. 

V. l6. C6NAX.I N2ÎT nxpe6NO[c] 2inAK>Y 

flMOC. C6NA6IN6 NAK NN6[cU)B66p6 THpOY-] 
C6NANTOY ÎN" OYOYn[o«* .] CGNANTOY 5n"OY- 

tg[aha è]npne Hnppo. 

V. 17. 6 ri M A KNOY6IOT6 A[nï<p66]p6 

u)(Dne N6. Ayu> tgnakaoicta napxcdn [ex.] m 
nKA2 [xHpq]. 

V. 18. C6[NAPnM66Y6] Hn[6K.pAN . . . .]- 

Psaume xlv, y. 3- 10. 
V. 3. — [ a]y<9*i"OptF Ïh t6«içom . 

A.IA^AAMA. 

V. 4. — [ngJmoong Hmepô na6y4>P*[ n6 
ex]noAic fin6NNOYT6. 

V. 5. [a n6TX]0C6 TiB6 tl6«IMAN<l)a>n6. 

[A nNOy]T6 2N T6CMHT6 NCNAKIM AN . [a 

hnoy]t6 nabohgia epoc fin[6c]2TOOY6. 
V. 6. — [a nîJggnoc OJTOpTp a HMFrfppo 

PIK6. [Aq-|-NT]6<ICMH A flKA* KIM. 

pouvoir corriger en NT6piK6, d'après le memphilique renne- 
Mxcpx. 

1 Tuki, p. 93. 



■( 275 

V. 7- — [kh nNOyT6] nngom nmman. neN 
[p6qq)on*r]N èpoq ne nNOyT6 [niak]u>b. .aja- 

V. 8. — [amoy]an*y 6 Nei»HYe[Hnx]oeic. 

[N6C9nHJp6 NTAqAAy SlXfi C1KA2. [fl6TAAffO 
MMJnOAGMOC <1)\ ApHJXM Mn]KA2. 

V. 9. — [AqoY<i>]q)B ROYniTe ay<i> Tiqaop- 
B6C [noyîoiiaoJn FTR oyoypcdn mna[pok2oy] 
ÏïT OY[KU>]rf . 

V. 10. — [cpoqT 6M6 xe ANJOK[ne] nNoy- 

T6 

II. — NOUVEAU TESTAMENT. 

C. — Deux feuillets provenant d'un manuscrit de 
l'Évangile selon saint Matthieu. 

Le premier feuillet, numéroté pX?, renferme les 
versets a 2 -a 6 du chapitre xxi. 

V. aa. — [ JmmooyÎm ne<9AHA6T6- 

TTÎniCTGYB. TGTNAXlTOy. 

V. !l3. NT6P6HBCDK [.A.J6 620YN , 6n6pri6 . 

A Y[+ n ] 6 Y°Y ï ^poq eq-ffcBcu 1 n]^i Nxpxie- 
peyc [mn N6np]ecBYT6poc [finxAOC GY-x<i>*i- 

MOC. -XG2PAÏ 2N AU) N6ÏOYOA 6K6IP6 NNAÏ 2 

]• . 

V. a4. — [AqoYoxi)* nsi ic: n&XAq nay- x.g 

1 Tuki, p. 477, met cm-J-ciicd après enepne. 
' Tout ce verset dans Tuki, p. 677. 



*.( 276 



-J-NA.XN6THTN 2CD 6Y^M-^6 NOyœT nAÏ 
6T6TNU)XNXOOq NAÏ. ANOK ZiD -j-NAXOOC 
NHTÏJ . X6 GieipG NNAÏ 2N AU) NGiOYClÀ. 

V. 25. [fÏBAnTICMA NlcDANNHC Oy 6BOA 

zïT me ne. x.ih oy gboa JnT npcdmg ne. 

NTOOy A.6 AYM66Y6 è^pAÏ N2HTOY GY-XCDM- 
MOC X.6 n](1)ANXOOC -X6 OY 6BOA. 2N" Tn6 

ne 1 qNAXOoc nan. xe erse oy se 2 Rne- 



_ v 



TNniCT€Y6 GpO«l. 

V. 26. — Gigcune 3 a.6 [n]cijanxooc x.[e oy 
èBOx.]lrî ngpcd[m6 4 ] ne. tnpîotgîhtm [fin- 

MHU)6. OyON TAp Nm BfC Iu>2ANNHC NTOO- 

Toy *u>c npo<|>HTHc] 5 . 

Le second feuillet, mutilé par en haut et par en 
bas, renferme les versets 32-34, 38-Ao du cha- 
pitre xxv. Les versets 32-33 et partie du verset 34 
manquent à Woïde 6 ; notre texte est assez mutilé, 
mais la restitution entière en est fournie par un passage 
de Tuki, qui donne les versets 3i-3A de ce cha- 
pitre 7 . 

V. 3l. [fcOTAN A.6 GqCQANÏ Nffl n(l)Hp6 

1 Le manuscrit porte 2N Tneene. Tuki, p. 3 10, passe ne. 

* CG passé dans Tuki, p. 3 10. 
9 Tuki, p. 3io : ecycun xe. 

4 Ibid. : 2X NPCDM6. 

6 Tuki, p. 3 10, donne en entier h>s versets 2 4 -3 6. 

* P. 28. 

7 Tuki, p. 366. 



+f( 277 



MiNpcuMG Gîpxï SFï ncqèooY- **n NG<ixrrcxoc 

THpOY NMMXH. TOTG HNA2MOOC 6XM H6- 

oponoc MnGqèooy. 

V. 3a. [NCGCCDOY2 GîOyN MriGHMTO GBOX 

NN6QNOC thpoy N^ncupx. Rmooy GBOX 
NNGYGpHY nog noy<9u>u)g] q>[xqna>p.x nn]g- 

COOY èB[0X NNBXXMnG]. 

V. 33. — - ngcooy M6N [NGqTxzooY èp]x- 

TOY2ÏOYNx[m fiMOM. NBXJXMnG A.G2I 2s[OYP 

SMoq]. 

V. 34. — [t]otg mnxxooc .H[<yi nppo nn]g- 

T2ÏOYNXM MM[OM 1 X6 XMOlpTN N6TCMX- 
MX[XT 2 NT6 nX6]lCDT NT6TNKXH[pONOMl 

n]tmnt6po ntxycb[to)tc nhtn xintkà- 

TXBOXH MnKOCMOCJ. 

Les versets 35-36 de notre texte n'offrent d autre 
variante que nhtn pour nhthn de Woïde : il est 
donc inutile de les transcrire. 

s 

D. — Trois feuillets, mutilés par en haut, ren- 
ferment des fragments inédits de l'Evangile selon saint 
Marc. 



1 La partie du texte conservée par TuM finit en cet endroit. 

* La partie du teile conservée par Woïde commence à — poî 
N6TCMAMAÀT; elle donne une version analogue à la Memphi- 
tique , mais un peu différente de celle de notre manuscrit. 



.( 278 )<4— 
Chapitre I, v. 36-38, 4i-44- 

V. 36. [ ïï]ff| CIMCDN MN [N6]- 

tnmmxm. 

V. 37. — xyo> ^t6[p]o[y]îb epoq. nexxy 

NX[q X.]g C6C9IN6 nccdk THpoy. 

V. 38. n&XA<4 .A.6 NXy X6 MXpON, 6N- 

K6MX 6N-}~M6 6T2HN, 6*OyN MN MnOXIC X6- 
KXC ON 6Ï6TAOJG06KI) 2pxï N2HTOy 

V. 4i. — [ xe -j-oy]a>ci) [tbbo]. 

V. 4a. — [xyu> nt]6ynoy x [ficcdb* 6î 6box] 

SICDOW XMTBBO. 

V. 43. [^Y 10 ] NT€p6«i2CDN, 6t[oo"th] 

ntgynxy xqK.xx<i. gboX. 

V. 44. — 6«occdRmoc nxm. X6 «yoxÇr fin]»- 
xooc exxxy. xxxx bcdk nttoyok enoyHHB 

NTTXXO 62PXÏ- ZX F16KTBBO [MC1.A.CDPON NTX- 
qOy62CX2N6 flMOM ïïffl MCDyCHC GyMNTMN- 

T pe Nxy]. 

Chapitre II, v. a-4, 7-9, 12-14, 16-17. 

V. 2. [*Y<1> OYMHH(l)6 CO>]OY2 6MXy 

[acDCTG nHi] gtTîgu) *i[pm] npo u^onoy • xya> 
x<«i)xX6 TTmmxy *fi no)\x.e. 

V. 3. 6IC 26NPCDM6 .A.6 Xy6Ï XyGlNG C1)X- 

fO<* Noypa>M6 6MCH<y, Gym mmoh 6y3cK 
qTOoy. 



.( 279 ). 

V. 4. NTGpOyTMGqjfffiffOM a.6 6X1 T<î 

NXH GîOyN 6TB6 nMHH(l)6. XyffXn 

V. 7. [X6 6TB6] OY nx[ï NT6IMIN6 X«i] 

XlOyÀ. [NIM n6T6U)<?OM 6JKX NOB6 6BOX en- 

[box M]nNoyT6 Mxyxxq. 

V. 8. ÏC".A.6 NT6P6M6IM6 NTSyNOy ?R 

nGMiTïTx xg cgmokmgk 21 Nxïespxï nshtoy. 
nexxq Nxy. X6 gtbg o\* TenrNMGeye 6nxé" 

ZÏT N6TN2HT : 

V. 9. — x<i) rxp nGTMOTN. gxooc ne Rn6- 

t[chç ]. 

V. 12. — [ ]6y[xcdm]moc. X6 fl[n]N- 

Nxy eoyN ntgimi[n]6 6N62 : 

V. i3. — xqeî a.6 on GBOxsxTNexxxccx 
xyo> nMHHO)6 THpq xyccDoya, epo«i xq-|-CBci> 
Nxy : 

V. là. — 6«inxpxr6x6x«iNxy eA6y6i, nci^Hpe 

NÀx4>[6]0C 6H2MOOC [ ]. 

V. 16. — [ ]gtb6 o[y nerricx* qoy] 

CDM XyCD HCCD MN n[6T6]xCDNHC Xy<l> NpG- 

<ipn[o]bg. 

V. 17. — xqcarrR a.6 rtei iC n6Xxq Nxy. 

X6 N6TTHK NCGpXpGIX XN MnCXGIN. XXXX 



— «*.( 280 ). 

N6TMOK2 N6. NTAÏ6Î rAp AN GTA2M RA.I- 
KAIOC . AAAX NP6«IP[no]b6. 

E. — Vingt-trois feuillets ayant appartenu à trois 
manuscrits différents de l'Évangile selon saint Jean. 

i° Trois feuillets donnant des fragments des cha- 
pitres ni et iv, qui complètent les textes recueillis 
auparavant. Woïde na qu'un seul verset du cha- 
pitre m 1 , et na pas les versets i-4, 3i-54 du cha- 
pitre îv, que notre manuscrit nous a conservés en 

partie. 

Chapitre III, v. 33-36. 

V. 33. [ ] T6<IMlTTM6Tpe GXqC- 

<|>pxriZG Rmoh x.6 oyM6, n6 nNoyTG. 

V. 34. — neNTA nNOyTG, rxp, tnnooym. 
6<i.xu> rTNa)xX6 MnNoyTG nm6 q-J-' rxp, XN 
nci nNOyTe MneriNx ïïT oy o)\. 

V. 35. — neicuT, mg Nnu^Hpe. \ya> xq-j* 

NOyON NIM 62PXÏ 6N[6q]<ÏI.X. 

V. 36. — [n6T6îIqniCT6Y6 enqjHpe GqGKiu 

NXq M]nCDN2 U)[xGN62.] nGTGNqniCTGYG A.6 

xn encçHpe. n«ïnanay an» GncuNsF. xxxx 
6 TOprH RnNOyTG, NAtfd) 62pxï 6XCDq. 

Chapitre IV, v. î, 35-36, 3g-4o, 5o, 52-53. 

V. 1. NT6P6 mCOGIC .A.G 61 M6, .XG X N6- 

4>ApiCAIOC COTTM JCG "RT ftXZ . MMXOHTHC 

xy[«> qJBxnTi/.e, Gaoye ïoxnnhc 

1 ^ 79- 



.( 281 )« 

V. 2. [kAITOI N IhC AN N6MBAnTIZ6 : 

AAXA N6MMAOHTHC N6J *. 

V. 35. [. . .Ml NN6T6NRAX 62pAÏ NTJ6TN- 

uxy 6 N6xco[px x.6]îha.h ay°Y ba [ < 9 ena>] 
îcoy 2 - 

V. 36. — n6Tcm[c a.6 «4n]ax.i noybgkg. 
ày[<d hnaJccdoy* 620y[n sTïjKApnoc, €Y~ 

V. 39. — [ m]cT6Y6 Gpcrô gtbg 

[nU)À]X6 NTGC2IM6 6Cp[MN]TpG .XG A<OCO> NAÏ 
N2CDB NIM, 6NTAÏAAY- 

V. 4o. [n]t6POY6Î ^6 U)A[pOH n]<5"I NCA- 

map6t[hc, AYC6ncu>îï<4 è<yu> 2A2THY ] 3 - 

V. 5o. — [n6X€ ic n]am xg *-bcdk nGKujHpG 

ON? .AqniCTGYG N<yi npO)M6,6nU)AX6,6NTX 

fc jcooq [nam ]. 

V. 5a. — [ ]o)<* ne[26MOM]. 

V. 53. — [amJgimg ng\ neqeicDT, x.g rnay» 

6TMMAY n6NTA [iC JCOOH NAM X.6 n6KUJHp6 
[ON2 ]. 



1 Tuki, p. i83. 

* Tuki, p. 34 o, donne ce verset, moins encDîCOY- 

3 Tuki, p. 120, donne ce verset. 

»9 



— w( 282 )•« — 

2° Six feuillets, contenant huit pages entières et 
quatre fragments de pages. Les pages sont numéro- 
tées pF, pX , pë\ fç , pz", pFi PO , pi ; les feuillets 
e, f , z, h. Les textes conservés appartiennent au 
chapitre vi, versets 38-58, 64-72, au chapitre vu, 
versets 1 , 3-5. Georgi en avait déjà donné la plus 
grande partie, d après un manuscrit de la collection 
Borgia l . Je crois pourtant utile de reproduire in- 
extenso notre fragment, qui renferme quelques va- 
riantes. 

V. 38. [X6 NTAJ6Î AN 2 , GBOX În Tn[e] 

6TPA6IP6 flnAOY(D(l). AAAA MnOY<l>Cl) Mn[€N]- 
TAM TAOyOÏ 3 . 

V. 39. — nAï a.6, ne noY[ci)ci)] MneNTAM- 

TAY[oï] X6KAC, N6NT[Aq]TAAY NAÏ, THpo[y] 
NNATAKO, 6BO[a] N2HTOY- AAAA 6Ï6TOYNO- 
COY 2bî 112 AG nîoo[y]' 

V. 4o. — nAï rAp ne noycoa) MnA6iu>[T] 
x.6kac oyon<-nim [g]tnay Gn[q)Hp]e, Ayci> 
eTnicT6Y[e] epo«i : gh6kcd nam ïToyu>n* 

0)AGN62. 4 XyiD [a]nOK -|*N ÀTOy[n]OCM 5 ?M 

n2AG nzooy- 

1 Fragmcntum Evangelii S. Johannu Grwco-Copto-Tkebaïcum sœ- 
culi IV etc. — Romœ, apud Antonium Fulyonium, cio. idcc. iixx/x. 
In-4°, p. 9-35, 235-262. 

* AN, passé dans Georgi, pages i3 et 23g t et intercalé entre 

2Tpxeipe et mîîaoy«i>u)' 
3 Georgi, p. i3 el iho t Toyoei, et plus bas txoy 01 * 

1 Georgi, p. 2^0 : 6M6Y» MOy^NZ NC1JA6N62. 

1 Ihid. TXTOYNOCM. 



>( 283 y 
V. 4i. — n€y[k]pmpm se ne N<n nïoy^aï» 

6TBHHTM X.6 XHXOOC X.6 XNOK n6 nOGlK 
èNTAq6Ï 6BOX 2ÏJ Tne. 

V. 4*. — \yw> % NGYXiDMMOc [x]e m h Mn[x]ï 
xn nH ic nu)H[p]6 nïcdch<|>, nxï xnon gtn- 
cooyN Mneq6icDT, Rîi tgmmxxy-n xûj <y6 

N26, «fXCDMMOC X.6 NTXÏ6Î 6 BOX JTsT Tn6. 

V. A3. — x fc oy<i>u)b nexxq nxy X6 Mnp- 

KPMPM MNNGTNGpHY- 

V. 44- MN U)<?OM NXXXY G6Î U)XpOÎ . l 

GIMHTI, NTGnXGICDT, GNTXMTXO[yo]gi , CCDK 
MMOq \\iD XNOK ÎCD NXTOyNOCq 2 2M 112X6 
N200Y* 

V. 45. MCH2 ïïi N6npO<j>HTHC, X6 CGNX- 

CJ^COnG, THpOY Np6«OClCBCD NTMnNOYT6 5 
OyON NIm' GNTXHCCDTM GBOX 2ITM T1G6ICDT 4 , 

xyœ x«ociCBCD. <inhy» u^xpoï. 

V. 46. N GBOX XN X6 XMNXY 5 » GnGICDT . 

gimhti, nGTCijoon gbox 2itm nNoyT6, nxï 

nGNTXMNXY GnGICDT. 

V. 47. 2XMHN, 2XMHN -JOCCDMMOC NHTN 

X.G n6TniCTGY6 Gpoï 6 , oyNTxq mmxy Mna>- 

N? C1)X GNG2 7 . 

1 Georgi,p. a4 1 : Ujxpoei. 

* Ibid. txtoynocm. 

3 Ibid. 2ITMnNOYT6. 

4 Ibid. neicDT. 

* Ibid. oyÀ nxy» 

* Georgi, p. 2^2 : 6pO€l. 

7 Ibid. NUJA6N62. 



V. 48. — xnok n6 noeiK MnœH?. 

V. 49. A NGTN GIOTG*- OyiDM ftflMXNNX 

S7T T6PHMOC AY°> *Y MO Y* 

V. 5o, — nxï a.6 ne noGiK gtmhy grox zh 
me X6KXC, 6pG oy^ 1 oyium' grox nîhtm 

NNGMMOY- 

V. 5i. — xnok* ne no6iK gto[nY] gntx- 

qG[ï] GROX ÏN TH6. G[p]u)XN Oy^ OY«>M 6 BOX 
?R n6Ï O6IK qNXCDÏT? U)XGNG2. 2 n06lK.A.G 
G*f-NXTXXq XNOK H6 TXCXpi 2X n<DNî HnKOC- 
MOC 

V. 5î. NJOY-À.AÏ ^6, NGYMIOJG MÎT N6Y6- 

PHY 6YXO)fiMOC,X6 NX*I)ÏÏ26, GpG nxï NXU)-f-' 
NXN 3 NTG^CXpi 60YM*Î 4 - 

V. 53. — ncxc fc nxy x.e umhn zxmhn, 

•f-XXDrlMOC NHTN, X6 6T6TNTMOYCDM NT- 

cxpl MnujHpe MnpcDMG, xyoy ntgtnccd m*-- 

nGMCNOq. MN THTÎT KiMXY MriCDNS "FÎ2HT- 

THYTN. 

V. 54. nGTOYOM NTXCXpI* XyiD GTCtb 

MnxcNOq oyNTxq mmxy MncDNi" ujxgngs. 
xy«> xnok -|*NXTOYNOcq ?m n*xe nî[ooy]- 

1 Georgi, p. 2*2 : epujXN oyx. 
a Georgi, p. 17 et 2^2 : NU)X6N62. 
s Georgi, p. 243 : Nx-f- nxn. 

4 Ibid. eoyOMC. 

5 Ibid. NOJX6N62. 



5 



■( 285 > 

V. 55. — [tacap* rxp oy2p6 Rm66 t€. xyiui] 
nxcNoq oy cd> mm66 ne. 

V. 56. — neToycDM YlT\c\fï \y<D gtcô> 
MnxcNoq. <jna<?<î> g^paï 1 nîht xyay xnok 

2PAÏ N2HTH. 

V. 57. KÀTA O6, 6NTXq TXyOÏ "Rffl 

nXGICDT 6TON2 . ANOK 2<î) -|*ON2 GTBG riAGICDT. 
AY«> nGTNAOYOMT n6TMMAY, 3Cl>[cD<l On] 
MNACDN2 2 [6TBHHTJ. 

V. 58. — [nx]ï [ne noeiK ]. 

V. 64. — [ NJC6 [niCT6Y6 an] N6M 

[cooyN rxp] xi'NN[ci)opn N<y]i ic xe [ni m ng] 

TGNC6ni[CTGY]c AN. AyCD ON [n]6TNNApA- 
.A.I.A.OY! MMOH. 

V, 65. AY<D NGqX.CDRMOC X6 GTBG nAÏ 

AÏXOO[c] NHTN X6 "mTÎU)<?[om] NAAAY 6G7 
U)Ap[oï] 6IMHTI NCG[TAAM] NAM 6BOA 2ITR 
[fIGICDt]. 

V. 66. — [ ] xyoy [naymooci)]g 

[nTRmam an], 

V. 67. — [ne]x6 fc [oyn KinMN-r]cNOOY[c 

X6. MH NJTtDTN ÎCDfTTHYjTN.TGTNfOYCDO)] 
GBCDK 3 . 

1 Georgi, p. a44 : cu>2pxi. 

9 Ibid. ON NXCDN2. 

3 Les versets 6^-67 sont inédits. Le texte de Georgi fioit avec le 
verset 58 et ne recommence qu'avec le verset 68. 



>{ 286 
V. 68. — xqoY<iH5ï* NAq N<n cim[cdn] ne- 

TpOC X6 HX06IC . 6NNXKCDK U)A NIM. 26N 
U)[à]X6 NCDN? Ù)\ GN62 N6TN TOOTK K 

V. 6g. — \y€D ànon [an niCTGy 6 *Y*& 

ANGIMG X6 NTOK H6 n6XÏJ nGTOyAAR NT6 

nNOyrG]. 

V. 70. — [xqoyaxQR nay ncj vt nexxq xe 

MHN ANOK AN AIC6TTÎ THy^TN flnMNTC- 

nooyc. \yiD oy gb]o[a ^htthytn] oy 
a.[iaboxoc ne]. 

V. 7 1 . [N6]qXCD A.G [MMOC GTBG tOy]A.AC 

niU)[Hp6 NCIMJCDN niCKApi[cDTHC •*] nAÏ TAp 

n6T[NAnApA]A.iA.oy Rmom [eoy n]e g&ox 
ïbi [nMNTCNJooyc. 

Chapitre VII, v. i-5. 

V. 1. — [mn]nca naï N[xqMOOu;]e "Rci ffc 
Ïn [TrAXixe]A. [NN]6q[oyo>u) rxp an nG 

GMOOU)6 577 -j*OyA.AIA X6 NN6yqjlN6 NCCDq 
n6 Ntfl NIOYA.AI gmooy^]- 

V.2. [N6M2HNA.6G20YN Kfffl nCJ^Â NNÏOY" 

A.AI TGCKHNOnHTIA. 

I 

V. 3. — [nGXxy <?g NAq Vicyi NGqcNHy xe 
ncDCDNG gbox Ïn neiMA rTmcDK g*]p[aï e-j-OY" 

1 Georgi, p. 245 : NO)X 6N62 6ïNTOOTK. 
* Georgi, p. a46 : M6MXO)MHOC CTSG IOY-^AC niO 
KApICDTHC. 



.( 287 )• 

A.AIA. XGKAC] 6p6 n[gKMAOHTHC] 2CDOY [n*Y 
6N6]2BHY6 6[TK6ip6 Mm]<H>Y- 

V. 6. — M6pe [aaay rA ]P pau>B 2R na[cDn. 
\YQ>] nhcijing NTo[q nca (i)a)]n6 577 oy n[Ap- 

pHCIA.] GC1)X6 K6l[pe NAï] OYON2K 6ROX [fin- 

koc]moc. 

V. 5. — N6p[e n6hk6Cn]hy rx[p mcT6Y6 

AN 6pO<l]. 

3° Six feuillets, contenant les versets l\ 7-6 g du 
chapitre xu, et les versets i-2 f 5-7, 10-11, 16-16, 
10-21, 2/1-25» 28-3o, 33-36, du chapitre xiii de 
l'Evangile selon saint Jean. 

Chapitre XII, v. 67-69. 
V. 67. [AAAA X6KAC 6lè]NA[îM6q]. 

V. 48. — [n6Txee]T6i mmoï [nmxi an 

NNA]C1)AX6 . OyNTM [n6TNA]KpiN6 MMO«4. 
n(I)[xX6 6]NTAÏXOOq NTOH n6[n]6TNAKpiN6 

mmom Si tuag nxooy- 

V. 69. X6 ANOK NTAÏCIJAXG AN SApOÏ 

MAYAAT. AAAA nAGlCOT* 6NTA<I t[aOYOÏ] 
NTOM n6N[TA. . . .] ! . 

Chapitre XIII, v. v. 1-2, 5-7, 10-11, 16-16, 19-21, 26-26, 

28-3o, 33-36, 36. 

V. 1. — [zaoh a.g Hnci^x MnnACXA 2 GH- 

1 VYoïde a les versets que nous a conservés ce fragment, mais 
mutilés, p. 96. 

5 Ce bout de phrase dans Tuki, p. 263 : Mnxcxx. 



i 288 

COOYN Nffl ÎC. X6 A T6<K>YNOY GÎ. X6KAC 

eqencocDJNG gboa Ïm [nci k]ocmoc nhbcdk 

t[\ l n6l]a>T . GAHMGpG N6[tg] NOyH N6 6T2M 

n[Ko]cMOC 2 , AMMepiToy [u)]abox 3 . 

V. 2. — xyœ Frrep6 oy[A.i]nNON aucune : 
6 nA.[ix]iioxoc oyiD emioyx.[e m]moc en^HT 

N ÏOY-^^[c] nU)Hp6 NCIMCDN m[CKAptCDTHC]. 

• • • • ••••••• •••••••• •••■•■ • • • • ■ • ••••••' 

V. 5. — [ xyiD x]qci)[p]n6icD n[noyg]- 

PHT6 NN6HMAe[HTHC] X\iD G^OTOy Mnx[GN- 

t]ion gtmhp MMOM. 

V. 6. — [xq]Gî* <jg o)\ cimcdn nG[Tp]oc [ne- 
x.e] nH Nxq X6 [nx]o6ic ntok gtnagi[a 
n]oygphtg 5 . 

V. 7. — x fc oy[u>]5)ï* n6Xxq nam* x.e ne- 

T6ip6 6 MMOH NTOK Nr[cOOYN ^MO<t AN, 
NTOH TGNOY]- 

V. 10. — [nexe 7 ic nam : x.e neNTxq xcd- 

KM NHfxpii AN 6IMI|}t[6I GIa] n[gHOYGPHTG .] 



1 Woïde, p. 97 : Q)X. 

' Woîde, p. 97, donne le premier verset de ce chapitre jusqu'à 
cet endroit ; le reste manque. 

3 Tuki, p. 77, cite une partie de ce verset, de eAMMepe jus- 
qu'à la fin, avec une seule variante, GAMM6QP6* 

* Les versets 6-7 dans Tuki, p. 3^9* 

6 Tuki, p. 3^9 : OYPHT6. 

6 lbid. nereieïpe. 

7 Ce verset dans Tuki, p. 53g, 



>( 289 )++— 

AXXA [<ITIl]llHY THpM. NTCDTN ÎCDTTHy 7 »^ 
T6TN TBIIHY- 1 AXXA NTHpTN AN 2 . 

V. 11. N6MCOOYN TAp M M OH. 6TB6 I1AÏ 

A«OCOOC JX.6 NT6TÏÎ TBRHy AN [fÎTHpTN]. 

V. 1 4. [6C1JX6 5 ANOK <F6 AÏ6IA N6TNOY6- 

PHT6 nxoeic Aycu ncA* NTurrfi îcd]tt[hy- 

TÏl C1)C1)6 6]pCDTTÎ è6!A NN6TN6pHY« 

V. l5. OyCMOT TAp n6NTAÏAAM NH^TR 

X6KAC KATA 06 6NTAÏAAC NHTN. 6T6TN 



6AAC 2CDTTHYTN. 

V. l6. 2À^MHN 4 2AMHN -JOCCDHmOC NHTÎî 

X6 MN 2M2AX' 6[nAAM 5 6n6<lX06IC : OyJ^G 
[ÎTFÎ AnOCTOXOC 6NAAH 6ri6NTA<ITAOYOq]. 

V. 19. [XIN T6NOY * -JOCCDRmOC NHTU 

MIlAT6<Kl)U>n6 : X6KAC 6T6TN 6ri!CT6Y6«] 

Gqu>ANU>cD[n6 xe a]nok ne. 

V. 20. 2AMHN [XAMHN] -JOCCDRmOC n[hTN 

H6TNXJXI KlnG-f-NAfTAOYOq.] 61X1 ÉÎMOÏ. 
[nGTNXXl] MMOÏ. 6<lXl [nn6T6«l]TAOYOÏ. 

V. ai. — n[aï .a.6 ]. 



1 TuLi, p. 539 : TBB6. 

* Ibid. A AXA THPTN AN. 

3 Ce verset dans Tuki, p. 110. 

4 Ce verset dans TuLi, p. 5 00. 

* Tuki, p. 5oo : mn zmzaa naam. 
4 Ce verset dans Tuki, p. 349. 



.( 290 y 

V. 2 4. — [xqjxcopM ee [g nxï n]<?i cimcdn 
[nGTpoc x<i]xnoy^ ^.6 [ni m hgtgkJcijxxg 
Gpoq. 

V. a5. — [n6T6<4N]o5c«î GXil tmg[ct2Ht 
n]ic nGXxq Nxq [x6 nxxoGi]c. nim ne. 

V. 27. — [xycD MNNCX TpGqXl KinoeiK X 

hcXTXNXC BCDK 6*OyN èpOq ' ]. 

V. 28. — [nxi cqxxg a.6 mïïxxxy cooy]n 

è[pOq ZÏT N6TNHX] GTBG OY Xq[xOOq NXq]. 

V. 29. [NT]GpG 2 20l[NG A.g] M6GY6 X6 

6M6I.A.H 5 [n6rx]lDCCOKOMON 4 [nï]oOTM KFlOY" 
A.XC X6 NTX ÎC XOOC NXq . X6 Cl)Gn nGTÏi 
pxpGIX HMO<j' GnCl)X. H X6KXC GIG-f- NN2HKG. 

V. 3o. NT6P6MXI <?6 Rn06lK Ntfl nft. 

Htgynoy ***6î gbox. [ ]. A 

f 

V. 33. [NXCI)Hp6 5 GT6I KG KOYÎ NOYOGIC1) 

nG-f-lTMMH]TN TG[tTj NXO)IN6 NCCDI.] XY<1> 

kxt[x og ntxïxo]oc "Nnioy-*-** 6 ^fe- ïïmx 

XJNOK G-j-NXBCDK [èpOq.] HtCDTN NTGTNX- 

C1)GÎ 7 xn Gpoq 

1 Ce verset dans Tuki, p. 3 96» 

9 Ce verset dans Tuki, p. do 5, jusqu'à X6 ntx. 

3 Tuki, p. 4o5 : X6nei^H. 

* Tuki, p. 4o5 : KXoycorcDMON. 

* Tuki, p. 434 et 398, donne le verset 33; p. 35 1, il donne les 
versets 33-37 en entier. 

6 Tuki, p. 35i et 398 : nng Ioyxxi. 

7 Tuki, p. 35i : T(DTN NTGTN NXUJ6; p. 398 : NAOJI. 



— w( 291 )*« — 
V. 34. — -|*xomTîoc nhtTî 2cdtthy ï tn. 

flAHN TGNOY -|*-|*^HTN NOY6NTOXH NBppG 1 . 
.XGKXC GTGTT3 6MG[pG NGTÏJ6pHY]- 

V. 35. [kàTX 06 NTAÏMGpGTHY^TN .XG- 
KXC 2U)TTHYTN GMGpG NGTÏiGpHY' ?M riXÏ 
OyON NIM NX6IM6 X6 NTGTN NXMXOHTHC 
n6TN(QXNM6p6 NGTNGpHv]* 

V. 36. — [n6]xxq 2 Nx[q Ktei ci]mcdn, rrc- 
Tpoc, X6 rncoGic. gknx' gtcdn [xqoYU>5)B 

N<yi ÎÏÏC X6 fÎMX XNOK G-j-NXBCDK èpOM NTNX- 
UJOY^^K NCCDÏ XN TGNOY MtÏNGCCDC .A.G 6KO- 
YA2K NCCDï]. 

V. 37. — [nexxq iïci nGTpoc : xe mcoGic 

GTB6 OY- N-J-NXCIJOYA2K" FfCCDK XN TGNOY • 
-j-NXKCD RTX^"Y XH 62PXÏ 2XpOK]. 

I\° Huit feuillets , renfermant les débris des cha- 
pitres xv, ^wlKet xvin de l'Evangile selon saint Jean. ^ X ^' 

Chapitre XV, v. 15-27. 

V. i5. — n-j-nxmoytg 3 ee an, gpcdtn jcg 

NÀ2M2AA X6 MnÏMÎÀX 4 COOyN XN,JX.G, OY H6- 
1 Tuki, p. 35a . a une leçon an peu différente : mxhn v f~['f~] 

T6NOY [OYJNTOXH MBPpè NHTN. 

1 Ce verset dans Tuki , p. 398. 

3 Tuki, p. 544, donne le \erset i5 tout entier, et le verset 16 
jusqu'à xyiD. 

4 Tuki, p. 544, passe m. 



>( 292 )• 
T6pe neqxoeic dpc 1 Rmoh. Htcdtn a.6 2 

NTAÏMOy[*T6] 6POTTÎ X6 NXU)[<|>]6p 3 , X€ N6N- 
TAÏCOTMOY THPOY NTMnX6l<DT, XÏTXm[<1>]- 
TN GpOOY« 

V. l6. NTO)[fN XN XT6TNCOTffT. XXXX 

XNOK ÀÏCOnTHTN. XyKD XÏKCD flMOTN X6- 
KXC NT6TNBCDK, n]t6TN ^[KXpnOC.] XytD 

NT6 neTNKApnoc MOyN, 6BOX 6y<i>n*" <i>a 

6N62. JX.6KXC, H6T6 TNXXIT6I HMOM NTM- 



nX6l(DT, 2Mnx€-pXN 6H6TXXM NHTN. 

V. 17. NXÏ N6 6-J-2CDN MMOOy TÎT6THY- 

TN, JX.6KXC, 6TGTFFM6p6 N6TN6pHY« 

V. 18. — ccg[:x6 nKOCMOC M6CT6 Rm]cdt[n 

COOYN X6 ANOK n6T]xqM6CT6 [ci)x]TN2H. 

V. 19. 6[N6 NJT6TN * 26N 6BOX 2M nKOC- 
MOC, N6p6 nKOCMOC 5 , NXMGpC nGT6nOK1 n6. 
X6 NT6TN * Î6N 6BOX A.6, XN ?M nKOCMOC 
XXXX XNOK XÏCGTflTHYT^N 7 6BOX ÏM nKOC- 
MOC 6TB6 nxï nKOCMOC MOCT6 RMCDTTÎ. 

V, 20. — xpinMGeyG, ftnxigxXG, gntxî- 

1 Tuki, p. 544 : 6p6. 

* Tuki, p. 544» passe A.6. 

» Tuki, p. 544 : qjBHp. 

4 Tuki donne le verset 19, à la page a5a jusqu'à 6TB6* . . , à 

la page 545 jusqu'à xxxx. 

1 Tuki, p. 545 : niKOCMOC les deux premières fois et nKOC- 
MOC la troisième. 

6 Tuki, p. a5a et 545 : ntcdtn. 

7 Tuki, p. a5a : xiçenTHTN. 



i 293 )« 

XOO«l [N H TN , X.6 M N2M 2XX èNXXI 6nG<l]xOGlC 
[6UjX6]AYnCDT, NCCD[ï 6Y]NXn<DT NCXt[hy]" 

tn. GcipCG xyzxfez GnxcgxxG. ce nxsxpgz' 



ON, 6nCDTN. 

V. 2 1. X\XX l NXÏ THpOY 6YNXXY 3 NHTN 

6TB6 nXfXN X6 NCGCOOYN XN RnGNTXq 

txyoï. 

V, 22. GNG Mni6Î TXCl^XXG NMWXY- N6 

mn nobg, epooY ne. tgnoy .a.g 3 mntoy- 

AOÏ<?6 fi MX Y» GTBG n6yNOB6. 

V. 23. n6TMOCT6 ÊÎMOÏ MMOCT6 ON 

Mnxeiorr. 

V. 24. — 6N6 fineïp ng«hy6 6spxï nîhtoy 

6T6 tfneKGOyX N6 MNTOYNOB6 MMXY- TG- 
NOY* • A - 6 *Y[ na Y 6pOÏ XYM6CTCDÏ MN flX- 
K66ICDT]. 

V. 25. — [xxxx xgkxc gi&xcdk] gbox 
[nsi nci)XJc]G 6[t]cxî îïïfnoYNJOMOC x.[e 
xy]m6[ctcdï] enxiNXH. 

V. 26. — îotxn 5 a.6 eqci)XN6T N<yi nnxpx- 

KXHTOC n6 -j*NXTNNOOY^ NHTN GBOX 2|[tM 
nX6l]lDT n6ffNX nGTFÎMXY [NXpMNTpG] 6T- 
BHHT. 

1 Ce verset dans Tuki, p. 5d5. 
* Tuki, p. 545 : Nxxxy. 

3 Tuki, p. 353, donne le texte de T6NOY à la fin du verset. 

4 TuLi, p. 353, donne de T6NOy jusque la fin du verset. 

9 Tuki, p. 32 3, donne le verset jusque nxeiCDT inclusive- 
ment, et p. 7g depuis neTMMxy jusqu'à la fin. 



V. 27. — Iav] * l nt[u)]tn î[(dtth]ytn 

T6TNp"MNTf6 X6 XI N NCI)Ofn TGTÏÏCIJOOn 

NMMXÏ. 

Chapitre XVI. 

V. 1. Nxï XIXOOY NHTN X6KXC GNN6- 

TNCKXNA.XXIZ6. 

V. a. — [xy^anJpthy^tn NxnocYNxrcDroc 

AXXX 2 CNANHY 5 NCJI OyOYNOY 20TAN 4 oyON 
NIM* 6TNAM[OYOYT MM(DTÏÏ] 6<j[nXM66YG 

xe 6HGi]pe n[oy<9^<i>g MnNoy]T6. 

V. 3. — xxx a [nxï 6YNXXXTOY nh]tn X€ 
MnoY[cooYN njeicox' oy-à-6 xnok. 

V. 4. — [nxï] 5 xïxooy nhtn [xgkxc] Gp- 
ci)xn tg[yoynoy gï g]tgtï7 6pnM[G6YG° xg] 

XNOK XIXOOC [NHTN.] NXÏ A.G MFîfGlXOOY 
NH]TN XI N NCI)[opn XG NGl] NMMHTN [xN ne]. 

V. 5. [TGNOY] ? ■*-£ GINXBCDK Cl)XnGNTX<< 

TXOYOÏ. AyCD MNXXAY N2HTTHYTN. XNOY 
MMOÏ XG GKNX GTCDN. 

V. 6. XXXX XG XÏXCD NXÏ NHTN XTXynH 

MG2 nGTNÎHT. 

1 Tout ce verset dan» Tuki, p. 195 et 3o3. 

9 La fin du verset, à partir de XXXX, dans Tuki, p. 120. 

, p. 120: 6CNHY- 

, p 120 : NOYNOY 80T6. 

, p. 385, donne la première moitié du verset jusqu'à NXÏ. 

, p. 335 : nxM€6Y6. 

donne, p. 436, les versets 5-g en entier, et p. 3.» 3 le dé- 
but du verset 5, jusqu'à XY W * 



3 Tuk 

4 Tuk 

* Tuk 

• Tuk 
T Tuk 



>( 295 ). 
V. 7- — xxxx ! [xnok] gixcd nhtn nt[mg 

CpJNOHpG 2 NHTN JX.g[kXC] XNOK 6Ï6BCDK [oï- 

tmbcdk rxp nnxpx]KXH[TOC nhy rxp 3 C1JX- 

PCd]tFT [gIU)XNBU)K A.G ^Nl^^tNOOY* 1 <9]*" 
PCDTN. 

V. 8. — xyœ [nGTflMjxy GqujxNG?. [mnxx- 
ne]i GnKOCMOC [gtbg nJNOBG, gtbg [tài- 

KXIOC]YNH \ GTBG [TGKflCtc] 5 . 

V.9. GTB6nNO[B6MGN.XG]NCGniCTGY[6 

GpOÏ AN]. 

V. 10. 6TB6 TA.|[kXIOCYNh] ° .A.6, X6 

xnok[ginxbcdk] U)X nX6lCDT. 7 XY<l> nt6tn[x- 

[NXJY <ÏG XN GpOÏ. 

V. 11. 6TBG T6Kpi[cic]A.6. X6 nXpxCDN 

HnGïKOCMOC XYT<yxVoq. 

V. 12. GTI 8 OYN -\-2X2 N(QXX6 6XOOY 9 

nhtïj. [xxxx n]tgtnxu)hi XN T6NOY- 

V. l3. ÎOTXN A.6 10 GpU)XN nfi GÎ nGITNX 

1 Tuki, p. 3 18, donne le verset 7 en entier, et p. 546 les ver- 
sets 7-1 3. 
* Tuki, p. 3i8 et 546 : cpNOBpe rxp. 

3 Tuki, p. 516 : xn , au lieu de rxp. 

4 Tuki, p. 546 : xycd TA.; p. 436 : xy«> 6TB6 tx. 

5 Tuki, p. 436 et 546 : xyu) 6TBe tckpicic. 

• Tuki, p. 436 : 6T.2UKX10CYNH. 

7 Tuki, p. 436 : neiCDT, et arrête sa citation à ce mot. 

• Ce verset dans Tuki, p. 354» avec la variante 6T6I. 

• Tuki, p. 354 et 546 : 6XCDOY- 

10 Tuki, p. 546, passe .a.6, et écrit pqjXN. Il donne, p. 323, 
le début de ce verset jusqu'à NTM6 inclusivement. 



>( 296 )<+— 

NTm[g. MNXXIMOGIT ÎHTTHyTN ?M M6 NIM.] 

n[<inxci)x:X6 rÀfÀN 2xpo<i fl]Mxyx[x<K xxxx] 

N6THNACOt[mOY «ÎNXCIJXX6 MMCDOy- ^y]<1> 
<ÏNXTXM<d[tTÏ NGTJNXigCDIlG. 

V. i4. — n[6TflM^Y] nGTNX-f-GOOY [nhi, 

X6J 6<JNXXl 6 BOX ?R [nGTGn<l>ï]ri6 NqJco[oH 

nhtn]. 

V. 1 5. NKX NIM* 6T6<l[NT6] nX6IO>T [nOY> 

N6 6]TB6 nXI [xiJXOOC X6 GMJnXXI g[bOX 2M 

[nGTe] neuf ne Rqxo[o<« nh]tn. 

V. 1 6. KGKOYÏ l n6 NT6TN XO 6T6TN- 

nxy [epoï.] 2 xyci> on k6koy*i* [ne] ntgtnnxy 

GpOÏ. 

V. 17. n6X6 206IN6 3 NNGqMAOHTHC 

NNGY^pHY [X6 OY] n6 I1XÏ 6TqXO)[flMOM] 
N\N X6 KG KO Y* [n6 NT6TNXO GT6]tn[nXY 
GpOÏ. XyiD ON KGKOY*"" "G n]t[gtNNXY GpOÏ. 
Xy<D XNOK U)XBCDK 6nXGl]<DT. 

V. 18. — [xy«> ncJxxY ^6 oy <?6 [ne nGi] 

KOY*»" NTNCOOYN * X6 6MX6 O^. 

V. 19. — [xqeiMJG n<?i ic X6 ngy[oy^><9 
xnoJy^ ne, nG3txq[NXY x]g gtbg nxï g[tg- 
tnJcijxxg mn ng[tn6phy x.e] xï^cooe [nhtn 

1 Tuki, p. 438, donne les versets 16-17. 

5 Notre manuscrit, d'accord en cela avec la version de Tuki, 
p. 438, passe Xe xnok -J-nx<i>6 nhi *x <}>icdt, de la ver- 
sion memphitique. 

s Tuki, p. 438 : SOIN6. 

* Tuki, p. 548: NTNCOOYN XN. 



■( 297 y 

K6KOYÏ n]6 NT6[fÏÏXO 6T6tnn]ay 6[fOÏ» 

xy]iD on K6Koyï [ne] nt6tnnày Gpoï. 

V. 20. [u]MHN 2AMHN -J-JCO>[Mm]oC NH- 

TN X.G TG[TNx]piM6 NTCDTN. [xy]u> NT6TN- 
TO6IT [nK]0CM0C A.6 qNXpx[<l)G] NTCDTN 
T6TNA[AYn]6l. XXXX TeTNfxynH 6CNXU)U>n6 
NHTN GYPAigG]. 

V. 2 1. [TO 1 C2IM6 6CGÎ GCNXMICG. OYNT6 

OY^YnH MMAY» X.G XC6Î Nffl TGCOYNOY- 
JOTAN A.6 6Y<9^NJCnG nGCU)Hp6 MGCGpïl- 
M6GYG <?6 NTGOXI^IC. 6TB6 npXOJG. X.G 

xcxnc oyp<i>mg èriKOCMOC.] 

V. 2^. [^A 2 T6NOY MFIGTNXITGI NXXXY 

STî nxpxN ]. 

V. 28. — [nxï 5 xiXooy nhtn ?N*26Nnxp- 
zoimix oyN oyoynoy NHy sotg nnginx- 

U)àX6 4 XN NMMHffi ÏN 26Nnxp20IMIx] 5 . 

V. 26. — [?m 6 nGîOOY gtRmxy tgtnxxi- 

TGI 2M nxpXN XY^1> -f-NXJCOOC XN NHTN. X.G 
XNOK GINXCGnC nX6l<DT 6TBG THyTN]. 



1 Ce verset dans Tuki , p. 385. 
1 Tuki, p. 490. 

3 Tuki donne la seconde moitié de ce verset, de NN6INX- 
OJXX6 h la fin, p. 61 4, et le verset entier, p. îai. 

4 Tuki, p. 61 4 t intercale ce. 

6 Tuki, p. 6i4, 2N ZGNnxpxBOXH. 

6 Tuki donne la seconde moitié de ce verset, de xy<D a la fin, 
p. 548, et le verset entier, p. 257. 

20 



V. 28. [lÎTA 1 GBOA 2IXIJ nXGlCDT. A Y*»* 

Aie) ènKOCNOC. nxxm oti -\-kxd mccdi mh- 

KOCMOC TXKQ)K CQA nASlCDx]. 

V. 29. — [neXAY hà^ iïtfi - n^inaonthc 

XjG 6IC 2HHT6 T6IIOY 6K<9AX6 2ÏÏ CrynAf- 

rHCiA. Aya> wrxe aaay ah MnA^oiMiA]. 

V. 3o. — [xeiioy* Aiieine* xjb ckcooy» 
iîscdb iiim xya> TïrfxpÀ an. Xjgkac ère oyx, 
xMoyK. 2M nAi ttïj nicxeYC Xjs îitàkgi ètox 
*rFR nMOYTel 

V. 3 1 . — [amoyuxijb ti ay "<** iC - xjb tghoy 



— \ 



■î 5 



T6T»«GniCT6Ye 

V. 3a. — iGiCîHHxe * gciihy M<yi oymoy- 

ACCI JJCCKAC èxe'rïl AX.OKUfe GBOA noYA noYA 

ene«iMA. ayci> nxeVîiKAAx mmayaav. aaxa 
ii-j-ffCT mayaax an 






Chapitre XVIII. v. 6-1 5. 

Y. 6. — [. . . . îiCA nAîOY- ay*g ex>injKA2 T - 

1 TuLi. p. 43$. le verse! efitier. 

9 TuLi douue le» versets 3f|-3i. p. 35 1 355; il a passe par iuad 
vertance le* mots nexxy NXM au rommei croient de la citation. 

* TuLi. p, 348. donne les ter sels 3o-3i. 
4 TuLi. p. 5i8: €IMI. 

* Ibid. T6THniCT6Y€* 

* TuLi, à la p. 355, ne donne qu*u«ie partie de ce verset jusqu'à 
xyu); à la p. 548, il ajoute 1; membre de phrase qui commei»ce 
par XY<1>, sans toutefois terminer le verset. 

7 Woide donne les »er.«els 1-2 du chapitre iviii; TuLi les donne 
é^alemci.t. p. toi, et ajoute, p. 4o3, le verset 3. qui manque à 



.( 299 )+—- 

V. 7« — [nxxiNpON xmxno[oy] 6MX(1>m[mOC 
x]g # tgtnu)[ing n]canim. n[tooy] xc, nG- 
x*y ^[ 6 **rNujiN]6 Ticx iC n[NAZa>p]eoc 

V. 8. i — Aqoy<i><i)B [nay N<yi iC. xg aïxooc 

NHTHN. X6 ANOK H6. GU)XG XNOK <?6 nG 
TGTNO)IN6 NCU>1. KA NAÏ THpOy HCGBCDk]. 

V. 9. [X6KAC 6H6XCDK G BOA N<yi flUJAXG 

N TAqXOOM . XG NG NTAKTAAy n]aÏ [Mni- 

takg] naaay gboa M[îh]toy- 

V. ÎO. c[lM(DN A.]6 n6TpOC GOy[n î T*' 

oy]chmg, Wtoot«1 [amt]okmgc [amiioyg [nca 
n ] 2 l 6M l 2 [ AX fln]Apxi6p[GYC ]. 

V. 11. [ ] TAnA6lCDT, Ta[n]aÏ- 

m[h]n ^Na[<ï]g AN. 

V. 12. TGC[llGl]pA GG AyU> n[xIA|]aPXOC 

MÎT N2Y n ^P^ TH C NNÏOYA.AÏ AY<y<l>nG NfC, 
AYMOp«l. 

V. i3. — ay<i> ayn^Th u>aan[na ]. 

V. l4. [ XG CPNO^PG NTc]pG 

o[y]p<1>MG NOy(DT MOYi 2AnAAOC. 

V. l5. NGqOYHî' A.G nca îc, Kf<yi Cl MON, 

nGTpOC, MN NKGMAOHTHC UMAOHTHC A.G, 



Woïde. Le texte tle Wolde recommence au milieu du vers, t 6, 
comme le notre, va jusqu'à la fin du verset 9, puis s'interrompt 
pour ne reprendre qu'au verset 1 5* 

1 TuLi, p. 5q8, donne le commencement du verset 7, jusqu'à 

ntooy- 



.( 300 ).*•— 
gtMmxy N6pc nxpxiGpGYC cooyn Mmom. 

\\<D AHBCDK G20YN[G TAyXH RnApXIGpGYC]. 



Tels sont les fragments que le hasard a fait passer 
par mes mains. J'ai tâché de les reproduire avec exac- 
titude où cela a été possible. Sur un point seulement 
je me suis écarté des originaux. Les traits qui sur- 
montent n, m, p, etc., sont penchés de façon assez 
capricieuse : v, ',-»-, sans qu'il soit possible d y voir 
des variétés constantes d'orthographe : n , par exem- 
ple, s'écrit indifféremment n,n.n,n, dans le même 
manuscrit. Pour la facilité de l'impression, j'ai mar- 
qué partout la ligne horizontale ou la ligne inclinée. 

Quant aux restitutions, elles ne sont là que pour 
montrer quelle place occupait dans le verset les lettres 
encore subsistantes des manuscrits originaux, et le 
nombre de lettres qui manque à chaque ligne. Elles 
sont donc un aide à la reconstitution plutôt qu'un 
essai de reconstitution du texte. 



SUR UNE VERSION ARABE 



DU 



CONTE DE RHAMPSINITE 



Au mois de février i885, un Européen établi à 
Louxor m'affirma qu'il avait entendu raconter, dans 
le village de Neggadèh , un conte qui rappelait l'his- 
toire de Rhampsinite. Après quelques délais, j'obtins 
de M. Ibrahim Badîr, agent consulaire de France 
à Neggadèh, une rédaction de ce conte, faite par 
un de ses fils, Jacques Badîr, âgé d'environ qua- 
torze ans. Une seconde copie, reçue plus tard, ne 
renferme guères que des variantes de mots insigni- 
fiantes, ainsi au début même : (jt-*)Jt i «*-^j (J^ 
+t*yjû\ , au lieu de la forme plus littéraire : & fjS ajJ 
(Jy)ÏÏ) jamII UdL*) (jU Jt f*«\j ; plus loin JL«j? pour 
Juu*?, etc. Comme aucune de ces variantes n'ajoute 
un détail nouveau , je me suis borné à donner en note 
le dernier paragraphe de cette seconde version. 
J'ai reproduit littéralement l'orthographe de l'en- 
fant, avec ses confusions de sons £>«*» pour j*^, 



11 



— w( 302 ).*• — 

>. à côté de àx^. , etc. ; il peut y avoir là matière à 
observations curieuses pour les savants plus versés 
que je ne le suis dans l'étude de l'arabe vulgaire. 

JlfjA te JJLt ylpll, j*L*i\ vjJU, yUy » ft±ï £ ^ Ait 

*«x* *L, i ^ *JU iàkJLyd) y* ^ **lô* XJL^ a! 

Jl£^ aJImeJ J*dJ l«X* pUl «XJL* iuyJt Jl* A5«X*L»l 

jjjj^tt ^a7 wiJJUt £-^ »L*it «Ifttl <Xjyj .-. «x*J Affût* 
JL. ^ jU U^ôdt M oA^U* u^ ï~> W* 

jUyL ^Jt i I«xjû*1 *Jsijâ J^-b ^ juu7 ;Up dUt 
L. JcJ^ juuèy ^^t £^ JuOJI UU* jTi 
*->U JJU1 Ltlj 4^' ty i£&* U j Jo Jii Jl* f b, Jsy 

.-. j*Jt t«x* jt J^oJî 
^1 ouyât Ut **! JU, *^t ya*J dis «>J*t c^lt jy 



**•( 303 )• 



y,*# ^b* f&4k yl* **)itfl y**lj*JI A* f&tfL, 
^t, y- A~J «SSyi. ^11 y- *I Uil, u^^l, JA.JS» 

*WJ* <** J*U» Ok-i 4 jUII Uça. y* tf JUl J* >yyn 

tjjj^u* ; u» yLtb <i r >t j^ « *v jty&i u aut ui 

^-U ^—i yy>y JUgA cj^ iJl^l ow^î U*£j&3> l«>^ 
tfr o. L. £»*«? •;*».!; iuayîl »ïj»»>*«. U- «^ )l**b 



J_i l+Jli. Js? y- b^&J iw^I ^ B^à J*i JU» l*» 
f*x*.\ Jl*^X_» jMJàU c*^ J* t^y j»4iU >V' 

£-Lj» y.-., » VU Jj-utf U^0 yîll Jj JUyàù. Ifc* A*iJ 



31 



— *+( 304 y 
**Ldl ^MM». Je *i^i. Jl gl**)! i Aa^3 AiU ddllt Ul, 

i JLJLl $-L** yt? ^t A*i* jlàÛ l**aJ-» *i^ y,*, 
li^J jLxWJyft yjfc l«4* «y» iÀiJî tf JJI, Xfcfc. 

*Jîl »U^l tf «UlJO^**^l#OwJI £1(^^1.1.1, 

^yùfiû iifcAll J* oJO» «il J? £*» (*& «il j*** 
Jl*, &&&U J«s Jl a^j, ôs**i *£U çy *lr> j*9- *A«r a) 

j» >-tf .4 ■» Ç > ^uéU A*»*» >4 (jp^n Jl UU;I, *£* 

owy} i^jai *tj*n yi *j ^ ni, «^piï j* t^^cji 

i y** yl »t,l, *^l XJÏ*. j*£ ^U /-Jl y- .j^ll 

«]yu Jl *a^ **&> uw £U iUr yt# ^li-JI -^yft 

..HA yià ,J lyyj, 



—•*.( 305 > 

oà^» b^^f Jy^jj-N o' i^* M> «S*" 1 * à*p • iUi 

U, çi it* »<W f*ï ^ ^ ^' (^ o- w ' C** 7 J^ 

^tf X*t;S c*>l*? «JU»)j ouut fî;S y**J lilfc «XJ^J I jL 
Ô7-* LM LfrJHUU JÛaJilt »«X* *Jl* ^^aû*, " j£jll £• Jalfe, 

r U ^A^i jLjJI 1 «X* Jf ytf ^ Ait, Ju^jd» j£ a «^i 
JUUiL liUl» ta^* 4J* J*g ^^ «Xï U JuA* joSfc JJ1J 

.-. l ^£) U *J J>,tj Aaj^L JJdl Aa^) JJi «XJuti 

1 Voici le dernier chapitre de l'histoire, comme spécimen de la 
seconde rédaction : 



J-jLjU juu« JjKxj, a^ yfej »^53 UULJI ydll JJUI £**! oo*, 
b" 1 g < a*-** by* 3 * <**^M £««3 <>*;* •';**** £**■* rÔ*" ^ tf, 7* ' 

Jl y*** Js5j ^Jll Jfejit «-<Jl*Ç JJÛaJIj <»>*• yL-Jl £fj£ jd yii*J OvS 
***- 0*£ **!;•** 4-*c ^pi «> ; l*» J-fl*. U £ô*a* Acic joij^ijP! 



.( 306 y 

11 y avait une fois un roi qui possédait de grandes 
richesses, et il était très avare, et par suite de 
l'amour excessif qu'il avait pour son bien , il voulut 
lui bâtir un trésor immense tout en pierre pour l'y 
garder; il commença donc à bâtir ce trésor, et, 
dans le temps qu'on le bâtissait, l'un des maçons 
chargés du travail y plaça une grosse pierre non 
cimentée, afin de se rendre aisé le vol après achève- 
ment de l'édifice , car il en fit comme une porte par 
où entrer et sortir commodément pour prendre ce 
qu'il trouverait sans que personne en fût avisé. 
Quand la construction fut terminée, le roi y dé- 
posa toutes ses richesses et eut l'esprit tranquille; 
mais le maçon , dès qu'il sut que le trésor du roi y 
était enfermé entier, y entra et commença à voler : il 
s y rendait chaque nuit vers minuit, levait la pierre 
de sa place, prenait ce qu'il voulait, et remettait le 
mur en état sans peine et sans fatigue. Le roi voyait 
que son bien diminuait chaque jour et était stupé- 
fait, car il savait que personne ne pouvait entrer en 
cet endroit. 



ly»f ; 0^J JU-JJI jajflJ! AJS &X4U* jO>f ; ! outxSl JJ, fOs*Xâ U£ 

jo-*Ut JUS JU>j-3 .X-ï &L*>4I J p±\ ;LûA5l 0^ *U*l* ***& 
L. jj L*,t oOL* L^yâ dJS i ^ U jfcJLe jai JJ, JUU1 Jl ;P M 



.( 307 y 

Or le maçon tomba grièvement malade et il sentit 
que sa maladie était mortelle. Il manda donc ses 
enfants et leur dit : « Je suis sur le point de mourir 
et je veux vous instruire d'une chose qui est faite 
exprès pour vous rendre la vie aisée , et dont pour- 
tant personne n'est informé. Lorsque j'étais employé 
à bâtir au trésor royal , j'y plaçai une pierre non ci- 
mentée; elle est sur le front du côté droit et vous 
cédera après les épreuves nécessaires. Si vous voulez 
l'argent sans peine, rendez-vous au trésor et l'un de 
vous lèvera la pierre avec précaution et entrera, et 
l'autre l'enfermera du dehors pour garder son frère 
des espions et des aigrefins.» Puis leur père dé- 
céda à la grâce de Dieu , et les enfants continuèrent 
à pilier le trésor du roi à minuit de chaque nuit, 
comme leur père le leur avait recommandé avant de 
mourir. 

Quand le roi vit que son bien diminuait chaque 
jour, il en conçut beaucoup d'ennui, et il se de- 
manda comment pouvait se produire ce gaspillage 
de ses richesses , puisque la porte ne présentait point 
de fracture. Il ordonna donc qu'on amenât son vizir, 
et quand le vizir fut arrivé, il lui montra le trésor, lui 
apprit ce qui se passait et lui demanda quelles étaient 
à son avis les mesures de précaution qu'il fallait pren- 
dre en cette affaire. Le vizir lui dit : « O roi , nous po- 
serons des rets autour du trésor pour empêcher qu'on 
y entre. >» Il posa les rets en temps et lieu sans que 
personne en fut avisé. Quand les deux jeunes gens 
s'y rendirent selon leur coutume, et que celui qui 



— +*( 308 >m — 

devait entrer fut entré, il tomba dans le filet, appela 
son frère, et quand son frère fut arrivé, il lui dit : 
a Puisque je suis pris, le mieux est de couper ma tête 
avant que le jour se lève et qu'on ne nous tue tous 
les deux.» Son frère lui coupa donc la tête, et se 
rendit à sa demeure chez sa mère; mais elle lui dit : 
i( Si tu ne m apportes ici le corps de ton frère pour 
que je l'enterre avec la tête, je me rendrai auprès du 
roi et je l'informerai de ce qui s'est passé du com- 
mencement jusqu'à la (in. » Il lui promit de lui ap- 
porter le corps. 

Quand le roi se rendit le matin au trésor, selon 
son habitude, et qu'il trouva ce corps sans tête dans 
le filet, il en fut stupéfait et manda le vizir. Quand 
le vizir fut là , il délibéra avec lui sur ce qu il conve- 
nait de faire de ce corps dont on ne connaissait 
point le maître, et le vizir lui conseilla de le pendre 
au gibet, et celui qu'on prendrait à s'apitoyer sur 
le cadavre serait l'auteur du forfait. 

Le frère du mort qui avait promis à sa mère de 
lui présenter le corps de son frère, lorsqu'il apprit 
que ce corps était pendu au gibet, acheta quantité 
danes et d'outrés, remplit celles-ci de vin et se 
rendit à l'endroit où était le gibet ; puis il délia ses 
outres, les jeta à terre, fit comme s'il était fort em- 
barrassé de savoir s'il valait mieux tenir les ânes ou 
lier les outres , et appela à l'aide les gardiens du gibet. 
Tous les gardiens vinrent donc à lui pour l'aider, et 
alors ils eurent envie de boire le vin répandu à terre, 
et quiconque l'aidait, quand une outre était finie, 



— *>( 309 )*< — 

il lui en ouvrait une autre, jusqu'à ce qu'ils furent 
ivres et s'endormirent sur le sol par suite de l'ivresse. 
II. commença par prendre le corps de son frère , puis 
voulant laisser sur ces ivrognes une marque plai- 
sante, il leur rasa la moitié de la barbe, puisse rendit 
à sa demeure , et ils se hâtèrent [sa mère et lui] d'en- 
sevelir le corps. 

Quand le roi apprit cela, il manda son vizir et il 
délibéra avec lui sur ce qu'il convenait de faire pour 
s'emparer de cet homme, et leur avis fut que le vizir 
descendrait [dans la rue] sous le déguisement d'un 
derviche, et interrogerait chacun sur ce qui lui était 
arrivé dans le temps de sa vie. Lorsque le jeune 
homme apprit cela, il se procura le bras d'un mort 
et l'accola à son bras droit, puis s'approcha du vizir 
et lui conta cette histoire même. Quand le vizir sut 
que c'était cet individu qui avait causé tout ce tracas, 
il le saisit par le bras droit, mais le jeune homme 
s'enfuit et abandonna le bras du mort entre les mains 
du vizir. Le vizir prit donc le bras du mort, se rendit 
auprès du roi et l'informa de tout ce qui arrivait. 
Le roi s'émerveilla grandement, déclara qu'il voulait 
voir ce malin et proclama par toute la ville : « Celui 
qui a fait tout cela, s'il paraît devant le roi et ra- 
conte ce qui s'est passé, le roi lui donnera sa fille en 
mariage et lui accordera en récompense une somme 
d'argent. » Quand cette nouvelle se fut répandue par 
la ville, l'individu se présenta devant le roi et lui 
conta tout ce qui était arrivé; après quoi le roi le 
maria à sa fille et lui paya ce qu'il avait dit. 



sio k»~ 

C'est, comme on le voit, le roman d'Hérodote à 
peine modifié, sauf sur un point : au lieu que la 
fille de Pharaon se livre au premier venu contre une 
histoire, le vizir descend dans la rue pour inter- 
roger les gens. Partout ailleurs, le récit arabe suit 
le récit grec si servilement que, dès le premier 
instant, je ne doutai point d'y reconnaître une 
simple transcription exécutée de nos jours. Restait 
seulement à deviner par quel concours de circons- 
tances un fragment d'Hérodote avait pénétré jusque 
dans un bourg perdu de la haute Egypte. Quelques 
questions posées adroitement me donnèrent la so- 
lution du problème. En 1 883 , j'avais eu f occasion 
de connaître, à Thèbes d'abord, puis à Erment, 
un Italien nommé Odescalchi , établi longtemps dans 
le pays comme maître d'école. Pour le remercier de 
quelques services qu'il m'avait rendus, je lui avais 
fait cadeau d'un petit ouvrage , où j'ai publié la tra- 
duction de tous les contes égyptiens que nous con- 
naissons jusqu'à ce jour 1 . M. Odescalchi les raconta 
aux gensd'Erment et de Gournah, d'où ils passèrent 
à Louxor, puis à Neggadèh, et probablement aussi 
dans les autres villages de la province. La chronique 
de Rhampsinite est le seul de ces récits dont j aie en- 
tendu la version arabe, mais je ne désespère pas de 
rencontrer bientôt sur mon chemin des adaptations 
plus ou moins fidèles du Conte des deux frères , de 
celui de Satni- Khàmoïs et de tous ceux que renferme 

1 Les Coules populaires de V Egypte ancienne, Paris, Maisonncuvc, 

1882. 



»( 311 )•*■— 

mon volume. Ce sera chose curieuse de les suivre , 
si Ton peut, dans leur développement et de marquer 
les péripéties de leur vie nouvelle : la suppression du 
rôle odieux que joue la fille de Pharaon dans l'ori- 
ginal antique prouve que la transformation n'a pas 
tardé longtemps avant de commencer. En attendant , 
j'ai pensé qu'il y aurait un certain danger à laisser 
courir des histoires aussi connues, sans indiquer 
l'accident imprévu auquel elles doivent de revivre 
dans leur propre pays : cette note évitera bien des 
conjectures aux voyageurs et aux savants qui, je l'es- 
père, ne manqueront pas de les recueillir un jour 
ou l'autre. 



FIN DU TOME PREMIER. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pt|fM. 

Romans et Poésies du Papyrus Harris n° 5oo 
(Le conte du prince prédestiné, p. i— 47. — 
Comment Thouth prit la ville de Joppé , p. 4g- 

7 a ) : »-7» 

Fragments d'un conte fantastique remontant à la 

XII* dynastie 73-80 

Étude sur quelques peintures et sur quelques textes 

relatifs aux funérailles 8i-ig4 

l ->*e d'Apôpi et de Soknounrî 1 95-2 1 6 

Les Chants d'amour du Papyrus de Turin et du 

Papyrus Harris n° 5oo ai 7-259 

Fragment d'une version égyptienne de la Fable 

des membres et de l'estomac 260-264 

Quelques fragments inédits de la version ihébaine 

des livres saints a65— 3oo 

Sur une version arabe du conte de Rhampsinile . . 3oi— 3i 1 



Papyrus 

Ve r> s o 







\v<> 



COMMENT TriOU 



rr 



Harris 

d i r 



N° 500 



ÇJHumt 



&££i 




6 



7 



8 



9 



10 



11 



12 



13 



TU PRIT JUPPE 



Irin> LeineroLPT et (*a Pans 



<w 



I 



4, 
•s 



Papyrl 

Vc 






COMMENT T: 



'S Harris 



N° 600 






10UT1I PRIT JOPPE. 
PL. II 



Papyrus 

Ve p s o 



•«■ - *^« 



T. 



i. 



fc* 



r 



^ -: 



tr. 






.1 



4» 



5 



4 



i\ 

F 

% ■ - • 

» 

i' 
t 

■y. 












.«♦«-•■ »• ...■-»» 






. - r « , - pu 



■ • * ,■••♦.'-•■.■ je •"* t 

■..-■-.:..•.. j ■■:' .': ■ ■ 

, , ; . * * « *- # * * r. i » » » * 
. v . » » • #«#• *%»■*- - • 

«■ t . *■ «■• « » 



■«. * 






• .#»»••• 



*»■ 



G îfâSJ.iiïO dé; 



COMMENT THOUT] 

PL m 



Harris 

> PL.nr. 

. ,.,;^tf»? -/• 3:.» -^-.vî*» 

'■ "• ••• " ; ■• ■■.-,:■■.■.■• -: •••■ ./ ■"<%, 




^ 



xntMvtto 




4/ï/r 



t 



toWfifà 






WflgiH 






:t' 

if 

a 



■*tp 






■'3 

./■■ 

il 
w 



■<:*■• 

f . V . ». - # 

■•' ;. a. 






1 



M* 



■.<•.»* »»-■■• • '•****•»»*«*■»••» *«»vi» "V •♦■in» 






TU PRIT JOPPE 
III 



6 



7 



8 



10 



11 



12 



13 



14 



N° 500 



Imp Lcnicrcicç e*. C 1 '. Paris 



1 



Papyrus 

Verso 



J%&\)Mi>*W ***** 

- '. 

LE CONTE DU PP 



Harris 



PI 



Hiùï*sfyhZ\MAh-&%A\\-S. 



l'J»4 



'HCE PREDESTINE 



Papyrus 



££JjU?l" UL4IM 



LE CONTE DU PI 
F 



HARRIS ■. N°500 

Pl.V 



' '"&*#$''£<&&*■ 



iNCE PREDESTINE 



f 



I 



PAPYRUS 

Ve r- s D 









LE CONTE DU ?RI 



Harris 







12 

13 

« 

15 



ICE PREDESTINE 



Papyrus 







i 






LE CONTE DU PF 



Harris 



. »B«*L 3 






iCE PREDESTINE 



Papyru s 

Verso 







LE CONTE DU PRIN 
PL v 



Harris 



N° 500 



4£'4l 






;E PREDESTINE 



Papyrus 



<9 ? ,. , 



S 







MAKK1 b 

e IX 



N° 500 










f 



M 



I ■ 
U 

l 

■ 
I 

11 



I 

I 



HARRIS n°500 

x. 



A 



4MÏV4'k$^ 



i 



xiJ&tâàSk 




--SpL^toUtéteaM* 






8 



rzj%^Mtû*î!m t rii%)7\jh> 






10 



il 



12 



13 



'AMOUR, 
i. 

lmp Lemercier et C l * ftns. 



Papyrus 

Planct 



! 



f 1 







-t ffr*z2é-*'4#$ 




S£ 










i^im^ 








CHANTS 

PI 

Gesîin del 



Harris 



N" 500 









J' AMOUR 






i: 



t 






Papyrus 

Planche 



* 














7,:-^ ^ |l **&*>! fat 



4~~ ,\ i AÂ*& \. s tc*â 




nsUuJt** *MM. 




I 






CHANTS I 

PL 

Geslin.del. 



HARRIS n°500 

x. 



<a* 



4,r^>i-^^ 



i 



fav&tèk 




&k^\1&tkutiM* 



A 



8 



I2g2^fc^&4ttfc*f*£ 






10 



11 



12 



13 



)'AM0UR. 

n. 

lmp Lemercier et C 1 * Pans. 



Papyrus Ha 



Planche 7.1 







i 



%ù&U*&* 








p.'^^tt 




?» 



mmpM 




*«**» 



Geslm dci. 



CHANTS D'AMC 

PL. III 



RRIS 



N° 500 



i 



P* 




■>» 



-:a 



a 



#*f 








«H*..;* 








8 



10 



11 



12 



13 



'GUR 



Imp. Lcmercier & C 1C Pans. 



Papyrus 

Planch 

















CHANTS D 

PL. IV 

Geslin Ael 



Harris 



N° 500 



XII 



v • i 

t 

X 



Ha= 



il*Z 



•&tMM 









VMfà^àM**-* 6 ** 



^4te&4^4^1^ 




MUG&k 




ty*4& ttViMw^àt-' H 






v 




i 



8 



10 



11 



AMOUR 



Imp.Lemeroier èi C 16 Pans 



Papyrus 

Plane h 



èjùàssa***. zlutm 



+\%^&^ A \kaiimtâ*£Z& 



4*&*Jt*. 



-?.. ^. A-~ W 



«Maïuttaswa^i&it^ 




>U4fctS4 .«?$U *V' .. 







&zH22"tA&iMBfr 








A^> 4 - ... . ' '' "j 



CHANTS 

PL 



Geslm.dcl 



Harris 



n° soo 



ne 



XIII 



%%ttM^5itte£ 



4**> 




'M 






£U 4*MU«>4 



^Xa 



4^1 




*2* 









&~ ;-* ■■ H*^*,uÊlit& 



.1 



u. 



1 



8 



10 



11 



. M 



12 



'J 



\— 



D'AMOUR 



:.v 



Imp Lemercicr & C ,c IVis 



Papyrus 



Plan* 



-tes. w*4àe{$4gmj^ 







l&MtJi 



i/Z 



^*MIfJMfUta* 



*A%&&A\*$z 




Z&UiJte 






■i» 



Gcslin del. 



CHANTS 

PL 



Harris N o 500 

ne XIV 



D'AMOUR 

bipLemepciopiC" Psrii 



\ 



\ 



I 



Papyrus 



pi.} 



tfkjjjstcjffcv 




ifiiktaB. 









t 



teivi&i4fêA6j& 



iU 



ù*rft*^**àMfàftbn% 




s. 



«•farci 



fotâi&AtKgitiMmiim 



es 



tM^'i.±*<e&tL 



Geslin.del. 



CHANTS D 
P L \ 



HARRIS n°5oo. 

.V. 



vi4t*^ 



i 2jnvffŒ&*£*> tek * n •* 










WfauHA à &MM? 



py«Ji!*4»wi«w*jt. 



i 



î 



8 



10 



11 



12 



'AMOUR. 

r II. 

Imp Lemercier et C ie Pans 



1% 

I 






y